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Charlotte d’Aragon-Naples

vendredi 13 mars 2020, par ljallamion

Charlotte d’Aragon-Naples (1480-1506)

Princesse de Tarente-Héritière du royaume de Naples

Emblème du Royaume de Naples - rex Utriusquae Siciliae (1442-1516) Fille aînée de Frédéric 1er de Naples et comte du Maine [1] et d’Anne de Savoie, nièce de Louis XI. Leur mariage fut arrangé par ce dernier qui avait constitué à sa nièce une dot de 12 000 livres de rente, et le contrat fut signé le 1er septembre 1478, à la Lande, au diocèse de Chartres [2].   Charlotte perdit sa mère à sa naissance en 1480. Comme elle était descendante du roi Charles VII par Yolande de France, sa grand-mère et sœur de Louis XI, ce dernier assigna, en août 1480, 12 000 livres tournois de rente au profit de Charlotte, en janvier 1483.   Elle fut élevée à la cour de France en compagnie de Marguerite d’Autriche, fille de Maximilien 1er du Saint Empire, fiancée du roi Charles VIII. Elle y resta après le départ de Marguerite que le roi renvoya pour épouser la duchesse de Bretagne. Elle fut élevée à la cour de France avec le titre de première demoiselle de la reine Anne. On la traita en fille de roi et on lui fournit une maison spécialement montée à ses ordres.   Elle fut d’abord fiancée au roi d’Écosse. César Borgia, duc de Valentinois [3], convoitant les droits que la princesse d’Aragon avait sur le royaume de Naples [4], voulut l’avoir en mariage.   Sous prétexte d’apporter au roi Louis XII les bulles du Pape que ce prince demandait pour son mariage avec la veuve de Charles VIII, il vint étaler à la cour de France un luxe qu’il poussa jusqu’à l’extravagance.   Charlotte reçut avec répugnance les avances de César. Elle répondit à Louis XII, qui lui faisait part de sa demande, “que si, pour prix du sacrifice qu’on exigeait d’elle, le roi vouloit assurer le trône à son père et à ses frères en se désistant des droits qu’il réclamoit sur le royaume de Naples, elle étoit disposée à obéir.”   Les conventions de son mariage avec Nicolas de Laval furent arrêtées à Vierzon [5], le 27 janvier 1499. Une procuration donnée par son père, le 27 mars 1499, enjoignait à Guillaume de Poitiers-Valentinois de chercher à la marier au gré du roi.   Nicolas, ayant accompagné la princesse Anne et le roi Louis XII, son époux, en 1500, au voyage de Lyon, il fut du tournoi qui s’y donna en l’honneur de leurs majestés, et fut le chef du parti de la reine. Le 20 juillet, le mariage fut célébré dans l’église Sainte-Croix de Lyon [6].   Cette alliance mêlait le sang de la maison de Laval avec celui des maisons de France, d’Espagne, d’Aragon et de Savoie. Ce mariage pouvait promettre beaucoup à Nicolas. Par le contrat de leur mariage, Frédéric 1er s’engagea à verser à son gendre les cent mille livres de la dot de sa fille ; et, tout en exigeant l’engagement pour elle et ses ayants droit de respecter les droits successifs de ses héritiers mâles, Frédéric reconnut pour la postérité de Charlotte le droit d’hériter à son tour, à défaut des mâles.   Néanmoins, Frédéric, père de Charlotte, chassé de ses Etats, vint mourir en France. Il avait perdu son trône et sa fortune. Il ne resta au sire de Laval que l’honneur d’une alliance qui le rattachait à toutes les maisons royales d’Europe. Les chances qu’avait Charlotte d’occuper le trône de Naples étaient nulles et, Nicolas en l’épousant ne dû pas les faire entrer en ligne de compte. Sans doute, épouser la fille d’un roi, une nièce de Louis XI, la favorite de la reine Anne de Bretagne, et compter sur une dot de cent mille livres, était bien suffisant à ses yeux pour constituer une alliance.   Charlotte ne vécut que 6 ans avec son mari, mourant à Vitré [7], le 6 octobre 1506, en couche. Le corps de Charlotte fut enseveli à la Collégiale Saint-Tugal de Laval [8], le 11 octobre, par le cardinal Philippe de Luxembourg.   Princesse de Tarente [9], sa fille Anne de Laval épousa François de La Trémoille , vicomte de Thouars [10] et lui apporta ses prétentions au trône de Naples en l’année 1521, et de là vient le titre d’altesse accordé à leurs descendants. Ils avaient en outre, avant 1789 le rang de princes étrangers [11].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Charlotte d’Aragon-Naples Portail de l’Italie/ Catégories : Royaume de Naples/ Maison de Laval

Notes

[1] Le Maine est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Le Mans. Le Maine fut aussi un comté et un duché. Ses limites correspondent historiquement depuis l’époque carolingienne jusqu’à la révolution à l’évêché du Mans de l’ancien régime.

[2] Le diocèse de Chartres est un diocèse de l’Église catholique romaine en France couvrant le département d’Eure-et-Loir (et desservant quatre communes situées dans le département de l’Eure), et rattaché à la province ecclésiastique de Tours.

