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Jean V de Parthenay-L’Archevêque ou Larchevêque

mardi 30 avril 2019, par ljallamion

Jean V de Parthenay-L’Archevêque ou Larchevêque (1512-1566)

Sieur de Soubise-Seigneur des Herbiers et de Mouchamps

Armes des seigneurs de ParthenayIssu en droite ligne de la famille des Parthenay-l’Archevêque [1]. Il ne possède plus tous les fiefs de cette vieille famille, notamment la ville de Parthenay [2], qui ont été cédés par le dernier des Parthenay en ligne directe, Jean II de Parthenay-l’Archevêque , mort en 1427. Sa mère est l’humaniste Michelle de Saubonne . Combattant et ambassadeur d’Henri II pendant les dernières guerres d’Italie, il est au service du roi, qu’il accompagne depuis l’enfance. Converti officiellement au calvinisme en 1562, après le massacre de Wassy [3].

Il deviendra pendant la première guerre de religion l’un des plus ardents soutiens de Louis 1er de Bourbon-Condé et du parti huguenot [4].

Ses faits et gestes sont connus au travers des mémoires de sa vie telles que les a mises en forme le mathématicien François Viète, son avocat et secrétaire entre 1564 et 1566.

Familier du roi Henri II, puis de la régente Catherine de Médicis, Soubise est accusé sans doute à tort d’avoir commandité la mort du duc François de Guise.

Son gouvernement de la ville de Lyon en 1563 épargne néanmoins aux catholiques les cruautés du baron des Adrets et, jusqu’à sa mort en 1566, ses efforts contribuent à maintenir la paix entre les factions ennemies. Un temps, il espère même convertir la reine mère à la doctrine des Calvinistes.

Fils unique de Jean IV, seigneur du Parc de Soubise [5] situé à Mouchamps en Vendée [6], seigneur de Pauldon, de Vendrennes [7], du fief Goyau et de Mouchamps.

Lorsque son père meurt, sa mère est dame de compagnie de Renée de France. C’est une lettrée, qui a introduit Clément Marot à la cour. Jean V de Parthenay sert d’enfant d’honneur auprès d’Henri II, de 7 ans plus jeune que lui. Il est lui-même éduqué avec soin dans la connaissance des humanités, et passe alors pour l’un des jeunes gens les plus cultivés de son temps.

En 1527, à l’occasion d’un célèbre procès, l’humaniste Guillaume Budé note sa ferveur et sa connaissance des bonnes lettres et révèle ce jeune page.

En 1528, sa mère, deux de ses sœurs et lui même partent en Italie, à Ferrare [8], Renée de France ayant épousé Hercule II d’Este. Clément Marot les y rejoint peu après. Jean de Parthenay y apprend à aimer l’Italie, où il revient plus tard lors de nombreux voyages.

En 1536, sa mère est chassée de Ferrare ainsi que tous les français de la cour d’Hercule II.

Jean V dit Soubise, prend alors le métier des armes. Favori du duc d’Orléans, du Dauphin et de son frère, il est dès lors de toutes les guerres d’Henri II. Nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, puis gouverneur et bailli [9] de Chartres en 1539, il est pendant une année prisonnier à Lille, dans les Flandres.

Capturé, il ne veut point se laisser nommer et se fait connaître de ses geôliers sous le nom d’emprunt impromptu d’Ambleville.

La suite de sa captivité est adoucie par l’attention que lui prêtent la femme et la fille de son gardien. À son retour, il prend parti contre les Guises et s’attache à la famille des Châtillon, avec lesquels il est comme un quatrième frère.

En 1549, la mort de sa mère suit de 5 jours celle de sa sœur Anne de Parthenay, mariée au sieur du Pons

En septembre 1552, Soubise est envoyé à Nancy par Henri II pour sonder le comte de Vaudémont Nicolas de Mercœur. Ce dernier, pariant sur le respect de la neutralité de la Lorraine par l’empereur Charles Quint, décline l’offre du roi de France. D’octobre 1552 aux premiers jours de janvier 1553, Soubise participe au siège de Metz [10].

