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Eugène de Carthage dit Saint Eugène

dimanche 7 avril 2019, par ljallamion

Eugène de Carthage dit Saint Eugène (mort en 505)

Évêque de Carthage de 480 à 484 et de 487 à 495

Statue représentant saint Eugène dans le musée de l'église de Saint Eustorgio à Milan (Italie). (source : Photo de Giovanni Dall'Orto, 1er mars 2007).Il fut persécuté sous les rois vandales [1] Hunéric et Gunthamund, et mourut dans un monastère du Languedoc près d’Albi en 505.

Eugène est élu à l’unanimité évêque de Carthage [2] en 480 pour succéder à Deogratias mort en 457. L’élection épiscopale, reportée 23 ans en raison de l’opposition de Genséric, fut, à la fin, autorisée par le roi Hunéric à la requête de l’empereur Zénon et de Placidia, parents de sa femme Eudoxie.

Sa bonne administration, sa charité, son style de vie austère et son courage lui ont valu l’admiration des ariens [3]. Dans sa défense intransigeante de l’orthodoxie, il est imité par ses fidèles, dont beaucoup seront exilés avec lui, en 484.

Début 484, le roi organise, à Carthage, une conférence entre théologiens ariens et évêques orthodoxes. La conférence, tourne court avec le départ du chef des évêques ariens sur le prétexte qu’il ne comprend pas le latin.

Hunéric est furieux, il exile, 46 évêques en Corse et 302 dans les déserts africains. Parmi ces derniers se trouve Eugène, qui, sous la garde d’un homme nommé Antonius, est déporté dans le désert de Tripoli [4]. Au moment de partir, il écrit une lettre de consolation et d’exhortation aux fidèles de Carthage [5] qui figure dans les œuvres de Grégoire de Tours.

Gunthamund, qui succède à Hunéric en 484, permet à Eugène de retourner à Carthage et de rouvrir les églises, en 487. Après 8 années de paix, Eugène est arrêté et condamné à mort, en 495, mais la peine est commuée en exil à Vieux [6], village à 30 km environ à l’Ouest d’Albi [7], où règne l’arien Alaric.

Eugène y construit un monastère sur le tombeau de saint Amaranthe , et mène une vie de pénitence jusqu’à sa mort le 13 juillet 505.

Il a écrit un “Expositio Fidei Catholicæ”, sur demande d’Hunéric, probablement celui présenté par les évêques catholiques lors de la conférence de Carthage de 484. Il y soutient la consubstantialité du "Verbe" et la divinité du Saint-Esprit. Il a écrit aussi un “Pro Apologétique Fide ; Arianis cum Altercatio” , dont des fragments sont cités par Victor de Vita .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de histoire de Eugène de Carthage dans Catholic Encyclopedia

Notes

[1] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (sud de l’Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au 5ème siècle. Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique » (439–534) dont la capitale fut Carthage.

[2] L’archidiocèse de Carthage est un siège épiscopal de l’Église catholique, anciennement territorial et aujourd’hui titulaire (in partibus), situé à Carthage en Afrique du Nord (aujourd’hui en Tunisie). Le diocèse de Carthage est érigé à la fin du 2ème siècle. Agrippin en est le premier évêque connu. Les plus grands écrivains chrétiens de cette époque y vivaient, comme par exemple Tertullien. Une floraison de martyrs a lieu au 3ème siècle, dont se détachent les figures de sainte Perpétue et sainte Félicité et de saint Cyprien. À cette époque, Carthage était le siège épiscopal le plus important de la province romaine d’Afrique (Afrique du Nord) et l’évêque de Carthage devint le primat et l’évêque métropolitain de fait de l’Afrique proconsulaire, de la Byzacène, de la Numidie, de la Tripolitaine et de la Mauritanie (même si dans les seules provinces, le privilège primatial était donné à l’évêque le plus ancien de la province). Le titre honorifique de patriarche fut aussi attribué à l’évêque de Carthage, toujours obéissant à Rome, à l’exception de l’épisode des relaps où Carthage était en faveur du rigorisme. Au 4ème siècle, le diocèse est travaillé par la diffusion de diverses hérésies : le donatisme, l’arianisme, le manichéisme et le pélagianisme. Les donatistes eurent même leur hiérarchie parallèle pendant une courte période. L’invasion des Vandales à la fin du siècle donne le signal à une période d’oppression contre l’Église à laquelle met fin la conquête byzantine en 533. Cependant les empereurs donnent leur appui à des hérésies, telles que le monothélisme et surtout l’iconoclasme. Les évêques de Carthage, fermes défenseurs de l’orthodoxie, sont exilés. Carthage est un siège important de l’Église latine, jusqu’à ce que la conquête des Arabo-musulmans lui porte un premier coup en 698 qui lui sera fatal ; en effet, Carthage va rapidement décliner. Le christianisme y met cependant 4 siècles à disparaître complètement. Le nom de deux derniers évêques est encore cité au 11ème siècle. Le dernier en 1076.

[3] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.

[4] Tripoli est la capitale de la Libye et le chef-lieu du district (shabiyat) homonyme. La cité est fondée au 7ème siècle av. jc par les Phéniciens, qui l’appellent Oea. Cette cité passe ensuite aux mains des maîtres de la Cyrénaïque (Barca), qui sont dépouillés en 161 par les Carthaginois. Après la défaite de Carthage lors des guerres puniques, la cité entre dans l’Empire romain, qui l’inclut dans la province d’Afrique dans une région nommée Regio Syrtica, puis, vers le début du 3ème siècle, Regio Tripolitana (à cause de ses trois cités principales : Oea, Sabratha, et Leptis Magna, qui étaient liguées), probablement élevée au rang de province séparée par Septime Sévère, qui venait de Leptis Magna.

[5] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[6] Vieux est une commune française située dans le département du Tarn.

[7] Albi est une commune française du sud-ouest de la France, chef-lieu du département du Tarn. En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs s’en emparent en 507. Le duc Didier la soumet de façon temporaire à la tutelle de Chilpéric 1er, le roi de Neustrie. Rapidement, le royaume des Francs récupère l’Albigeois sous la gouvernance de Clotaire II. En juillet 666, un grand incendie ravage la ville.