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Rognvald ou Ragnvald Kali Kolsson

mardi 25 juin 2019, par ljallamion

Rognvald ou Ragnvald Kali Kolsson (vers 1100-1158)

Comte des Orcades en 1137

Représentation de Rognvald Kali Kolsson dans la cathédrale Saint-Magnus de KirkwallFils de Kolr Kalasson et de Gunnhildr Erlendsdottir la sœur du Jarl [1] Magnus Erlendsson . Il est élevé en Norvège mais rencontre à l’âge de 15 ans lors d’un voyage en Angleterre le prétendant Gillichrist avec qui il participe au combat de Fyrleiv le 10 août 1134. Ce dernier devenu seul roi de Norvège sous le nom de Harald IV de Norvège lui confirme en 1135 le titre de Jarl qui lui avait déjà été accordé en 1129 par son pseudo demi-frère le roi Sigurd 1er de Norvège .

C’est à cette occasion qu’à la demande de sa mère, il adopte le nom dynastique de Ragnvald/Rögnvaldr sous lequel il sera désormais connu. Selon la Saga des Orcadiens [2] sa mère choisit ce nom en l’honneur du Jarl Rognvald Brusason qui selon elle avait été le meilleur de tous les Jarls.

Après un premier échec Rognvald réussit à s’implanter aux Orcades en 1137 après avoir fait alliance avec la famille de la puissante Frakokk Moddandottir en exil au Sutherland [3] et qui avec les siens contrôlait le Caithness [4]. Le Jarl Paul Haakonsson doit s’exiler en Atholl [5] chez sa sœur Magret où il disparaît.

Rognvald devenu Jarl commence alors en 1137 l’édification de la cathédrale de Kirkwall [6] dans laquelle seront transférées les reliques de son oncle Magnus Erlendsson . Pour ce faire il propose aux paysans de racheter leurs droits allodiaux pour un mark d’argent par arpent de terre.

Après 2 ans de pouvoir, Rognvald exerce également à partir de 1139 la fonction de régent pour le compte d’Harald Maddadsson, le jeune neveu et héritier âgé de 5 ans de Paul Haakonsson. Il contrôle ainsi le Caithness qui fait partie de l’héritage de ce dernier.

En 1153 Rognvald entreprend après une visite en Norvège une croisade-pèlerinage à la tête d’une flottille de 15 navires. Il est accompagné par Vilhjalmr 1er l’évêque des Orcades suffragant de Nidaros [7] et par plusieurs nobles de la cour du roi Inge1er de Norvège dont Erling Skakke qui était devenu son ami.

L’expédition de Rognvald fait voile vers l’Écosse puis l’Angleterre avant d’atteindre l’Espagne et la Méditerranée et de combattre les musulmans. La saga des Orcadiens rapporte la romance courtoise qui aurait lié le Jarl poète avec la comtesse Ermengarde de Narbonne pour qui il compose des chants en poésie scaldique [8].

Après de nombreuses aventures qui les auraient conduits en Afrique et en Crète, le Jarl et ses compagnons accostent enfin à Acre [9] en Palestine en 1154. Rognvald visite Jérusalem et les lieux Saints avant de repartir vers Constantinople où il est reçu par l’empereur Manuel 1er Comnène.

Le Jarl revient ensuite par la Bulgarie jusqu’en Apulie [10]. Il abandonne alors ses navires avec l’évêque pour visiter Rome et revenir en Norvège par le chemin habituel des pèlerins, l’Allemagne et le Danemark.

Pendant ce temps aux Orcades [11] après la mort du comte Ottar Moddansson de Thurso, le frère de Frakokk, le roi Malcolm IV d’Écosse avait investi comme comte de Caithness en 1154 un cousin de Harald Maddadsson nommé Erlend Haraldsson .