[3] Le Valentinois est, au sens géographique strict, la région entourant la ville de Valence, aujourd’hui préfecture du département de la Drôme. Le Valentinois fut érigé en duché-pairie en 1498 pour César Borgia par le roi Louis XII de France. Le duché fut donné en 1548 à Diane de Poitiers par le roi Henri II de France. Le Valentinois fut donnée en 1642 au prince de Monaco Honoré II par le roi Louis XIII de France.

[4] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[5] Vierzon est une commune française située dans le département du Cher. En 1196, les troupes de Richard Cœur de Lion s’emparent de Vierzon et la pillent. En août 1356, lors de la Chevauchée du Prince noir, la ville est prise par les troupes du captal de Buch, Jean de Grailly. Elle est incendiée ainsi que le château et l’abbaye. En 1370, Bertrand Du Guesclin en chasse les Anglais et redonne Vierzon à la couronne de France. La ville deviendra alors un des centres de ravitaillement des armées de Jeanne d’Arc. Vierzon subit les guerres de Religion, mais reste catholique.

[6] L’église Sainte-Croix de Lyon est un édifice religieux catholique détruit au 19ème siècle. Elle est l’église la plus septentrionale du groupe épiscopal lyonnais comprenant la cathédrale Saint-Jean et l’ancienne église Saint-Étienne, des restes de ses fondations sont visibles dans le parc archéologique attenant.

[7] Vitré est une commune française située dans le département d’Ille-et-Vilaine. Vitré est au Moyen Âge le siège d’une baronnie. Au 13ème siècle, le château est agrandi et le « Vieil Bourg » avec l’église Notre-Dame se sont développés sur le plateau est. La place du Château qui était considérée comme une avant-cour, était urbanisée en réalité. La ville s’est vue encerclée par des remparts et des fossés extérieurs. C’est donc à cette époque que la ville close prend sa forme actuelle. En même temps, des « bourgs privilégiés », c’est-à-dire des faubourgs nés à la demande du baron, se sont développés autour de la ville close. Dès le 13ème siècle, Vitré réunit tous les éléments de la ville.

[8] La collégiale Saint-Tugal de Laval était située à Laval en Mayenne. Elle était liée à la paroisse Saint-Tugal de Laval. La collégiale fut démolie en 1798. Lors du rétablissement du culte en 1800, il ne pouvait être aucunement question ni du rétablissement du chapitre ni de celui de la paroisse de Saint-Tugal qui se trouva réuni tout naturellement à celle de la Trinité.

[9] La principauté de Tarente était un fief dépendant du royaume de Sicile, puis du royaume de Naples. Il a souvent été attribué à des membres de la famille royale. La principauté a été créée à la mort de Robert Guiscard de Hauteville, duc de Pouilles, en 1085. Ce dernier avait d’un premier mariage avec une normande, un fils, Bohémond, et d’un second mariage avec une princesse lombarde un autre fils, Roger Borsa. C’est ce dernier qu’il avait choisi pour lui succéder dans le duché de Pouilles. En compensation, Bohémond reçut de nombreuses terres dans la Capitanate, autour de Tarente, terres qui formèrent la principauté de Tarente. Bohémond partit pour la première croisade en 1096 et conquit la principauté d’Antioche. Il ne revint plus en Italie jusqu’à sa mort en 1111. Son fils Bohémond II lui succéda, mais mourut en Terre Sainte en 1131 en ne laissant qu’une fille.

[10] C’est à la fin du 9ème siècle qu’apparaissent les premiers vicomtes de Thouars, avant même ceux de Châtellerault, Lusignan, etc. Ils représentaient le comte de Poitiers (aussi duc d’Aquitaine) dans le territoire que celui-ci a confié à leur garde. Avec les branches puinées établies en Vendée, ils forment la maison de Thouars. Les premiers vicomtes de Thouars sont issus de grands officiers de l’époque carolingienne. La maison de Thouars est probablement originaire des environs de Poitiers, où ils possédaient des biens au 10ème siècle. À cette époque, leurs dons aux abbayes sont destinés à Saint-Cyprien de Poitiers, Saint-Jouin de Marnes (15 km au sud de Thouars), Saint-Florent de Saumur et Saint-Martin de Tours. Au 11ème siècle, à la suite du mariage de Geoffroy II de Thouars avec Agnès de Blois, s’y ajoutent les abbayes de Bourgueil et de Marmoutier. La succession des vicomtes de Thouars est originale dans ce sens que le frère succédait à l’aîné puis la vicomté retournait ensuite au fils de l’aîné. À la mort du vicomte les enfants ne se partageaient que les meubles et une provision à hauteur des deux neuvièmes des immeubles de la succession. S’il y avait des filles, le fils aîné ne gardait que les trois-quarts des immeubles avec l’hôtel principal, le dernier quart étant réservé aux filles. Les membres de la famille de Thouars, mêmes s’ils n’étaient pas vicomtes titulaires, étaient appelés vicomtes et utilisaient ce titre dans leurs chartes.

[11] Prince étranger et princesse étrangère était une dignité de la cour de France sous l’ancien Régime. Cette dignité était accordée par le roi aux membres de dynasties souveraines étrangères ou de familles nobles prétendant à la souveraineté et résidant habituellement en France.