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Gabriel de Lorges dit Gabriel 1er de Montgommery

jeudi 14 mars 2019, par ljallamion

Gabriel de Lorges dit Gabriel 1er de Montgommery (1530-1574)

Comte de Montgomery-Seigneur de Ducey-Seigneur de Lorges

Gabriel de Lorges, comte de Montgomery. (Anonyme, 16ème siècle).Né à Ducey [1] en Normandie, homme de guerre français, régicide involontaire d’Henri II. Il fut par la suite l’un des commandants les plus capables de l’amiral de Coligny durant les guerres de Religion.

Fils de Jacques 1er de Lorges , comte de Montgommery [2], originaire d’Écosse, Gabriel de Lorges était le capitaine de la garde écossaise [3] du roi Henri II.

Le 30 juin 1559, lors du tournoi organisé par Henri II pour célébrer le mariage de sa fille Élisabeth de France avec Philippe II d’Espagne, Montgommery affronta et blessa mortellement son souverain, lui transperçant accidentellement l’œil de sa lance. Le roi agonisa 10 jours durant, et, malgré la présence de son chirurgien Ambroise Paré, mourut le 10 juillet 1559.

Dès la première séance du Conseil privé qui se tint le lendemain de l’avènement de François II, Il fut banni de la cour et cassé de son grade de capitaine de la garde écossaise, le régicide se réfugia un temps à Venise, puis revint sur ses terres de Normandie.

Choqué par le massacre de Vassy [4], Montgomery se convertit et adhère à la Réforme à Saint-Lô [5] et installe un prêche en son château de Ducey [6]. La nouvelle de son ralliement est vécue comme un soulagement et un espoir pour les protestants par delà la Normandie.

Le 27 mai 1562, lors de la première guerre de religion, il prit la ville de Bourges [7] sans faire une seule victime, mais l’armée et la foule en rage saccagea les décorations, images et statues des églises de la ville.

Il se distingua ensuite au siège très difficile de Rouen, soutenant plusieurs assauts des troupes royales, avant de s’enfuir in extremis le 26 octobre pour le Havre, que les protestants avaient ouvert aux Anglais.

Il affronta le maréchal de Matignon en Normandie et fut, lors de la troisième guerre de Religion (1568-1570), un des grands capitaines du camp protestant dans les campagnes de Guyenne [8], Périgord [9], Quercy [10] et Béarn [11].

La reine de Navarre Jeanne d’Albret fit de Montgommery son lieutenant général pour reconquérir ses États. En trois semaines, il reconquit le Béarn, prenant Orthez [12] et faisant exécuter systématiquement tous les prisonniers catholiques.

Il ravagea Tarbes [13], prit Saint-Sever [14] et Mont-de-Marsan [15] et s’installa sur l’Adour [16]. Durant la bataille de Jarnac [17], il tenta sans succès de dégager Condé.

Chassé de Mont-de-Marsan par Blaise de Monluc le 20 septembre 1569, il dut fuir en abandonnant son artillerie. Non poursuivi en raison d’un désaccord entre Monluc et Damville, il reprit sa campagne en Gascogne [18].

Les excès qu’il y commit furent immenses et frappèrent de terreur la population. Après la bataille de Moncontour [19], Montgommery rejoignit Coligny, et ils dirigèrent ensemble leurs forces sur Toulouse. La paix de Saint-Germain [20], en 1570, mit fin à cette campagne.

Durant le massacre de la Saint-Barthélemy [21], il put échapper aux tueurs car il était logé avec d’autres protestants de l’autre côté de la Seine, dans le faubourg Saint-Germain.

Après l’assassinat de l’amiral de Coligny, un huguenot blessé traversa la Seine à la nage pour les avertir du danger. Montgommery et ses hommes prirent aussitôt la fuite à bride abattue, pourchassés par deux cents cavaliers menés par Henri de Guise, le duc d’Aumale Claude II d’Aumale ou Claude II de Lorraine, son oncle et le grand prieur de France [22], Henri, duc d’Angoulême , frère bâtard de Charles IX.

L’exil du dernier général des huguenots Gabriel trouva refuge avec sa famille sur l’île de Jersey [23]. Sa tête fut aussitôt mise à prix par Charles IX furieux de le savoir vivant et en liberté. Des chasseurs de prime le pourchassèrent jusqu’en Angleterre où Catherine de Médicis réclama à plusieurs reprises son extradition.