Dès son retour aux Orcades fin 1155 Rognvald et Harald Maddadsson s’allient contre Erlend qui est vaincu en octobre puis tué le 21 décembre 1156

Deux ans plus tard le 20 août 1158 Rognvald est assassiné avec 8 de ses hommes par Torbjørn Klerk le père nourricier d’Harald Maddadsson, banni par Rognvald pour avoir tué un des membres de sa garde.

Son corps est transporté dans la cathédrale Saint Magnus de Kirkwall [12] où il est inhumé aux côtés de celui de son oncle. Des miracles ne tardent pas à être constatés tant sur sa tombe qu’à l‘endroit de sa mort et Rognvald sera finalement canonisé selon les Annales Islandaises en 1192 par le Pape Célestin III.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean Renaud Les Vikings et les Celtes, Éditions Ouest-France Université, Rennes, 1992

Notes

[1] Le jarl est en langue scandinave l’équivalent de comte

[2] La Orkneyinga saga (Saga des Orcadiens, appelée aussi Histoire des comtes des Orcades) est un récit historique sur les Orcades, depuis leur conquête par le roi du Norvège au 9ème siècle jusqu’aux années 1200 environ. La saga n’a « pas son pareil dans l’histoire sociale et littéraire de l’Écosse »

[3] Sutherland est un comté historique, un comté d’enregistrement et une zone de lieutenance dans les Highlands d’ Écosse. Sa capitale de comté est Dornoch. Sutherland borde le Caithness à l’est, Ross-shire au sud et l’Atlantique au nord et à l’ouest.

[4] Caithness est un ancien comté et une région de lieutenance dans les Highlands du nord de l’Écosse, dont la capitale était la ville de Wick.

[5] L’Atholl ou l’Athole (gaélique d’Écosse Athall, anciennement Athfhotla) est un vaste district historique des Highlands d’Écosse. Aujourd’hui il compose la partie nord du Perth and Kinross, bordant les bourgs de Marr, Badenoch, Breadalbane, Strathearn, Perth et Lochaber. Atholl est historiquement considéré comme un mormaerdom, plus tard comme un comté. Le premier duc d’Atholl fut Matad au 12ème siècle.

[6] La cathédrale Saint-Magnus est une cathédrale dans la ville de Kirkwall dans les Orcades en Écosse. Connue sous le nom de « Lumière du Nord », cette cathédrale consacrée saint Magnus est la cathédrale la plus au nord des îles britanniques. Cet exemple d’architecture normande, construite pour les évêques d’Orkney quand les îles étaient gouvernées par les comtes norvégiens d’Orkney, abrite les dépouilles mortelles de saints. C’est la seule cathédrale écossaise entièrement médiévale, et l’un des édifices les mieux préservés de l’époque dans la Grande-Bretagne. La cathédrale Saint-Magnus est détenue non pas par l’église, mais par le bourg de Kirkwall à la suite d’un acte du roi Jacques III après l’annexion des Orcades par la Couronne écossaise en 1468. Le premier évêque fut William Senex, pour lequel fut construit le palais épiscopal, à proximité. Le diocèse dépendait de l’archidiocèse de Nidaros en Norvège. Avant la Réforme, la cathédrale dépendait de d’évêque d’Orkney, dont le siège était à Kirkwall. Aujourd’hui, c’est une église paroissiale de l’Église d’Écosse.

[7] Trondheim autrefois Nidaros, est une ville norvégienne située dans le comté du Sør-Trøndelag, dont elle constitue le centre administratif. La ville est fondée par le roi viking Olaf Tryggvason en 997 et baptisée du nom Nidaros. Le site est choisi en raison de ses conditions favorables, tant pour l’installation d’un port que pour la défense du site. Renommée Trondheim à la fin du Moyen Âge, la ville est le siège de l’archevêché de Nidaros depuis 1152.

