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Jean II de Lorraine ou Jean II d’Anjou, Jean de Calabre, Jean de Catalogne

vendredi 28 avril 2017, par lucien jallamion

Jean II de Lorraine ou Jean II d’Anjou, Jean de Calabre, Jean de Catalogne (1425/1427-1470) Marquis de Pont-à-Mousson Duc de Lorraine de 1453 à 1470 Duc titulaire de Calabre en 1435

Portrait de Jean II de Lorraine (Musée des Offices, Florence). Source : wiki/Jean II de Lorraine/ Domaine publicNé à Nancy, Jean est le premier fils de René 1er d’Anjou, roi titulaire de Naples, duc de Bar, duc d’Anjou et de Lorraine, comte de Provence et d’Isabelle de Lorraine, fille de Charles II, duc de Lorraine et de Marguerite de Bavière.

En 1435, son père, déjà duc de Bar et de Lorraine hérite de son frère, mort sans descendance, le trône de Naples. Jean reçoit à ce moment-là le titre de duc de Calabre réservé aux héritiers de la couronne napolitaine.

Il est élevé dans le giron de la chevalerie, au milieu des tournois où rapidement il excelle. Il a dû épouser Marie de Bourbon, nièce du duc de Bourgogne pour compléter la rançon de son père, puis s’établit en Provence, probablement en 1437.

Dès le 1er juillet 1445, son père lui confie le gouvernement du duché de Lorraine qu’à la différence de ses autres terres, il tient du chef de sa femme et dont Jean est l’héritier. À cette même période, il hérite de son frère Louis le titre de marquis de Pont-à-Mousson, qui est celui de l’héritier du duché de Bar.

Lorsque les hostilités reprirent entre la France et l’Angleterre, il vint combattre avec d’autres princes en Normandie en 1449. Il participa aux sièges de Rouen, d’Harfleur, de Caen en 1450, de Falaise et de Cherbourg.

En 1453, à la mort de sa mère, il lui succède au duché de Lorraine, mais continue de seconder son père dans ses ambitions italiennes. Il combattit ensuite en Lombardie en 1453 où son père était allé secourir son allié François Sforza, attaqué par les Vénitiens et le roi d’Aragon.

Le 7 février 1454, il arrive à Florence avec tous les honneurs dus à son rang. C’est à cette occasion que se situe la première apparition publique de Lorenzo de Medici, le futur Laurent le Magnifique.

Le 22 février, La Signoria [1] l’engage pour 3 ans comme capitaine général de ses armées. Le 26 janvier 1455, le roi d’Aragon adhère à la paix de Lodi [2], amorcée le 9 avril 1454 entre Milan et Venise, puis suivie par Florence, le 23 avril. Désormais en paix, Florence "libère" son condottiere de ses obligations et Jean de Calabre quitte Florence dans l’été 1455.

Ce dernier prend le chemin de Milan, et s’installe au château de Ceva [3] en Piémont, près de l’état de Gênes, où on le repère dès le 18 août 1455. En dehors de quelques voyages en Provence, il y reste jusqu’en mai 1456, où il rejoint la cour de France.

Le 20 août 1456, Charles VII le nomme son lieutenant-général à Gênes, qui s’était alors placé sous le protectorat de la France. Après quelques missions dans le Piémont, supplié par Fregoso, doge de Gênes [4], Jean de Calabre entre dans le port de Gênes, début mai 1458, et le 15 mai le doge Fregoso remet le "Castelletto" au duc de Calabre, gouverneur de Gênes.

Alphonse V d’Aragon, qui s’était emparé du royaume de Naples aux dépens de René d’Anjou, meurt le 27 juin 1458 et une partie de l’aristocratie napolitaine fait appel au duc de Calabre. Malgré quelques succès face au roi Ferdinand , fils d’Alphonse V, Jean de Calabre apprend la défection de Louis XI durant l’hiver 1463.

Découragé, il gagne Florence en mars 1464, puis se résigne à rentrer en France durant l’été.

En 1465, il prend part à la Ligue du Bien public [5] dirigée contre le roi de France Louis XI qui, au traité de Saint-Maur [6] du 29 octobre 1465 mettant un terme à cette fronde des grands féodaux, lui attribue les villes de Mouzon, Sainte-Menehould et Neufchâteau.

Après la mort de Don Pedro du Portugal , roi d’Aragon, choisi en 1463 par les Catalans, le 29 juin 1466, ces derniers offrent la couronne à René, qui descend des rois d’Aragon par sa mère Yolande. Le 27 août 1466, René d’Anjou accepte la cause catalane. Le duc Jean, son fils, ajoute à ses titres, celui de "primogenit" d’Aragon et prince de Gérone.