En 1573, le comte amena d’Angleterre une escadre de protestants français pour délivrer les Rochelais du siège entrepris par le duc Henri d’Anjou. Repoussé par les forces du duc d’Anjou, Montgomery ne peut forcer le blocus de La Rochelle. Avec ses navires, il repart vers le nord et s’empare de Belle-Île [24]. Quelques semaines plus tard, il est délogé de Belle-Île et retourne à Londres.

Catherine de Médicis finit par obtenir satisfaction en 1574 lorsque, assiégé dans Domfront [25] le 9 mai après l’échec d’une insurrection en Normandie, il se rendit le 27 mai au maréchal de Matignon.

Conduit à Paris à la prison de la Conciergerie [26], il fut condamné pour crime de lèse-majesté, puis torturé et décapité en place de Grève le 26 juin 1574, sous les yeux de Catherine de Médicis qui assistait au spectacle depuis une fenêtre de l’Hôtel de Ville.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Tournois et chevaliers au Moyen âge, ed. Autrement, Paris, 2010.

Notes

[1] Ducey est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche. Au cours du 12ème siècle, la seigneurie de Ducey appartient à Guillaume de Ducey, descendant d’un certain Duci (ou Dtixi), possible compagnon de Rollon. Vers 1370, elle est dans les mains de Fralin de Husson. Elle est confisquée par Henri V d’Angleterre en 1418 et mise entre les mains de Guillaume Nessefeld. En 1521, les Montgommery acquièrent la seigneurie qui restera dans leur patrimoine jusqu’en 1711. Gabriel 1er de Montgommery, seigneur de Ducey où il naît en 1530, a marqué l’histoire de France pour avoir, accidentellement, blessé mortellement le roi Henri II lors d’un tournoi le 10 juillet 1559. Converti au protestantisme, il s’illustre lors des guerres de religion avant de mourir sur l’échafaud en 1574.

[2] La famille Montgommery (ou Montgomery, Montgomeri) est une famille normande originaire du Calvados

[3] La garde écossaise est un corps militaire d’élite créé par Charles VII en 1422 pour constituer la garde personnelle du souverain français. Composée de cent hommes, elle fut peu à peu intégrée aux troupes de la maison militaire du roi.

[4] Le massacre de Vassy est un événement survenu le 1er mars 1562 à Vassy (bourg de la principauté de Joinville dont le seigneur est le duc de Guise) au cours duquel une cinquantaine de protestants furent tués, et environ 150 blessés par les troupes du duc de Guise. Cette affaire ouvre l’ère des guerres de religion en France. Le massacre de Vassy intervient 6 semaines après la signature de l’édit de janvier 1562 par lequel le roi autorisait les protestants à se rassembler publiquement à l’extérieur des villes pour célébrer leur culte.

[5] Saint-Lô est une commune française, située dans le département de la Manche. Deuxième plus grande ville de la Manche par le nombre d’habitants, elle accueille la préfecture du département. Au 16ème siècle, le protestantisme gagne la Manche. Saint-Lô possède une église réformée dès 1555 et les premiers livres imprimés seront des ouvrages protestants. Les huguenots, tenant Saint-Lô et Carentan, vont piller Coutances en 1562 et se saisissent de l’évêque Artus de Cossé-Brissac qui est traîné dans la ville de Saint-Lô sur un âne. Mais alors que l’édit de pacification d’Amboise avait incité la ville à se soumettre à Charles IX, en février 1574, les protestants normands firent de Saint-Lô leur quartier général. Les troupes conduites par le maréchal de Matignon assiégent la ville le 1er mai, montent à l’assaut 10 jours après et s’en emparent le 10 juin. On compte plus de 500 morts dont le chef François de Bricqueville, seigneur de Colombières, mais le grand capitaine protestant Gabriel 1er de Montgomery s’échappe par la porte de la Dollée. La ville est cédée à Jacques II de Matignon qui fait construire la citadelle.

[6] Le château des Montgommery, commencé vers 1600 est notamment caractérisé par son escalier monumental, ses deux imposantes cheminées et son plafond Renaissance. La seigneurie de Ducey est liée à la famille de Montgommery depuis le mariage de Jacques 1er de Montgommery avec Claude de la Boissière, héritière des terres de Ducey, en 1521.

[7] Bourges (prononcé [buʁʒ]) est une commune française, préfecture du département du Cher. Elle est la capitale historique du Berry, province de l’Ancien Régime correspondant approximativement aux départements actuels de l’Indre et du Cher. Dès le début du 16ème siècle, la ville de Bourges resplendit par son Université. Elle accueille les plus grands humanistes du temps et notamment des grands professeurs de droit comme Alciat, Le Douaren ou Cujas. C’est sous Alciat que le futur réformateur Jean Calvin a fait ses études de droit (pendant 18 mois) et c’est à Bourges, alors un des endroits où soufflait le plus fort le vent de la Réforme, qu’il est tombé sous l’influence de son professeur allemand de langue grecque Melchior Wolmar qui l’a converti à la foi luthérienne. Durant la première guerre de Religion, Montgomery prend la ville en mai 1562. En août de la même année elle est de nouveau assiégée par l’armée Royale Catholique. Le 21 décembre 1569, des troupes protestantes venues de la ville de Sancerre échouent, dans l’attaque de la Grosse Tour, face aux catholiques dirigés par le Gouverneur du Berry : Claude de la Châtre. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Bourges le 26 août 1572, et le massacre des protestants y dure jusqu’au 11 septembre. En 1585, son gouverneur La Chatre se rallie à la Ligue dès son lancement

[8] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[9] Le Périgord est un ancien comté qui recouvrait approximativement l’actuel département français de la Dordogne. Le Périgord est apparue sous Charlemagne. Le comté était la base des divisions territoriales réalisées pour délimiter un « pagus », dont l’administration civile était confiée à un comte nommé par l’empereur. Ce vassal avait délégation de pouvoir pour administrer une cité et tous les « pagi » qui s’y rattachaient. Le premier d’entre eux nommé par Charlemagne, pour le Périgord, fut Wildbade en 778. En 1360, le Périgord passe sous souveraineté anglaise par le traité de Brétigny. Charles d’Orléans, comte de Périgord est fait prisonnier à l’issue de la bataille d’Azincourt, en 1415. Il reste prisonnier en Angleterre jusqu’en 1440. Le 14 décembre 1430, Charles d’Orléans donne à son frère naturel Jean, bâtard d’Orléans, futur comte de Dunois, le comté de Périgord en échange de celui de Porcien. Mais cette donation était peut-être fictive. Finalement, le 4 mars 1438, pour se procurer les fonds nécessaires à sa rançon, Charles d’Orléans vend le comté à Jean de Châtillon dit Jean de L’Aigle, fils de Jean 1er de Châtillon, seigneur de Laigle, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, moyennant la somme de 16 000 réaux d’or et 10 000 florins qui étaient dus par feu Louis d’Orléans à Olivier de Clisson, dont Jean de Bretagne était héritier.

[10] Le Quercy, était une ancienne province française dont l’étendue correspondait à celle du diocèse primitif de Cahors ; elle perpétuait l’antique cité des Cadurques, Divona Cadurcorum. Le Quercy s’étendait sur les plateaux calcaires des causses et les vallées adjacentes situées dans l’actuel département du Lot, la moitié nord du département de Tarn-et-Garonne et quelques communes de la Dordogne, de la Corrèze et de l’Aveyron. En 1790, le Quercy forma le premier département du Lot.

[11] Le Béarn, situé au nord-ouest des Pyrénées, est une ancienne principauté souveraine puis une ancienne province française à la suite de son annexion au royaume de France en 1620. Depuis 1790, le Béarn fait partie du département des Pyrénées-Atlantiques. L’introduction de la Réforme protestante par Marguerite de Navarre est un élément marquant du 16ème siècle, sa fille Jeanne d’Albret faisant du Béarn une principauté protestante. Ayant déjà récupérés la couronne de Navarre, par François Fébus en 1472, les princes béarnais assurent la réunion avec la couronne de France grâce à Henri IV en 1589. Attachés à leurs fors et coutumes, les Béarnais restent malgré tout indépendants du royaume de France après cet épisode. Il faut attendre le 20 octobre 1620 pour voir Louis XIII mener une expédition militaire en Béarn, à la fois pour son annexion et pour le rétablissement du culte catholique. À partir de cette date, le Béarn perd sa souveraineté mais conserve une large autonomie en tant que province française, avec la constitution d’un Parlement, le maintien de ses fors ainsi que du béarnais comme langue institutionnelle.

