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Claude de Lorraine ou Claude de Guise (1496-1550)

lundi 25 septembre 2017

Claude de Lorraine ou Claude de Guise (1496-1550)

Duc d’Aumale en 1547-Comte puis duc de Guise-Militaire français

Né au château de Condé [1], frère du cardinal de Lorraine Jean III de Lorraine , principal favori du roi François 1er. Fils puîné de René II duc de Lorraine et de Philippe de Gueldre . Son éducation est confiée à Thomas de Pfaffenhofen et à Euvrard de Dommartin, bailli [2] des Vosges.

Le duc René meurt alors que Claude n’a que 13 ans. Cadet, il reçoit les possessions françaises de son père et devient alors baron de Joinville [3], Mayenne [4], Elbeuf [5], Harcourt [6] et Boves [7]. Par sa baronnie de Joinville, il est sénéchal [8] de Champagne.

La mère de Claude introduit alors son fils à la cour de France, où il fréquente son cousin le comte d’Angoulême, futur François 1er. Il passera une partie de sa jeunesse à la cour de France.

Il sera naturalisé Français en 1506 par lettre du roi Louis XII, mais les détracteurs des Guise au 16ème siècle, à cause de leurs liens familiaux, continueront à les tenir pour des étrangers.

En effet, les membres de la Maison de Guise, Lorrains, comme les Rohan, Bretons, les Savoie-Nemours, Savoyards, puis plus tard les Grimaldi, Monégasques, recevront à la cour les honneurs dus aux princes issus de maisons souveraines étrangères.

Claude de Lorraine épouse en 1513 Antoinette de Bourbon-Vendôme , fille de François de Bourbon-Vendôme et de Marie de Luxembourg , en présence du roi Louis XII.

Lorsque François 1er accède au trône en 1515, Claude de Lorraine est nommé échanson [9] du roi et entre dans son conseil. Lorsque le roi décide de partir en campagne en Italie, il s’adjoint les services de Claude, ainsi que de ses frères Antoine , duc de Lorraine et Jean , cardinal évêque de Metz. Ils participeront ainsi à la bataille de Marignan. Lors de cette fameuse bataille, Claude se conduit en héros et est grièvement blessé.

Le roi appuie alors le procès que la Maison de Lorraine mène contre la Maison de Rohan à propos de Guise. Un règlement est trouvé, et le comté de Guise [10] est attribué à Claude de Lorraine en 1520.

Il est ensuite envoyé sur de nombreux fronts. En 1520, il combat les Anglais en Picardie puis accompagne Bonnivet combattre les Espagnols. Placé à la tête de 6500 lansquenets [11], il fit montre d’une audace peu commune et met en déroute l’ennemi à Fontarabie [12]. Il combat ensuite les Anglais à plusieurs reprises dans le nord de la France. Il s’illustre ainsi à Bapaume [13] et à Hesdin [14], s’assurant une réputation d’excellent capitaine.

À la suite de la bataille de Pavie en 1525, François 1er est fait prisonnier. Pendant sa captivité, plusieurs personnalités se partagent le pouvoir, et Claude est conseiller militaire de Louise de Savoie, régente de France. Cette même année éclate la révolte des Rustauds [15] dans les principautés allemandes.

Les anabaptistes [16] réussissent à s’emparer de plusieurs villes. Craignant pour la sécurité de leurs terres lorraines, Claude et ses frères décident de lever une armée, contre l’avis du conseil de régence qui n’en voyait pas la nécessité. Cette armée lorraine est composée de gentilshommes français attachés au duc de Guise et de mercenaires venus de toute l’Europe. Le 17 mai 1525, les paysans révoltés sont massacrés par l’armée des Lorrains à Saverne [17]. Cet épisode sanglant valut à Claude de Lorraine le surnom de Grand boucher.

À son retour, le roi procède à une sévère épuration dans son entourage, écartant les Bourbons qui l’avaient trahi. Claude de Lorraine se rapproche du roi et celui-ci le remercie de sa fidélité en le nommant Grand Veneur [18] en 1526 et en érigeant son comté de Guise en duché-pairie en 1527. Il est également nommé gouverneur de Bourgogne.

