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L’histoire pour le plaisir

Jacques Cassard

mardi 3 décembre 2013, par ljallamion

Jacques Cassard (1679-1740)

Capitaine de vaisseau et corsaire français

Jacques Cassard d'après une gravure de Pierren. Histoire de la Marine française illustrée, Larousse, 1934.

Né à Nantes dans une famille de « marchands à la Fosse », des négociants armateurs nantais. Fils de Guillaume Cassard, marchand ou négociant armateur, et de Jeanne Drouard. Il perd son père alors qu’il est encore jeune, la famille étant sans ressources, sa mère obtient qu’il s’embarque sur un terre-neuva [1] à 7 ans, et qu’il participe à des campagnes de pêche au large des Grands Bancs [2]. Il entre dans la marine à l’âge de 14 ans sur l’un des navires marchands appartenant à son oncle, le Dauphin de Cayenne.

Cousin de Robert Surcouf , il se distingue par l’audace avec laquelle il capture les navires marchands sur les côtes de l’Angleterre. Il s’illustrera également en escortant des convois en Méditerranée et dans les Antilles.

Le 7 janvier 1697, à l’âge de 17 ans, il fait partie de la flotte française qui quitte Brest en direction de l’Amérique du Sud. Il reçoit le commandement de la canonnière L’Éclatante et prend part à l’expédition de Carthagène [3] sous les ordres du chef d’escadre Jean-Bernard Louis de Saint-Jean de Pointis . Isolé du reste de la flotte française, lors de la traversée de l’Atlantique, il parvient néanmoins à rejoindre les navires de Pointis à Saint-Domingue, le point de rendez-vous convenu avant le départ.

Sur place ils sont rejoints par des flibustiers, commandés par Jean-Baptiste du Casse , le gouverneur de l’île. Au cours de cette expédition, il se distingue particulièrement. Il commande les galiotes de bombardement qui font taire l’artillerie de la place, et, quand une brèche est ouverte, on le voit monter le premier à l’assaut, à la tête d’un corps de flibustiers de Saint-Domingue. Il rentre à Brest le 29 septembre 1697, et est mentionné dans le rapport que de Pointis envoie à la Cour à Versailles.

Le 25 mai 1700, Il accède au rang de capitaine de corvette et à bord du Laurier, armé de 6 canons par son beau-frère Drouard, il part faire du cabotage aux Indes occidentales [4]. Sur place il effectue plusieurs prises, un brick britannique, le William Duncan, chargé de rhum et de sucre, 2 navires hollandais et 3 navires marchands anglais. Le brick, plus lourdement armé que le navire corsaire et disposant d’un équipage plus nombreux, se défend avec acharnement. Son capitaine et 11 hommes d’équipage sont tués pendant le combat, alors que Cassard en perd 18.

L’année suivante, la guerre de Succession d’Espagne éclate. Louis XIV, informé des exploits passés du marin, lui octroi le grade de lieutenant de frégate et une gratification de 2 000 livres. Il se convertit alors à la guerre de course. En juin 1705, il devient capitaine du navire corsaire Le Saint Guillaume. Sa première sortie, le 27 juin est un échec et il doit rentrer à Brest pour se ravitailler, mais les suivantes seront couronnées de succès. Il rançonna le 28 août la ville de Cork [5] en Irlande et fit 12 prises.

En mars 1706, il repart de Saint-Malo et met les voiles vers Kinsale [6], dont il s’approche sous pavillon anglais, une ruse courante chez les corsaires. Pris pour un garde côte, il s’approche de 6 navires de commerce anglais, auxquels il rançonne la somme de 650 £12, avant de rentrer désarmer à Brest, le 6 avril. Ces petites prises au sud des côtes de l’Irlande, sont bientôt suivies de succès plus importants. Dans les mois qui suivent, il capture 12 navires marchands dans le port de Cork en Irlande et pille la ville. 2 ans après, il avait capturé 13 navires marchands supplémentaires avec Le Duchesse Anne, 16 canons et 104 hommes d’équipage. Ces vaisseaux sont vendus, par l’Intendant de la Marine à Saint-Malo, pour le compte de Cassard, pour la somme de 37 000 livres.

Redoutable manœuvrier, le nombre et l’abondance de ses prises finissent par le rendre célèbre, autant que son respect des lois. Son oncle janséniste, l’abbé Nicolas Cassard, lui aurait enseigné, très jeune, le sens du devoir. Lorsqu’il est condamné à payer des amendes, il les paye sans discuter. Il est vrai que ses activités lui rapportent alors beaucoup d’argent et sa famille, d’origine modeste, connaît à l’époque une certaine aisance.

