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Guillaume VI d’Auvergne

vendredi 6 septembre 2019, par ljallamion

Guillaume VI d’Auvergne (vers 1069-1136)

Comte d’Auvergne après 1095

Siège de Clermont de 1122 par les troupes françaises du roi Louis VI le Gros ; à gauche Aimeric, ennemi de Guillaume VI rend hommage au roi. Chroniques de Saint-Denis, British Library.Fils de Robert II , comte d’Auvergne [1] et de Gévaudan [2], et de sa deuxième épouse, Judith de Melgueil.

En 1102, il emmena en Terre-Sainte l’élite de la noblesse de sa province. Ils rejoignirent Raymond de Saint-Gilles et firent avec lui le siège de Tripoli [3].

De retour en Auvergne, il fit fortifier Montferrand [4] dans le but de disposer d’une place forte contre Aimeric , évêque de Clermont [5]. Les violences répétées qu’il exerça en 1122 contre le clergé clermontois décidèrent celui-ci à en appeler au roi Louis VI le Gros, qui rassembla une armée.

L’armée royale ravagea la Limagne [6], prit Pont-du-Château [7] et investit Clermont, ce qui obligea Guillaume à rendre ce qu’il avait pris.

Quatre ans plus tard, la querelle avec l’évêque ayant repris, Louis VI vint assiéger Montferrand, mais l’armée du duc d’Aquitaine, Guillaume IX d’Aquitaine , suzerain de Guillaume d’Auvergne, se porta à son secours. Les choses s’arrangèrent dans le respect du droit féodal, le duc faisant allégeance au roi, son suzerain, pour les terres de son vassal le comte.

Guillaume VI épousa Emma, fille de Roger 1er de Sicile dit le Bosso et de Judith d’Évreux . Il est le père de Robert III d’Auvergne et de Guillaume VIII d’Auvergne , qui devinrent tous les deux comtes d’Auvergne, le second ayant dépouillé son neveu de la succession du premier.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Yves Carrias, Chevaliers croisés d’Auvergne, table héraldique. Préface de Jean-Guy Micolon de Guérines, président de l’association de recherches généalogiques et historiques d’Auvergne, 2009, Éditions Créer, Clermont.

Notes

[1] Le comté d’Auvergne est l’une des plus anciennes seigneuries de France, puisqu’elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l’ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché. La famille des Comtes d’Auvergne gouverne le comté depuis le dixième siècle. Une crise éclate au sein de la famille en 1155, date à laquelle le comte Guillaume VII d’Auvergne est forcé par son oncle Guillaume VIII d’Auvergne à diviser le comté en deux. Guillaume VIII reprend le comté, tandis que Guillaume VII doit se satisfaire du titre de dauphin d’Auvergne. En 1360, le roi de France Jean II de France crée, sur la vieille Terre royale d’Auvergne, un duché d’Auvergne qui se transmet au sein de la famille royale

[2] Le comté du Gévaudan est une ancienne principauté féodale qui couvre l’ancien territoire de la tribu gauloise des Gabales. Le processus de féodalisation et la transmission du comté à des héritiers de plus en plus lointains, finalement le roi d’Aragon, aboutit à la réduction de l’autorité réelle du comte à quelques seigneuries autour de Grèzes (Lozère). Dans le même temps, l’évêque de Mende Aldebert III du Tournel se rend le seul maître de Mende et prête hommage en 1161 au roi de France Louis VII pour l’ensemble du Gévaudan. Lorsque Saint-Louis achète en 1258 au roi d’Aragon Jacques 1er ses droits sur le comté, se pose la question de définir les pouvoirs respectifs du roi de France et de l’évêque de Mende. L’acte de paréage conclu en 1307 entre Philippe Le Bel et Guillaume VI Durand, attribue finalement le titre de comte, à l’évêque mais partage les droits attachés au titre entre l’évêque et le roi, dont les représentants s’établissent à Marvejols. Cet accord assure jusqu’à la révolution au Gévaudan le statut d’une principauté ecclésiastique, comme c’est le cas également pour les comtés voisins du Velay et de Viviers (Vivarais).

[3] Le siège de Tripoli, ville qui se trouve actuellement au nord du Liban, est un siège commencé en 1102 par Raymond de Saint-Gilles et qui prend fin le 12 juillet 1109 avec la prise de la ville, qui permet la constitution du comté de Tripoli.

[4] Montferrand était du 12ème siècle à 1630 une ville comtale et une ville autonome jusqu’à 1731, moment où l’édit de Troyes est appliqué fusionnant ainsi les deux villes de Clermont et Montferrand, longtemps rivales. Montferrand est aujourd’hui un quartier de la ville de Clermont-Ferrand. La ville de Montferrand a été créée par le comte Guillaume VI d’Auvergne vers 1120 dans le contexte de conflits avec la ville voisine de Clermont, cité de l’évêque et son allié le roi de France.

[5] Clermont ou Clairmonta est une ville en Auvergne, dont la fusion avec la cité voisine et rivale de Montferrand décidée par Louis XIII lors de l’Édit de Troyes du 15 avril 1630 et confirmée un siècle plus tard sous Louis XV en 1731, par Daniel-Charles Trudaine, (second Édit d’union) donne naissance à la capitale auvergnate de Clermont-Ferrand, titre auparavant réservé à Clermont. En 1120, à la suite des crises successives qui opposent les comtes d’Auvergne aux évêques, qui règnent sans partage sur la ville de Clermont, et pour contrecarrer leur pouvoir, le comte d’Auvergne Guillaume VI décide de construire, sur une butte voisine propice aux fortifications, une ville rivale. C’est ainsi que la cité de Montferrand voit le jour, sur le modèle des bastides du Sud-Ouest, ces villes nouvelles du Midi, construites entre le 12ème et le 13ème siècles. Pendant tout le Moyen Âge et jusqu’à l’époque moderne, Clermont et l’actuel quartier de Montferrand restent deux villes distinctes : Clermont est la cité épiscopale, Montferrand la cité comtale.

[6] La Limagne est une grande plaine située au centre de l’Auvergne. Elle se situe autour de la vallée de l’Allier et de son affluent la Dore, à l’est de Clermont-Ferrand, essentiellement dans le département du Puy-de-Dôme. Au sud, on distingue les Limagnes d’Issoire et de Brioude, qui sont moins étendues et qui se développent aussi le long de l’Allier. Au nord se trouve la Limagne bourbonnaise. Le nom de Limagne peut donc désigner l’ensemble des quatre plaines ou seulement la grande plaine située à l’est de Clermont-Ferrand. Cette dernière est aussi appelée « Grande Limagne » pour la distinguer des trois autres.

[7] Pont-du-Château est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme. Elle était une ville majeure du commerce fluvial le long de l’Allier au cours des siècles passés. Ce fut le port principal de Clermont-Ferrand : bois, charbon, vin, pierre de Volvic transitaient par ses quais. Elle marquait la limite entre l’Allier navigable (en aval en bateau) et l’Allier flottable (en amont, avec la descente de grumes dans l’eau)