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Flavius Ardaburius Senior dit Ardaburius ou Ardabur le Vieux

lundi 23 décembre 2019, par ljallamion

Flavius Ardaburius Senior dit Ardaburius ou Ardabur le Vieux

Général romain sous le règne de Théodose II-Consul en 427

Détail du missorium d'Aspar. Son père Ardabur apparaît dans une imago clipeata en haut à droite.Prince des alains [1], il se maria avec une fille de Flavius Plintha . En 421, Ardaburius commande l’armée qui marche contre les Perses sur les bords du Tigre [2]. Il bat Narsès et l’assiège dans Nisibe [3], mais ses troupes doivent se retirer en désordre à l’arrivée du roi de Perse Vahram V, après avoir brûlé les machines de siège, tandis que de leur côté les Perses, frappés de la même terreur, se précipitent dans l’Euphrate [4].

En 425, Ardaburius et son fils Aspar sont envoyés en Italie par Théodose II, pour soutenir Valentinien III et sa mère Galla Placidia contre l’usurpateur Jean. Aspar marche sur Aquilée [5] avec la cavalerie. Ardaburius s’embarque avec l’infanterie pour aller assiéger Ravenne [6], mais une tempête jette son vaisseau dans le port même de cette ville.

Jean, voulant profiter de cette capture inattendue, traite Arbaburius avec égards, dans l’espoir que Théodose ferait la paix pour sauver son général.

Celui-ci profite de la liberté qu’on lui donne pour se ménager des intelligences dans la place. Il fait prévenir Aspar de s’approcher en grande hâte, gagne les principaux officiers de l’armée de Jean, et lorsque Aspar se présente, Ardaburius se saisit du tyran et le fait conduire à Aquilée devant Placidia et Valentinien.

Quelque temps après, Ardaburius s’attache un Thrace nommé Marcien, qui vient de s’enrôler dans la milice, qui deviendra empereur d’Orient de 450 à 457.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Continuité gentilice et continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l’époque impériale, Oxford University (R.-U.), Linacre College, coll. « Prosopographica & Genealogica », 597 p., 2000 (ISBN 1-900934-02-7).

Notes

[1] Les Alains étaient un groupe de nomades scythes. Les Alains forment un peuple scythique, probablement originaire d’Ossétie. D’ailleurs, les Ossètes d’aujourd’hui se présentent comme les descendants directs des Alains. Ce sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates et très proches des Iazyges, des Roxolans et des Taïfales.

[2] Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l’autre grand fleuve de la région l’Euphrate.

[3] Nisibe est une ville du sud-est du Kurdistan située dans la province de Mardin, à la frontière turco-syrienne. Elle est un haut-lieu de l’histoire du christianisme de langue syriaque. C’est l’ancienne Antioche de Mygdonie. Elle fut le siège de l’École théologique de Nisibe, une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme, en prenant la suite de l’école d’Édesse dite aussi école des Perses après la fermeture de celle-ci en 489.

[4] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[5] Aquilée est une commune de la province d’Udine dans la région du Frioul Vénétie julienne en Italie. Historiquement, la ville, fondée en 181 av.jc fut, à son apogée, une des villes les plus importantes de l’Empire romain. Aquilée a également été un centre religieux chrétien de premier plan, entre le 4ème siècle et le 15ème siècle, siège du patriarcat d’Aquilée.

[6] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.