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Jacques 1er de Chabannes de La Palice

jeudi 20 avril 2017, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 24 mars 2017).

Jacques 1er de Chabannes de La Palice (mort en 1453)

Seigneur de La Palice, Charlus, Curton, Madic, Montaigu-le-Blin, Rochefort et Châtel-Perron-Conseiller et chambellan du roi-Grand maître de France de 1451 à 1453-Sénéchal et maréchal du Bourbonnais, puis de Toulouse

Armes de la Famille de Chabannes.Il est issu d’une ancienne famille du Bourbonnais [1], aussi appelée de Chabanais, et qui a fourni plusieurs grands capitaines. Il fait partie des chefs de guerre qui se sont particulièrement distingués au service du roi Charles VII.

Fils de Robert de Chabannes et de Hélis de Bort, frère de Antoine de Chabannes, comte de Dammartin [2], de la maison de Chabannes, issue du côté paternel des barons de Matha [3], branche aînée des comtes d’Angoulême [4], et du côté maternel des sires de Chabanais et de Confolens.

Jacques de Chabannes a d’abord servi dans la compagnie de son frère Étienne, tué à la Bataille de Cravant [5] en 1423.

Il est nommé chambellan de Charles VII en 1425, puis sénéchal du Bourbonnais [6].

À la tête de sa compagnie d’hommes d’armes, il prend part victorieusement à la Bataille d’Orléans [7] en 1429 contre les Anglais, au cours de laquelle il est blessé au pied. Il est un des chevaliers qui secondent avec succès les entreprises de Jeanne d’Arc et de Jean comte de Dunois.

En 1431, il se distingue par la prise du Château de Corbeil [8] et par celle du donjon de Vincennes par voie d’escalade.

Il marche au secours de la ville du Mont Saint-Vincent, et, le 26 juillet 1436, à celle de Saint-Denis. Il est gouverneur des châteaux de Corbeil et du bois de Vincennes, en 1436 et 1437, et de Brie-Comte-Robert [9] en 1438.

En 1437, il commande 120 hommes d’armes et 240 de trait sous le connétable de Richemont, à la prise de Montereau. Il est pourvu de l’office de sénéchal de Toulouse, le 2 février 1438, en se démettant de celui de Bourbonnais.

Le 2 août 1440, le duc de Bourbon Charles 1er de Bourbon le nomme capitaine et châtelain de Chantelle [10]. La même année, il commet l’imprudence de prendre le parti du duc de Bourbon et du dauphin, futur Louis XI, dans le complot de la Praguerie [11] que le roi Charles VII va lui-même combattre victorieusement à la tête de ses troupes. Le roi lui accorde sa grâce eu égard à ses états de service.

En 1449, il assiste à l’entrée solennelle du roi Charles VII dans Rouen.

Il sert aux sièges de Valognes [12] et de Caen en 1450. En 1451, il marche à la conquête de la Guyenne [13], le roi lui donnant les château, place, terre et seigneurie de Curton [14] et toutes ses dépendances confisquées à Louis de Beaumont , connétable de Navarre, qui avait pris le parti des Anglais.

Il traite la reddition de Blaye [15] et de Bourg [16], dont il est nommé gouverneur, recevant également la capitulation du château de Fronsac [17].

Il commande 1 500 lances, lors de l’entrée du comte de Dunois, dans Bordeaux, le 25 juin 1451, et se trouve avec lui et le comte de Foix, au Siège de Bayonne en contribuant puissamment à sa reddition, et y rentre le 21 août 1451.

Le 18 juillet 1453, il est au siège et à la prise de Castillon [18], mais y est blessé et meurt de ses blessures le 20 octobre suivant, en son château de Curton [19].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Georges Minois, Charles VII, un roi Shakespearien, Perrin, 2005.( Jacques de Chabannes est cité aux pages 270-382-397-497-551-566-574-602-603-607).

