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L’histoire pour le plaisir

Sapaudus

mardi 30 juin 2020, par ljallamion

Sapaudus (mort en 586)

Archevêque d’Arles de 552 à 586

De ses origines on sait peu de choses, excepté qu’il est probablement d’origine Bourguignonne. Comme Aurélien d’Arles , il est issu d’une famille aristocratique et son père, Placidus, fut patrice [1].

Il est présent au concile de Paris en 553 [2], où il signe en premier les actes. Ce concile dépose et fait enfermer dans un monastère Saffaracus , l’évêque de Paris [3], remplacé par Eusèbe.

En 553, il sacre Ferréol d’Uzès, évêque d’Uzès [4].

En 554, il préside un concile à Arles [5] où il réunit les titulaires et représentants des 18 diocèces appartenant aux anciennes provinces des Alpes-Maritimes, de Narbonnaise Seconde [6], et même avec Vaison [7], du sud de la Viennoise [8].

En 556, à la mort de Théodose, il sacre Saint Quinis dit Quenin ou Quinidius , évêque de Vaison.

À cette époque, le pape Pélage 1er à la suite de sa condamnation des Trois Chapitres [9] et de son soutien aux décisions du Concile de Constantinople [10] est accusé en Gaule d’hérésie. Il doit répondre une première fois au roi Childebert qu’il partage bien la doctrine prônée par le pape Léon 1er et lui garantir qu’en aucune façon il ne sera une cause d’un schisme en Gaule.

Plus tard en 557, à la demande de ce même roi, le nouveau pape Pelage remet personnellement le pallium [11] à Sapaudus et fait de lui son vicaire [12] en Gaule, ainsi que ses prédécesseurs avaient pris l’habitude d’honorer l’Église d’Arles. Par cette gratification, il évite le risque d’un schisme en Gaule. Ainsi en 558, on peut considérer que Sapaudus a réalisé l’unité provençale sous l’autorité de l’église d’Arles à l’instar de la situation qui existait sous l’épiscopat de Césaire.

Toutefois, dès les successeurs de Pelage, Sapaudus est moins en cour. L’évêque n’est désormais guère consulté pour des questions normalement de son ressort et l’Église d’Arles n’est plus représentée aux conciles.

En 570, à la suite de la prise d’Arles par le comte de Clermont Firminus, Gontran roi de Bourgogne [13] et de Provence [14], envoie le patrice Celsus reprendre la cité. Lorsque ce dernier se présente devant les murs de la ville, l’évêque Sapaudus engage l’armée de Firminus à tenter une sortie puis bloque les portes derrière elle, exemple de trahison épiscopale dont Césaire avait déjà été soupçonné aux profit des Burgondes [15].

Gontran convoque un concile à Paris le 11 septembre 573 [16], pour laisser l’Église trouver une solution au problème de la guerre entre les rois francs. D’après les actes royaux, le concile est présidé par Sapaudus qui a trahi Sigebert durant l’expédition austrasienne [17] en Provence. Il meurt en 586, probablement de la peste comme le suggère Grégoire de Tours.

Les anecdotes rapportées par Grégoire de Tours montrent le rôle important joué par Sapaudus dans la cité d’Arles. Tout comme son homologue marseillais Théodorus, Sapaudus est un personnage énergique qui gouverne un clergé impliqué dans la vie pastorale aussi bien que dans les luttes séculières des partis, et qui n’hésite pas à agir avec violence, par voies de fait et pillages

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de La Provence, des origines à l’an mil - P.A. Février, M. Bats, G Camps, M. Fixot, J. Guyon, J. Riser (Éditions Ouest-France UNIVERSITE) / (ISBN 2737304563)

Notes

[1] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[2] Le concile de Paris de 553, ou deuxième concile de Paris, est convoqué par Childebert 1er.