Il reçoit, à Dunkerque, le commandement du Jersey, 40 canons, une frégate du roi capturée aux Anglais en 1691, avec lequel il prend 6 navires de commerce et en pille 33 autres en septembre 1708 au large des Sorlingues [7]

Mais le roi de France a besoin de corsaires en mer Méditerranée pour escorter les convois de blé en provenance d’Afrique, harcelés par les Anglais. La Provence étant, à l’époque, proche de la famine. Cassard fut alors chargé par le secrétaire d’État Pontchartrain de protéger les convois de blé venant de Tunisie qui devaient sauver la Provence de la famine.

Promu commandant en 1709, il se rend en Méditerranée avec seulement 2 navires, L’Éclatant (68 canons) et Le Sérieux. La municipalité de Marseille le charge d’escorter un convoi de nourriture de 25 bateaux depuis l’île de Tabarca [8], en Espagne. Malgré le peu d’attrait que présente pour lui ce genre de mission, il s’y rend, évite les barbaresques, mais pas la marine anglaise. Le 29 avril, à hauteur de Bizerte, il est assailli par 15 navires anglais. Aux commandes de L’Éclatant, et avec le soutien du Sérieux, il prend l’initiative et attaque l’escadre au canon. Il coule 5 des 15 navires et contraint les autres à se replier sur Malte pour réparations, permettant au convoi d’atteindre sans risque Marseille

Cependant, L’Éclatant ne sort pas indemne de l’accrochage et il doit faire face à 8 voies d’eau. Pendant qu’il répare, les 25 navires destinés au ravitaillement de Marseille poursuivent leur route et arrivent à bon port. 2 jours plus tard, il atteint Marseille et réclame son « droit d’escorte ». En vain, les échevins de la ville lui refusent au prétexte que les navires sont arrivés seuls. Pour obtenir son dû, il intente un procès, mais c’est là encore peine perdue. Il finit par être reçu par le ministre qui le félicite et lui octroie le brevet de capitaine de brûlot en juin 1709. Il refuse une première fois la Croix de Saint-Louis, qu’il estime ne pas mériter

Malgré cette mésaventure, il accepte l’année suivante, d’escorter un nouveau convoi en Méditerranée. À la demande de Pontchartrain, il est placé par l’Intendant de la Marine à Toulon, Philippe César d’Aligre de Saint-Lié à la tête d’une escadre comportant Le Parfait (74 canons), Le Toulouse, Le Sérieux (58 canons), La Sirène (60 canons) et Le Phoenix, chargée de se porter au secours d’un convoi de 84 bateaux de Smyrne [9], en Turquie, qui était bloqué à Syracuse [10] par une flotte britannique. Au cours de la bataille de Syracuse [11] du 9 novembre 1710, il capture le Pembroke, 64 canons, commandé par le capitaine Charles Constable, alors que Le Sérieux obtient la capitulation du Falcon, 36 canons. Le convoi peut alors atteindre Toulon, le 15 novembre. Cassard est nommé capitaine de frégate en janvier 1711, mais ses ennuis avec les commanditaires marseillais continuent et il est mal payé pour les risques qu’il prend. Alors qu’il vient de sauver un convoi estimé à 8 millions de livres tournois, ces derniers refusent toujours de lui payer les 10 000 livres qu’il leur réclame depuis l’année passée.

Appelé à l’aide par Louis Joseph de Bourbon duc de Vendôme, en Catalogne où il est soumis à un blocus, Cassard s’y rend en rompant le blocus et avance pour ce faire 200 000 livres de sa poche. Reconnaissant, le duc de Vendôme le remercie, mais ne lui paye ni les 200 000 livres ni les 15 jours d’escorte. Cassard ne reverra jamais cette somme, qui sera par la suite la cause de son emprisonnement.

En 1711, il escorte un dernier convoi de 43 bateaux de ravitaillement pour la ville espagnole de Peñíscola [12]. Mais, il rêve de nouveaux horizons, de gloire et de mers chaudes, d’autant plus que Duguay-Trouin s’est couvert de gloire en prenant Rio de Janeiro, cette année-là.

A l’exemple de Duguay-Trouin, il signa le 2 décembre 1711 avec le roi un traité en vertu duquel Louis XIV lui accordait une escadre de 6 vaisseaux avec leurs états-majors et leurs équipages pour aller ravager les colonies anglaises, hollandaises et portugaises.

