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L’histoire pour le plaisir

Knut Håkonsson

vendredi 8 juillet 2016

Knut Håkonsson (mort en 1261)

Prince et jarl norvégien

Prétendant au trône en 1226–1227 sous le règne du roi Håkon IV de Norvège. Il est le fils du jarl [1] Håkon Galin et d’une noble suédoise, Kristina Nikolasdotter. Par son père il est le petit-neveu du roi Sverre de Norvège et par sa mère l’arrière-petit-fils du roi Éric IX de Suède .

Son père Håkon Galin avait dirigé comme chef du parti des Birkebeiner [2] la Norvège de 1204 à sa mort en 1214 d’abord comme régent du jeune roi Guttorm de Norvège puis comme jarl de son demi-frère Inge II Bårdsson . Après la mort d’Hakon Galin, Knut âgé de 8 ans et sa mère retournent en Suède dans le Västergötland [3], où Kristina se remarie avec le puissant Lagman [4] de la province, Eskil Magnusson, qui appartient à la famille des Folkungar [5].

En 1223 lors de l’assemblée de Bergen, malgré l’appui que lui apporte son beau-père, Knut est l’un des candidats malheureux au trône de Norvège contre le jeune Håkon IV de Norvège. En 1226, après la mort du prétendant Sigurd Ribbung, Knut est choisi comme nouveau roi par le parti qui soutenait le défunt les Ribbunger.

Le roi Håkon IV de Norvège entre immédiatement en négociation avec Knut, qui abandonne ses prétentions à la couronne dès 1227, ce qui entraîne la fin des Ribbunger. Afin de sceller son accord avec le roi, il épouse Ingrid, seconde fille de puissant Skúli Bárdarson, qui était aussi la sœur de la reine Margaretta.

Au cours des années suivantes Knut s’interpose afin d’apaiser les tensions entre son beau-frère le roi et leur beau-père, qui obtient le titre de Hertug [6] en 1237. Lorsqu’en 1239 Skúli Bárdarson entre en révolte ouverte contre Håkon IV de Norvège, il tente en vain d’attirer dans son parti Knut, qui rejette ses propositions et demeure fidèle au roi.

Håkon lui accorde en 1240 le titre de jarl et le charge de mettre fin à la révolte mais Knut est battu à Laaka par les forces de Skúli Bárdarson le 6 mars 1240. Peu après le roi Håkon IV de Norvège intervient personnellement, il chasse Skúli d’Oslo et l’oblige à se réfugier à Nidaros [7], où il est tué le 22 mai 1240. Cette mort met fin à plus d’un siècle de guerre civile en Norvège.

Jusqu’à sa mort Knut porte le titre de jarl mais sans exercer de réels pouvoirs dans le pays. En septembre 1261 c’est lui qui porte la couronne royale lors du couronnement comme co-roi de Norvège du jeune roi Magnus VI de Norvège . Knut meurt la même année et il est inhumé dans la cathédrale de Bergen.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Lucien Musset, Les peuples scandinaves au Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1951

Notes

[1] Le jarl est en langue scandinave l’équivalent de comte

[2] Le régime autoritaire imposé à partir de 1161 par le régent Erling Skakke, père du jeune roi Magnus V Erlingsson et sa tentative d’exterminer toute la descendance du roi Harald IV ,qu’il considérait comme un usurpateur, engendrent une opposition très forte à son pouvoir et dressent contre lui de nouvelles forces qui rallument la guerre civile. Beaucoup d’opposants convaincus qu’Erling recherchait à les éliminer estiment que la lutte armée était leur seul moyen de survivre. Avec leurs suivants ils se retirent dans les forêts et les montagnes où comme des brigands ils vécurent une vie de dangers constants. Ce parti de mécontents populaires s’était rassemblé dans les régions peu peuplées des confins orientaux d’où ils se jetaient alternativement sur le Vestfold ou Viken et Oslo ou le Trondelag et Trondheim. Ils pouvaient ainsi aisément chercher refuge en Suède. Dans le souci de légitimer leur combat, ils apportèrent leur soutien à tous les prétendants, rejetons vrais ou supposés de la famille royale. On les appela « Birkebeiner » parce qu’ils étaient parfois obligés de recouvrir leurs pieds d’écorce de bouleau à la place de chaussures.

[3] Västergötland, dans le sud-ouest de la Suède, entre les grands lacs de Vänern et de Vättern est une des 25 provinces historiques de Suède.

[4] Fonction légale uniquement présente dans les pays scandinaves. Elle prend ses racines plus généralement dans la tradition germanique, où on demandait aux sages de réciter la loi, mais seuls les pays scandinaves la firent évoluer en un poste bien réel.

[5] Folkung ou Folkungar, puissante famille de Suède originaire de la région de Bjälbo, qui posséda pendant près d’un siècle la dignité de Jarl des Suédois, sorte de maire du palais. Elle conclut de nombreuses alliances matrimoniales tant avec la maison de Sverker qu’avec celle d’Erik et finit par s’emparer de tout le pouvoir, elle donna cinq rois à la Suède de 1250 à 1363 puis des souverains à la Norvège et au Danemark.

[6] duc

[7] Trondheim, autrefois Nidaros, est une ville norvégienne située dans le comté du Sør-Trøndelag, dont elle constitue le centre administratif.