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La bataille d’Arcole 15-17 novembre 1796

mercredi 19 novembre 2014

La bataille d’Arcole 15-17 novembre 1796

Bataille d'Arcole, gravure de Duplessi-Bertaux d'après Vernet. Bibliothèque Nationale

Bataille d’Arcole, gravure de Duplessi-Bertaux d’après Vernet. Bibliothèque Nationale

En novembre 1796, le général autrichien Alvinzi lance une nouvelle offensive pour dégager Mantoue. Il attaque en venant du Frioul*. Le 11 novembre, il s’installe en force à Caldiero*.

Napoléon Bonaparte se présente le 12 novembre 1796 devant l’Alpone, non loin d’Arcole, pour contourner Alvinzi et le stopper dans sa progression. Il a laissé très peu d’hommes à Vaubois pour défendre les positions à Ronco. Il sait que le tournant de la guerre d’Italie peut se jouer ici en sa défaveur, et pour la première fois depuis le début de la campagne, il est terriblement inquiet.

Le 14 novembre, Bonaparte semble abandonner le siège de Mantoue. En fait, il cherche à tourner les positions autrichiennes par les marais. Il attaque à Arcole le 15 novembre, à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville assiégée.

Sur le pont d’Arcole, les français sont mitraillés de l’autre rive par les autrichiens, et meurent par dizaine. Napoléon, n’ayant plus grand chose à perdre, s’élance seul avec un drapeau, bientôt rejoint par ses soldats. A mi-chemin, une canonnade retentit et le contingent français est décimé. Muiron, un aide de camp, est tué en protégeant Napoléon de son corps. Celui-ci vivant d’extrême justesse se retrouve presque seul sur la rive ennemie, attaqué par des soldats croates. Mais l’adjudant-chef Belliard a vu la scène et se précipite avec ces hommes pour sortir son commandant de ce mauvais pas. Ensemble, il retraverse l’Adige à la nage. L’effet de surprise sur Alvinzi est manqué, pire, tous les plans d’attaques de Bonaparte sont déjoués.

Le moral est au plus bas chez les français. Masséna accroche les Autrichiens à Bionde et parvient à repousser Provera.

Masséna plus heureux, avait repoussé la colonne ennemie qui débouchait de Bionde, et, la culbutant au-delà du village, s’était ensuite emparé de Porcil, dont il avait également chassé les autrichiens. Miltrowski, pendant ce temps, s’était formé en bataille entre San-Bonifacio et San-Stephano. Guyeux, qui avait alors réussi à déboucher sur Arcole, par la rive gauche de l’Alpon, s’empara du village en quelques instants. Mais les autrichiens paraissaient en force pour le reprendre, et la nuit s’approchant, Bonaparte crut dangereux de garder la position hasardeuse qu’il occupait sur des digues, avec l’Adige à dos et entouré de marais où il pouvait être culbuté.

Tranquillisé momentanément sur Alvinzi, il voulait d’ailleurs être à porté d’agir, dans le cas où un mouvement de Davidowitch aurait de nouveau forcé Vaubois. Il repassa donc sur la droite de l’Adige autour de Ronco, ne laissant que la 12 et la 75ème demi-brigade dans leur position d’observation sur la rive gauche pour la garde du pont. Le gros des ennemis resta dans Stephano et San-Bonifacio ; Provera, derrière un canal, entre Porcil et Caldiero. Porcil et Arcole furent réoccupés par les avants gardes impériales. Néanmoins, la retraite de l’ennemi, l’abandon de la position inexpugnable de Caldiero et la délivrance de Vérone avait permis une demi victoire des troupes françaises.

Pour tirer tout le parti possible de cet avantage obtenu sur Alvinzi, il fallait le rejeter définitivement sur la Brenta, Bonaparte, certain que Vaubois n’avait pas été attaqué le 15 par Davidowitch, résolut de livrer une nouvelle bataille le lendemain. Les deux divisions repassèrent l’Adige à la pointe du jour. Les impériaux s’avançaient de Porcil et d’Arcole pour attaquer le pont de Ronco. Masséna rejeta encore une fois Provera sur Porcil, en lui faisant 1200 prisonniers ; Guyeux, contenu par une brigade ennemie, ne put passer à Albaredo ; Rubert, avec la 75ème, culbuta les autrichiens à la baïonnette sur la chaussée du centre, et Augereau rejeta leur avant-garde sur Arcole.

Pour repousser l’attaque dirigée à Arcole sur son avant-garde et sur sa gauche, Alvincy avait fait passer l’Alpon, à San-Bonifacio, à une partie de son centre, qui devait s’avancer contre Augereau. Bonaparte arrêta ce mouvement, en faisant diriger sur la tête de colonne ennemie le feu de 4 pièces d’artillerie légère.

