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L’histoire pour le plaisir

Symacho

dimanche 8 janvier 2017

Symacho (vers 5 de notre ère)

Princesse de Characène-Reine de l’Adiabène

Symacho est issue de la maison des rois de Characène [1]

La ville de Charax-Spasinu était un important nœud commercial sur la route de la soie depuis la Mésopotamie à destination de l’Inde. Strabon indique aussi que depuis Pétra en Nabathée [2], les caravanes joignaient directement la Characène. Charax-Spasinu était donc aussi un lieu de diffusion des épices provenant de l’Arabie heureuse [3] et du royaume de Saba [4].

Fille du roi Abennerigos ou Abinerglo dans la cité fortifiée de Spasinès [5]. Le royaume a existé pendant environ 350 ans, jusqu’à 222, moment où il a été conquis par les Sassanides.

Le roi d’Adiabène [6] Monobaze 1er avait envoyé Izatès II, le fils qu’il avait désigné pour lui succéder, chez Abennerigos, à qui il confia sa sécurité, après lui avoir fait de nombreux présents.

Symacho avait fait la connaissance d’un riche marchand juif nommé Ananias , par ailleurs rabbi qui pratiquait un prosélytisme militant et efficace pour sa religion à destination des classes supérieures des pays de la région. Celui-ci familiarisa Izatès avec les principes de la religion juive, ce qui l’intéressa vivement.

Izatès se maria avec Symacho qui elle aussi avait été convertie au judaïsme par le prosélytisme d’Ananias.

Symacho suivi son mari lorsque le père d’Izatès lui a donné le pays de Carrhes [7], probablement après la mort du roi Abennerigos, vers 21.

Ce don de la région de Carrhes par son père était semble-t-il la façon pour Monobaze 1er d’officialiser la désignation d’Izatès comme son successeur. Il montre aussi que ce territoire qui appartenait à l’Osroène [8] à l’époque de la bataille de Carrhes [9] en 53 av.jc était passé sous le contrôle du royaume d’Adiabène, ainsi que plusieurs autres territoires.

Quant à Ananias qui avait converti Izatès et Symacho au Judaïsme, le futur roi l’emmena avec lui, montrant qu’il lui réservait une haute destinée.

À la mort de Monobaze 1er, Hélène d’Adiabène, la mère d’Izatès II, eut à gérer une transition difficile au cours de laquelle elle parvint à ce que son fils Izatès soit reconnu comme successeur légitime, tout en sauvant la vie de ses autres fils. La transmission dynastique se faisait par désignation de son successeur par le roi encore vivant. Monobaze 1er avait désigné Izatès pour lui succéder, bien que son fils aîné soit Monobaze qui d’ailleurs succédera à Izatès sous le nom de Monobaze II. Pour justifier son choix Monobaze 1er invoquait une voix divine qui lui aurait parlé alors qu’Hélène était enceinte d’Izatès.

À ce moment, Izatès et Symacho vivaient toujours dans le pays de Carrhes. Les grands du royaume d’Adiabène acceptèrent qu’Izatés succède à son père, mais demandèrent que ses autres frères soient exécutés. C’était en effet une pratique courante dans la région pour éviter les guerres pouvant résulter de conflits dynastiques entre frères. Hélène parvint à sauver la vie de ses autres fils en temporisant, mais fut contrainte toutefois de mettre ses fils en prison comme ceux des autres épouses de Monobaze 1er. Elle obtint toutefois que la mise à mort ne puisse être décidée que par Izatès, lorsque celui-ci serait rentré.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Nos ancêtres de l’antiquité [archive] : études des possibilités de liens généalogiques entre les familles de l’antiquité et celles du haut Moyen Âge européen, Editions Christian, 1991

Notes

[1] également appelée Mésène, un petit état vassal de l’empire parthe.

[2] [Les Nabatéens sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle. Après la chute de l’Empire séleucide, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d’Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée en 64 av. jc, le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien.

[3] L’Arabie heureuse désignait pour les Grecs et Romains, l’Arabie du Sud (actuel Yémen), relativement humide grâce à ses montagnes et à un important système d’irrigation, centre de la riche civilisation des Sabéens.

[4] Le royaume de Saba (version latine) ou de Shéba (version chamio-sémitique) est un royaume habituellement situé en Arabie du sud, actuel Érythrée, Yémen et nord de Éthiopie. Ce royaume, évoqué par la Bible et le Coran, a bel et bien existé, mais il est difficile de séparer le mythe de l’histoire. Ses habitants s’appellent les sabéens. Les sources suggèrent une existence bien postérieure à la période biblique du règne de Salomon.

[5] Charax-Spasinu

[6] un royaume correspondant à peu près aux frontières des territoires kurdes aujourd’hui.

[7] au sud d’Edesse, à la frontière turco-syrienne

[8] L’Osroène est une région du sud-est de l’Asie Mineure, nord-ouest de la Mésopotamie, bornée au nord par les Monts Taurus, au sud et à l’est par le Chaboras, à l’ouest par l’Euphrate, et qui eut pour capitale Édesse. Elle fut de 132 av.jc. à 216 de notre ère un petit royaume indépendant, dont les souverains portaient le plus souvent le nom d’Abgar. Il servit de tampon entre l’Empire romain et celui des Parthes. Ce fut un État important dès le 2ème millénaire av. jc. La région fut conquise par l’empereur romain Trajan.

[9] La bataille de Carrhes (ou Charan) fut une défaite décisive infligée aux légions romaines sous les ordres du général Crassus, par les Parthes conduits par le général Suréna ; elle eut lieu le 9 juin 53 av. jc, près de la ville fortifiée de Carrhes (Harran, dans la Turquie actuelle).