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Ardabur (fils d’Aspar) dit Ardabur Iunior

jeudi 8 février 2018

Ardabur (fils d’Aspar) dit Ardabur Iunior (? - 471)

Général byzantin

Empire Byzantin fin du 5ème siècleFils d’Aspar, le magister militum [1] de l’Empire romain d’orient sous l’empereur Zénon.

D’origine alaine [2], il fait partie d’une famille de militaires byzantins, depuis son grand-père Ardaburius , dont il porte le prénom et qui fut consul et général, tout comme son père Aspar.

Dès son plus jeune âge, il exerce le métier des armes et suit son père dans ses campagnes. Comme son père et son frère Patrice , il doit être de religion arienne [3].

Sa carrière politique est lancée grâce à l’influence de son père mais aussi ses victoires militaires. En 434, il devient préteur [4]. En 447, il est consul.

Son père, Aspar, est à l’origine de l’accession au trône de l’empereur Marcien, ami de son grand-père Ardaburius, en lui faisant épouser la sœur de Théodose II, Pulchérie en 450. En 453, à la mort de l’impératrice, Aspar est très influent.

Ardabur repousse une incursion arabe près de Damas et repousse les barbares en Thrace [5], il devient comes rei militaris [6] et patricien. Il obtient la même année le titre de magister utriusque militiae per Orientem jusqu’en 466.

Sous le règne de Léon 1er, installé au pouvoir par son père, Ardabur et ses hommes font partie du parti germanique à la cour de Constantinople, avec Théodoric Strabon et ses troupes d’Ostrogoths [7]. Ils ne sont pas populaires, car d’origine barbare et les troupes d’Isauriens [8] sous les ordres de Tarasicodissa (le futur empereur Zenon), appelées par Léon les concurrencent.

En 466, Tarasicodissa se trouve en possession de lettres écrites par Ardabur prouvant qu’il incite le roi sassanide à envahir l’Empire romain avec le support des troupes d’Ardabur. Tarasicodissa dénonce cette conspiration perse contre l’empereur.

Ardabur perd alors son titre de magister utriusque militiae per Orientem et son influence, tout comme celle de son père, décline. En remerciement, Tarasicodissa se voit offrir la main de la fille aînée de l’empereur, Ariane et se fait baptiser Zénon.

Un peu plus tard, le frère cadet d’Ardabur, Patrice, reçoit lui aussi en mariage une des filles de Léon 1er, Léontia ainsi que le titre de césar. Le peuple byzantin n’accepte pas cette union, à cause de l’arianisme affiché de Patrice, qui par son union et son titre de César, devient le futur empereur.

Les deux clans sont alors très puissants et en concurrence. Il faut les départager, Aspar et Ardabur organisent plusieurs intrigues pour reprendre le pouvoir sur Léon

En 471, Léon 1er finit par choisir entre les deux clans de ces généraux, il choisit Zénon, mais l’assassinat de la famille d’Ardabur est remplie de suppositions.

Aspar et ses fils, se rendent au théâtre où ils sont hués par la foule en colère sans que l’empereur intervienne. Face à la violence de la foule, ils se réfugient à Chalcédoine [9] dans l’église Sainte-Euphémie [10].

L’évêque de Constantinople et l’empereur les font sortir en les persuadant qu’aucun mal ne leur sera fait.

L’empereur invite à sa table Aspar, Ardabur et Patrice mais demande à son gendre Zénon de les tuer avant leur arrivée ou bien, il les fait mettre à mort par ses eunuques dans son palais. Seul Erménéric échappe au massacre, Patrice survit à ses blessures, mais doit renoncer à son titre de césar et à son mariage avec Léontia.

Après la disparition d’Aspar et d’Ardabus, Zénon est le véritable homme fort de Constantinople.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André Chastagnol, La fin du monde antique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1976.

Notes

[1] Le magister militum est un officier supérieur de l’armée romaine durant l’Antiquité tardive. Son nom est souvent traduit par « maître de la milice » ou « maître des milices ». À l’origine, on distinguait le magister peditum ou commandant de l’infanterie et le magister equitum ou commandant de la cavalerie. Les deux fonctions furent à l’occasion réunies et leur titulaire prit le titre de magister utriusque militiae. Le commandant des corps demeurant à la disposition de l’empereur près de la capitale fut appelé magister militum praesentales. En Orient, la fonction cessa d’exister avec la création des thèmes où le gouverneur (strategos), cumula les fonctions militaires et civiles.

[2] Les Alains étaient un groupe de nomades scythes. Les Alains forment un peuple scythique, probablement originaire d’Ossétie. D’ailleurs, les Ossètes d’aujourd’hui se présentent comme les descendants directs des Alains. Ce sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates et très proches des Iazyges, des Roxolans et des Taïfales.

[3] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[4] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[5] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[6] À partir du 4ème siècle, on utilise le titre de Comes pour qualifier certains membres de l’entourage permanent de l’empereur romain. Le comes rei militaris est conféré à des chefs de rang spectabilis, mais les magistri milum, généralat créé à la Cour par Constantin, vont s’élever au premier rang des comites comme illustres puis gloriosi. *le comes sacri stabuli est responsable des écuries

[7] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[8] L’Isaurie est une région historique d’Asie Mineure, située sur les monts Taurus dans l’actuelle Turquie, entre la Phrygie (au nord), la Cilicie (au sud), la Lycaonie (à l’est) et la Pisidie (à l’ouest).

[9] Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l’entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar). La ville turque de Kadıköy est aujourd’hui située sur l’emplacement de Chalcédoine, dans le prolongement d’Üsküdar. Elle fait partie, avec le reste du royaume de Bithynie, du legs de Nicomède IV à l’Empire romain en 74 av. jc. Elle subit l’invasion de Mithridate VI, qui est ensuite chassé par Lucullus. De nouveau dans le giron de l’Empire romain, elle redevient une ville libre. Chalcédoine accueille le quatrième concile œcuménique des chrétiens en 451. Chosroès II, roi des Perses Sassanides, assiège la ville en 602 et s’en empare pour venger le meurtre de son ami Maurice Tibère ; il menace alors directement Constantinople dirigée par Phocas. La ville revient à l’empire l’année suivante, avant d’être à nouveau assiégée (mais non prise) par les Perses en 617 et 626, puis par mer, par les Arabes, en 678 et 718.

[10] Construite au 4ème siècle sur la tombe de la sainte dans les environs de Chalcédoine : il s’agissait d’une basilique adjointe à un Martyrium circulaire, où était conservée la dépouille de la sainte dans un sarcophage d’argent. La relique était réputée pour un épanchement miraculeux de sang, reproduit chaque année : le sang, recueilli, était distribué dans des ampoules de verre. C’est dans cette église que se tint le concile de Chalcédoine en 451. En 471, l’empereur byzantin Léon 1er, influencé par deux camps politiques rivaux à sa cour, fomente l’assassinat d’Aspar, son magister militum. Aspar et ses fils Ardabur, Patrice et Erménéric, se rendent au théâtre où ils sont hués par la foule en colère sans que l’empereur n’intervienne. Face à la violence de la foule, ils se réfugient à Chalcédoine dans l’église Sainte-Euphémie. L’évêque de Constantinople et l’empereur les font sortir en les persuadant qu’aucun mal ne leur sera fait. Mais Aspar et Ardabur seront assassinés peu après. L’église fut par la suite détruite par les invasions perses sous le règne d’Héraclius (en 615 ou en 626).