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L’histoire pour le plaisir

Jean Terrasson

lundi 25 juillet 2016

Jean Terrasson (1670-1750)

Homme d’Église-Homme de lettres-Helléniste et latiniste français-Membre de l’Académie française

Né à Lyon. Il est d’abord élève à l’Académie des sciences [1] en 1707, puis successivement adjoint mécanicien en 1716, adjoint et associé géomètre en 1718 et 1719.

Il est ensuite professeur de philosophie grecque et latine au Collège royal [2] à partir de 1720 et il est élu membre de l’Académie française en 1732.

Le Séthos de Jean Terrasson connut un réel succès et popularisa la notion de mystères égyptiens. Il présente l’histoire de Séthos comme une œuvre de fiction qu’il dit avoir tirée d’un manuscrit grec d’un auteur inconnu, qui lui-même aurait puisé à des sources égyptiennes. En faisant valoir que sa composition est de loin antérieure au déchiffrement des hiéroglyphes, les égyptologues ne lui accordent toutefois aucune valeur historique.

Il contribua à créer ainsi l’image mystifiée d’une Égypte antique fictive, mère des sciences et des connaissances, basée sur des récits peu critiques de Diodore de Sicile, image à laquelle avaient d’ailleurs contribué plusieurs autres écrivains avant le déchiffrement des hiéroglyphes, comme Athanasius Kircher .

Cette image fut à l’origine de théories pseudo scientifiques, telles que l’Afrocentrisme [3], prétendant que la connaissance grecque vient d’Égypte. Elle influença parfois aussi le symbolisme de la franc-maçonnerie. Ainsi, Mozart s’est largement inspiré de Terrasson pour composer sa Flûte enchantée, notamment pour certains des passages dont les thèmes sont liés à la franc-maçonnerie. En particulier, l’attaque de Tamino par un serpent qui ouvre l’œuvre de Mozart reprend la première épreuve que doit affronter Séthos.

“L’Académie des dames” est la traduction en français d’un dialogue saphique [4] érotique, censément écrit en espagnol par Aloysia ou Luisa Sigea , poétesse érudite et fille d’honneur à la cour de Lisbonne, puis censément traduit en latin par Joannes ou Jean Meursius, humaniste originaire de Leyde en Hollande. Si Luisa Sigea a bel et bien existé, Jean Mersius est un personnage inventé de toutes pièces, et l’Académie des Dames une création de l’avocat et historien français Nicolas Chorier dont le manuscrit circulait à l’époque dans les milieux libertins.

Dans sa “Dissertation critique sur l’Iliade”, Terrasson prétend que, grâce surtout aux apports de Descartes, la science et la philosophie avaient donné un tel essor à l’esprit humain que les poètes du 18ème siècle dépassaient de très loin ceux de la Grèce antique.

Il y fait cependant des observations novatrices sur l’opéra, qu’il est le premier à voir comme un pont entre la musique qui raconte une histoire et la musique qui est en elle-même une source de plaisir.

Parmi ses autres ouvrages,“ sa Philosophie applicable à tous les objets de l’esprit et de la raison” est un essai philosophique et théologique sur le plaisir et la douleur. Certains historiens attribuent aussi à Terrasson “le Traité de l’Infini Créé”, donné le plus souvent comme une œuvre de Malebranche.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean Terrasson/ Portail de l’Académie française/ Membre de l’Académie française

Notes

[1] L’Académie des sciences, nommée l’Académie royale des sciences lors de sa création en 1666, est l’une des cinq académies regroupées au sein de l’Institut de France et composée de 262 membres dont 28 femmes en mars 2016. Elle encourage et protège l’esprit de recherche, et contribue aux progrès des sciences et de leurs applications.

[2] Le Collège de France, anciennement nommé Collège royal, situé au 11 de la place Marcelin-Berthelot dans le Quartier latin de Paris (5e arrondissement), est un grand établissement d’enseignement et de recherche. Il dispense des cours non diplômants de haut niveau dans des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. L’enseignement y est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française. Être nommé professeur au Collège de France est considéré comme une des plus hautes distinctions dans l’enseignement supérieur français.

[3] L’afrocentrisme est un paradigme cherchant à mettre en avant l’identité particulière et les apports des cultures africaines à l’histoire mondiale. Les afrocentristes soutiennent que la communauté scientifique occidentale sous-estime les civilisations africaines, voire serait partie prenante, consciemment ou non, d’un complot visant à masquer les apports africains à l’histoire. Dans la communauté scientifique, les travaux et écrits des auteurs se réclamant de l’afrocentrisme sont généralement considérés comme relevant d’un discours militant et d’une « réécriture engagée de l’histoire »

[4] Le mot lesbianisme est souvent utilisé pour décrire l’attirance sentimentale et sexuelle entre deux femmes. On parle aussi d’homosexualité féminine pour qualifier cette attirance, ou parfois de saphisme, voire de tribadisme. Les termes « lesbianisme » et « saphisme » font référence à la poétesse grecque Sappho, originaire de l’île de Lesbos. Le mot « lesbienne » peut être utilisé comme substantif pour désigner une femme qui s’identifie elle-même ou est caractérisée par d’autres comme étant homosexuelle, ou comme adjectif, pour décrire un objet ou une activité reliée à l’amour entre femmes