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Martianus Capella dit Martianus Minneus Felix Capella

mercredi 8 juin 2016

Martianus Capella dit Martianus Minneus Felix Capella

Auteur latin du 5ème siècle

Sa vie ne nous est connue que par quelques détails tirés de son œuvre, “De nuptiis Philologiae et Mercurii” [1] entre 410 et 429. En dehors des hypothèses biographiques fournies par quelques passages de cette grande encyclopédie allégorique en neuf livres, nous n’avons aucune trace historique de l’auteur.

On sait par contre qu’il est natif de Madaure [2].

Martianus écrivait vraisemblablement à Carthage [3], comme l’indiquent à la fois les manuscrits [4], et le texte lui-même : dans les derniers vers de l’œuvre, qui servent en quelque sorte de signature, Martianus met en scène la divinité allégorique Satura [5], qui est censée lui avoir inspiré tout ce récit ; Satura dresse alors une sorte de portrait de Martianus, dans lequel elle déclare : toi que vit grandir l’heureuse cité d’Elissa [6].

Outre la question des dates, la question de la religion de Martianus a fait couler beaucoup d’encre. Certains se sont appuyés sur une mention de Martianus par Grégoire de Tours qui le cite comme “Martianus noster” pour affirmer que Martianus était chrétien. Toutefois, Martianus semble très influencé par un néoplatonisme [7] marqué par une tendance au mysticisme et aux pratiques théurgiques et magiques, et “l’ascension de Philologie de la Terre à la Voie lactée, présentée dans le livre II”, semble reproduire les étapes d’une initiation aux mystères. L’intérêt porté par Martianus à “l’etrusca disciplina” confirme par ailleurs cette hypothèse [8].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de M. Bovey, Disciplinae cyclicae : L’organisation du savoir dans l’œuvre de Martianus Capella, Trieste, Edizioni Università di Trieste, 2003.

Notes

[1] les Noces de Philologie et de Mercure

[2] commune de l’actuelle Souk Ahras en Algérie

[3] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées.

[4] par l’adjectif Afer Carthaginensis qui suit le nom de l’auteur dans la plupart des titres et des souscriptions

[5] représentant le genre littéraire de la satire ménippée

[6] c’est-à-dire de Didon, reine mythique de Carthage

[7] Le néoplatonisme est une doctrine philosophique, élaborée par Philon d’Alexandrie vers 40, puis développée à Rome à partir de 232 par Ammonios Saccas, par Porphyre de Tyr et surtout par Plotin, maître du précédent, et qui fut très influente dans l’Antiquité, avec de grands continuateurs comme Proclus, jusqu’à l’exil de ses derniers représentants comme Damascios et Simplicios de Cilicie, en 529. Le néoplatonisme ou platonisme de l’Antiquité tardive tentait de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale comme les oracles chaldaïques ainsi qu’avec d’autres écoles de la philosophie grecque, notamment celle d’Aristote.

[8] le recours à l’antique religion étrusque constituait en effet, dans l’antiquité tardive, un moyen de résister contre le triomphe du christianisme