Ces faveurs peu ordinaires pour une personne qui n’était pas de la famille directe du roi soulevèrent des objections au Parlement, qui voyait d’un mauvais œil cette aliénation d’une partie des terres royales, mais il dut se plier à la volonté du monarque.

En 1536, Claude de Guise se porte au secours de Robert III de la Marck dit Fleuranges, capturé par Philippe 1er de Nassau et enfermé à Péronne [19]. Avec 400 hommes, il parvient à s’emparer de la forteresse et à délivrer le maréchal. Ce coup d’éclat valut une grande popularité au duc de Guise.

Conseiller efficace, Claude de Lorraine effectue de nombreux voyages diplomatiques en Europe, accompagnant le roi dans ses déplacements et ses batailles. Il accumule pendant ce temps les richesses dues aux cadeaux que lui accordent François 1er, terres et privilèges en tous genres. Sa fortune impressionne les grands du royaume.

En 1539, quand Charles Quint traverse la France pour châtier les insurgés de Gand [20], il se porte à sa rencontre à Orléans accompagné de 400 hommes à cheval.

En 1539, François 1er souffre d’une grave maladie, et Claude, sans doute poussé par son frère le cardinal de Lorraine, prend le parti du Dauphin Henri et de Diane de Poitiers. Le roi n’apprécie guère ce rapprochement et se méfie de la famille de Guise. De plus, la double autorité de Claude sur la Champagne et sur la Bourgogne fait des jaloux, qui s’en plaignent au souverain.

Celui-ci retire alors le gouvernorat de la Bourgogne au duc de Guise. En 1541, Charles Quint échoue devant Alger et reprend la guerre contre les Français. Charles d’Orléans, fils de François 1er, est à la tête d’une armée pour attaquer Luxembourg. Après la prise de Montmédy [21] par les Français, le duc d’Orléans décide de rejoindre son frère le dauphin Henri au siège de Perpignan [22]. Il laisse alors le commandement de l’armée à Claude de Lorraine, qui réussit à contenir l’ennemi.

En 1544, l’armée de Charles Quint envahit la Champagne, s’emparant de Saint-Dizier* et de Joinville*, mais Claude préfère se retirer plutôt que d’affronter l’armée impériale sur ses terres.

À partir de cette époque, Claude de Lorraine abandonne les armes et c’est son fils aîné François qui reprend le flambeau. Claude fait alors construire à Joinville le château du Grand Jardin [23], pour s’y retirer paisiblement.

À la mort de François 1er et à l’avènement d’Henri II en 1547, le nouveau roi veut s’allier la maison de Guise, mais préfère se reposer sur la jeune génération plutôt que de rappeler le vieux duc qui a 51 ans. Il distribue donc les charges et les privilèges aux fils de Claude.

Celui-ci s’éteint en avril 1550, en son château de Joinville. Il fut enterré en grande pompe, et sa veuve fit édifier un somptueux tombeau, dessiné par le sculpteur italien Le Primatice et réalisé par Dominique Florentin .

À l’instar de François 1er, Claude de Lorraine avait le goût des fastes et protégeait les artistes capable de faire briller sa maison. À Joinville, il entretient de nombreux musiciens, chantres et instrumentistes. Ceux-ci se produisaient lors des cérémonies religieuses et des fêtes données au château.

Le duc de Guise envoya même des chantres comme cadeau au pape Clément VII. Claude de Lorraine appréciait également les gens de lettres. Clément Marot composa une ode au duc de Guise, et plusieurs autres poètes bénéficiaires de ses largesses. Le compositeurPierre Cléreau composa sa messe requiem.