[12] Orthez (en béarnais Ortès) est une commune française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Du 13ème au 15ème siècle, Orthez fut la résidence des vicomtes de Béarn. Gaston Fébus y déclare l’indépendance béarnaise en 1347. Bien qu’en 1460 cette résidence ait été transférée à Pau, plus centrale, Orthez reste durant tout l’ancien régime la ville la plus grande et la plus dynamique du Béarn. Elle reste le lieu du marché où sont acheminés tous les produits de la région destinés à être exportés vers le port de Bayonne. En 1566 Jeanne d’Albret y a transféré l’académie protestante du Béarn transformée en université en 1583 par Henri IV. La ville subira peu de destructions en dehors de deux batailles en 1569 lors des guerres de religion.

[13] Tarbes est une commune du Sud-Ouest de la France, chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées. Capitale historique du comté de Bigorre, cette ville pyrénéenne de tradition industrielle s’étend, à une altitude moyenne de 304 mètres, au pied du massif des Pyrénées.

[14] Saint-Sever est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département des Landes.

[15] Mont-de-Marsan est une commune du sud-ouest de la France, préfecture des Landes. Fondée au Moyen Âge autour de ses trois rivières sur la voie de Vézelay du chemin de Compostelle, Mont-de-Marsan était la principale ville fortifiée des Landes. Son histoire a laissé des vestiges qui agrémentent encore aujourd’hui le centre-ville : donjon Lacataye, qui abrite un musée de sculptures, rues médiévales, sections des anciens remparts, vieilles maisons bourgeoises, ancien port fluvial, parcs, jardins et promenades fleuries, etc.

[16] L’Adour est un fleuve du Bassin aquitain dans le Sud-Ouest de la France. D’une longueur de 307,1 km, il prend sa source dans le massif pyrénéen du pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées) et se jette dans l’océan Atlantique après Bayonne, à Tarnos (Landes) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour la rive gauche.

[17] La bataille de Jarnac, le 13 mars 1569, oppose, lors de la troisième guerre de Religion, l’armée protestante commandée par Louis 1er de Bourbon-Condé, prince de Condé, à celle du roi de France commandée par Henri, duc d’Anjou et frère du roi, à proximité de la ville de Jarnac, en Charente.

[18] La Gascogne est une ancienne province située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne, elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine ; toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[19] Le 3 octobre 1569, les forces catholiques du roi Charles IX, sous le commandement du duc d’Anjou, battent à Moncontour, dans le Poitou, les troupes huguenotes, commandées par l’amiral Gaspard de Coligny. Cette bataille a lieu durant la troisième guerre de Religion.

[20] Le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye le 8 août 1570 met fin à la troisième des guerres de religion. Après une troisième guerre entre catholiques et protestants de 1568 à 1570, qui voit la défaite des protestants à Jarnac, l’assassinat de leur chef, le prince de Condé, en 1569 et la nomination d’Henri de Navarre (futur Henri IV) comme chef des protestants, la paix de Saint-Germain, signée entre le roi Charles IX et l’amiral Gaspard de Coligny accorde aux protestants une liberté limitée de pratiquer leur culte dans les lieux où ils le pratiquaient auparavant ainsi que dans les faubourgs de 24 villes (2 par gouvernement). Il octroie aux protestants quatre places fortes de sûreté La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité pour deux ans aux mains des protestants. À l’issue de ces deux ans, elles doivent être rendues mais le culte de la religion réformée continue d’y être autorisé. Le culte est par ailleurs interdit à Paris. L’édit appelle à la tolérance en indiquant qu’aucune différence ne peut être faite pour cause de religion. De plus, les protestants sont admis aux fonctions publiques et Catherine de Médicis, mère de Charles IX, donne en mariage sa fille Marguerite de Valois à Henri de Navarre. Le traité de paix est signé le 8 août 1570 au château royal de Saint-Germain-en-Laye et enregistré au Parlement le 11 août 1570. Ce traité servira de modèle pour tous les traités suivants jusqu’à l’édit de Nantes.

