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Varsken de Gogarène

mardi 26 mai 2020, par ljallamion

Varsken de Gogarène

Vice-roi de Gogarène

Membre de la famille des Mihranides [1]. Fils d’ Aršouša , vitaxe [2] de Gogarène [3], il lui succède entre 457 et 470 ou peut-être en 467

Sa mère, Anouyshvram Arçrouni [4], était belle-sœur du général Hmayeak Mamikonian , lui-même frère du sparapet [5] Vardan Mamikonian. Son père, Aršouša, étant resté en otage à la cour de Perse à Ctésiphon [6], n’a pas pu participer à l’insurrection de l’Arménie en 451, conduite par Vardan Mamikonian. Après la défaite de l’armée arménienne à Avarayr [7] le 2 juin 451, puis la mort de Hmayeak Mamikonian tué peu après dans le Taïq [8], Aršouša voit arriver à Ctésiphon trois de ses neveux.

La paix et la soumission étant revenues en Arménie, Aršouša réussit à racheter sa liberté et celle de ses neveux en 455, et les ramène en Arménie auprès de leur mère. Il les fait élever avec Lazare de Pharbe . Plus tard, Aršouša organise le mariage de son fils Varsken avec Chouchanik , fille de Vardan Mamikonian.

Dès la mort de son père, il se rend à Ctésiphon auprès du roi sassanide Péroz 1er, abjure spontanément le christianisme et se convertit au mazdéisme [9]. Péroz lui donne pour seconde épouse une princesse sassanide [10]. De retour en Arménie, il veut obliger sa première épouse, Chouchanik, à se convertir, mais cette dernière s’y refuse, et finit par mourir des violences infligées par son mari.

L’abjuration de Varsken était intéressée : en cherchant ainsi les faveurs du roi, il obtient son soutien et son investiture pour conquérir le royaume d’Ibérie [11] sur lequel il estime avoir des droits. Il envahit le royaume, mais il est vaincu et tué par le roi légitime, Vakhtang 1er Gorgasali.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Éd. Privat, 2007 (1re éd. 1982), 991 p. (ISBN 978-2-7089-6874-5).

Notes

[1] Les Mihranides ou Maison de Mihrān sont une dynastie iranienne issue des sept grands clans ou maisons parthes des empires arsacide et sassanide.

[2] vice-roi

[3] Le Gougark, Gugark’ ou la Gogarène est la 13ème province de l’Arménie historique selon Anania de Shirak. Son territoire correspond aujourd’hui au nord de l’Arménie, au nord-est de la Turquie et au sud de la Géorgie. La ville d’Ardahan est son centre historique. Sous les rois artaxiades et arsacides, la province est l’un des quatre bdeshkhs (marche) protégeant le nord du royaume d’Arménie. En 387, lorsque le royaume est divisé entre Byzantins et Sassanides, elle est intégrée à l’Ibérie. En 652, les Arabes autorisent le prince arménien Théodoros Rechtouni à l’incorporer à ses possessions. Au cours des siècles suivants, la province connaît divers souverains ; au 8ème siècle, elle est intégrée à l’émirat de Tiflis, et, au 9ème siècle, elle est divisée entre Bagratides arméniens et géorgiens

[4] Les Arçrouni , Artsrouni ou Ardzrouni sont les membres d’une famille de la noblesse arménienne, qui prend de l’importance au 8ème siècle avant d’accéder à la royauté au Vaspourakan de 908 à 1021.

[5] Ce titre, qui correspondait à la fonction de commandant en chef des armées dans le royaume d’Arménie, est l’équivalent de celui de spahbod utilisé par les Iraniens sous les Parthes et les Sassanides. La fonction de sparapet existait également dans le royaume arménien de Cilicie, où toutefois le titulaire de la charge était connu sous le titre latin de « connétable »

[6] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[7] La bataille d’Avarayr ou d’Avaraïr, aussi connue sous le nom de bataille de Vartanantz, est une des grandes batailles de l’histoire de l’Arménie. Elle oppose le 26 mai 451 les rebelles arméniens menés par Vardan Mamikonian et leurs suzerains sassanides. Bien que les Perses soient victorieux, les Arméniens réussissent à assurer leur indépendance religieuse.

[8] Dans les textes relatifs à l’histoire de l’Arménie, le nom Tayk ou Tayk’ est souvent utilisé en tant que pars pro toto pour la région nord-ouest de l’Arménie historique, aujourd’hui située dans le nord-est de la Turquie.

[9] Le mazdéisme est une religion iranienne qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l’Avesta.

[10] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.

[11] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».