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Marcus Claudius Marcellus (consul en 51 av. jc)

dimanche 25 septembre 2016

Marcus Claudius Marcellus (consul en -51) (entre environ 95 av. jc et 45 av. jc)

Homme politique romain

Son appartenance à la branche des Claudii Marcelli, ses liens avec Cicéron et Caton d’Utique et ses choix politiques avant et durant la première guerre civile romaine [1] le relient au parti des Optimates [2].

Durant cette guerre pour le pouvoir entre Pompée et César, Claudius Marcellus choisit le camp de Pompée et suit ce dernier en Orient.

Après la défaite de Pompée à Pharsale [3], il se tiendra en retrait de la vie politique, s’exilant sur l’île de Lesbos [4], à Mytilène [5].

Marcus eut un frère, Caius Claudius Marcellus , qui fut consul en 49 av. jc et un cousin portant le même prénom de Caius et qui fut consul pour l’année 50 av. jc .

Marcus Claudius est questeur [6] urbain pour l’année 64 av. jc, charge qu’il partage avec Caton le Jeune. Alors que Cicéron assume le consulat pour l’année 63 av. jc, il se rend, dans la nuit du 19 au 20 octobre, au domicile du consul accompagné de Crassus et de Metellus Scipion. Ils remettent alors à Cicéron les lettres dénonçant la tentative de coup d’État de Catilina [7].

L’année 56 av. jc le voit édile curule [8] aux côtés de Publius Clodius Pulcher. Durant cette édilité, son collègue Clodius, à la tête de bandes armées semant la terreur dans Rome pour le compte de César, s’en prend à Milon. Marcus Claudius prête alors main forte à Cicéron pour mettre fin à ces violences et protéger Milon.

Il est préteur en 54 av. jc. Cette même année, il prononce un discours pour Marcus Aemilius Scaurus , fils du consul de 115 av. jc du même nom.

À la fin de l’année 52 av. jc, il est désigné consul pour l’année 51 av. jc, avec Servius Sulpicius Rufus . Il fut le premier, dès le début de son consulat, à proposer au Sénat de trouver un successeur à César pour le gouvernement des Gaules. Pompée préférera cependant attendre la date légale d’expiration du proconsulat de César, fixée au 1er mars de 50 av. jc. Il prit ensuite parti pour Pompée dans la guerre civile.

César, vainqueur à Pharsale en août 48 av. jc, l’exila à Mytilène, mais finit par le rappeler à la demande du Sénat et sur l’insistance de Cicéron, qui s’attacha également à convaincre Marcus Claudius d’accepter la défaite et de faire allégeance au vainqueur.

Il est pardonné par César en 46 av. jc. C’est à cette occasion que Cicéron prononce son discours de remerciements Pro Marcello. Mais au mois de mai 45 av. jc, Marcus Claudius Marcellus fut tué par un esclave alors qu’il s’apprêtait à s’embarquer pour rejoindre Rome par mer.

Servius Sulpicius Rufus, alors gouverneur de la province d’Achaïe [9], prendra en charge ses funérailles célébrées à Athènes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de François Hinard, Histoire romaine. Tome I. Des origines à Auguste, Fayard, 2000

Notes

[1] La guerre civile de César, appelée aussi guerre civile romaine de 49 av. J.-C. ou guerre civile entre César et Pompée, est un des derniers conflits intérieurs de la République romaine, et fait partie de la liste des nombreuses guerres civiles romaines. Elle a consisté en une série de heurts politiques et militaires entre Jules César, ses alliés politiques et ses légions d’une part, et la faction conservatrice du Sénat romain, appelée aussi optimates, épaulée par les légions de Pompée d’autre part.

[2] Optimates, tendance politique aristocratique et conservatrice qui marqua le dernier siècle de la République romaine, par son opposition aux populares. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au réformisme et au populisme des populares au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[3] La bataille de Pharsale s’est déroulée en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av.jc, pendant la guerre civile romaine qui opposait le clan de César à celui de Pompée. En gagnant cette bataille dans laquelle il était en grande infériorité numérique, César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[4] Lesbos est une île grecque de la périphérie d’Egée Septentrionale, souvent aussi appelée du nom de sa capitale Mytilène. L’île présente plusieurs centres d’intérêt, notamment culturel (vestiges antiques), géologique, gastronomique et religieux. Lesbos est aussi connue dans le monde antique pour la qualité de ses vins et de son bois de construction pour les navires et pour son marbre bleu clair.

[5] Mytilène est la principale ville de Lesbos, une île grecque de la mer Égée. Elle est bâtie sur la pointe sud de l’île, à proximité de la côte turque.

[6] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut-Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[7] La conjuration de Catilina est un complot politique visant la prise du pouvoir à Rome en 63 av. J.-C. par le sénateur Lucius Sergius Catilina. Devenue la capitale d’un empire en croissance rapide, la Ville est alors depuis longtemps à l’abri d’une attaque ennemie, mais depuis la Guerre sociale (de 91 à 88), elle doit faire face à de nombreux troubles qui mettent à mal les institutions de la République romaine et sa population. Le complot ourdi par Catilina et ses partisans ne ressemble pourtant en rien à ce que la République romaine a connu jusqu’alors. Déçu par un double échec lors de l’élection au consulat, Catilina organise secrètement une conjuration qui vise à éliminer une partie de l’élite politique romaine et à s’emparer du pouvoir politique suprême en s’appuyant sur les frustrations d’une partie de la nobilitas romaine et de certains notables italiens.

[8] Les édiles étaient des magistrats de la Rome antique. Leur fonction primitive était liée à l’administration urbaine de Rome. L’édilité est intégrée au cursus honorum. En 365av.jc, selon Tite-Live, le Sénat crée les édiles curules, qui sont recrutés parmi les patriciens. Ils furent mis en place parce que les édiles plébéiens refusaient d’étendre les ludi magni à quatre jours au lieu de trois. L’édilité curule fut néanmoins ouverte rapidement aux plébéiens. Les édiles curules sont supérieurs aux édiles plébéiens : ils disposent de la chaise curule (les édiles plébéiens doivent se contenter du subsellium), de la toge prétexte, ils ont le ius edicendi, c’est-à-dire le pouvoir de publier des édits dans leurs domaines d’action. Au Sénat ils ont la préséance sur leurs collègues plébéiens.

[9] L’Achaïe est une province romaine comprenant le sud de la Grèce moderne, fondée en 27 av.jc lors de la réorganisation de l’Empire par Auguste après la période des guerres civiles.