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Claudius Rutilius Namatianus dit Rutilius Namatianus

lundi 7 septembre 2020, par ljallamion

Claudius Rutilius Namatianus dit Rutilius Namatianus (vers 370-

Poète et homme politique latin du début du 5ème siècle

Blason empire Romain

D’origine gauloise, il appartient à une grande famille païenne de propriétaires terriens de la Narbonnaise [1]. Il reçoit une éducation traditionnelle, peut-être en partie à Rome ; il connaît bien la littérature classique, mais ignore peut-être le grec.

Suivant son père Lachanius, il mène une carrière de haut-fonctionnaire : il est maître des officesa [2], peut-être en 412, puis préfet de Rome [3] entre mai et septembre 414. Il effectue à l’automne 417 le voyage en Gaule relaté dans son poème, qui est probablement rédigé pendant son séjour dans sa patrie, en 418 ou plus tard. Aucune information biographique postérieure au poème ne nous est connue et Rutilius ne semble pas avoir écrit d’autre œuvre.

Comme le montrent les allusions à ses amis, dans son poème, il fait partie d’un milieu de hauts fonctionnaires lettrés. Son père Lachanius a été consulaire d’Étrurie [4] et d’Ombrie [5] comte des largesses sacrées [6], questeur [7] du palais, et certainement préfet de la Villea. De nombreux amis sont mentionnés dans le poème et plusieurs ont exercé des fonctions impériales à la cour.

Rutilius apparaît ainsi comme un représentant assez typique de l’aristocratie païenne réactionnaire de l’époque ; il partage avec les membres de ce milieu la foi dans le redressement de l’Empire. C’est à des pairs, comme lui lettrés et païens, que s’adresse le poème où Rutilius fait leur éloge.

Le poème est composé dans une époque de production littéraire intense en Gaule : les troubles, décrits par Rutilius, qui ont secoué la province, sont confirmés par des passages d’autres auteurs compatriotes contemporains.

Au faîte de sa carrière, vers la fin d’octobre 417, il décide de revenir en Gaule. L’époque de l’année n’est pas favorable, mais Rutilius n’est pas pressé non plus, puisqu’il se permet des détours. Plusieurs hypothèses peuvent motiver ce voyage. À la suite du traité de 416 permettant l’installation des Wisigoths en Aquitaine, il est possible que Rutilius soit envoyé dans une mission de rétablissement de l’ordre, peut-être pour superviser le transfert des terres aux envahisseurs. Il peut aussi vouloir participer au conseil des trois Gaules, ou vicariat de Gaule, prévu en 418. Le voyage se fait par mer, puisque les Goths [8] ont dévasté la Via Aurelia [9] et que les pluies récentes ont inondé les plaines

Le poème de Rutilius Namatianus est composé de deux livres en distiques élégiaques : le premier est constitué de 644 vers et le second de 68. Le début du poème paraît abrupt et une majorité de chercheurs considèrent qu’il manque au moins deux vers au début du poème. De même, il est admis que les deux livres devaient avoir sensiblement la même longueur, et donc que la majeure partie du second livre est perdue.

Le principal manuscrit intitule le poème De Reditu suo [10], alors que l’édition princeps donne “Itinerarium”.

Après avoir exprimé son bonheur d’habiter à Rome, Rutilius Namatianus explique que les malheurs de la Gaule l’appellent dans sa patrie. Il fait alors ses adieux à la ville dans une longue prière adressée à la déesse Roma : il rappelle ses origines mythiques, célèbre sa gloire et les exploits de son Empire, en appelle à son redressement contre les Barbares qui l’ont humiliée et demande sa protection lors du voyage qui l’attend.

Rutilius quitte Rome à pied et les amis qui l’avaient accompagné, parmi lesquels Rufius dont il fait l’éloge, lui disent adieu ; 15 jours d’attente avant d’embarquer lui permettent de se rassasier de l’aspect de la ville. Son ami Palladius le quitte, puis Rutilius monte sur l’une des petites barques qui constituent sa flottille ; d’Ostie [11], ils passent devant les premières ruines, celles de Castrum Novum [12], avant d’arriver à Centumcellae [13], dont il décrit soigneusement le port. Rutilius visite les thermes taurins et rapporte plusieurs légendes sur leur origine possible ; comme chaque soir désormais, ils couchent à terre.

La deuxième étape conduit la flottille à Portus Herculi [14] ; il déplore la ruine de Cosa [15].