Parti de Lyon le 8 mars 1467, il fait son entrée à Barcelone, le 31 août. Un an plus tard, le duc Jean est contraint de repasser les Pyrénées pour représenter le roi de France, Louis XI, lors de la signature du traité d’Ancenis [7], qui fut une capitulation de François II de Bretagne face à la Couronne de France.

Le duc Jean repart en Catalogne au printemps 1469, entre dans Gérone, le 1er juin avec Dunois, lieutenant du roi de France, Louis XI. Cette campagne catalane s’acheva avec la mort brutale du duc, frappé d’une attaque d’apoplexie foudroyante, à Barcelone le 16 décembre 1470, au retour d’un pèlerinage à Notre-dame de Montserrat [8].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean II de Lorraine/ Portail du duché de Lorraine/ Duc de Lorraine

Notes

[1] La Seigneurie de Florence est le gouvernement de la ville de Florence, en Italie, qui dirigea la cité durant le Moyen Âge et la Renaissance. Apparu en 1282, ses neuf membres, les Prieurs (Priori), étaient choisis dans les rangs des guildes de la ville : six d’entre eux étaient issus des grandes sept corporations « majeures », les Arti de Calimala (laine, draps, changeurs, juges et notaires, etc.), et deux parmi les guildes « mineures », Arti minori. Le neuvième était le Gonfalonnier de justice sélectionné parmi les premières familles de chaque quartier de la ville.

[2] La paix de Lodi, signée dans le chef-lieu de la province de Lodi, en Lombardie, fut conclu par Frà Simonetto da Camerino le 5 avril 1454, mit fin à l’affrontement entre Venise et Milan qui durait depuis le début du Quattrocento (15ème siècle italien). La République de Venise, après l’infructueuse lutte contre Gênes pour le contrôle du commerce avec l’Orient, lutte dont le point culminant fut la désastreuse guerre de Chioggia de 1378 à 1381, reporte son attention vers la terre ferme, cherchant à imposer à tout un chacun sa toute-puissance. Opposé aux visées expansionnistes de Venise, le duché de Milan, après une période d’incertitude consécutive à la mort de Jean Galéas Visconti, sut retrouver unité et énergie sous Philippe Marie Visconti. L’affrontement décisif entre les deux États survint à Maclodio en 1427 : Venise, soutenue par Florence qui espérait une limitation de la puissance de son voisin Visconti, ne sortit victorieuse que grâce à l’action du condottiere Francesco di Bussone. La victoire vénitienne qui donnait à la Sérénissime la possession des territoires jusqu’à la rivière Adda ne mit pas fin à l’opposition entre les deux États qui se poursuivit jusqu’à fin 1454.

[3] Ceva est une commune italienne de la province de Coni dans le Piémont. Ancien chef-lieu de province de la maison de Savoie, ancien marquisat. La ville de Ceve, ou Ceva ou encore Cheva était une place très forte défendue par un château. Ce marquisat fut uni au comté d’Asti à la fin du 12ème siècle.

[4] Le doge de Gênes est le dirigeant de la république de Gênes.

[5] grands seigneurs, contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle s’étend de mars à octobre 1465.La ligue du Bien public est une révolte de princes, menés par Charles, comte de Charolais, et d’autres

[6] Le traité de Saint-Maur est un traité, signé le 29 octobre 1465 à l’abbaye de Saint-Maur, actuellement à Saint-Maur-des-Fossés, et achève de régler la guerre de la Ligue du Bien public avec le traité de Conflans conclu le 5 octobre 1465.

[7] Le traité d’Ancenis, est une capitulation signé par le duc de Bretagne, François II de Bretagne au roi de France Louis XI, le 10 septembre 1468. Le duc de Bretagne s’engage à rompre ses alliances avec Charles le Téméraire et le roi d’Angleterre et faire allégeance à la Couronne de France. Ce traité préfigure la fin de l’indépendance bretonne qui sera effective en 1532.

[8] L’abbaye Santa Maria de Montserrat est une abbaye bénédictine autonome située sur le massif montagneux de Montserrat en Catalogne (Espagne). L’abbaye fait partie de la province espagnole de la congrégation de Subiaco, au sein de la confédération bénédictine. Ce lieu de pèlerinage s’impose dès le Moyen-Âge comme le premier sanctuaire marial de Catalogne.