Notes

[1] Le duché de Bourbon plus communément nommé Bourbonnais est une région historique et culturelle française. Cette ancienne province a pour chef-lieu Moulins et son territoire correspond approximativement au département de l’Allier, mais certaines portions se trouvent réparties dans des départements voisins, comme le Puy-de-Dôme et le Cher (arrondissement de Saint-Amand-Montrond). La province comme la famille doit son nom à la ville de Bourbon-l’Archambault, qui est le berceau de la première Maison de Bourbon, maison féodale apparue au 10ème siècle. Le Bourbonnais entre dans la famille royale par le mariage, en 1272, de Béatrice de Bourgogne, fille de Jean de Bourgogne, avec Robert de Clermont, fils puîné de Saint Louis. En 1327, il est érigé en duché-pairie par le roi Charles IV. La position géographique du Bourbonnais, situé entre le domaine royal et les duchés d’Aquitaine et d’Auvergne, intéresse particulièrement le pouvoir royal. Les Bourbons sont de tout temps serviteurs du trône, ils sont des conseils des rois en exerçant diverses fonctions (chambriers, connétables, régents). Cette alliance constante et fidèle facilite l’essor et la prospérité du Bourbonnais. Déjà dauphins d’Auvergne, les ducs de Bourbon se voient donner en garde le duché d’Auvergne. En 1531, le duché de Bourbonnais est rattaché à la Couronne de France, à la suite de la défection du connétable de France, Charles III de Bourbon. Ce territoire devient alors un gouvernement, puis une généralité, dont Moulins est le siège. En 1790, le duché de Bourbonnais est remplacé par le département de l’Allier, diminué de la région du Saint-Amandois (Saint-Amand-Montrond, rattachée au Cher). Il intègre quelques enclaves auvergnates (Cusset, Ébreuil, Saint-Pourçain-sur-Sioule), mais perd certains territoires au bénéfice du département de la Nièvre et de Saône-et-Loire.

[2] Le nom Dammartin-en-Goële viendrait de Domnus Martinus, le nom latin de saint Martin de Tours, qui évangélisa la région de la Goële au 4ème siècle. Petite ville de l’arrondissement de Meaux dans le département de Seine-et-Marne, ancien bourg de la région d’Île-de-France, elle paraît remonter aux temps les plus reculés ; Dammartin-en-Goële, dit Velly, était en 1031 une des places les plus considérables de France. Au centre de la plaine céréalière de France, le comté de Dammartin contrôlait les routes de Paris à Soissons et Laon. Il semble que ce comté soit initialement détenu par Constance, l’épouse de Manassès Calvus, le premier comte.

[3] Matha est une commune du sud-ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime. C’est en 866 qu’un château est édifié par Wulgrin, le comte d’Angoulême, pour arrêter les Vikings. En 1242, Isabelle Taillefer, après avoir été reine d’Angleterre pendant son premier mariage, épouse Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et comte d’Angoulême, et l’entraîne dans une révolte contre la royauté capétienne. Elle donne Matha à son fils de première noce, Henry III, le roi d’Angleterre qui débarque à Royan le 13 mai 1242. Louis IX, futur Saint Louis, arrive en juin 1242 à Matha dont le château appartenait à Foulques II de Matha, vassal des comtes d’Angoulême. Les défenseurs du château se rendirent presque sans combattre dès juillet 1242, juste avant la bataille de Taillebourg. Ce château aurait été situé près de l’église Saint-Hérie. Pendant la guerre de Cent Ans, comme tous les fiefs de cette région, Matha passe à plusieurs reprises des mains des Français à celles des Anglais. Les seigneurs de Matha restent prospères et détenteurs des droits de haute et basse justice. Puis la seigneurie passe dans la famille des Montberon.

[4] Lorsque le comté était un fief qui eut sa propre maison, puis qui appartint à la maison de Valois, puis des ducs d’Angoulême qui furent créés dans la famille de Bourbon. Ce fief était à peu près équivalent à l’Angoumois. Il fut joint, lors de l’origine du système féodal, au comté de Périgord.