Le lendemain, il contourne le Monte Argentario [16] ; il salue l’île d’Igilium [17] qui a servi de refuge pour les habitants de Rome en 410 ; Rutilius veut s’arrêter à l’embouchure de l’Umbro [18], mais les marins préfèrent continuer ; ils établissent un campement de fortune peu après sur une plage.

Le jour suivant, la progression est difficile et se fait à la rame ; Rutilius passe devant l’île d’Elbe [19], riche en fer ; il célèbre l’utilité de ce métal, face aux crimes que cause l’or. Arrivé à Falésie [20], il assiste à une fête paysanne en l’honneur d’Osiris, mais s’emporte contre l’aubergiste juif qui leur fait mauvais accueil et condamne la pratique du chabbat [21].

La 5ème étape le conduit à Populonia [22], dont il déplore la ruine ; il apprend que son ami Rufius a été nommé préfet de Rome. Le lendemain, le poète admire la Corse dont il explique l’étymologie ; il passe ensuite devant l’île de Capraria [23] et s’emporte contre les moines qui l’habitent et leur mode de vie contre nature. Il arrive ensuite au port de Vada, dont il décrit le curieux chenal qui y mène ; il est hébergé dans la villa d’Albinus, qui lui a succédé à la préfecture de la Ville ; il admire les marais salants de la région ; les deux amis sont rejoints par un troisième, Victorinus, réfugié de sa ville dévastée de Toulouse. Au mieux le surlendemain, il passe devant l’île de Gorgone [24], où l’un de ses anciens concitoyens a lui aussi été gagné par le poison du monachisme ; la flottille s’arrête à une villa nommée Triturrita.

Le lendemain, Rutilius ne souhaite pas reprendre le voyage ; il rend visite à son ami Protadius, lui aussi ancien préfet de Rome, puis se rend à Pise : il décrit les deux rivières qui entourent la ville, puis admire sur le forum la statue de son père, Lachanius, dont il célèbre la probité. Revenu sur la côte mais arrêté par un vent contraire, il participe à une partie de chasse.

Après une brève introduction où il explique le partage du poème en 2 livres par la crainte de l’ennui du lecteur, Rutilius entame le second livre en célébrant la glorieuse situation géographique de la péninsule italienne, où Rome. Il déplore sa dévastation et désigne un coupable : le général Stilicon, qui a permis le sac de Rome par Alaric 1er et détruit les livres sibyllins [25].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Rutilius Namatianus et Étienne Wolff (introduction, édition, traduction et apparat critique), Sur son retour, Paris, Les Belles Lettres, coll. « des Universités de France », 2007

Notes

[1] La Gaule narbonnaise désigne pour les historiens une province de l’Empire romain fondée à partir de la première colonie créée par les Romains sur le territoire méridional de l’actuelle France, entre Alpes et Pyrénées dès 118 av. jc. Cette région coloniale obtient un statut de Provincia romana vers 70 av. jc. Elle était aussi appelée Braccata, ce nom faisant allusion aux braies portées par les habitants, en opposition à la Gaule Cisalpine, où le port de la tunique romaine s’était déjà imposé à la population, du moins dans les cités. Rome occupe la région en quelques campagnes entre 125 et 121av. jc, notamment celles de Gnaeus Domitius Ahenobarbus et Fabius Maximus Allobrogicus. La zone occupée s’étend jusqu’à Tolosa (Toulouse) et jusqu’au Léman, créant une liaison terrestre entre ses territoires en Espagne et la Gaule cisalpine. La colonie grecque de Massalia (Marseille) et son arrière-pays forment une enclave libre au sein de la Narbonnaise. La province ne reçut cependant peut-être son statut officiel (lex provinciae) qu’après le passage de Pompée dans les années 70 avant notre ère. En 109, cette région est ravagée par les Cimbres, les Teutons, les Ambrons durant l’épisode de la guerre des Cimbres. Jules César, proconsul de la Narbonnaise de 58 à 49, en fit sa base arrière pour la conquête des Gaules, et termina en 49 la conquête de la Narbonnaise en annexant Massalia et son territoire, qui avait pris le parti de Pompée. Avec l’Empire, à partir de 27 av. jc, avec le principat d’Octave devenu Auguste, Narbonne va prendre de l’importance.