[21] Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes. Cet événement des guerres de Religion résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency. Il est le résultat d’une sauvage réaction parisienne, ultra-catholique et hostile à la politique royale d’apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d’Espagne, avivées par l’insurrection aux Pays-Bas. Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd’hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l’ordre royal. Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l’arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par la fureur du peuple, il n’avait pu les empêcher.

[22] Le grand prieuré de France était un prieuré de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il s’agissait du seul prieuré de la langue de France avant la dévolution des biens de l’ordre du Temple. À la suite de la dévolution la langue de France est alors scindé entre le grand prieuré de France, avec le siège du prieuré transporté de Corbeil à Paris en la maison du Temple, le grand prieuré de Champagne et celui d’Auvergne.

[23] Jersey est la plus grande des îles Anglo-Normandes, dont la capitale est Saint-Hélier. Sa superficie est de 118,2 km². Elle appartient au bailliage de Jersey. La conquête de l’Angleterre en 1066 a lié l’île pour la première fois à la Couronne d’Angleterre. En 1155, l’abbaye de Saint-Hélier a été fondée sur l’îlot à côté de l’Hermitage de Saint-Hélier. En 1204, le roi de France Philippe-Auguste conquiert la Normandie. Les îles de la Manche restent sous le contrôle de Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Désormais, il y eut une Normandie continentale et une Normandie insulaire, séparées. Le roi d’Angleterre fut considéré comme duc de Normandie dans les îles. Les Constitutions du roi Jean Sans Terre assurent les libertés et l’autonomie des îles – c’est l’origine du gouvernement de Jersey. Le château de Mont-Orgueil est construit afin de défendre l’île contre les Français. Aujourd’hui, le château, qui domine la côte à l’est de l’île, est un grand lieu d’intérêt pour les touristes et un symbole de l’indépendance de Jersey.

[24] Belle-Île-en-Mer, parfois surnommée simplement « Belle-Île » est une île française du golfe de Gascogne située dans le département du Morbihan, dans le sud de la Bretagne. En 1548, le roi Henri II décide d’entreprendre sa fortification et sa mise en défense en faisant reconstruire le fort de Palais. Comme l’île ne possède comme pierre que des schistes friables, les pierres de granit venant de la démolition du château d’Auray sont transportées par bateau et les travaux avancent lentement. Les moines opposent l’insuffisance des richesses de l’île pour financer des travaux aussi importants. Belle-Île est encore pillée en 1567, cette fois par les Espagnols. En 1573, durant les Guerres de Religion, l’île est occupée par Gabriel de Montgomery, chef militaire protestant. Réfugié en Angleterre, il vient soutenir Coligny. La garnison de Montgomery est chassée par une escadre armée par Albert de Gondi, duc consort de Retz. Belle-Île est alors érigée en marquisat en 1573 et concédée par le roi à ce riche gentilhomme venu d’Italie guerroyer pour le Roi et favorisé par Catherine de Médicis. Belle-Île est désormais le siège d’une sénéchaussée. Les Gondi commencent la réédification d’une forteresse à Palais et de différents ouvrages de guet sur les côtes. L’île connaît une certaine tranquillité et une certaine prospérité grâce à ce chantier. Mais les finances des Gondi qui ont de lourdes charges ne suffisent plus. Son petit neveu et héritier, Paul de Gondi, cardinal de Retz, frondeur persécuté par Louis XIV et Mazarin, vint se réfugier à Belle Isle au cours de l’été 1654 après son évasion de la prison de Nantes, et une rocambolesque cavalcade qui s’ensuivit. Son cousin le Duc de Retz avait d’importantes dettes, il dut se résoudre en 1658 à mettre en vente l’île qui trouva preneur pour le prix de un million quatre cent mille livres.

[25] Domfront est une ancienne commune française, située dans le département de l’Orne. En 1574, le chef huguenot Montgomery y fut capturé lors du siège de la ville, prélude à son exécution en place de grève par Catherine de Médicis. En 1608, le château est démantelé sur ordre d’Henri IV

[26] Le palais de la Cité était la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du 10ème au 14ème siècle. Il s’étendait sur la partie ouest de l’Île de la Cité dans le 1er arrondissement de Paris. Une partie du palais était convertie en prison d’État en 1370, après l’abandon du palais par Charles V et ses successeurs. La prison de la Conciergerie occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. La prison était considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée en 1793.