Tout au long de ses campagnes en Italie, Claude de Lorraine fut impressionné par les chefs-d’œuvre des architectes de la Renaissance italienne. Il suivait en cela l’attitude de François 1er qui fit venir près de lui de nombreux artistes italiens.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de François Roche, Claude de Lorraine, premier Duc de Guise, Éditions Le Pythagore, 2005/

Notes

[1] aujourd’hui situé à Custines

[2] Le bailli était, dans l’Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l’autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l’administration en son nom. Il s’agissait de l’équivalent de nos actuels préfets. La juridiction dont est responsable un bailli s’appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus. Les bailliages ont été établis au 12ème siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l’origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d’abord très étendue ; mais l’abus qu’ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le 16ème siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le lieutenant général du bailliage et d’autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d’épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

[3] Joinville, appelée également Joinville-en-Vallage ou encore Joinville en Champagne, est une commune française, située dans le département de la Haute-Marne. La ville obtient des chartes communales en 1258 et 1524. Joinville passe à la maison de Lorraine au 14ème siècle. La dernière descendante d’Étienne de Vaux épouse en effet Ferry, deuxième fils de Jean 1er, duc de Lorraine. En 1544, Charles Quint assiège Joinville et la livre aux flammes ainsi que beaucoup de villages dans ses environs. Elle est rebâtie peu après par les soins de Claude de Lorraine et érigée en principauté en 1551 par Henri II, en faveur des ducs de Guise.

[4] Mayenne est une commune de l’Ouest de la France, située à 250 km à l’ouest de Paris. C’est l’une des sous-préfectures du département de la Mayenne. Le château et la ville de Mayenne passent à la maison de Lorraine à la fin du 15ème siècle. En 1544, le domaine passe du rang de baronnie à celui de marquisat, puis il devient un duché en 1573, les seigneurs de Mayenne sont donc désormais « ducs de Mayenne ». Ce changement survient sous Charles de Mayenne, le frère du duc de Guise, grand opposant aux Huguenots pendant les guerres de Religion. La ville de Mayenne fut gravement touchée par les guerres de Religion. Elle fut assiégée une première fois par les Ligueurs en 1574, qui échouèrent à la prendre. En 1589, elle reçut le nouveau roi Henri IV, et son séjour resta calme, si bien qu’il mit une garnison dans le château, mais pas dans la ville. Elle fut néanmoins assiégée une seconde fois l’année suivante, et les Ligueurs réussirent à en prendre le contrôle. Ils furent rapidement chassés par les troupes royales, et la bataille fit des centaines de morts. Mayenne subit un nouveau siège pendant l’Épiphanie de 1592, et cette fois-ci, ce sont les Huguenots qui s’en emparèrent. Ils étaient conduits par le comte d’Essex, venu d’Angleterre pour aider les Protestants français. Mayenne, fort appauvri par la guerre, traverse une année dure, subissant tour à tour les ligueurs, les royaux et l’étranger, qui ne ménageaient personne et dont les excès étaient d’égale violence. Le 5 février 1592, François de Bourbon-Conti, prince de Conti est à Mayenne. Les Catholiques assiègent la ville le 4 juin, et les Huguenots se rendent le 7. Le prince de Conti arrive à Mayenne le 20 juillet suivant, afin de reprendre la ville au compte du roi Henri IV. Le siège qu’il mène dure 17 jours. Les innombrables attaques qu’a connues Mayenne ont occasionné des pillages et d’importantes destructions. Charles de Mayenne, de son côté, a poursuivi les combats contre l’autorité royale jusqu’en 1595. Après la guerre, le château est démantelé, tout comme un grand nombre de forteresses françaises situées loin des frontières. Charles IV de Mayenne, qui possédait de très nombreux titres et résidait en Italie, connaissait de grandes difficultés financières qui l’obligèrent à vendre ses possessions françaises. Le duché de Mayenne fut acheté le 30 mai 1654 par le Cardinal Mazarin.

[5] Elbeuf est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime. Ancienne cité drapière située à 23 km au sud de Rouen et 40 km au nord-ouest d’Évreux. Vers 1514, les premières draperies d’Elbeuf voient le jour. Après la corporation des tisserands, Jean-Baptiste Colbert donnera en 1667 un élan supplémentaire à l’industrie drapière avec la Manufacture royale de draps d’Elbeuf.

