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Bataille de Castricum le 6 octobre 1799

samedi 3 octobre 2015

Bataille de Castricum le 6 octobre 1799

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Bataille de Castricum le 6 octobre 1799

L’insalubrité du climat exerçait des ravages dans l’armée des coalisés, et il était évident pour tous les esprits, même les plus prévenus, qu’on ne devait pas compter sur le concours des hollandais. Une prompte retraite, ou une marche en avant, pouvait seule tirer l’armée ennemiede cette situation critique. Le duc d’York réunit les généraux anglais et russes, et lors d’un conseil de guerre, résolut de marcher sur Haarlem, dont la possession assurerait à l’armée une bonne place de dépôt.

Les dispositions d’attaque furent faîtes pendant les journées du 3, du 4 et du 5 octobre, Pulteney fut concentré entre Schermerborn et Alkmaar, la brigade du prince Guillaume sera postée à Hoorn. Dundas prit position à Alkmaar, occupant le village d’Hyloo. La division Essen poussa les avants postes au-delà d’Egmont-Binnen et d’Egmont-op-Hoef et celle d’Abercombry en avant de d’Egmont-op-Zée.

Tout étant réglé, les anglo-russes s’avancèrent le 6, à 7 heures du matin. Pendant que la division Essen marchait sur Bakum, les brigades anglaises Burhard et Coote, sorties d’Hyloo, enlevèrent Limen et Akersloot gardés par 2 bataillons français qui, se voyant près d’être coupés, se retirèrent sur la division Bonhomme à Wittgeest. Le poste de Bakum fut également rejeté sur Castricum.

Aussitôt que la fusillade eut fait connaître l’engagement de l’avant-garde, Brune ordonna à Bondet de réunir ses troupes à Noordorp pour arrêter les russes, et à Gouvion de marcher dans les dunes, pour empêcher les anglais de se réunir à leurs alliés et de tourner Castricum.

Brune se porta lui-même avec la plus grande partie de la division Boudet sur Castricum. Pacthod, qui défendait la poste avec 3 bataillons, avait dû, après une assez vive résistance, le quitter, pour n’être pas tourné par une colonne qu’avait détachée, sur la gauche du village, le général Essen, enhardi par la facilité de ses premiers succès. Retiré dans les dunes, Pacthod y avait été suivi par Essen et était sur le point d’être forcé dans sa nouvelle position, quand Brune parut.

Le combat recommença avec des chances plus égales, et se soutint pendant 3 heures sans résultat, alors Brune, s’apercevant que les anglais se préparaient à abandonner la division Bonhomme, pour accourir au secours d’Essen, les fit contenir par 3 bataillons, et, tentant un vigoureux effort, fondit sur les russes à la baïonnette avec ce qui lui restait de troupes disposé en colonnes serrées. Cette charge, précipitée des dunes dans les plaines de Castricum, fut foudroyée de front et en écharpe par l’artillerie légère française. Essen parvint néanmoins à rallier 4000 hommes à Castricum et envoya en toute hâte demander à Abercombry des renforts ; mais Brune ne leur donna pas le temps d’arriver.

D’après son ordre, Pacthod, soutenu par la division Boudet, marcha sur Essen, et après un nouvel et rude engagement pendant lequel Boudet s’empara des pièces qui défendaient les issues du village, les russes et les anglais chargés de nouveau à la baïonnette par les grenadiers français, furent rejetés sur les routes de Limen et de Bakum, et forcés d’abandonner une partie de leur artillerie.

La cavalerie française les poursuivit dans cette direction et leur défaite semblait certaine, lorsque le 10ème régiment de dragon, qui marchait en tête, tomba dans une embuscade qu’Abercombry, venant au secours des russes, lui avait tendue dans les gorges des dunes.

Les dragons, chargés à l’improviste, se débandèrent, et le désordre gagna le reste de la colonne qui ne put se rallier qu’à la hauteur de Castricum. Pacthod suivait l’ennemi par la route de Limen. Il avait été arrêté, au pont du Schilpwater que les russes défendaient avec de l’artillerie et derrière lequel ils se reformaient.

Aussitôt une partie de la division d’Abercombry et 2 bataillons de la division Dundas, s’étant joint aux russes, attaquèrent les soldats bataves, qui, épuisés de fatigue et privé de munitions, allaient être écrasés par ces troupes fraîches, lorsque Brune arriva à la tête de la cavalerie hollandaise, chargea la cavalerie anglaise, et la rejeta en désordre sur l’infanterie anglaise.

Ce mouvement, secondé par une charge de quelques bataillons de grenadiers français que conduisait Vandamme, força les russes à rentrer dans Balkum et les anglais dans Limen, où l’obscurité de la nuit ne permit pas de les suivre. Gouvion, eut d’abord avec la division Abercombry un assez rude engagement, dans lequel les anglais souffrirent beaucoup de l’artillerie française. La brigade Hutchinson, s’avança dans les dunes pour séparer les troupes françaises de Simon de celles d’Aubrée. Mais Gouvion, prévoyant cette manœuvre, entra de son coté dans les dunes avec sa réserve, et reprit tout le Wogelwater aux anglais.

Abercombry, avec 1 de ces brigades, étant alors parti pour soutenir les russes, les 2 partis s’observèrent jusqu’au soir. Au retour d’Abercombry, les anglais firent une nouvelle tentative contre les français de Gouvion, mais ce dernier qui s’était avancé jusqu’à la hauteur de Bakum, s’y maintint jusqu’au moment où Brune fit reprendre à toutes les troupes leurs premières positions. Pulteney, ne pouvant rien contre Daendels, à cause des inondations, essaya, de débaucher l’aile de l’armée batave en tête. Dans ce but, le major général Don s’introduisit comme parlementaire dans le camp de Daendels et y distribua les proclamations pour exciter les troupes à la révolte contre le gouvernement batave et contre les français. Daendels fit arrêter et conduire cet officier devant le général en chef, qui sur l’ordre du directoire, l’envoya dans la citadelle de Lille.

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon...