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Pierre l’Arétin ou Pierre Arétin

samedi 3 décembre 2016

Pierre l’Arétin ou Pierre Arétin (1492-1556)

Écrivain et dramaturge italien

Né à Arezzo [1], banni de sa ville natale, il passe une décennie à Pérouse [2] avant d’être envoyé à Rome, où le riche banquier Agostino Chigi , mécène de Raphaël le prend sous son aile.

L’Arétin fait parler de lui à Rome par ses satires mordantes et, en 1527, à travers ses “Sonetti lussuriosi” [3]. Ces pièces assez crues sont écrites pour accompagner seize dessins très érotiques de Giulio Romano gravés par Marcantonio Raimondi , publiés en 1524 sous le titre d’“I Modi” [4]. Cet écart lui vaut de perdre la protection du pape Léon X.

Ses “Ragionamenti”* [5] composés comme des raisonnements en forme de dialogue platonicien, tournent en dérision la société de son temps et particulièrement les sacrements religieux [6]. Un des personnages est la “Nanna”, une ancienne courtisane qui évoque son expérience.

Après une tentative d’assassinat sur sa personne, l’Arétin part vivre à Mantoue [7], puis enfin à Venise [8] en 1527, où il demeure jusqu’à sa mort.

L’Arétin est l’auteur de cinq comédies dont “La Cortigiana et La Talenta” et de la tragédie “Les Horaces” en 1546.

Lors de son séjour à Venise, il publie également sa correspondance, mettant ainsi sous pression tout ce que l’Italie comptait de notables. Il n’épargne pas dans ses écrits satiriques les princes et les grands, ce qui le fait surnommer le fléau des Princes. La plupart, pour éviter les traits de sa satire, lui font des présents considérables, quelques-uns, cependant, ne le payent qu’avec le bâton. C’est ainsi que François 1er et l’empereur Charles Quint le subventionnent en même temps, chacun espérant quelque dommage pour son rival.

Sur la fin de sa vie, l’Arétin publie par ailleurs diverses œuvres pieuses.

L’Arétin était un ami personnel du Titien, qui fit au moins trois portraits de lui. Après sa mort, le pape Paul IV mit ses livres à l’Index. Il fut un proche de Giuseppe Betussi .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Elise Boillet, « L’Arétin et les papes de son temps » in Florence Alazard et Frank La Brasca (eds), La Papauté à la Renaissance (Paris, Editions Honoré Champion, 2007)

Notes

[1] Toscane

[2] Pérouse, en italien Perugia, est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom et capitale de la Région Ombrie. Pérouse se situe sur une acropole collinaire d’une altitude moyenne de 493 m autour de laquelle se développe le centre historique qui est en grande partie entourée par les murs étrusques et médiévaux. Au 9ème siècle elle devient une propriété des papes avec l’accord de Charlemagne et de Louis le Pieux. La cité continue toutefois pendant des siècles à mener une vie indépendante, guerroyant contre les cités et territoires voisins de Foligno, Assise, Spolète, Todi, Montepulciano... Les papes ont parfois trouvé asile dans les murs de Pérouse. L’administration papale y a aussi organisé les conclaves qui ont élu Honorius III en 1216, Honorius IV en 1285, Célestin V en 1294 et Clément V en 1305. Cependant Pérouse se montra toujours réticent à l’égard des papes. Ainsi, lors de la rébellion de Rienzo en 1347, la cité ombrienne envoya dix ambassadeurs au tribun romain et résista vigoureusement aux légats du pape venus la soumettre.

[3] Sonnets luxurieux

[4] I Modi, également connu sous le nom The Sixteen Pleasures ou sous le titre latin De omnibus Veneris Schematibus, est un livre célèbre érotique de la Renaissance italienne dans laquelle une série de positions sexuelles ont été explicitement décrite dans les gravures. Bien que l’édition originale a été apparemment complètement détruite par l’Eglise catholique, des fragments d’une édition ultérieure a survécu. La deuxième édition a été accompagnée par des sonnets écrits par Pietro Aretino, qui décrit les actes sexuels représentés.

[5] propos d’une prostituée à divers interlocuteurs

[6] vœux monastiques, mariage

[7] Mantoue est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom en Lombardie, région de la plaine du Pô. Gouvernées par la Maison de Gonzague, Mantoue et Sabbioneta sont liées par une même histoire mais aussi par une tradition urbanistique, architecturale et artistique commune fondée sur les principes de la Renaissance.

[8] la ville italienne la plus opposée au pape