[5] Cravant est une commune française située dans le département de l’Yonne. Situé à 180 kilomètres de Paris et à 18 km au sud d’Auxerre. En 1384 Cravant est reconnu premier port de l’Yonne, et Charles VI autorise la construction de remparts pour protéger commerce et marchands. Ils ne sont démolis qu’en 1792 sur ordre de la Convention. En 1423, le 31 juillet, la bataille de Cravant voit les troupes du roi de France Charles VII, alliées aux forces écossaises sous le commandement de Sir John Stewart, en provenance de Bourges, défaites et massacrées par l’armée anglo-bourguignonne venant d’Auxerre et commandée par le comte de Salisbury.

[6] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, prince ou seigneur temporel. Le mot sénéchal est d’origine francique et est issu du germanique commun sini-skalk, qui signifie « doyen des serviteurs, chef des serviteurs ». Il peut être aussi, comme dans le Saint Empire romain germanique, au service d’une abbaye, souvent immédiate, où cette fonction devient un titre honorifique héréditaire par la suite.

[7] Le siège d’Orléans est un épisode majeur de la guerre de Cent Ans. Les Anglais sont prêts à prendre Orléans, verrou sur la Loire protégeant le Sud de la France, mais la ville est sauvée par Jeanne d’Arc, qui renverse le cours de la guerre.

[8] Située au confluent de l’Essonne et de la Seine, la cité eut très tôt un rôle stratégique militaire et commercial. Les raids vikings sur la Seine durant le 9ème siècle déclenchèrent notamment la construction de bâtiments de défense sous le règne de Charles III le Gros, dont un à Corbeil. N’en subsistent aujourd’hui que les fondations sur la rive droite. Bâti par le comte Haymon de Corbeil, il disposait d’une enceinte avec cinq tourelles, d’un donjon appelé la « tour du Hourdy » et était entouré d’un bras artificiel de la Seine.

[9] Le château de Brie-Comte-Robert est un château fort médiéval situé dans la commune de Brie-Comte-Robert dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France. Le château est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Paris. À la fin du 12ème siècle, Robert de Dreux, frère du roi de France Louis VII, fonde la ville de Brie-Comte-Robert et y fait bâtir son château. Celui-ci est alors construit sur un plan carré, flanqué de sept tours et ceinturé par des douves d’eau. Jeanne d’Évreux, héritière du château, fait entrer la ville de Brie-Comte-Robert dans le domaine royal, par son mariage avec le roi Charles IV. Lors de la Fronde, qui commence en 1649, le château est pillé et partiellement détruit par les troupes royales commandées par le comte de Grancey. En 1750 les tours et les courtines furent détruites, seules la partie du premier étage et la tour Saint-Jean furent gardés. Le bâtiment est ensuite mis en vente en septembre 1793 comme bien national.

[10] Chantelle est une commune française, située dans le département de l’Allier. Vers 1050, la ville changea de site et s’installa sur le site actuel, un relief isolé, camp retranché de création ancienne rappelant les oppida gaulois. Le site plus facile à défendre en tant que promontoire, dominant une boucle de la Bouble, formant un lieu idéal pour l’implantation d’un éperon barré. Un donjon carré prit la place de la motte fossoyée. Chantelle prit alors rang parmi les places fortes appartenant à la famille de Bourbon, comme Bourbon-Larchambault, Montluçon, Moulins, Belleperche, Murat. Dès le 13ème siècle, Chantelle était le siège d’une châtellenie, administrée par un capitaine châtelain, et, au 14ème siècle, le duc Louis II de Bourbon, entreprenant une défense en règle de son duché, consolida les fortifications de nombre de ses possessions, dont le château de Chantelle.

[11] La Praguerie est une révolte menée par les grands vassaux de France contre les réformes militaires du roi Charles VII. Le dauphin, futur Louis XI, fait partie des révoltés. La fronde est nommée « praguerie » en allusion à la révolte des Hussites à Prague, au début du 15ème siècle. La révolte naquit du mécontentement diffus des grands seigneurs. L’un des événements précurseurs est le complot de Jean II d’Alençon, Jean IV d’Armagnac et Charles 1er de Bourbon. Celui-ci visait à éliminer 2 conseillers du roi, Charles du Maine et le connétable de Richemont. La conjuration est découverte et n’a pas de suite.

