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L’histoire pour le plaisir

Sargon d’Akkad

mardi 29 septembre 2020, par ljallamion

Sargon d’Akkad Souverain fondateur de l’empire d’Akkad

Il créa son empire en unifiant par la force les principales cités de Mésopotamie [1] sous son autorité. Les dates de son règne sont incertaines : on le situe couramment vers 2334-2279 av. jc, mais il peut avoir régné plus tard.

Ur-Zababa , petit-fils de Kubaba ? l’une des très rares femmes à avoir régné en Mésopotamie, régnait comme ensí [2] à Kiš [3] lorsqu’il fut détrôné par un obscur personnage qui se fit appeler Roi légitime sans doute pour faire oublier qu’il était a priori un usurpateur.

Sargon d’Akkad était d’origine simple. Il serait devenu serviteur d’Ur-Zababa et parvenu au rang de Grand Échanson [4]. Cette position stratégique lui donnait accès au culte des dieux à travers l’offrande rituelle des boissons. La tradition rapporte qu’ Enlil ? aurait été offensé par le souhait d’Ur-Zababa de modifier ce rituel et Sargon aurait alors comploté pour le renverser ; Ištar étant la déesse poliade de Kiš, c’était renouer avec elle que rétablir les offrandes rituelles dans leur tradition immuable. C’est sans doute à la suite d’intrigues politico-religieuses de ce genre que Sargon devint ensí à la place de l’ensí, vers 2270 av. jc.

Il marcha sur Uruk [5], qu’il conquit et dont il démolit les remparts, puis se retourna contre Lugal-zagesi , qu’il vainquit et emmena dans un carcan pour être exposé garrotté à la porte de l’É-kur [6], le temple d’Enlil à Nippur [7]. Sargon s’empara ensuite d’Ur [8], de Lagash [9] et d’Umma [10]. À Eninkimar [11], port de Lagaš, il lava ses armes dans la mer pour marquer son pouvoir sur tout le pays de Sumer, du nord au sud : c’était la fin de la période du Dynastique ancien et le début de la période d’Akkad ou d’Agadê.

Cet événement marqua une rupture historique majeure en Mésopotamie à deux égards : La civilisation des Sémites de Haute Mésopotamie prenait l’ascendant sur celle des Sumériens de Basse Mésopotamie, ce qui se matérialisa par le recul très net de l’usage de la langue sumérienne, bientôt cantonnée aux activités d’élite [12] tandis que les domaines commercial et légal étaient gérés en akkadien. Pour la première fois dans l’Histoire une vaste région de Mésopotamie était politiquement unifiée sous l’autorité centrale d’un monarque, ce qui a fait dire de Sargon d’Akkad qu’il fut le premier empereur connu de l’histoire.

Sargon fonda Agadê/Akkad [13] sur l’Euphrate [14] et conquit Mari [15] et Ebla [16] à l’ouest puis Awan [17] et Warahše [18] à l’est dans le Zagros [19] et finalement Suse [20] en Élam [21]. Il épousa Tašlutum, une Agadéenne qui dut le partager avec un certain nombre de concubines. L’une d’entre elles, vraisemblablement sumérienne, lui donna une fille, Enheduanna , qui devint grande prêtresse de Nanna ou Sîn , Ningal et surtout Inanna à Ur.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Stéphanie Mary Dalley, Sargon, Encyclopædia Britannica, Oxford University Press, Oxford, New York, 2007.

Notes

[1] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[2] Ensí est un terme sumérien, auquel on attribue le sens de « chef », « seigneur », bien qu’il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. À l’époque archaïque, c’était le nom du chef d’un village, dont le premier devoir était d’administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était choisi par ce dieu parmi toute la population de l’agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d’organiser les travaux des champs, et de veiller à l’irrigation et à l’observation du cycle agricole.

[3] Kish est une ville (mais aussi un dieu) de l’ancienne Mésopotamie, particulièrement importante aux époques archaïques, durant lesquelles elle a longtemps exercé sa domination sur les autres États de Basse-Mésopotamie. Cette ville s’étend sur une grande surface, et compte deux ensembles principaux : Tell Inghara et Tell el-Oheimir. C’est de cette ville qu’est sûrement originaire Sargon, fondateur de l’empire d’Akkad.

[4] Un échanson était un officier chargé de servir à boire à un roi, un prince ou à tout autre personnage de haut rang. En raison de la crainte permanente d’intrigues et de complots, la charge revenait à une personne en qui le souverain plaçait une confiance totale. L’échanson devait en particulier veiller à écarter tout risque d’empoisonnement et parfois même goûter le vin avant de le servir. Dans la mythologie et les religions, les divinités ont parfois, elles aussi, un échanson.