[2] commandant de la garde impériale et chargé des affaires étrangères

[3] Le préfet de Rome ou préfet de la Ville est une magistrature romaine non collégiale et non élective, chargée de gouverner la ville. Si les historiens romains mentionnent durant la monarchie romaine et la République archaïque une délégation temporaire et épisodique pour défendre la ville en l’absence des titulaires du pouvoir, la préfecture de Rome n’est une magistrature réelle que sous l’Empire.

[4] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.

[5] Le nom de la région est issu de la tribu des Umbri (Ombriens), un peuple qui a fini par être absorbé par l’expansion romaine. Leur langue était l’Ombrien, une des langues italiques. Les Umbri, comme les tribus voisines sont probablement issus de la culture Terramare et de Villanova d’Italie du nord et centrale, et ont pénétré dans le nord-est de l’Italie au début de l’âge du Bronze. Les Étrusques étaient en conflit avec les Umbri, et l’invasion étrusque est passée de la côte ouest vers le Nord et l’est (700 à 500 av. jc), en poussant les Ombriens vers les hautes terres des Apennins. Néanmoins, la population Ombrienne ne semble pas avoir été éradiquée dans les districts conquis. Après la chute des Étrusques, les Umbri ont tenté d’aider les Samnites dans leur lutte contre Rome (308 av. jc) ; toutefois les communications avec le Samnium ont été entravées par la forteresse romaine de Narni et la grande bataille de Sentinum,(295 av. jc). La victoire romaine de Sentinum, commence une période d’intégration sous les souverains romains, qui a mis en place des colonies (Spolète) et construit la via Flaminia (220 av. jc), qui est devenu le principal vecteur de développement romain en Ombrie. Au cours de l’invasion d’ Hannibal de la deuxième guerre punique, la bataille du lac Trasimène a vu les Umbri conserver une certaine neutralité. Pendant la guerre civile romaine entre Marc-Antoine et Octave (40 av. jc), la ville de Pérouse, prise par Antoine fut presque entièrement détruite par ce dernier. Au temps de Pline l’Ancien, 49 communautés indépendantes existent toujours en Ombrie et l’abondance des inscriptions et la forte proportion de recrues dans l’armée impériale atteste de sa population. La région moderne de l’Ombrie, cependant, est très différente de l’Ombrie de l’époque romaine dont l’étendue débutait dans ce qui est maintenant les Marches du Nord, depuis Ravenne, excluait la rive occidentale du Tibre. Pérouse se situait donc en Étrurie, et les environs de Norcia dans le territoire des Sabins. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Ostrogoths et les Byzantins ont lutté pour la suprématie dans la région. Les Lombards fondent le duché de Spolète, couvrant la majeure partie de l’Ombrie d’aujourd’hui.

[6] Le comte des largesses sacrées est un haut fonctionnaire fiscal sous le Bas-Empire romain et pendant la période byzantine.

[7] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[8] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[9] La Via Aurelia ou voie Aurélienne est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule. La Via Aurelia a été mise en œuvre à partir de 241 av. jc par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne et passait par Pisæ (Pise) pour arriver à Luna (Luni). Au fur et à mesure des conquêtes sont venus s’y rattacher des tronçons. Ainsi le consul Æmilius prolongea la voie à partir de 109 av. jc. Cette section devint la Via Æmilia Scauri. Elle passait par Genua (Gênes) et Vada Sabatia (Vado Ligure). Après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste prolongea la voie, à partir de 13 av. jc, depuis Placentia (Plaisance), jusqu’à Arelate (Arles), sur le Rhône. Elle prendra alors le nom de l’empereur : La Via Julia Augusta.

[10] Sur son retour

[11] Par le port d’Ostie, transitaient les marchandises nécessaires à la population romaine, qui comptait le million d’habitants sous l’Empire au 2ème siècle. Ostie compta jusqu’à 50.000 habitants : armateurs, marchands, artisans, fonctionnaires, marins...

[12] Castrum Novum est une colonie maritime romaine, fondée en 264 av. JC, dans la plaine de Torre Chiaruccia, à une soixantaine de kilomètres de la Via Aurelia, en Étrurie. Elle avait pour but de défendre la côte située près de Caeré (Cerveteri), et lui servait de port, comme Ostie pouvait le faire pour Rome.

[13] Civitavecchia est une ville italienne de la région du Latium, située dans la ville métropolitaine de Rome Capitale entre la mer Tyrrhénienne et les monts de la Tolfa. C’est un port maritime qui dessert notamment la Sardaigne et la Corse.