[6] Harcourt est une commune française située dans le département de l’Eure. C’est le fief d’origine de la famille ducale d’Harcourt, une des plus anciennes familles nobles de France et d’Angleterre (première moitié du 9ème siècle).

[7] Boves est une commune française, située dans le département de la Somme. Pendant la Ligue, le château de Boves servit d’arsenal aux Ligueurs. Pendant le siège d’Amiens, en 1597, le roi Henri IV séjourna à plusieurs reprises au château de Boves. En 1606, le château de Boves, qui appartenait à la famille de Lorraine, fut confisqué et adjugé à Bénigne Bernard, maître d’hôtel d’Henri IV. La dernière propriétaire du château, la maréchale de Biron, détenue en tant que suspecte, fut condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire, le 27 juillet 1794 et exécuté le lendemain

[8] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, d’un prince ou d’un seigneur temporel.

[9] Un échanson était un officier chargé de servir à boire à un roi, un prince ou à tout autre personnage de haut rang. En raison de la crainte permanente d’intrigues et de complots, la charge revenait à une personne en qui le souverain plaçait une confiance totale. L’échanson devait en particulier veiller à écarter tout risque d’empoisonnement et parfois même goûter le vin avant de le servir.

[10] Charles d’Anjou, frère de René d’Anjou, réclame Guise en 1440 et épouse en 1443 Isabelle de Luxembourg, sœur de Louis. Finalement le roi Charles VII lui attribue Guise, mais les Lorraine, descendants de René revendiqueront Guise à leur tour. Louis XI, héritier de Charles V d’Anjou dont il était le cousin germain par sa mère, conserva la terre de Guise jusqu’à son décès. Peu après son avènement, Charles VIII fit cession du comté de Guise à Jean d’Armagnac et à son frère Louis, neveux de Charles V d’Anjou. En 1491, Jean ayant reçu du roi le duché de Nemours, Louis eut le comté de Guise. Sa succession échut à l’aînée de ses sœurs, Marguerite d’Armagnac (épouse de Pierre de Rohan-Gié) et enfin à leur sœur Catherine d’Armagnac (épouse de Charles de Rohan-Gié issu du 1er mariage de Pierre). René II de Lorraine, fils de Yolande d’Anjou et ainsi petit-fils de René 1er d’Anjou, fit valoir ses droits à Guise à partir de la mort de son grand-père en 1480 ; un procès l’opposa alors au précédent. Il mourut en 1508, léguant toutes ses possessions françaises à son second fils Claude. Celui-ci accompagna François 1er à Marignan, et se vit accorder en 1520 le comté de Guise par le Parlement de Paris. François 1er, roi de France érige la terre de Guise en duché-pairie en 1528.

[11] Les lansquenets étaient des mercenaires, le plus souvent « allemands », opérant du 15ème à la fin du 16ème siècle.

[12] Fontarrabie est une commune du Guipuscoa dans la communauté autonome du Pays basque en Espagne située à la frontière française sur la rive gauche de l’estuaire de la Bidassoa, en face d’Hendaye, avec Irun, Pasaia et Lezo pour voisins. Elle est baignée au nord par la mer Cantabrique et à l’est par la baie de Txingudi ou Chingoudy que forme l’embouchure de la Bidassoa entre la France et l’Espagne. La vieille ville fortifiée est édifiée sur un promontoire surplombant l’estuaire, face à la France. Fontarrabie est traditionnellement un port de pêche.

[13] Bapaume est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Bapaume souffrit beaucoup de la rivalité entre François 1er et Charles Quint, la ville fut dévastée par les Français le 15 octobre 1521, rendue à Charles-Quint au Traité de Madrid, elle fut à nouveau incendiée en 1543 bien qu’entretemps l’empereur eut donné l’ordre de reconstruire le château et les fortifications. La région fut encore ravagée par les armées françaises en 1554. À la suite de la tentative d’un dénommé Lelievre pour prendre le château, les habitants de Bapaume obtinrent que les fortifications du château de la ville soit réunies en 1578. La période troublée par des incursions des dévastations dura jusqu’en 1598, année où fut signé le Traité de Vervins (le 2 mai). Une ère de paix et de prospérité suivit, malgré une épidémie de peste en 1626, qui se termina en mars 1635 quand Louis XIII déclara la guerre à Philippe IV d’Espagne. Le 18 septembre 1641, Bapaume capitula après le siège de l’armée française.