Le 4 janvier 1553, Soubise reçoit l’ordre du roi Henri II d’aller au-devant du duc de Parme et de le conduire à Fontainebleau [11]. Le 9 mai, de retour à Paris, il épouse Antoinette Bouchard, fille de François II, baron d’Aubeterre, et d’Isabelle de Saint-Seine, sa première femme.

Antoinette d’Aubeterre est alors demoiselle de compagnie de la reine Catherine de Médicis. Née en 1532, elle a 20 ans de moins que son époux mais à partir de leur mariage, c’est elle qui prend en charge la gestion du parc Soubise, appelant par exemple Bernard Palissy et Philibert Hamelin , qu’elle protège, à régler certains différents qui opposent Soubise à ses vassaux.

À peine marié, Jean de Parthenay reçoit l’ordre d’aller en Picardie se battre pour Thérouanne [12] et Hesdin [13]. Cette fois, les armées du roi subissent un terrible échec. Elles sont commandées par Antoine de Bourbon, dont la femme Jeanne d’Albret attend le futur Henri IV. Elle demeure sur les lieux du combat avec son mari. Antoine de Bourbon sauve Hesdin des mains des impériaux mais perd Thérouanne entre mai et juin.

Quelques mois plus tard, Charles Quint reprend et fait raser les deux places fortes. Cette année-là la femme de Soubise accouche d’un fils. Le nouveau-né, leur seul enfant mâle, ne vit que cinq semaines.

Vers le mois de juillet 1552, Henri II découvre le rapprochement qui s’effectue entre le duc de Parme, Octave Farnèse et le roi d’Espagne Philippe II. Le roi, ses conseillers et le cardinal Carafa le futur Paul IV décident d’agir.

Les Guise font envoyer Soubise en mission à Parme pour l’éloigner. Il doit proposer au duc une alliance avec le roi de France et lui demander la main de son fils Oratio pour l’unir à Diane d’Angoulême. Soubise est également doté de lettres d’Henri II à remettre au duc de Ferrare afin de le rallier et de le prier de se joindre au Pape pour combattre les intrigues espagnoles.

Soubise y est nommé lieutenant général [14] pour Sa Majesté, puis réside à Sienne [15] du 25 novembre 1554 au 25 février suivant, il demeure à Parme, à raison de 500 livres par mois et contribue à tenir le duc dans une bienveillante neutralité à l’égard des Français mais Farnèse finit par se rapprocher de Philippe II 2 ans plus tard. Parallèlement, Jean de Parthenay assiste, sans pouvoir lui porter secours, faute de troupes, à la capitulation de Montluc, à Sienne le 17 avril.

Le 22 mars 1554, sa femme, Antoinette d’Aubeterre accouche de Catherine, future femme de lettres et d’action, écrivain, mathématicienne et protectrice des sciences. Par elle, Jean V de Parthenay est l’un des ancêtres de la maison de Rohan [16].

L’année suivante, Soubise monte à l’assaut de Denain [17] et manque perdre la vie lors de l’assaut qu’il donne avec l’amiral de Coligny, car, blessé à la tête et jeté à terre, il manque de se trouver étouffé par son propre heaume. Il poursuit néanmoins l’assaut tête nue jusqu’à la fin des combats.

En 1555, Jean de Parthenay commande des travaux d’arpentage à Bernard Palissy.

On le retrouve peu après à la sanglante défaite de Saint-Quentin le 10 août 1557 [18], et quelques mois plus tard à la prise de Calais, le 3 janvier 1558 [19]. Il s’y lie avec le maréchal Pierre Strozzi .

Au mois d’août 1558 le roi accorde à Jean V de Parthenay une gratification de 6 900 livres en récompense des guerres en Italie et "autres". Mais, par la hardiesse de ses propos et la clairvoyance de ses vues militaires lors des conseils de Guerre, Soubise se fait un ennemi du maréchal de Tavannes Gaspard de Saulx.