[8] La poésie scaldique remonte très probablement au 7ème ou 8ème siècle de notre ère. Apparue en Norvège et en Islande, elle est encore pratiquée au 14ème siècle en Islande. Elle laisse des œuvres célèbres et complexes, mais aussi des auteurs dont les noms et la carrière nous sont en partie connus comme Bragi Boddason. Dans le nord de l’Europe surtout dans l’ouest de la Scandinavie, il a certainement existé une catégorie reconnue de poètes officiels attachés à la suite d’un roi, d’un chef ou d’une autre autorité, qu’on appelait scaldes (skàld). Ce n’est d’ailleurs qu’à partir du 12ème siècle que cette littérature a été consignée par écrit alors qu’elle n’est déjà plus vivante qu’en Islande. Le rôle d’un scalde était probablement de louer le dignitaire qu’il servait et de jouer le rôle d’historiographe plus ou moins complaisant de son règne. C’est pourquoi la poésie scaldique rapporte en général des événements, des hauts faits, des batailles ou des expéditions. Pourtant, il n’est pas rare de lire des scaldes qui exposent des sentiments, parlent d’eux-mêmes ou se mettent en scène, chose qu’on considère en général trop moderne pour la littérature médiévale et qui y est d’ailleurs extrêmement rare.

[9] Acre ou Saint-Jean-d’Acre ; appelée Ptolémaïs dans l’Antiquité est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes. Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d’Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l’Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance. En l’an 700 avant l’ère chrétienne, elle est dominée par les Assyriens avant d’être intégrée, 3 siècles plus tard, aux territoires conquis par Alexandre le Grand, puis au 3ème siècle av. jc par Ptolémée II, souverain d’Égypte qui débaptisa son nom en Ptolémaïs. Ce nom sera conservé jusqu’au Moyen Âge. Vers 52-54 sous le règne de l’empereur Claude, elle devient colonie romaine sous le nom de Colonia Claudii Caesaris. Dans la continuité de l’Empire romain, la ville d’Acre fait partie de l’Empire byzantin avant d’être conquise en 638 par les musulmans. Elle est rattachée successivement aux califats omeyyades, abbassides puis fatimides. Pendant les croisades, la ville est prise le 26 mai 1104 par Baudouin 1er, roi de Jérusalem. Reprise par le sultan Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise en 1191 par les rois Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion durant la 3ème croisade. Au 13ème siècle, elle devient la capitale du royaume de Jérusalem, la ville sainte restant entre les mains des sultans ayyoubides. Saint-Jean-d’Acre est alors le principal port de Terre sainte, divisé en quartiers contrôlés par des marchands venus de tout le pourtour méditerranéen, notamment vénitiens, pisans, génois, français et germaniques.

[10] Ancien nom de la région des Pouilles, en Italie.

[11] Les Orcades, sont un archipel situé au nord de l’Écosse à 16 km de la côte de Caithness. Cet archipel compte 67 îles légèrement vallonnées, dont 16 seulement sont habitées.

[12] La cathédrale Saint-Magnus est une cathédrale dans la ville de Kirkwall dans les Orcades en Écosse. Connue sous le nom de « Lumière du Nord », cette cathédrale consacrée saint Magnus est la cathédrale la plus au nord des îles britanniques. Cet exemple d’architecture normande, construite pour les évêques d’Orkney quand les îles étaient gouvernées par les comtes norvégiens d’Orkney, abrite les dépouilles mortelles de saints. C’est la seule cathédrale écossaise entièrement médiévale, et l’un des édifices les mieux préservés de l’époque dans la Grande-Bretagne. La cathédrale Saint-Magnus est détenue non pas par l’église, mais par le bourg de Kirkwall à la suite d’un acte du roi Jacques III après l’annexion des Orcades par la Couronne écossaise en 1468. Le premier évêque fut William Senex, pour lequel fut construit le palais épiscopal, à proximité. Le diocèse dépendait de l’archidiocèse de Nidaros en Norvège. Avant la Réforme, la cathédrale dépendait de d’évêque d’Orkney, dont le siège était à Kirkwall. Aujourd’hui, c’est une église paroissiale de l’Église d’Écosse.