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Arsace III d’Arménie ou Arshak III d’Arménie

jeudi 15 juin 2017

Arsace III d’Arménie ou Arshak III d’Arménie

Roi d’Arménie de 384 à 390

Fils aîné du roi Pap d’Arménie et de la reine Zarmandoukht . Le régent Manouel Mamikonian , qui est le véritable maître de l’Arménie depuis la destitution du roi Varazdat en 378, décide avec l’accord de la cour de Perse de rendre le trône aux fils du roi Pap d’Arménie qu’il protège avec leur mère la reine douairière Zarmandoukht, pour le compte de laquelle il gouverne. Cette décision s’explique cependant par le retrait des troupes romaines d’Arménie, envoyées par Valens combattre les Goths [1] en Occident la même année, et qui rend inévitable la soumission à la Perse.

Manouel Mamikonian élève au trône l’aîné, Aršak, et nomme son frère cadet, Valarchak , roi associé. Le nouveau roi Aršak III qui, a préalablement épousé Vardandoukht Mamikonian, la fille du régent, règne sur la partie orientale de l’Arménie.

Les disparations quasi simultanées de son frère Valarchak et du régent Manouel Mamikonian en 386 incitent le roi Aršak III à vouloir réunir l’ensemble du royaume sous son autorité. Il est immédiatement abandonné par une partie des nakharark [2] qui se tournent vers le roi Shapur III de Perse. Ce dernier choisit alors un jeune prince arsacide qu’il fait investir comme roi sous le nom de Khosrov IV dans la partie orientale du pays [3], pendant qu’Aršak III est obligé de se réfugier dans les provinces de l’ouest sous la protection de l’Empire romain en 387.

Vers 390, au commencement du règne du nouveau Chah sassanide, Vahram IV de Perse, un traité de partage de l’Arménie est conclu avec Rome. L’empereur Théodose 1er accepte que la frontière des deux empires soit fixée à l’est d’Erzurum [4] et de Martyropolis [5]. Cette ligne de partage ne laisse sous l’obédience byzantine que les provinces les plus occidentales du royaume. Le reste du royaume, soit les 4/5 du territoire arménien, constitue la future Persarménie [6].

Aršak III, sans le soutien de Rome, tente de s’opposer à Khosrov IV mais il est vaincu dans un combat et disparaît peu après. La partie d’Arménie qu’il contrôlait encore est annexée à l’Empire romain. En réalité, les nakharark de ses provinces ne tardèrent pas à se rallier à Khosrov IV.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Annie et Jean-Pierre Mahé dans Histoire de l’Arménie de Moïse de Khorène, Gallimard, coll. « L’aube des peuples », Paris, 1993 (ISBN 2-07-072904-4).

Notes

[1] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[2] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale. Durant cette période, l’Arménie est divisée en larges domaines, propriétés d’une famille noble et gouvernés par l’un de ses membres, auquel les titres nahapet (« chef de famille ») ou tanuter (« maître de maison ») sont donnés. Les autres membres d’une famille de nakharar gouvernent à leur tour des portions plus petites du domaine familial. Les ’nakharark’ jouissant d’une grande autorité sont reconnus comme ishkhans (princes).

[3] province d’Ayrarat

[4] Erzurum ou Erzéroum est une ville d’Anatolie orientale ou d’Arménie occidentale, aujourd’hui en Turquie, ayant appartenu à l’Arménie et à la Géorgie.

[5] Maiyâfâriqîn

[6] L’Arménie perse désigne l’Arménie sous la domination perse, de 428 à 646 puis de 1639 à 1828. Cette partie de l’Arménie historique est divisée en 1747 entre khanat d’Erevan, khanat de Nakhitchevan et khanat du Karabagh. Elle disparaît définitivement avec le traité de Turkmanchai, qui l’annexe à la Russie.