[3] L’archidiocèse de Paris est le principal archidiocèse métropolitain de l’Église catholique en France. L’évêché de Paris aurait été créé au 4ème siècle. Selon la tradition, Paris aurait été évangélisée par saint Denis, premier évêque de la ville, mais le premier évêque de Paris attesté est Victorin (Victorinus) cité en 346. L’évêché n’a pendant plusieurs siècles qu’une importance relative dans le royaume, Sens ou Reims ayant un rôle primordial dans la partie nord

[4] Le diocèse d’Uzès est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il est un des diocèses historiques de l’ancienne province du Languedoc. Le diocèse d’Uzès est érigé au 5ème siècle sur une partie du territoire de celui de Nîmes. Il est suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Narbonne et relève de la province ecclésiastique de Narbonne. L’évêque Jean II de Saint-Gelais se convertit au protestantisme en 1566 et Uzès n’est reprise par les catholiques qu’en 1629. La cathédrale Saint-Théodorit est détruite de 1560 à 1645. Le diocèse d’Uzès est supprimé par la Constitution civile du clergé, adoptée par l’Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790 et sanctionnée par Louis XVI le 24 août suivant. Sa suppression n’est pas reconnue par le pape Pie VI. Mais, à la suite du Concordat de 1801, il n’est pas rétabli.

[5] Ce concile, appelé parfois le 5ème concile d’Arles s’est tenu le 28 juin 554, sous Childebert 1er et au cours duquel l’église Notre-Dame est consacrée. Il réunit 18 diocèses, dont 11 évêques présents et adopta sept canons.

[6] L’expression Gaule narbonnaise désigne, chez certains historiens du 19ème siècle, une province romaine ainsi nommée dès 118 av. jc après la fondation de la colonie romaine de Narbonne. En réalité, la province a été successivement nommée : « Gaule transalpine » après sa conquête par Rome ; « Gaule romaine » après la conquête du reste de la Gaule par Jules César, pour la distinguer de la Gaule chevelue (mais l’expression « Gaule transalpine » a continué d’être utilisée) ; « Narbonnaise » après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste, en même temps que sont créées les provinces de Gaule belgique, de Gaule lyonnaise et d’Aquitaine. À la suite de la réorganisation de l’Empire par Dioclétien (vers 300), sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise.

[7] Le diocèse de Vaison est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Supprimé en 1801, il est rétabli en 2009. La richesse du territoire à l’époque gallo romaine explique la création d’un diocèse qui a sans doute existé dès le 4ème siècle, et dont le territoire reprend les limites du territoire voconce avec 4 régions : Vaison, Die, Gap, et Sisteron.

[8] ce diocèse était toutefois représenté non pas par son évêque mais par son archidiacre Saint-Quinis

[9] L’affaire dite des Trois Chapitres s’inscrit dans les efforts de Justinien 1er pour réconcilier sur le plan religieux les parties orientale et occidentale de son empire en les persuadant que les décisions du concile de Chalcédoine de 451 étaient conformes à la christologie de l’école d’Alexandrie. En 544, il publia un édit en trois chapitres, le premier condamnant Théodore de Mopsueste, les deux autres condamnant les écrits jugés pro-nestoriens de Théodoret de Cirrhe et la lettre adressée par l’évêque d’Édesse, Ibas, à Mari.

[10] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[11] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.

[12] Vicaire est un titre religieux chrétien. Le vicaire est un prêtre qui assiste le curé dans une paroisse catholique. Il est nommé par l’évêque. Sous l’Ancien Régime, il était habituellement choisi par le curé, son choix devant être approuvé par l’évêque. Un vicaire était rémunéré par le curé sur le revenu qui lui était attribué.

[13] Le premier royaume de Bourgogne est un royaume féodal mérovingien ayant existé de 534 à 843, après la conquête du royaume des Burgondes par les Francs.

[14] La Provence est une région historique et culturelle ainsi qu’un ancien État indépendant et une ancienne province (en tant qu’État associé à la France) avant de disparaître à la Révolution française

[15] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[16] Le 11 septembre le roi franc Gontran réunit un concile à Paris pour tenter de réconcilier ses frères Chilpéric et Sigebert, en guerre à cause du meurtre de Galswinthe, mais sans succès ; la guerre civile reprend de plus belle. Le fils de Chilpéric, Thibert, reprend Tours et Poitiers à la fin de l’année

[17] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.