[5] Uruk ou Ourouk est une ville de l’ancienne Mésopotamie, dans le sud de l’Irak. Le site est aujourd’hui appelé Warka, terme dérivé de son nom antique, qui vient de l’akkadien, et qui a aussi donné l’hébreu Erekh dans la Bible. Le site d’Uruk fut occupé à partir de la période d’Obeïd (vers 5000 av. jc), et ce jusqu’au 3ème siècle de notre ère. Cette ville joua un rôle très important sur les plans religieux et politiques pendant quatre millénaires. Uruk est l’une des agglomérations majeures de la civilisation mésopotamienne. Elle passe pour être la plus ancienne agglomération à avoir atteint le stade urbain dans la seconde moitié du 4ème millénaire av. jc, pendant la période à laquelle elle a donné son nom (période d’Uruk), et c’est vraisemblablement là que l’écriture a été mise au point au même moment.

[6] littéralement : maison-montagne/étranger

[7] Nippur est une ville de la Mésopotamie antique (Irak actuel). C’est le lieu de culte principal du grand dieu sumérien Enlil, considéré comme le seigneur du cosmos, donc un des principaux centres religieux du pays de Sumer et d’Akkad dans la Haute Antiquité. Ce site a été peuplé au moins à partir du 5ème millénaire, et jusqu’au début du 2ème millénaire de notre ère. Nippur était située de part et d’autre du Shatt en-Nil, un des anciens bras de l’Euphrate, entre le lit actuel de cette rivière et le Tigre, à environ 160 km au sud-est de Bagdad.

[8] Ur (Our), actuellement Tell al-Muqayyar, est l’une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique, dans l’actuel Irak. Elle était alors située sur une des branches de l’Euphrate et proche du Golfe Persique. Ur apparaît comme une des principales et des plus puissantes cités sumériennes du 3ème millénaire av. jc, comme l’illustrent les tombes royales et le riche mobilier funéraire qui y fut exhumé. Durant le 21ème siècle av. jc cette ville fut la capitale d’un puissant empire, dirigé par les rois de ce que la tradition mésopotamienne a retenu comme la troisième dynastie d’Ur. Ces derniers édifient des monuments remarquables dans le sanctuaire du grand dieu de la ville, le Dieu-Lune, appelé Nanna en sumérien et Sîn en akkadien. Elle reste une ville importante au début du 2ème millénaire av. jc comme l’attestent les nombreuses découvertes de constructions et de tablettes cunéiformes effectuées pour cette période par les équipes archéologiques, qui explorèrent ses ruines entre 1922 et 1934. Ur demeure une cité assez importante en dépit d’un déclin marqué durant le 1er millénaire av. jc, avant son abandon vers le 3ème siècle av. jc. Dans la Bible, Ur des Chaldéens est présentée comme la ville d’origine du patriarche Abraham.

[9] Lagash est une ancienne ville du pays de Sumer, en Basse Mésopotamie (au sud de l’Irak actuel), et un royaume dont elle était au moins à l’origine la capitale. Cette ancienne cité État comprenait, en plus de la ville éponyme située sur le site actuel d’Al-Hiba, Girsu (le site actuel de Tello), ville sainte où se trouve le sanctuaire de la divinité tutélaire du royaume, Ningirsu, et d’où proviennent la plupart des découvertes archéologiques et épigraphiques qui permettent de connaître l’histoire du royaume de Lagash.

[10] Umma (Oumma) ou Gisha est une ancienne cité du pays de Sumer. Dans la titulature des Rois d’Oumma, le nom est écrit Sâr-Dis. Le site de la ville, aujourd’hui Tell Djokha s’étend sur une colline dominant une plaine qui, à l’époque sumérienne, possédait un système d’irrigation et était cultivée. La ville étant éloignée des deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, tout un ensemble de canaux avaient été construits, suffisamment larges pour permettre aux bateaux de venir accoster et échanger leurs marchandises. Nous avons connaissance d’une partie de l’histoire de la cité par les archives de Lagash qui nous renseigne en particulier sur les querelles entre ces deux Cités-États pour une palmeraie qui leur servait de frontière la Gu-Edinna.

[11] Eninkimar ancien port maritime sur le golfe Persique dans la partie sud de Sumer, avec un emplacement inconnu à ce jour. La ville était associée au centre de Lagash. Le règne des dirigeants de Lagash sur Eninkimar est attesté au début de la dynastie . Sous le règne d’ Ur-Nanshe, la ville était l’un des liens importants sur la route commerciale entre Sumer et le pays Dilmun, identifié avec la zone de l’actuel Bahreïn, à travers laquelle la terre Meluhha (probablement la civilisation de la vallée de l’Indus ) était importée du pays de essences de bois. Lors des conquêtes du roi Sargon le Grand, après la prise d’ Our, de Lagash et d’ Umma, le souverain d’Akkad fit à Eninkimar le geste de laver les armes dans les eaux de la baie, confirmant symboliquement son contrôle du port. Ce geste est devenu un élément de la tradition militaire mésopotamienne et a été répété par les dirigeants successifs également dans les périodes ultérieures. Pendant la période akkadienne, Eninkimar a continué à faire partie de la cité-état de Lagash, étant un centre urbain important en tant que capitale de l’un des 17 comtés