[12] Valognes est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie.

[13] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[14] gironde

[15] Durant le Moyen Âge, la seigneurie de Blaye est confiée à une famille, les Rudel, dont le représentant le plus fameux est Jaufré Rudel, troubadour à qui son amour pour la princesse de Tripoli inspira des poèmes célèbres. Blaye est alors une des plus fameuses étapes sur la route de Compostelle : il n’existe pas en effet de pont sur la Garonne, et le seul moyen de rejoindre Bordeaux et d’entrer en Gascogne est de passer la Gironde en bateau. Le passage d’un grand nombre de pèlerins est à l’origine du développement de l’hôpital qui se trouve encore aujourd’hui sur la route de Saintes. Durant la guerre de Cent Ans, Blaye, clé militaire de la défense de l’Aquitaine, est plusieurs fois prise et reprise par les belligérants. De par son adhésion, en 1379, à l’alliance bordelaise de défense contre les troupes françaises, la ville fortifiée de Blaye fut qualifiée de filleule de Bordeaux ; cette alliance favorisa de nombreux échanges commerciaux avec la capitale girondine. Elle finit par être définitivement conquise par les Français en 1452, après un siège mené par les troupes levées par le futur Louis XI. La prise de Blaye ouvre la porte de l’Aquitaine aux troupes françaises, victorieuses l’année suivante à Castillon. En mai 1472, par ses lettres patentes, Louis XI confirma les privilèges de la ville, à la suite de la mort du duc de Guyenne, son frère

[16] Bourg est une commune du Sud-Ouest de la France, dans le département de la Gironde. Durant la guerre de Cent Ans, Blaye, clé militaire de la défense de l’Aquitaine en sa qualité de dernier bastion fortifié en aval du port de Bordeaux, est plusieurs fois prise et reprise par les belligérants. De par son adhésion, en 1379, à l’alliance bordelaise de défense contre les troupes françaises, la ville fortifiée de Bourg fut qualifiée de filleule de Bordeaux ; cette alliance favorisa de nombreux échanges commerciaux avec la capitale girondine. La ville haute a par la suite accueilli Charles VII après que Bertrand IV de Montferrand, seigneur de Langoiran se soit rendu à Dunois, Charles IX et François 1er. Louis XIV y a également résidé pendant la Fronde du 27 août au 2 octobre 1650.

[17] Fronsac est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde. En 849, Fronsac est pillée par le chef viking Hasting. Le maréchal de Richelieu y bâtit une « folie », demeure à l’architecture extravagante, qui fût le théâtre de fêtes galantes dont l’écho propagea le renom des vins de Fronsac à la Cour de Versailles.

[18] La bataille de Castillon eut lieu le 17 juillet 1453 entre les armées de Henri VI d’Angleterre et celles de Charles VII de France. Cette victoire décisive pour les Français met fin à la guerre de Cent Ans.

[19] Le château de Curton est un château médiéval situé à Daignac, dans le département français de la Gironde. Le château est établi dans la région de l’Entre-deux-Mers, à 30 kilomètres à l’est de Bordeaux, dans le canton des Coteaux de Dordogne. Il est situé au nord de Daignac, à la limite de la commune de Tizac-de-Curton qui doit son nom aux premiers seigneurs de Curton. Au début du 15ème siècle la seigneurie de Curton passa dans les mains de la maison navarraise de Beaumont avec le mariage de Charles de Beaumont et d’Anne de Curton. Leur fils Louis de Beaumont hérita du château, avant que ce dernier soit pris par les Français puis donnée à Jacques 1er de Chabannes de La Palice, seigneur de La Palice et de Madic, qui devait y mourir des suites de blessures reçues à la bataille de Castillon. La seigneurie de Curton resta dans la famille de Chabannes de la Palice dont les membres s’illustrèrent plus ou moins. En 1563, la baronnie de Curton fut érigée en marquisat, à la faveur de François de Chabannes.