[14] Hesdin est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. En 1477, à la suite de la mort de Charles le Téméraire, Hesdin retourna à la couronne française. Le roi Louis XI confirma les privilèges de la ville, par ses lettres patentes, avant d’y arriver le 3 avril 1477. La ville médiévale se trouvait à l’emplacement de l’actuel Vieil-Hesdin, à six kilomètres. L’empereur Charles Quint la fit détruire en 1553, pour faire reconstruire Hesdin quelques années plus tard à son emplacement actuel, sur un terrain situé au centre de la paroisse de Marconne. Le château d’Hesdin appartint notamment à Mahaut d’Artois, mais il fut rasé quand la ville fut prise par Charles Quint. La ville reste sous contrôle espagnol jusqu’à sa prise par les troupes de Louis XIII, commandées par le Maréchal de la Meilleraye, en 1639

[15] La guerre des Paysans allemands est un conflit qui a eu lieu dans le Saint Empire romain germanique entre 1524 et 1526 dans des régions de l’Allemagne du Sud, de la Suisse, de la Lorraine allemande et de l’Alsace. On l’appelle aussi, en allemand, le Soulèvement de l’homme ordinaire (Erhebung des gemeinen Mannes), ou en français la révolte des Rustauds. Cette révolte a des causes religieuses, liées à la réforme protestante, et sociales, dans la continuité des insurrections qui enflamment alors régulièrement le Saint Empire, comme celles menées par Joß Fritz. Le souvenir des révoltes liées à l’Église hussite a pu également jouer un rôle. La révolte des paysans sera prolongée en 1534-1535 par la révolte des anabaptistes de Munster.

[16] L’anabaptisme est un courant chrétien qui prône un baptême volontaire et conscient. Le mot vient du grec ecclésiastique anabaptizein signifiant « baptiser à nouveau ». Cette pensée est un point essentiel de la Réforme radicale, mais se retrouve aussi parmi les vaudois, les bogomiles et les pauliciens, ainsi que dans l’assemblée des chrétiens apostoliques de Thessalonique au 16ème siècle. Les anabaptistes eux-mêmes considèrent descendre directement de l’Église primitive, sans s’être jamais unis avec l’Église catholique. Le terme a aussi pris historiquement un sens politique, car ce mouvement s’opposa au pouvoir politique et religieux en place en Rhénanie (théocratie de Münster) et dans le canton de Berne au 16ème siècle. Mais la majorité des anabaptistes ne suivirent pas leurs frères qui usèrent de violence, et aujourd’hui ils constituent l’un des seuls groupes religieux au sein duquel on a toujours prôné la non-violence, mais aussi la non-résistance au nom de l’amour de Dieu et du fait que son royaume n’est pas de ce monde.

[17] Saverne est une commune française située dans le département du Bas-Rhin. Sous-préfecture de département. Les évêques de Strasbourg sont maîtres de la ville de 1236 jusqu’à la Révolution. En 1394, Saverne devient résidence épiscopale ce qui favorise le développement de la cité : la ville s’étend en dehors de l’enceinte romaine. La ville basse s’établit au-delà de la porte dite « Mitteltor » et est précédée de l’autre côté de la Zorn par « Kleinstadt ». Moulins et tanneries se développent le long de la Zorn. Lors de la Guerre des paysans en 1525, Saverne est investie par l’armée ducale du duc de Lorraine, la population est massacrée ainsi que les membres des bandes paysannes qui s’y étaient enfermés (environ 20 000 morts). La ville est lentement reconstruite après les sièges et les incendies dus à la guerre de Trente Ans. À partir du milieu du 17ème siècle, toutes les constructions doivent être de même hauteur et érigées dans le même alignement. Saverne, comme le reste de la province d’Alsace, est progressivement annexée par le roi de France.