[12] c’est-à-dire au culte, aux épopées et aux affaires d’État, puis bien vite seulement au culte et aux épopées

[13] Akkad ou Agade est une ville antique de Basse Mésopotamie, ancienne capitale de l’Empire d’Akkad, fondé par Sargon l’Ancien. Elle n’a toujours pas été retrouvée, et sa situation exacte demeure donc inconnue. On la situe soit dans les environs de Kish, ou bien plus au nord, jusque dans la région de Bagdad (peut-être même à l’emplacement de l’actuelle capitale de l’Irak), ou la basse vallée de la Diyala. Le seul moyen de connaître certains de ses aspects est le recours aux textes anciens. La ville n’est mentionnée dans aucune source avant que Sargon d’Akkad n’en fasse la capitale de son Empire au 24ème siècle av. jc, il est donc vraisemblable qu’il ait fondé la ville

[14] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[15] Mari (Syrie) Le site archéologique de est situé à l’extrême sud-est de la Syrie sur le moyen Euphrate, à 11 kilomètres d’Abou Kamal et à une dizaine de kilomètres de la frontière irakienne. Située dans cette plaine, Mari fut une importante cité mésopotamienne dès le 3ème millénaire av. jc, contemporaine de la civilisation sumérienne d’Uruk. Capitale d’un pays appelé tardivement, au 7ème siècle av. jc, Laqe et s’étendant le long de l’Euphrate en amont et en aval du confluent du Kharbour, elle est surtout connue pour son splendide palais du 2ème millénaire av. jc et grâce aux fouilles archéologiques.

[16] Ebla est une ancienne ville de la Syrie des 3ème et 2ème millénaires av. jc, dont les ruines se trouvent à l’emplacement du site archéologique de Tell Mardikh. Il se situe à 60 km au sud d’Alep sur la route de Hama, après la bifurcation en direction de Lattaquié, où il occupe une position stratégique, à la porte d’un col commandant l’accès à la mer Méditerranée. Le site qui se présente sous la forme d’un tell ovale de 60 hectares dominé par une acropole centrale a été découvert en 1964. Ebla, dès le 3ème millénaire av. jc, est une riche cité. Ses rois commencent à partir de 2500 av. jc à étendre leur domination sur le Moyen Euphrate et sur une partie de la Syrie. Les fouilles ont permis de mettre au jour une salle d’archives, riche de plus de 17 000 tablettes et fragments de tablettes d’argile gravées en sumérien et en éblaïte, le dialecte local. Ces textes ont fourni des informations précieuses sur l’économie, le commerce et l’industrie, l’administration et la diplomatie, de ce puissant royaume oublié : des archives économiques, des traités d’alliance avec les autres États, des relations de guerre et de paix, des épopées et des hymnes religieux. Ebla fut l’une des plus puissantes cités-États de la Syrie entre 2500 et 2400 av. jc.

[17] Awan est une ancienne ville ou région de l’Élam, dont les rois constituent la première dynastie historique. Elle a été une puissance politique notable dans la région du sud-est de l’Iran et a eu des relations parfois heurtées avec les royaumes de Mésopotamie.

[18] Le Marhashi est un ancien royaume du plateau iranien, qui s’est développé entre 2500 et 1900 a.v. jc environ. Son histoire nous est connue par les relations qu’il a entretenues avec son voisin le royaume d’Élam et les États mésopotamiens contemporains, notamment les Empires d’Akkad et d’Ur III.

[19] Les monts Zagros, sont une chaîne de montagnes s’étendant principalement dans l’Ouest de l’Iran, depuis le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique jusqu’au haut plateau arménien dans le Sud-est de la Turquie en passant par le Nord-est de l’Irak. Elle a une longueur totale de 1 600 kilomètres. Son point culminant se trouve dans le massif de Dena avec 4 409 mètres d’altitude.

[20] Suse ou Shushan dans la Bible est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au 5ème siècle av. jc la capitale de l’Empire perse achéménide, située dans le sud de l’actuel Iran à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines.

[21] L’Élam est un ancien pays occupant la partie sud-ouest du plateau Iranien, autour des actuelles provinces du Khuzistan et du Fars, qui correspondent à ses deux principales régions, celle de Suse et celle d’Anshan/Anzan. L’histoire de l’Élam est difficilement dissociable de celle de la Mésopotamie voisine, qui exerça une forte influence sur cette région. C’est au plus tard en 539av.jc que l’on doit considérer que les dernières principautés élamites sont elles aussi intégrées dans l’empire perse.