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L’histoire pour le plaisir

Jean Châtel

lundi 15 juin 2020, par ljallamion

Jean Châtel (1575-1594)

Jeune homme qui tenta d’assassiner Henri IV le 27 décembre 1594. Il fut exécuté comme régicide en place de Grève [1], deux jours plus tard.

Fils d’un marchand de draps et n’avait que 19 ans lorsqu’il s’introduisit dans l’hôtel de Gabrielle d’Estrées, pendant une audience royale. Il porta au roi un coup de couteau à la lèvre, alors que celui-ci se baissait pour relever 2 officiers qui étaient à ses genoux. Arrêté sur-le-champ, il fut condamné à être écartelé en place de Grève. La maison du père de Jean Châtel, sur l’île de la Cité, fut démolie et remplacée en 1595 par une pyramide commémorative.

Lors de l’enquête, on découvrit que Jean avait été élève des jésuites [2] au collège de Clermont [3]. Les jésuites furent accusés d’avoir inspiré son acte, malgré les dénégations de l’accusé. Ses anciens professeurs, les pères Hay et Guéret, furent bannis du royaume de France. Un autre, le père Jean Guignard , fut pendu et brûlé en place de Grève. Les autres pères furent exilés, le collège mis sous séquestre et les meubles vendus.

Ceux qui furent bannis du royaume seront finalement rappelés, faute de preuves. Les ligueurs [4] inscrivirent Jean Châtel dans leur martyrologe, et Jean Boucher écrivit son Apologie.

En 1605, après le rappel de la compagnie de Jésus par Henri IV, on détruisit la pyramide de Châtel ainsi que les inscriptions anti-jésuites qu’elle comportait. À son emplacement, le prévôt des marchands [5] François Miron fit construire la fontaine des Barnabites [6].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de James B. Collins, « Jacques Clément et Jean Chastel, assassins de la « Respublicque françoise » », dans Isabelle Pébay-Clottes, Claude Menges-Mironneau, Paul Mironneau et Philippe Chareyre (dir.), Régicides en France et en Europe (xvie-xixe siècles), Genève, Droz, coll. « Cahiers d’humanisme et renaissance » (no 139), 2017, 570 p. (ISBN 978-2-6000-4728-9),

Notes

[1] La place de l’Hôtel-de-Ville - Esplanade de la Libération, ancienne place de Grève jusqu’en 1803, est une place de Paris, en France.

[2] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III.

[3] aujourd’hui lycée Louis-le-Grand

[4] La Ligue catholique, la Sainte Ligue ou la Sainte Union est le nom donné pendant les guerres de Religion à un parti de catholiques qui s’est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. Son succès fut tel qu’elle devint un danger pour la monarchie. En 1588, elle parvient à chasser le roi Henri III de la capitale. La Ligue décline petit à petit devant les victoires du roi Henri IV. Elle constitua un des plus grands dangers que connut la monarchie française avant l’avènement de l’absolutisme, avec la Fronde, au siècle suivant, dont les acteurs gardèrent présente à l’esprit la Ligue, comme modèle ou comme repoussoir.

[5] Sous l’Ancien Régime, le prévôt des marchands de Paris, assisté de quatre échevins, s’occupait de l’approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l’assiette des impôts et avait la juridiction sur le commerce fluvial. Il était élu tous les deux ans et son rôle se rapprochait de celui d’un maire de Paris. Cette institution succède sous Saint Louis à une corporation, la Hanse parisienne des marchands de l’eau. La prévôté des marchands de Paris a été instituée sous Philippe Auguste, mais le premier prévôt dont le nom nous soit connu est Evrard (ou Evrouin) de Valenciennes, mentionné sous Saint Louis, dans un texte d’avril 1263. Le poste a été supprimé après la prévôté d’Étienne Marcel et la révolte des Maillotins, en 1383. Rétabli en 1412, il n’a plus joué de rôle politique jusqu’à sa disparition en 1789.

[6] La fontaine Saint-Victor (également appelée fontaine d’Alexandre ou fontaine de La Brosse) est une fontaine parisienne du 17ème siècle. Installée après 1686 à l’angle de la rue de Seine (aujourd’hui rue Cuvier) et de la rue Saint-Victor (aujourd’hui rue Linné), face à l’ancien hôpital de la Pitié, elle a été démolie en 1840.