[18] Sous l’Ancien Régime, le grand veneur de France est un grand officier de la Maison du roi chargé des Chasses royales.

[19] Péronne est une commune française du département de la Somme. Châtellenie appartenant au duc de Bourgogne depuis 1418, Péronne fait partie des villes de la Somme (Péronne, Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Doullens, Abbeville, Montreuil, Rue, Saint-Valery, Le Crotoy, Saint-Riquier, Roye, Montdidier, auxquelles il faut ajouter Crèvecœur-en-Cambrésis et Mortagne qui, elles, ne sont pas à proximité de la Somme, que se disputèrent, de 1463 à 1477, Louis XI et Charles le Téméraire. En 1536, Henri III de Nassau-Breda commandant l’armée de Charles Quint assiège la ville du 14 août au 11 septembre. Malgré d’incessants bombardements et plusieurs assauts, la ville tient bon. Cet épisode glorieux de son histoire vaut à Péronne plusieurs privilèges de la part du roi François 1er, notamment celui de porter un « P » couronné sur son blason.

[20] Gand est une ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l’Escaut. C’est le chef-lieu de la province de Flandre-Orientale et depuis 1559 le siège de l’évêché de Gand. Capitale de l’ancien comté de Flandre, grande cité drapière et commerçante, puis ville natale de Charles Quint, elle connut à partir du 12ème siècle, et plus encore du 14ème au 16ème siècle, une période de floraison tant économique que culturelle. En 1500, Jeanne de Castille y donna naissance à Charles Quint, futur empereur romain germanique et roi d’Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer la révolte de Gand en 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés Stroppendragers (les « garrotés »). La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l’ancienne abbaye échappèrent à la démolition. La fin du 16ème et le début du 17ème siècle se traduisirent par des bouleversements liés à la guerre de Quatre-Vingts Ans. Face à la menace des troupes espagnoles, des états généraux des Dix-Sept Provinces se tiennent à Gand en 1576. Il en résulte un acte de pacification qui affirme l’autonomie nationale contre les ministres et les troupes espagnoles. Don Juan d’Autriche est obligé d’accepter la pacification de Gand. Cependant, la minorité calviniste, organisée en un parti d’une grande efficacité, s’empare du pouvoir par la force. En 1577, les calvinistes s’appuient sur le programme du prince d’Orange qui promet la restauration des libertés communales. Les vieilles magistratures municipales retrouvèrent leurs prérogatives, les chartes confisquées réapparurent et les métiers siégèrent derechef à la Collace. Gand est pour un temps une république calviniste. Mais bientôt les Espagnols, conduits par Alexandre Farnèse, reprirent la ville, la convertissant définitivement au catholicisme. Les conflits de la guerre de Quatre-Vingts Ans mirent un terme au rayonnement international de Gand. La ville est prise en 1678 par Vauban

[21] Montmédy est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est. Ancienne capitale du comté de Chiny, elle fait partie de la Lorraine gaumaise. Après être passée aux ducs de Luxembourg et avoir été ainsi incorporée aux Pays-Bas bourguignons d’abord, puis espagnols, elle fut, avec le territoire surnommé ensuite « Luxembourg français », rattachée à la France par le traité des Pyrénées en 1659. La ville, défendue par Jean V d’Allamont, investie en juin 1657, est prise, en présence du jeune Louis XIV et de Mazarin, en août 1657 par Vauban, qui dirige là son premier siège.

[22] En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. En 1463, Louis XI occupe Perpignan en confirmant leurs anciens droits, mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475, le titre de « Fidelissima villa de Perpinyà » (Fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659. Le 10 avril 1660, Louis XIV fait son entrée à Perpignan

[23] bâtiment de taille modeste, mais aux façades richement ornées de sculptures. Il est entouré de canaux qui traversent un jardin magnifique.