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L’histoire pour le plaisir

Lycon (orateur)

mercredi 30 janvier 2019, par ljallamion

Lycon (orateur)

Politicien athénien du 5ème siècle av. jc

Le procès de SocrateOrateur, il est la cible des poètes comiques tels Eupolis ou Cratinos . Appartenant à l’entourage d’Anytos, il était d’après l’historienne Claude Mossé sans doute chargé avec d’autres de soutenir ses intérêts dans les assemblées ou les procès.

Des trois accusateurs dans le Procès de Socrate [1], Lycon est le moins connu ; son identification historique a parfois prêté à controverses. Son fils, Autolycos, pugiliste [2] vainqueur de l’épreuve des Grandes Panathénées [3] fut l’une des victimes condamnées à mort du régime des Trente [4].

Lors du Procès de Socrate, Lycon lance avec l’orateur Anytos et le poète Mélétos l’accusation contre le philosophe : il s’occupe de mener les premières procédures. En avril 399 av. jc, Socrate se voit accuser par Mélétos, ainsi que deux de ses amis Lycon et Anytos, de 2 crimes, découpés en 3 chefs d’accusation.

Anytos prétend également que le philosophe est le maître à penser de Critias, l’un des Trente Tyrans.

Selon Xénophon, Socrate avait publiquement reproché à Anytos de vouloir que son fils lui succède aux affaires, et de l’avoir éduqué à cette fin. C’est donc par rancœur personnelle qu’Anytos aurait accusé Socrate.

Socrate est reconnu coupable, puis condamné à boire la ciguë. Après la mort du philosophe, la foule se tourne contre ses accusateurs et Anytos est contraint de fuir Athènes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Claude Mossé, - 399. Le Procès de Socrate, Bruxelles, Complexe, coll. « La mémoire des siècles »,‎ 1987

Notes

[1] Le procès de Socrate est l’un des procès les plus célèbres de l’Antiquité. Accusé de corruption de la jeunesse, de négation des dieux ancestraux et d’introduction de divinités nouvelles, le philosophe athénien Socrate est condamné à mort par le tribunal de l’Héliée, à Athènes, en 399 av. jc. Il est relaté par deux disciples de Socrate, Platon et Xénophon, dans leurs Apologie de Socrate respectives. Plusieurs amis de Socrate offrent de le défendre, mais il refuse leurs offres. Acceptant la sentence, bien que se défendant de l’accusation d’impiété, il boit volontairement la ciguë.

[2] Le pugilat est un sport ancêtre de la boxe anglaise, avec son usage exclusif des poings. A contrario des sports de lutte, c’est un affrontement à distance. Par extension, on nomme pugilat, en Occident, toute technique de combat pieds-poings, par opposition aux disciplines de corps à corps ou « grappling ».

[3] Les Panathénées étaient des festivités religieuses et sociales de la cité d’Athènes. La fête annuelle des Panathénées avait lieu du 23 au 30 du mois d’hécatombéon premier mois de l’année attique, équivalent à la deuxième moitié de notre mois de juillet actuel. Selon la tradition, elle est fondée par le roi mythique Érichthonios en l’honneur d’Athéna Polias, Thésée lui donnant son nom de « Panathénée » lors du synœcisme. Tous les quatre ans se tenaient également les Grandes Panathénées, qui comprenaient des jeux Panathénaïques et qui étaient de trois ou quatre jours plus longs. Ces jeux étaient les plus prestigieux pour les citoyens d’Athènes mais ils n’étaient pas aussi importants que les jeux olympiques ou les autres jeux panhelléniques.

[4] Les Trente aussi appelés Trente tyrans sont un gouvernement oligarchique composé de trente magistrats appelés tyrans, qui succède à la démocratie athénienne à la fin de la guerre du Péloponnèse, pendant moins d’un an, en 404 av. jc. Cette constitution est imposée aux Athéniens par le général spartiate Lysandre après la reddition d’Athènes négociée par l’un des futurs Trente tyrans, Théramène, en 404. L’Ecclésia (l’assemblée du peuple athénien) s’est opposée à ce régime mais avec l’appui d’une garnison spartiate, les Trente, emmenés par Critias imposent un régime de terreur, ne réservant les pleins droits de citoyens qu’à leurs 3000 partisans. Leurs adversaires peuvent être condamnés sans aucun jugement.