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Jean V d’Armagnac

mardi 27 février 2018

Jean V d’Armagnac (1420-1473)

Vicomte de Lomagne-Comte d’Armagnac, de Fezensac et de Rodez en 1450

Fils de Jean IV , comte d’Armagnac et de Rodez [1], et d’Isabelle d’Évreux-Navarre. Il est l’un des capitaines de Charles VII en lutte contre les Anglais, mais il prend son indépendance, usurpe les droits régaliens et se brouille avec le roi.

En 1453, il remporte sur les causses de Mondalazac [2] la bataille qui met fin à l’occupation anglaise du Rouergue [3] qui durait depuis 1370. Jean II de La Panouse transforma la défaite anglaise en déroute quand il prit à revers les armées sur le départ, en descendant la vallée du château du Colombier [4].

En 1454, à la mort de Mathieu de Foix , comte de Comminges [5], il revendique le comté, étant petit neveu du premier mari de Marguerite de Comminges, veuve de Mathieu. Il a également une liaison incestueuse avec sa sœur Isabelle, qui fait scandale dans la chrétienté ; il obligea son chapelain, sous peine de mort, à célébrer son mariage avec sa sœur

En 1455, irrité de l’insubordination de son vassal, ainsi que par le scandale, Charles VII envoie contre lui deux armées. Jean V, vaincu, doit fuir à la cour d’Aragon [6] et, pendant que les troupes françaises occupent le Rouergue et l’Armagnac, organise une guérilla pour harceler les occupants, mais le roi d’Aragon lui conseille d’aller à Rome pour demander au pape de plaider sa grâce auprès du roi de France.

Des cardinaux cupides tentent de lui vendre une fausse dispense, mais sont démasqués et jugés. Le pape lui accorde le pardon, mais ne réussit pas à faire fléchir Charles VII, et Jean V se réfugie à la cour d’Aragon.

Charles VII meurt en 1461 et le nouveau roi, Louis XI, amnistie et rend ses comtés à Jean V. Mais celui-ci fait preuve d’une impardonnable fausseté en prenant part à la ligue du Bien public [7] contre le roi. Après l’échec de cette ligue, il complote avec les Anglais.

En 1470, Louis XI met l’Armagnac et le Rouergue sous séquestre et envoie son gendre Pierre de Beaujeu en prendre possession, mais Jean V soulève l’Armagnac et reprend Lectoure [8]. Il est y assiégé en 1473 par le cardinal d’Albi, Jean Jouffroy . Il accepte de capituler et fait ouvrir les portes. Réfugié dans sa maison forte de Sainte-Gemme [9], il en sort à la suite de provocations et est poignardé, le 5 mars 1473. Une grande partie de la population est massacrée et la ville partiellement détruite.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean V d’Armagnac/ Portail du Gers/ Comte d’Armagnac

Notes

[1] Le comté d’Armagnac est un ancien comté français compris avec le comté de Fezensac dans le duché de Gascogne et avait pour capitale Lectoure. Le comté date de 960, quand les fils de Guillaume Garcès, comte de Fézensac, se partagent ses terres : le cadet, Bernard le Louche, reçoit l’Armagnac. On voit les comtes d’Armagnac faire hommage, à la fin du 12ème siècle aux comtes de Toulouse, puis directement aux rois d’Angleterre. Après avoir réuni le Fézensac à l’Armagnac par le mariage de Géraud III d’Armagnac et d’Anicelle de Fézensac, la première maison d’Armagnac s’éteint en 1215 avec Géraud IV. Son cousin Géraud de Lomagne, vicomte de Fézensaguet, lui succède et fonde la seconde maison d’Armagnac.

[2] Causse comtal

[3] Le Rouergue est une ancienne province du Midi de la France correspondant approximativement à l’actuel département de l’Aveyron. Après avoir fait partie du comté de Toulouse, il fut rattaché à la Guyenne avant d’en être détaché lors de la formation de la province de Haute-Guyenne en 1779.

[4] Le château du Colombier est situé en contrebas du lieu-dit de Mondalazac, sur la commune de Salles-la-Source, dans le département de l’Aveyron. Ce « repaire » médiéval a été édifié dans une combe dominant la principale route qui, au Moyen Âge, reliait les bourgs principaux de Marcillac-Vallon et Salles-la-Source par la vallée du Cruou. Le château du Colombier doit son nom à la présence dans ses murs de deux colombiers (pigeonniers) permettant l’élevage des pigeons, à l’époque, pour leur fiente, la colombine : droit seigneurial sous l’Ancien Régime.

[5] Le Comté de Comminges est une ancienne principauté féodale située sur le versant nord des Pyrénées, de part et d’autre du haut cours de la Garonne. Il a existé du début du 10ème siècle jusqu’en 1454. Pendant longtemps, il fut considéré que les premiers comtes de Comminges étaient issus des comtes d’Aragon. Les dernières études font ressortir qu’ils seraient probablement des seigneurs de l’entourage des comtes de Toulouse. Le Comminges est incorporé au domaine royal en 1454.

[6] Le royaume d’Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l’union des comtés d’Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d’Espagne par les décrets de Nueva Planta.

[7] La ligue du Bien public est une révolte de princes, menés par Charles, comte de Charolais, et d’autres contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle s’étend de mars à octobre 1465.

[8] Lectoure est une commune française située dans le département du Gers. Capitale du comté d’Armagnac, elle connaît plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui voit la capitulation et la mort de Jean V d’Armagnac, et une destruction presque totale. Réunie à la couronne de France, Lectoure renaît de ses cendres.

[9] Les maisons fortes ou maison fortifiées sont des édifices signalés dans les textes à partir du dernier tiers du 12ème siècle et y sont qualifiés de « domus fortis, domus cum fortalitis, domus cum tota forteresia, domus cum poypia, fortalicium, domus et turris fortis ». Ces édifices, qui ne sont pas des châteaux (castrum ou castellum), sont plus qu’une simple résidence (domus). Ce phénomène se poursuivra largement dans la première moitié du 13ème siècle et prendra fin au début du 16ème siècle. Elles sont souvent situées aux abords des bourgs, le long de routes principales ou à la frontière d’une grande seigneurie. Elles appartiennent soit à des cadets, à des parents ou à des alliés de grandes familles seigneuriales, soient à des bourgeois devenus riches et exerçant des offices importants. La fortification d’une maison, c’est-à-dire l’adjonction de tours, de palissades, de fossés, de créneaux, supposait une autorisation spéciale du seigneur dominant et de tous les seigneurs voisins de la paroisse.