Depuis 1557 et les célébrations protestantes du Pré-aux-Clercs [20] à Paris du 13 au 19 mai 1558 auxquelles ont assisté Antoine de Navarre et son frère le prince de Condé, de nombreux gentilshommes se sont rapprochés de la foi réformée [21]. Soubise se sent porté vers la nouvelle religion. Antoinette d’Aubeterre, son épouse fait prêcher sur ses terres. Mais pour sa part, il hésite à en faire publiquement profession, attendant encore quelque temps pour faire connaître sa conversion. De sorte qu’on ne le dit pas huguenot avant l’affaire d’Amboise [22], même s’il est connu de tous que sa femme, comme autrefois sa mère ou sa sœur, a embrassé la nouvelle religion.

Quand le roi Henri II meurt, l’année suivante, son fils François II lui succède. Il n’a que 15 ans, et ne règne pas 2 ans. Un ami de Soubise, Jean du Barry seigneur de La Renaudie , imagine alors enlever la reine et le jeune roi pour les soustraire à l’influence des Guise.

La Renaudie prend la tête de la conjuration qui a pris naissance en décembre 1559 à Genève, peu après l’exécution d’Anne du Bourg. Son but est d’imposer autour du jeune roi un conseil de régence, où les princes de sang, particulièrement Condé, doivent tenir la première place. Antoine de Bourbon s’y oppose ainsi que Calvin.

Dès le 12 février, les Guise, prévenus par l’avocat parisien chez qui loge La Renaudie, sont mis au courant du complot. Ils décident de se retrancher à Amboise. Condé, d’Andelot , Coligny et Odet de Chatillon, mis dans la confidence par La Renaudie, préfèrent alors négocier avec les Guise une amnistie pour les protestants à l’exception des conspirateurs.

Le 15 mars, le duc Jacques de Nemours s’empare du château de Noizay [23], où s’est rassemblée une partie des conjurés.

La conjuration se termine par un massacre. Les troupes de Bertrand de Chandieu qui s’acheminent le 17 mars vers Amboise sont anéanties ; La Renaudie est tué le 19 mars. Un de ses serviteurs subit plusieurs interrogatoires, sans jamais prononcer le nom de Soubise.

Après l’affaire de La Renaudie, la situation de Condé est devenue intenable à la cour. Le prince est suspecté d’avoir participé à la conjuration. Mais les Guise, fragilisés par le mécontentement général, ne peuvent rien tenter contre lui sans preuve écrite de sa culpabilité.

Durant l’été 1560, Condé participe activement à la mise en place d’une nouvelle conjuration contre les Guise. Ses entreprises ayant été découvertes, il est arrêté à Orléans sur l’ordre personnel du roi. La maladie puis la mort de ce dernier lui font éviter l’exécution, lui rendent la liberté et ôtent le pouvoir aux princes lorrains.

Le 7 décembre 1561, il est fait chevalier de l’ordre du roi [24], à Saint-Germain-en-Laye. La reine Catherine de Médicis veut se l’attacher, comme elle veut s’attacher tout ce qui peut contrebalancer le pouvoir des Guise. Le nouveau roi, Charles IX, a 10 ans lorsqu’il accède au trône. Le 17 janvier 1562, l’édit de Saint-Germain [25] donne de nombreuses assurances aux protestants mais le Parlement de Paris, très catholique, refuse d’enregistrer cet acte de tolérance royal.

Peu de temps après, Soubise annonce à Catherine de Médicis son dessein d’abandonner la messe. Elle tente de l’en empêcher et lui promet les plus grandes charges du royaume. Elle lui offre le tutorat du jeune roi Charles.

Il se retire au Parc Soubise non sans avoir protesté son amitié à la reine. La reine, soucieuse de se conserver des appuis, lui envoie l’ordre de Saint-Michel, comme pour l’inviter à revenir.

Le 1er mars 1562, le duc François de Guise de passage à Wassy en Champagne, envoie ses hommes armés interrompre une cérémonie protestante ; 500 huguenots sont forcés de sortir de leur lieu de culte précipitamment. Hommes, femmes et enfants, ils sont traités en rebelles armés, une cinquantaine sont tués, plus d’une centaine blessés. Ce massacre, qui n’a rien de fortuit, donne véritablement le branle à un demi-siècle de guerres de religion. Il est bientôt suivi par ceux de Cahors, de Carcassonne, Tours, Auxerre, Avignon, etc..

Soubise apprend l’événement à Fontainebleau, où il est allé pour remercier le roi de ses précédentes bontés, il le convainc de rallier le parti de Condé.

Jean de Parthernay, arguant des sympathies que la reine aurait déclarées autrefois pour Calvin, fait de grands efforts pour gagner Catherine Médicis au parti de la réforme. Il demeure des heures avec elle et avec le chancelier de L’Hospital. Les Guise, qui veulent remettre la main sur le pouvoir, se rendent à Fontainebleau. La reine tremble pour le royaume à leur approche mais Soubise ne peut la décider à s’enfuir. Elle le supplie de rester puis lui demande de ne pas prendre les armes. Il est trop tard : Soubise lui révèle qu’il va joindre ses forces à celles de ses amis, pour la délivrer et pour délivrer le roi de la captivité à laquelle va le réduire le parti Lorrain.

Jean V de Parthenay-L’Archevêque devient l’un des meilleurs capitaines protestants agissant sous les ordres de Condé au début des guerres de religion.

Parti de Fontainebleau, Soubise vient retrouver à Meaux [26] l’amiral de Coligny et Condé. Leur armée passe sous les murailles de Paris et prend le chemin d’Orléans. Condé, Coligny, d’Andelot, La Rochefoucauld et Soubise vont retrouver la reine près de Beaugency [27]. Leur conférence ne produit aucun résultat. Peu après, Jean de Parthenay manque mourir de fièvres. À peine rétabli, il est envoyé à Lyon par Condé.

Il prend le commandement de Lyon le 15 ou le 19 juillet 1562 avec les pleins pouvoirs du prince de Condé afin de contrebalancer les exactions et les cruautés du baron des Adrets. Il s’adjoint pour cela Charles Dupuy de Montbrun .

Catherine de Médicis lui écrit plusieurs fois afin qu’il rende la ville. Jean V de Parthenay lui répond que « tant qu’il serait gouverneur de Lyon, il la conserverait fidèlement au nom du roi et de la reine. »

Il doit affronter alors les armées catholiques du duc de Nemours. Comptant parmi les chefs les plus valeureux du parti protestant à la veille de la Saint Barthélemy, Jean V de Parthenay parvient à tenir la ville jusqu’à l’édit de pacification du 19 mars 1563.

Soubise parvient à nourrir Lyon pendant son siège et y maintient la liberté du culte. Pendant ce siège, Jean de Parthenay organise le ravitaillement de la ville par la Dombes [28], ce qui lui attire la haine indéfectible du duc Louis III de Montpensier .

À la veille d’entrer dans Orléans, le duc François de Guise est tué par Jean Poltrot de Méré. Mis à la question, ce dernier dénonce Théodore de Bèze, l’amiral de Coligny et Soubise. L’amiral répond à ces accusations mais Soubise, qui est enfermé dans Lyon, ne peut joindre son nom à la protestation du 12 mars 1563, signée de Châtillon, de La Rochefoucauld et De Bèze.

