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Hypatie d’Alexandrie

mercredi 21 mars 2018

Hypatie d’Alexandrie (355/370-415)

Mathématicienne et philosophe grecque d’Alexandrie

Fille de Théon d’Alexandrie. Elle bénéficie de l’enseignement mathématique de son père, poursuit sa formation à Athènes où elle approfondit sans doute la philosophie.

Autour de l’an 400, elle revient s’installer à Alexandrie où elle prend la direction de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie [1]. Son enseignement mêlant sciences naturelles, mathématique et philosophie, d’obédience néo-platonicienne, s’adresse à des étudiants des couches aisées, dont des païens, des chrétiens et des étrangers.

Elle conçoit notamment des sortes de manuels à but pédagogique.

Synésios de Cyrène, un de ses élèves avant 395, qui était aussi son ami et qui devint évêque de Ptolémaïs [2], la loue dans ses lettres en 404/407 pour sa grâce et lui demande des conseils pour construire un hydromètre [3], un astrolabe [4] ou pour tracer des cartes géographiques.

Elle fut aimée et honorée par les autres habitants de la ville, ainsi que par ses dirigeants qui venaient écouter ses lectures comme on le faisait à Athènes, car bien que la philosophie ait disparu, son nom restait magnifique et admirable pour ceux qui accédaient aux plus hautes fonctions.

Or, un jour, Cyrille d’Alexandrie, du camp opposé, passant devant chez elle remarqua une grande affluence. Il en conçut de la jalousie et le désir de la faire périr d’une façon déshonorante. Un jour qu’elle sortait de chez elle, en 415, elle est assassinée par les hommes de main de Cyrille.

Selon la thèse de Socrate le Scolastique, les chrétiens lui reprochaient d’empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d’Alexandrie et Oreste préfet d’Alexandrie à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d’Alexandrie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Navarro, J. (2013) - « Les femmes et les mathématiques - D’Hypatie à Emmy Noether », coll. Le monde est mathématique présentée par Cédric Villani no 33 (ISBN 978-2-8237-0131-9), Éd. RBA, Paris,

Notes

[1] L’école néoplatonicienne d’Alexandrie est un courant dans le mouvement du néoplatonisme, qui regroupe, à Alexandrie, divers néoplatoniciens depuis le début du 5ème siècle jusqu’au milieu du 7ème siècle, jusqu’à la conquête arabe en 640.

[2] Ptolémaïs est une colonie grecque portuaire, qui fut l’une des anciennes capitales de Cyrénaïque, situé près de la ville moderne Tolmeitha. La ville est probablement fondée au VIIe ou vie siècle avant notre ère par des colons de Barqa. Rapidement la ville devient l’une des cité-États fondatrices de la fédération du Pentapole de Libye. En -331 l’union est dissoute par la reddition de toutes les villes devant Alexandre le Grand. Après cette défaite la ville intègre l’Empire ptolémaïque. Au début du ier siècle la région est conquise par Rome et devient une province séparée. Un important tremblement de terre, rattaché par les archéologues au séisme de 365 en Crète frappe la région et détruit les cinq villes majeures des environs. Ptolémaïs ayant résisté à la tragédie, les plus importantes autorités de la région s’y installent. Elle est la capitale de la province de Libye II quand elle est détruite par les Vandales en 428. Durant le règne de Justinien la ville est reconstruite, mais elle ne retrouve jamais son pouvoir et est à nouveau détruite par les Arabes au 7ème siècle.

[3] L’hydromètre ou densimètre est un instrument en verre ou en métal utilisé pour mesurer la masse volumique d’un liquide en utilisant le principe d’Archimède.

[4] L’astrolabe est un ancien instrument astronomique, à vocation plutôt didactique depuis la Renaissance. Outil aux fonctions multiples, il permet notamment de mesurer la hauteur des astres et de lire l’heure en fonction de la position des étoiles ou du soleil. Sa conception et ses différentes constructions s’appuient à l’origine sur une double projection plane (le plus souvent une projection polaire) qui permet de représenter le mouvement des astres sur la voûte céleste.