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Quintus Lutatius Catulus

jeudi 5 janvier 2017

Quintus Lutatius Catulus (vers 150-87 av. jc)

Homme politique romain

En 102, il devient consul avec Caius Marius. L’année suivante, ils battent et anéantissent ensemble les Cimbres [1] à Verceil [2].

Il prend le parti de Sylla dans sa lutte contre Marius, mais est poussé au suicide par les partisans de ce dernier.

Catulus est connu aussi comme orateur et comme écrivain, mais il ne reste pratiquement rien de ses écrits.

Il appartient à la gens Lutatia [3]. Il est le fils d’un autre Quintus Lutatius Catulus et de Poppilia .

À partir de 101, Catulus se situe du côté des aristocrates conservateurs, les optimates [4], en lutte contre les populares [5]. Il fait partie des adversaires de Saturninus, puis en 91, il soutient le tribun Drusus.

En 88, Catulus soutient toutefois Sylla dans la guerre civile contre Marius. Quand, en 87, les partisans de Marius prennent le contrôle de Rome, Catulus est accusé de haute trahison par le tribun de la plèbe Marius Gratidianus, le neveu de Marius. Plutôt que de comparaître dans une humiliante parodie de justice, et ne parvenant pas à obtenir la pitié de son ancien collègue Marius, Catulus se suicide par asphyxie en s’enfermant dans une pièce de sa demeure avec un réchaud de charbon de bois.

Catulus était admiré de Cicéron pour l’ampleur de sa culture hellénique. Il parlait et écrivait parfaitement le grec. Son éloquence était pleine de douceur et de charme. Cicéron en fait l’un des interlocuteurs des livres II et III du“ De oratore” et l’évoque dans “les Tusculanes”.

Il est, avec Valerius Aedituus , le fondateur de ce que l’on appellera la poésie sentimentale. Il a composé aussi des Mémoires sur son consulat [6].

Il est encore apprécié au 2ème siècle, et présenté comme un poète érotique par Pline le Jeune et Apulée.

Il ne subsiste de ses écrits que quelques citations.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Adam Ziolkowski, « Les temples A et C du Largo Argentina : quelques considérations », Mélanges de l’Ecole française de Rome, Antiquité T. 98, N°2. 1986.

Notes

[1] Les Cimbres sont un peuple germanique issu du Jutland dans le Danemark actuel d’après Pline l’Ancien. Ils ont menacé Rome à la fin du deuxième siècle av. jc.

[2] La bataille de Vercellae ou de Verceil, dite aussi bataille des Champs Raudiens (Raudii Campi), eut lieu le 30 juillet de l’an 101 av. jc. Ce combat décisif entre les Cimbres et les Romains se termina par l’extermination des "barbares", mettant fin à leurs épopées.

[3] famille plébéienne qui s’illustre à partir de la Première Guerre punique

[4] Optimates, tendance politique aristocratique et conservatrice qui marqua le dernier siècle de la République romaine, par son opposition aux populares. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au réformisme et au populisme des populares au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[5] Les populares formaient une tendance politique populiste qui marqua la République romaine, notamment au 2ème siècle av. jc, en s’appuyant sur les revendications des couches les plus pauvres de la société romaine et des non citoyens. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme des optimates au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[6] Liber de consulatu et de rebus gestis