L’insuccès de ces diverses tentatives ne décourageait pas Bonaparte. Il venait d’apprendre que Davidowitch avait attaqué le même jour, Vaubois qui s’était replié en bon ordre sur Bussolingo, il devenait important d’obliger Alvinzi à reculer au-delà de Villa-Nova, et de se remettre ensuite en communication directe avec Verone, afin de marcher contre Davidowitch. Il se résolut donc à une 3ème attaque. Il fit travailler toute la nuit pour établir un pont de chevalet à l’embouchure de l’Alpon. Le 17, à la pointe du jour, l’armée se mit en mouvement pour passer l’Adige. Les autrichiens s’avançaient en force pour attaquer la 12ème légère ; heureusement, quelques pièces placées en batterie sur la rive droite, de manière à prendre en écharpe la colonne assaillante la contraignit de s’arrêter. On raccommoda le pont et l’armée put traverser la rivière. Masséna prit la gauche, Augereau, la droite, le général Robert, avec une demi-brigade, était au centre. L’ennemi fut d’abord repoussé jusqu’à Porcil et Arcole. Masséna ne s’était fait suivre vers Porcil que par la 18ème demi-brigade de ligne, et avait laissé en intermédiaire la 32ème qui fut embusquée dans les massifs de roseaux, et la 18ème légère qui resta en bataille près du pont. Augereau, après avoir passé le pont de Chevalet jeté sur l’Alpon, devait se lier avec 2 bataillons de la garnison de Legnago, arrivant par San-Gregorio, pour tourner la gauche de l’ennemi ; la réserve de cavalerie étant chargé de soutenir ce mouvement. Robert, arrivé à Arcole avec le 75ème de ligne, y trouva les autrichiens en force, des troupes fraîche et nombreuses sortirent contre lui. D’après les instructions qu’il avait reçu, il se replia assez rapidement vers l’Adige. Cette manœuvre réussit, les impériaux croyant que l’armée française lâchait pied, s’élancèrent imprudemment à sa poursuite et s’avancèrent du coté de Ronco, ou leur colonne profonde, massée sur une digue étroite, donna contre le gros de la division Masséna. Bonaparte, qui avait compté sur ce mouvement, ordonna à la 18ème légère d’attaquer les ennemis de front sur la digue, tandis que le général Gardanne, sortant des roseaux où il était embusqué, les prenait de flanc, et que Masséna, revenant de Porcil au pas de course, tombait sur leurs derrières. Cette triple attaque fut décisive, les autrichiens, culbutés dans les marais, y restèrent enfoncés, exposés à une fusillade qui en tua un grand nombre.

Augereau, ayant passé l’Alpon, attaquait vivement l’aile gauche ennemie postée sur la rive opposée, et dont l’extrémité était appuyé à un marais. Seule, la division française était trop faible pour tourner cet obstacle, Augereau attendait, afin de rendre son attaque décisive, l’arrivée des 800 hommes sortis de Legnago. Le général en chef sachant que toute espèce d’attaque faite sur le flanc d’une troupe qui n’y est pas préparée, est suffisante pour l’ébranler, ordonna au lieutenant hercule, officier de ses guides, de choisir 25 hommes de sa compagnie, de longer l’Adige d’une demi lieue, de tourner rapidement tous les marais qui appuyaient la gauche ennemie et de la charger en faisant sonner plusieurs trompettes. Cette ruse eut un succès complet. Augereau en profita pour presser une attaque de front. L’apparition de la petite garnison de Legnago, avec 4 pièces de canon, sur les derrières de l’ennemi, acheva la défaite. Les autrichiens se retirèrent précipitamment, laissant au pouvoir des français plusieurs centaines de prisonniers. Dès que Masséna, qui venait de son coté de chasser l’ennemi de Porcil, vit les impériaux commencer leur retraite, il se porta lui-même avec 2 de ses brigades au centre sur Arcole, déboucha par ce village et les poursuivit dans la direction de San-Bonifacio, se liant ensuite par sa droite avec Augereau. L’armée s’établit en avant d’Arcole, et à San-Gregorio, et passa la nuit gardant les digues pour combattre, dans le cas où l’ennemi aurait encore voulu, le lendemain, tenter le sort des armes. Mais Alvinzi, vaincu sur le terrain le plus favorable à la défensive, n’osa pas risquer une nouvelle bataille dans une campagne ouverte et se retira le 18, sur Montebello, puis sur Vicence, espérant apprendre sur la Brenta quelque chose de Davidowirch, dont il n’avait pas de nouvelles .

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche, La révolution française tome 1 à 5 de Michel Vovelle Edition Messidor/livre club Diderot. H. Léonardon....