Les présomptions contre Soubise sont terribles. Antoinette d’Aubeterre engage alors avec l’accord de son mari un jeune avocat poitevin des plus fameux, le futur maître de requêtes d’Henri III et d’Henri IV, le cryptographe et mathématicien François Viète. Soubise l’agrée à son retour de Lyon, après avoir rendu les clefs de cette ville au seigneur de Gordes Bertrand-Rambaud de Simiane . François Viète dont la formation de base est juridique a déjà plaidé plusieurs procès victorieux ; il n’est pas connu comme protestant et vient s’installer au parc Soubise au début de l’année 1564 afin d’en compulser les archives généalogiques. Grâce à lui, Soubise parvient à se laver de tout soupçon de complicité.

Il produit ensuite un mémoire où il donne simplement à lire la noblesse du comportement de Jean de Parthenay l’année précédente, lors de son administration de la ville de Lyon. Viète soutient par ailleurs que son maître est demeuré fidèle au roi lorsqu’il commandait Lyon et précise que Soubise ne s’est pas soumis à Nemours, contrairement aux demandes qui lui ont été faites par la Reine, de crainte que celle-ci et le Roi Charles IX fussent les prisonniers des Guise.

La paix faite, le nom de Soubise innocenté, Jean de Parthenay rentre dans les bonnes grâces de la reine et tente de nouveau de la ramener à la cause des calvinistes. Il lui fait la cour à Lyon, lors de son passage, et reste longtemps auprès d’elle. Il la revoit encore à Niort, lors de son voyage vers Bayonne, et l’accompagne jusqu’à La Rochelle. Il n’y bénéficie plus de la complicité de la duchesse de Montpensier, décédée en 1561, mais y rencontre à nouveau la jalousie de son époux, le duc Louis III de Montpensier.

Rentré chez lui après sa visite à La Rochelle, Parthenay déclare à Antoinette d’Aubeterre qu’il n’y a plus rien à espérer de ce côté-là. Catherine de Médicis refuse désormais d’admettre devant lui ses sympathies d’autrefois pour la religion réformée.

Au mois d’octobre 1565, il revoit de nouveau Catherine de Médicis à Meaux et au mois d’avril 1566, une dernière fois à Moulins où il manque d’être assassiné avec tous les chefs huguenots présents dans cette ville.

De retour de Moulins au début de l’été 1566, Soubise tombe gravement malade. Il refuse de s’aliter mais passe la plupart de ses journées dans sa chambre.

Le 8 août 1566, Jean de Parthenay rédige son testament et déclare qu’il veut être enterré suivant la forme et manière observées par les églises réformées du royaume.

Le dimanche premier septembre 1566 sa femme, qui le veille, reçoit son dernier soupir. Un quart d’heure avant de mourir, il donne sa bénédiction à sa fille. Ses dernières paroles sont pour remettre son âme entre les mains de Dieu.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Matthew A. Vester, Jacques de Savoie-Nemours : l’apanage du Genevois au cœur de la puissance dynastique savoyarde au XVIe siècle, Librairie Droz, 2008

Notes

[1] Les seigneurs de Parthenay se surnomment Parthenay l’Archevêque à partir de 1140, en souvenir de Joscelin II de Parthenay, archevêque de Bordeaux au 11ème siècle.

[2] Parthenay est une commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres, dont elle est l’une des deux sous-préfectures (avec Bressuire). Dans la seconde moitié du 11ème siècle, les comtes-ducs de Poitiers concèdent des franchises aux bourgs qui entourent Parthenay : Saint-Pierre et Saint-Paul (abandon des droits seigneuriaux et du droit de service armé). La cité devient un lieu de passage d’une route secondaire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui rejoignait la via Turonensis plus au sud, après être passée par Niort. En 1202, le baron de Parthenay apporte son soutien à Jean sans Terre dans sa lutte contre le roi de France, Philippe Auguste. Le roi d’Angleterre verse d’importantes aides à son allié pour qu’il renforce les fortifications de ses châteaux. Mais cela n’empêche pas la prise de la ville en 1207 par Philippe Auguste. En 1214, l’armée anglaise se rassemble à Parthenay avant d’entrer en campagne contre le roi de France ; et après la défaite de Jean sans Terre à la bataille de Bouvines, c’est encore à Parthenay que la trêve est signée entre l’Anglais et le Français. Les barons de Parthenay continuent de recevoir des subsides des rois d’Angleterre. Et en 1242, le roi d’Angleterre fournit brièvement une garnison à son allié. Près d’un siècle plus tard, les subventions du roi d’Angleterre reprennent au début de la guerre de Cent Ans, et les travaux effectués à ce moment permettent à la place forte de résister victorieusement pendant quatre mois au siège du dauphin Charles en 1419. Le connétable de France, Arthur de Richemont, reçoit la seigneurie de Parthenay en 1427. La population de la ville est très rapidement hostile au nouveau gouverneur, qui fait renforcer les défenses du château côté ville. Il adapte également les fortifications de la ville à l’artillerie par l’édification d’un boulevard d’artillerie. Les fortifications de la ville sont démantelées par les bosons du roi de France en 1465.