[14] Porto Ercole (ou Porto Hercules) est un village italien, frazione de la commune de Monte Argentario, en Toscane.

[15] Cosa est une cité antique d’Étrurie, qui fut colonie romaine (aujourd’hui Ansedonia au sud-est d’Orbetello) sur la mer Tyrrhénienne.

[16] Monte Argentario est une commune italienne de la province de Grosseto au sud du littoral de la Toscane ; elle est située sur une presqu’île touristique formée d’un promontoire montagneux, reliée à la côte par deux tombolos. Les deux principaux centres d’habitation de la commune sont Porto Santo Stefano au nord et Porto Ercole à l’est.

[17] L’île de Giglio est une île de l’archipel toscan en mer Tyrrhénienne constituée d’une seule commune italienne de même nom, rattachée à la province de Grosseto en Toscane.

[18] L’Ombrone est un fleuve italien, le deuxième de la Toscane par sa longueur, qui prend sa source dans les environs de San Gusmè, sur le territoire de la commune de Castelnuovo Berardenga, dans la partie sud-est des monts du Chianti.

[19] L’île d’Elbe est la plus grande île de l’archipel toscan avec 224 km² de superficie et la troisième de l’Italie. Elle est située entre la Corse, distante de 50 kilomètres, et la Toscane, en mer Tyrrhénienne. Elle est séparée de la péninsule italienne par le canal de Piombino, large d’une dizaine de kilomètres.

[20] Piombino a d’abord été connue comme un port de l’époque étrusque, la ville principale de la zone étant alors Populonia (maintenant devenue un hameau de la commune de Piombino). On y débarquait probablement dès la période étrusque du fer pré-traité dans les bas fourneaux de l’île d’Elbe. Dans l’Antiquité, la ville est connue sous le nom de Falesia (francisé en Falésie).

[21] Le shabbat ou chabbat est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine juive, le samedi, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir. Élément fondamental de la religion, il est observé par beaucoup de Juifs. Au-delà des notions de permis et d’interdit, le chabbat est surtout considéré comme un jour hors du temps et des contingences matérielles, un jour durant lequel toutes les activités extérieures doivent être réduites pour se concentrer sur sa famille et son foyer. Il y est surtout question d’activités dans son cercle familial, de moments pour se ressourcer, de repas en famille… Il commence le vendredi, 18 minutes avant le coucher du soleil et se termine le samedi après l’apparition de 3 étoiles moyennes (approximativement 40 minutes après le coucher du soleil)

[22] Populonia est une frazione de la commune de Piombino en province de Livourne

[23] Capraia est une des îles de l’archipel toscan en mer Tyrrhénienne, entre la côte italienne et la Corse. Sa superficie est de 19 km². Rattachée à la province de Livourne, elle ne compte qu’une commune, Capraia Isola.

[24] L’île de Gorgone est l’île la plus septentrionale de l’archipel toscan, en mer Tyrrhénienne.

[25] Les livres sibyllins sont un recueil d’oracles conservé à Rome dans l’Antiquité. Selon une tradition ancienne, ils furent achetés à une sibylle par le roi Tarquin le Superbe. Les livres sibyllins ne sont consultés qu’à la suite d’un prodige (ou présage) grave. Il s’agit de savoir quel dieu apaiser et par quels rites. Ils furent d’abord confiés à un collège de deux prêtres, nombre qui s’accrut par la suite pour atteindre 15 membres sous l’Empire, qu’on appela alors les quindecemviri sacris faciundis. La réponse était d’abord lue au Sénat, qui statuait ensuite sur l’opportunité de sa publication. Pendant la guerre sociale (entre 91 et 89 av. J.-C.), un incendie au Capitole détruisit les exemplaires des livres sibyllins. Pour les reconstituer, on fit rechercher les prophéties de la Sibylle enregistrées à Samos, à Ilion, à Érythrée, dans les colonies grecques d’Italie, en Afrique et en Sicile. Les prêtres firent ensuite un tri pour ne retenir que celles qui leur paraissaient véritables. À la fin de l’Empire romain d’Occident, probablement lors des mesures antipaïennes promulguées par Honorius à partir de 404, les chrétiens s’emparèrent des livres sibyllins et les brûlèrent. Rutilius Namatianus, préfet de Rome en 417, dénonce Stilicon comme l’instigateur de cette action sacrilège