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Hovsep 1er de Holotsim ou Joseph 1er de Holotsim

lundi 14 août 2017, par ljallamion

Hovsep 1er de Holotsim ou Joseph 1er de Holotsim (mort en 454)

Catholicos de l’Église apostolique arménienne de 439/440 à 452

Armoirie du Catholicos de l'Église apostolique arménienneDisciple et vicaire du catholicos [1] Sahak 1er. À la suite de la déposition en 428 de Sahak 1er par l’empereur sassanide Vahram V, ce dernier divise les fonctions catholicossales. Il assigne les fonctions temporelles à un prélat de langue syriaque, Samuel, alors qu’il remet les fonctions spirituelles notamment la consécration des évêques à Sahak 1er. Celles-ci sont assumées par Mesrop Machtots de 437/438 à 439/440.

À la mort du créateur de l’alphabet arménien, elles échoient à Hovsep 1er. À la mort de Sourmak, en 444, il tente de réunifier les fonctions catholicossales lors d’un synode à Chahapivan [2], qui interdit en outre la transmission héréditaire de la charge et condamne l’hérésie messalienne [3].

Yazdgard II , le successeur de Vahram V, refuse cependant ce fait accompli. En réponse, Hovsep 1er organise une réunion des évêques et des nakharark [4] à Achtichat ou à Artachat [5], où est réaffirmée la loyauté arménienne aux Sassanides [6] et au christianisme.

Le Sassanide réagit alors en convoquant les nakharark à Ctésiphon [7], où il les force à se convertir au zoroastrisme [8], et impose cette religion à l’Arménie.

Cette décision et sa mise en œuvre entraînent une révolte du clergé, qui se communique à l’ensemble de l’Arménie mais se solde par la défaite des Arméniens menés par Vardan Mamikonian, lors de la bataille d’Avarayr [9] en 451.

Hovsep, qui a célébré la messe et donné la communion au sein des troupes arméniennes juste avant la bataille, est livré par le marzpan [10] bientôt déchu Vasak de Siounie à Yazdgard II. Envoyé avec les meneurs de la révolte du clergé dans la région de Nichapur [11], il y subit le martyre en leur compagnie et est décapité en 454.

Par ailleurs, Yazdgard II désigne dès 452 le successeur de Hovsep 1er, Mélité de Manazker

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Pierre Mahé, « Affirmation de l’Arménie chrétienne (vers 301-590) », dans Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Privat,‎ 2007

Notes

[1] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[2] Le Concile de Chahapivan en 444 marqua un tournant dans l’histoire de l’administration et l’organisation de l’Église Arménienne. Ses décisions furent admises comme normatives pour l’Église Arménienne et incluses dans le Canon de celle-ci.

[3] Les euchites ou messaliens sont une secte gnostique apparue vers 360 en Mésopotamie dans la région d’Édesse, et qui s’est répandue ensuite en Syrie et en Asie Mineure. Leur nom d’origine est en syriaque mṣalliāné, les « prieurs »,. Ils étaient aussi appelés adelphiens, du nom d’Adelphius qui fut leur premier chef, et aussi enthousiastes, au sens propre de ce mot, d’après leur doctrine de l’inhabitation par le Saint-esprit, ou encore choreutes, parce que, quand ils étaient en transe, ils sautaient de tous les côtés pour écraser les démons qu’ils voyaient. Ils se nommaient eux-mêmes « spirituels »

[4] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale. Durant cette période, l’Arménie est divisée en larges domaines, propriétés d’une famille noble et gouvernés par l’un de ses membres, auquel les titres nahapet (chef de famille) ou tanuter (maître de maison) sont donnés. Les autres membres d’une famille de nakharar gouvernent à leur tour des portions plus petites du domaine familial. Les ’nakharark’ jouissant d’une grande autorité sont reconnus comme ishkhans (princes). Ce système a souvent été qualifié de féodal pour des raisons pratiques ; cependant, il est différent du système féodal qui apparaît ultérieurement en Europe occidentale. Le domaine dans son entièreté est en fait gouverné par une seule personne mais est toutefois considéré comme étant la propriété de l’ensemble de sa famille élargie, de telle sorte que, si le dirigeant vient à mourir sans laisser d’héritier, un membre d’une autre branche de la famille lui succède. En outre, l’aliénation d’une partie du domaine familial n’est permise qu’en faveur d’un autre membre de la famille ou avec l’autorisation de la famille. Ceci peut également expliquer pourquoi les familles de l’Arménie médiévale sont normalement endogamiques, afin de ne pas disperser des parties du domaine, comme cela aurait été le cas si elles avaient dû en céder des parties en dot1. Cette structure subsiste inchangée pendant de nombreux siècles jusqu’aux invasions mongoles au 13ème siècle.

[5] Artachat, Artashat ou Ardachat, autrefois Artaxate (Artaxata), est une ville d’Arménie, capitale de la région d’Ararat. La ville, située à 20 km au sud d’Erevan, fut fondée par Artaxias 1er qui en fit la capitale de l’Arménie dans l’Antiquité.

[6] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.

[7] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak.

[8] Le zoroastrisme est une religion monothéiste de l’Iran ancien. Elle est une adaptation du mazdéisme et tire son nom de son « prophète » ou fondateur Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs. Cette réforme est intervenue au cours du 1er millénaire av. jc. Le zoroastrisme a fait fonction de religion officielle de l’empire perse à trois reprises (sous le roi Hystaspès, sous les Achéménides, et sous les Sassanides jusqu’en 651, date de l’assassinat du dernier roi zoroastrien). Malgré l’arrivée de l’islam et les persécutions qui en découlèrent, il a réussi à se maintenir dans le patrimoine culturel iranien, afghan et d’Asie centrale. En effet, les Iraniens, les Kurdes et les Afghans, indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d’importance aux fêtes zoroastriennes, en particulier celle de Nowruz, le nouvel an zoroastrien, célébré le 21 mars

[9] La bataille de Bagrévand est une bataille qui oppose les Arméniens révoltés aux troupes du calife abbasside le 25 avril 772 ou 775. Elle se solde par une défaite arménienne.

[10] Le marzpanat ou marzbanat est le système de gouvernement instauré par les Sassanides en Arménie, en vigueur de 428 à 646. Pour gouverner l’Arménie, les rois sassanides nomment des gouverneurs, ou marzpans, le plus souvent choisis parmi les nobles arméniens. Ce système perdure jusqu’au 7ème siècle. À partir de 624, l’empereur Héraclius mène une guerre contre la Perse, et conquiert l’Arménie en 627. Il nomme ensuite plusieurs marzpans, et Constant II, l’un de ses successeurs, transforme en 646 le titre de « marzpan » en « prince d’Arménie », tout en conservant le droit de les nommer.

[11] Nishapur est une des principales villes de la région du Khorasan, en Iran. Elle est construite par les sassanides : Shapur 1er la fonde, Shapur II la reconstruit, d’où son nom de Nev-Shabur. Elle fut un évêché nestorien au 5ème siècle. Occupée par les Arabes en 651. Les révoltes ne sont pacifiées qu’en 692. En 901, elle tombe aux mains des Samanides. Des tremblements de terre la détruisent.