[3] Le 1er mars 1562, le duc François de Guise de passage à Wassy en Champagne, envoie ses hommes armés interrompre une cérémonie protestante ; 500 huguenots sont forcés de sortir de leur lieu de culte précipitamment. Hommes, femmes et enfants, ils sont traités en rebelles armés, une cinquantaine sont tués, plus d’une centaine blessés

[4] parti des Protestants

[5] Le château du parc Soubise, aujourd’hui en ruines, est situé sur la commune de Mouchamps, dans le département français de la Vendée. Le parc Soubise fut la demeure principale de la famille des Parthenay-Larchevêque. Après le décès de Jean V de Parthenay, dit Soubise en 1566, il entre par sa fille, Catherine de Parthenay, dans la famille des Rohan en 1575.

[6] Mouchamps est une commune française située dans le département de la Vendée. L’ancienne église paroissiale, abandonnée au 16ème siècle en ruine, a complètement disparu. Elle a été remplacée par l’église actuelle, ancienne chapelle du château fort, construite au 12ème siècle. Autour d’elle s’élevait une forteresse, fief des puissants seigneurs du Parc-Soubise, les Lusignan, les Parthenay, puis les Rohan. Son temple témoigne de l’existence d’une communauté protestante « héritière » de l’engagement des mêmes seigneurs dans la Réforme, au 16ème siècle, entraînant une part de la population mouchampaise avec eux. Quelques vieilles maisons, qui ont conservé des éléments d’architecture Renaissance, dispersées dans le bourg et les villages, illustrent l’apogée économique de la commune à la fin du 16ème siècle et au début du 17ème siècle.

[7] Vendrennes est une commune française située dans le département de la Vendée. Le vieux château de Vendrennes fut le siège de la châtellenie de Vendrennes. Celle-ci fut annexée à la baronnie voisine de Mouchamps, qui relevait elle-même de l’immense vicomté de Thouars. Cette châtellenie de Vendrennes couvrait pratiquement toute la paroisse. Elle était à l’origine une petite clairière au centre d’une grande forêt appelée « Vendrina ». La châtellenie s’étendit ensuite au gré des défrichements. Les restes de cette forêts sont aujourd’hui facilement localisable : forêts domaniales du parc Soubise et de l’Hébergement et Bois du Défend.

[8] Ferrare est une ville italienne de la province de Ferrare en Emilie Romagne. Située dans le delta du Pô sur le bras nommé Pô de Volano, la cité actuelle remonte au xive siècle, alors qu’elle était gouvernée par la famille d’Este.

[9] Le bailli était, dans l’Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l’autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l’administration en son nom. Il s’agissait de l’équivalent de nos actuels préfets. La juridiction dont est responsable un bailli s’appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus. Les bailliages ont été établis au 12ème siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l’origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d’abord très étendue ; mais l’abus qu’ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le 16ème siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le lieutenant général du bailliage et d’autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d’épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

[10] Le siège de Metz, se déroule d’octobre 1552 aux premiers jours de janvier 1553, et se conclut par une défaite cinglante du Saint Empire romain germanique et par la poursuite de l’occupation de Metz par les troupes françaises.

