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L’histoire pour le plaisir

John Erskine (6ème comte de Mar)

mardi 25 juillet 2017

John Erskine (1675-1732)

6ème Comte de Mar puis duc de Mar dans la pairie jacobite-Architecte-Homme politique et officier d’armée

Fils aîné de Charles Erskine, 5ème comte de Mar, dont il ne peut hériter des domaines, grevés de dettes.

Membre du parti favorable au gouvernement, il est nommé l’un des commissaires chargés d’assurer l’union des royaumes d’Angleterre et d’Écosse et devient secrétaire d’État écossais, puis, après l’Acte d’Union [1] de 1707, l’un des pairs représentant l’Écosse, garde des sceaux et conseiller privé.

En 1713, Mar est fait conseiller d’État britannique par les Tories [2], mais il semble avoir été prêt à travailler également avec les Whigs [3]. En 1714, il assure le nouveau roi, George 1er, de sa loyauté.

Cependant, comme les autres Tories, il perd ses fonctions, et, en août 1715, il rentre sous un déguisement en Écosse, où il prend la tête des partisans jacobites [4] de Jacques François Stuart le Vieux Prétendant .

Rencontrant nombre de chefs de clans des Highlands [5] à Aboyne, il se montre partisan de l’indépendance de l’Écosse et, à Braemar le 6 septembre 1715, proclame « Jacques VIII » roi d’Écosse, d’Angleterre et d’Irlande, déclenchant ainsi la première rébellion jacobite [6].

Peu à peu, l’armée sous ses ordres grandit, mais il se révèle un très médiocre général. Il perd un temps précieux à Perth [7], une attaque sur Stirling [8] connaît un succès médiocre, et il peut apporter une faible assistance aux Anglais jacobites. À la bataille de Sheriffmuir [9], en novembre 1715, l’armée de Mar est largement inférieure à celle de son adversaire, le duc d’Argyll [10]. Mais la bravoure ne permet de seconder l’incompétence insigne de Lord Mar, et le combat représente virtuellement une défaite décisive pour les Jacobites.

Il rencontre Jacques Stuart à Fetteresso ; la cause est cependant perdue, et les deux hommes s’enfuient en France. Mar a tenté d’intéresser les puissances étrangères à la cause des Stuarts ; mais, au fil du temps, il a fini par attiser la méfiances parmi les Jacobites.

En 1721, il accepte une pension de 3500 livres de la part de Georges 1er, et, l’année suivante, son nom est clairement mentionné lors du procès de l’évêque Atterbury, dont on a affirmé que Mar l’avait trahi, ce qui ne semble pas avéré.

Au mieux, sa conduite est hautement imprudente, et, en 1724, il quitte le service du Prétendant. Il passe ses dernières années à Paris et à Aix-la-Chapelle, où il meurt.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia John Erskine/ Portail de l’Écosse/ Comte de la pairie d’Écosse

Notes

[1] Les actes d’Union (The Acts of Union) sont des actes parlementaires anglais et écossais passés respectivement en 1706 et 1707 (date d’effet le 1er mai 1707 du calendrier julien ou du 12 mai 1707 du calendrier grégorien utilisé en France), portant sur l’association du Royaume d’Écosse et du Royaume d’Angleterre (comprenant le pays de Galles) qui deviennent ainsi le Royaume de Grande-Bretagne. Cela se solde donc par la dissolution des parlements respectifs des deux royaumes (Parlement d’Angleterre et Parlement d’Écosse) au profit d’un parlement commun, le Parlement de Grande-Bretagne.

[2] Le terme Tories désigne les partisans d’une philosophie politique traditionaliste anglo-saxonne. Au Royaume-Uni, les Tories constituaient l’un des deux groupes parlementaires britanniques à partir du 17ème siècle, ancêtres du Parti conservateur. Réputés proches de la dynastie Stuart, ils étaient favorables à un pouvoir royal fort et défendaient les intérêts de l’aristocratie foncière. Inspirant la méfiance de la Maison de Hanovre, qui les suspectait de collusion avec la dynastie précédente, les rois du 18ème siècle leur préféraient les Whigs.

[3] Le parti Whig est un parti politique apparu au 17ème siècle en Angleterre qui, à compter de la fin du 17ème siècle, militait en faveur d’un parlement fort en s’opposant à l’absolutisme royal. Il s’opposait au parti Tory de l’époque.

[4] Le « jacobitisme » historique est un mouvement politique proche des Tories entre 1688 et 1807, composé de ceux qui soutenaient la dynastie détrônée des Stuarts et considéraient comme usurpateurs tous les rois et les reines britanniques ayant régné pendant cette période. Soutenu par les monarchies catholiques françaises et espagnoles, il était surtout implanté en Irlande et dans les Highlands d’Écosse qui furent le théâtre de plusieurs révoltes soutenues par la France. Plus marginalement, le jacobitisme disposait également d’un certain nombre de partisans dans le nord de l’Angleterre et au Pays de Galles.

[5] Le Highland (Highland Council Area) est la plus grande des 32 divisions administratives d’Écosse, ainsi que de tout le Royaume-Uni. Sa capitale administrative est Inverness. Elle tient son nom de la région montagneuse des Highlands qui couvrent une bonne partie du council area.

[6] Les rébellions jacobites (ou révoltes jacobites) sont une série de soulèvements, de rébellions et de guerres s’étant déroulées dans les îles Britanniques (en Grande-Bretagne et en Irlande) entre 1688 et 1746. Leur objectif commun était de ramener Jacques Stuart, VII d’Écosse et II d’Angleterre (le dernier roi catholique de la monarchie britannique), et, plus tard, ses descendants de la maison Stuart, sur le trône dont ils ont été privés par le Parlement après la Glorieuse Révolution de 1688. Ces révoltes tirent leur nom du jacobitisme, lui-même issu de Jacobus, l’équivalent latin de Jacques (James en anglais).

[7] Perth est une ville d’Écosse, capitale du council area et de la région de lieutenance de Perth and Kinross.

[8] Stirling est une cité écossaise, située dans le council area de du même nom dont elle constitue le siège et dans la région de lieutenance de Stirling and Falkirk. Elle est bordée par le Forth, en amont d’Édimbourg.

[9] La bataille de Sheriffmuir est une bataille qui eut lieu en novembre 1715 dans le Perthshire en Écosse lors de la première rébellion jacobite. En septembre 1715, le comte de Mar, chef du parti jacobite en Écosse, proclame Jacques François Stuart roi d’Écosse. À la tête d’une armée de 12 000 hommes, il se rend maître des Highlands, puis se dirige vers le sud. Il rencontre les troupes gouvernementales du duc d’Argyll à Sheriffmuir, près de Dunblane. L’armée jacobite, mal commandée, ne parvient pas à vaincre un adversaire pourtant inférieur en nombre. L’issue de la bataille est incertaine, les deux camps proclament la victoire, mais ce sont surtout les Jacobites qui en sortent démoralisés. Quand Jacques François Stuart, de retour de France, débarque en Écosse en décembre, sa cause est déjà perdue et il ne parvient pas à mobiliser ses troupes. Il doit rembarquer pour la France dès février.

[10] Le titre de duc d’Argyll fut créé dans la pairie d’Écosse en 1701, et dans la pairie du Royaume-Uni en 1892. Les comtes, marquis et ducs d’Argyll ont pendant plusieurs siècles été parmi les plus puissantes familles nobles d’Écosse. De ce fait, ils ont joué un rôle majeur dans l’histoire écossaise tout au long des 16ème, 17ème et 18ème siècle.