Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 1er siècle de notre ère > Simon le Zélote ou saint Simon le Cananéen

Simon le Zélote ou saint Simon le Cananéen

dimanche 28 juin 2020, par ljallamion

Simon le Zélote ou saint Simon le Cananéen

Juif du 1er siècle et l’un des douze apôtres de Jésus-Christ

  Dans les traditions orientales, c’est un des quatre frères de Jésus. Simon est mentionné dans les listes des douze apôtres figurant dans les trois évangiles synoptiques [1]. Il figure aussi dans plusieurs sources chrétiennes occidentales, mais ne fait pas partie des Hommes illustres auxquels saint Jérôme consacre une notice. On le rencontre beaucoup plus souvent dans les sources chrétiennes orientales écrites notamment en syriaque [2].

Son surnom, le Zélote, associé au discours de Jésus tel que transcrit par les évangiles, conduit certains historiens à penser que Simon était un membre du groupe zélote [3] ou un ancien membre qui l’aurait quitté pour rallier le mouvement de Jésus. Toutefois, la question de savoir s’il appartenait au mouvement zélote est débattue chez les historiens.

Dans les évangiles attribués à Marc et à Matthieu on trouve Simon Kananaios [4]

Selon la tradition chrétienne après avoir évangélisé l’Égypte et les Berbères [5], Simon aurait rejoint l’apôtre Jude de l’autre côté de l’Euphrate [6] pour prêcher en Perse, ce qui à l’époque correspond à l’empire Parthe [7]. De très nombreuses sources chrétiennes convergent pour parler de cette prédication dans l’espace parthe et au sud de l’Arménie.

Dans son Histoire d’Arménie, Moïse de Khorène rapporte une tradition selon laquelle il serait mort à Weriosphora dans le royaume d’Ibérie [8], tout en précisant qu’il n’est pas sûr de cette information

Simon le Zélote est parfois confondu avec Siméon fils de Clopas, le deuxième episkopos [9] de Jérusalem ayant succédé à Jacques le Juste. Selon Hippolyte de Rome, Siméon fils de Clopas a lui aussi été surnommé le Zélote. Ils sont néanmoins différents, ne serait-ce que parce que Siméon fils de Clopas meurt crucifié dans l’empire romain, jugé en présence d’un consul romain au plus tôt en 106, alors que Simon le Zélote, meurt, dans un pays situé de l’autre côté de l’Euphrate c’est-à-dire soit l’Arménie soit l’empire parthe plusieurs décennies auparavant.

Simon le Zélote et Siméon fils de Clopas sont d’ailleurs fêtés à des dates différentes et figurent aussi à des dates différentes dans les martyrologes y compris les plus antiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau La Bible et les Saints.- Guide iconographie, Flammarion, Collection Tout l’Art, Paris, 1994, Première édition 1990 (ISBN 2-08-012256-8).

Notes

[1] Mc 3, 18 ; Mt 10, 4 ; Lc 6, 15) et les Actes des Apôtres (Ac I, 13

[2] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles dites aussi « Églises antéchalcédoniennes ». Elle tire son surnom de « jacobite » du nom d’un de ses fondateurs, Jacques Baradée. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[3] Les Zélotes, sont les groupes qui combattent le pouvoir romain les armes à la main pendant la Première Guerre judéo romaine. Appelés aussi Galiléens, ils se révoltent initialement contre le recensement de Quirinius en 6 : le recensement viole d’une part un interdit biblique (seul Dieu est le comptable autorisé des âmes) mais d’autre part prépare l’institution de l’impôt « par tête ». En se radicalisant, ils finissent par s’attaquer aussi bien à leurs compatriotes jugés timorés ou soupçonnés de collaborer avec les Romains, qu’aux païens qui pensent-ils souillent la Terre promise par leur seule présence. Les Zélotes constituent un des courants actifs du judaïsme du premier siècle. Secte juive anti-romaine, ils sont les principaux instigateurs de la révolte contre Rome : ils se défendent contre Titus avec acharnement, pendant le siège et après la prise de Jérusalem, en 70. La répression romaine est sans appel : ceux qui sont faits prisonniers sont crucifiés. Beaucoup préfèrent mourir dans des suicides collectifs

[4] Cananéen

[5] Les Berbères sont les membres d’un groupe ethnique autochtone d’Afrique du Nord. Connus dans l’Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l’histoire, tels que Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s’étendant de l’océan Atlantique à l’oasis de Siwa en Égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, la majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les retrouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Égypte, mais aussi aux Îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d’autres pays d’Europe

[6] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[7] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[8] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[9] évêque