[11] Le château royal de Fontainebleau est un château de styles principalement Renaissance et classique, jouxtant le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris. Haut lieu de l’histoire de France, le château de Fontainebleau a été l’une des demeures des souverains français depuis François 1er (qui en fit sa demeure favorite) jusqu’à Napoléon III.

[12] Thérouanne est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Par sa position stratégique, Thérouanne a représenté un enjeu militaire important, en particulier pendant les guerres d’Italie. Après un dernier siège, débuté le 11 avril 1553, Thérouanne a été prise le 20 juin 1553, puis rasée dans le courant de l’été 1553 sur l’ordre de Charles Quint, qui y aurait même fait répandre symboliquement du sel. Ainsi, Charles Quint a pris sa revanche pour la défaite lors du siège de Metz (1552-1553). Par la suite, Thérouanne devient un site abandonné. Le diocèse est supprimé en 1567, entraînant une recomposition de l’administration ecclésiastique.

[13] Hesdin est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. En 1477, à la suite de la mort de Charles le Téméraire, Hesdin retourna à la couronne française. Le roi Louis XI confirma les privilèges de la ville, par ses lettres patentes, avant d’y arriver le 3 avril 1477. La ville médiévale se trouvait à l’emplacement de l’actuel Vieil-Hesdin, à six kilomètres. L’empereur Charles Quint la fit détruire en 1553, pour faire reconstruire Hesdin quelques années plus tard à son emplacement actuel, sur un terrain situé au centre de la paroisse de Marconne. Le château d’Hesdin appartint notamment à Mahaut d’Artois, mais il fut rasé quand la ville fut prise par Charles Quint. La ville reste sous contrôle espagnol jusqu’à sa prise par les troupes de Louis XIII, commandées par le Maréchal de la Meilleraye, en 1639

[14] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[15] Sienne se situe au centre d’une zone collinaire, entre les vallons de l’Arbia au sud, de la Merse au sud-ouest et de l’Elsa au nord, avec les collines du Chianti au nord-est, la Montagnola à l’ouest et les Crete Senesi au sud-est. La place en « coquillage » est le point d’intersection des trois collines qui forment Sienne.

[16] La maison de Rohan est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Bretagne, où elle tient son nom de la terre de Rohan, dans le Morbihan. Elle est issue en ligne agnatique des vicomtes de Porhoët, dont la filiation suivie remonte à 1028. Elle fut au Moyen-Âge l’une des familles les plus puissantes du duché de Bretagne. Elle a formé plusieurs branches dont seule subsiste la branche de Rohan-Rochefort, ducs de Montbazon, ducs de Bouillon et princes autrichiens de Rohan, établie au début du 19ème siècle en Autriche

[17] Denain est une commune française de la banlieue de Valenciennes, située sur le cours canalisé de l’Escaut, dans le département du Nord.

[18] La bataille de Saint-Quentin (10 août 1557) est une victoire espagnole sur la France. Par cette victoire d’Emmanuel-Philibert de Savoie, lieutenant général du roi Philippe II d’Espagne, sur les troupes du roi de France, Henri II, aux ordres du connétable de Montmorency, Saint-Quentin passe aux Espagnols, la route de Paris est ouverte. Mais l’armée de Philippe II, forte de 60 000 hommes, ne marchera finalement pas sur la capitale des rois de France. La résistance des Saint-Quentinois conduits par Gaspard de Coligny, parvenu dans la ville dans la nuit du 2 au 3 août 1557 avec 500 hommes armés fut héroïque et dura 17 jours, mais le massacre qui eut lieu sous ses murs laissa sa trace dans l’histoire.

[19] Dans les premiers jours de 1558, le duc de Guise, lieutenant général du royaume, rappelé d’urgence dans le Nord de la France par Henri II pour faire face à l’invasion espagnole depuis les Pays-Bas, s’empare du port de Calais. Après 210 ans d’occupation anglaise (du 4 août 1347 au 8 janvier 1558), cette ville importante revient définitivement à la couronne de France

[20] Au 12ème siècle, l’université de Paris fit l’acquisition d’un territoire situé le long de la Seine, à l’ouest de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à qui il appartenait auparavant. Ce territoire fut dénommé « Pré-aux-Clercs » (première mention en 960) : soit parce que les étudiants (appelés autrefois « clercs ») venaient s’y détendre pendant leurs périodes de repos, soit parce que la « montre » ou revue des sujets du roi de la Basoche s’y déroulait chaque année (cette association ne fut reconnue qu’en 1303). Le Pré-aux-Clercs était également le théâtre de nombreux duels. En 1639, l’Université revendit le Pré-aux-Clercs et celui-ci fut loti pour devenir un nouveau quartier de Paris dont la rue principale prit le nom de « rue de l’Université ».

[21] protestant

[22] La conjuration d’Amboise, également appelée tumulte d’Amboise, de mars 1560, est la tentative d’enlèvement manquée, organisée par des gentilshommes protestants pour s’emparer de la personne du roi François II pour le soustraire à la tutelle des Guises, jugés trop proches de lui. Cet événement annonce les guerres de Religion à venir (1562-1598).

[23] le château de Noizay de style Renaissance (1520) fut le fief des protestants durant la conjuration d’Amboise en 1560. Il possède un jardin à la française.

[24] Les ordres du roi étaient, sous l’Ancien Régime, les deux principaux ordres conférés par le roi de France : l’ordre de Saint-Michel et l’ordre du Saint-Esprit. Les membres de l’ordre de Saint-Michel se disaient chevaliers de l’ordre du roi, alors que les membres de l’ordre du Saint-Esprit s’intitulaient chevaliers des ordres du roi, parce qu’ils étaient toujours membres des deux ordres (sauf les religieux, non membres de l’ordre de Saint-Michel).

[25] 17 janvier 1562 est signé l’édit de janvier (Saint-Germain) : la liberté de culte est partiellement accordée. Le culte public devient légal, de jour, sans arme et en-dehors de la ville. Les protestants doivent par ailleurs libérer les temples et les biens des catholiques dont ils se sont emparés. L’iconoclasme est condamné de peine de mort sans espérance de grâce ni de rémission. L’édit encourage à la tolérance des deux communautés puisque les injures et actes violents envers l’autre communauté seront fortement réprimés. Les ministres de la nouvelle religion doivent jurer de respecter l’édit devant les officiers royaux et de ne pas faire de prosélytisme. Cet édit entend ainsi mettre fin aux troubles qui désorganisent alors le royaume.

[26] Meaux fut dès le 10ème siècle la possession des comtes de Champagne qui s’appelaient aussi comtes de Meaux ; elle revint à la couronne sous Louis X. En 1235, le capitulaire de Thibaut IV de Champagne (conservé à la médiathèque de Meaux) mentionne l’existence du canal Cornillon, qui sert à la fois de défense du marché de Meaux qui se tient sur la presqu’île formée par la boucle de la Marne, et aussi de passage pour les bateaux, leur évitant de passer sous le pont encombré par des moulins.

[27] Beaugency est une commune française située dans le département du Loiret. À la fin du 16ème siècle, durant les Guerres de Religion, la ville fut à plusieurs reprises le siège de violents combats entre troupes adverses. Les Huguenots incendièrent l’ensemble des édifices religieux en 1568. Quatre ans plus tard, ils furent les victimes des massacres de la Saint-Barthélémy. En 1562, la ville est prise et pillée par les protestants, les femmes violées. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Beaugency le 24 août, et le massacre des protestants s’y répète

[28] La Dombes est un des pays du département de l’Ain. Région naturelle et historique, elle constitue un plateau d’origine morainique aux innombrables étangs. La région est voisine de deux autres grandes régions naturelles, la Bresse et le Bugey.