Il pille des colonies anglaises, hollandaises et portugaises au Cap-Vert et dans les Caraïbes. Pendant 27 mois, il pille et rançonne des navires ennemis. Il s’empare notamment du fort de Praia sur l’île de Santiago au Cap-Vert

Il fait escale à la Martinique pour réparations, et dépose les butins enlevés au Cap-Vert. Les flibustiers de Saint-Domingue qui n’avaient pas oublié ses actions pendant le siège de Carthagène viennent le trouver et demandent à se joindre à lui. À la tête d’une petite flotte, il s’empare des îles anglaises de Montserrat [13] et d’Antigua [14] avant de se diriger vers les possessions hollandaises de Suriname [15] qu’il assiège et qu’il prend. Le gouverneur de la place lui propose de racheter l’établissement, ce que Cassard accepte et fixe le montant de la rançon à 2 400 000 livres.

Après avoir également mis à contribution Berbice [16] et Askebe ou Essequibo [17], deux autres établissements de la Guyane hollandaise, Cassard rentre encore une fois à la Martinique, sous les acclamations des colons français, émerveillés de voir s’accumuler dans leur port tant de richesses enlevées aux ennemis de la patrie. Mais Cassard ne devait pas s’en arrêter là et il met les voiles vers l’île de Saint-Eustache [18], appartenant également aux Hollandais.

Enfin, il se met en tête d’attaquer Paramaribo [19] et Curaçao [20]. Curaçao, était un établissement plus considérable et plus riche, que les précédents, mais également bien mieux défendu. Cette expédition dans les Antilles est un succès total ; et, après une nouvelle escale à la Martinique, il rentre en France avec un butin estimé à 10 millions de livres.

Il est promu capitaine de vaisseau en novembre 1712 mais la paix d’Utrecht [21], signée entre les royaumes de France, de Grande-Bretagne et d’Espagne en avril et juillet 1713, l’oblige à mettre fin à cette vie de corsaire. En 1718, il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

Mais, sur le butins considérable qu’il a ramené des Antilles, Jacques Cassard n’a pratiquement rien touché ; et ces promotions, symboliques, lui permettent à peine de subsister. Aussi, il se met en tête de demander réparation pour les frais qu’il a engendré lors de ses expéditions au service du Roi et des armateurs marseillais. Peut-être y serait-il parvenu sans l’orgueil et le mauvais tempérament qui le caractérisaient

Ruiné et fatigué par le manque de reconnaissance dont il est victime, il se rend tous les jours dans l’antichambre du cardinal de Fleury pour plaider sa cause. À cette époque, il vit misérablement à Paris avec l’argent que lui envoient ses deux sœurs restées à Saint-Malo.

En plus de devoir affronter cette situation humiliante, il doit faire face aux regards moqueurs des courtisans. Un matin du mois de mars 1728, alors que Cassard patiente à son habitude dans l’antichambre du ministre, il rencontre le non moins célèbre corsaire Duguay-Trouin, qui sentant l’injustice vécue par Cassard, s’exclame devant l’assistance : “Vous ne connaissez pas cet homme, messieurs ? Tant pis pour vous ! C’est le plus grand homme que la France ait à présent : c’est Cassard ! Je donnerais toutes les actions de ma vie pour une des siennes. Il n’est pas connu ici, mais il est craint et redouté chez les Portugais, chez les Anglais, chez les Hollandais dont il a ravagé les possessions en Afrique et en Amérique. Avec un seul vaisseau il faisait plus qu’une escadre entière.”.

Jacques Cassard se retire définitivement en 1731.

En 1736, il va réclamer justice au Cardinal de Fleury, précepteur et principal ministre du roi Louis XV , ainsi que les sommes qui lui étaient dues. Mais son caractère fier n’arrange en rien la situation. Il se heurte à l’attitude hautaine du diplomate. Hors de lui, il insulte et bouscule le ministre.

Déclaré fou, il est interné dans la forteresse de Ham [22] dans la Somme, où il meurt après 4 ans de détention le 21 janvier 1740, à l’âge de 60 ans, quatre ans après la mort de Duguay-Trouin. Il est enterré le lendemain dans la paroisse Saint-Martin de Ham

P.-S.

(Source : Dictionnaire des marins français - Etienne Taillemite, Ed. maritimes et d’outre-mer) Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jacques Cassard /Portail du monde maritime/ Corsaire

Notes

[1] Les terre-neuvas sont les pêcheurs qui, du 16ème siècle au 20ème siècle, partaient chaque année des côtes européennes pour pêcher la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve, au large du Canada.

[2] Les Grands Bancs de Terre-Neuve1, ou Grands Bancs, sont un ensemble de plateaux sous-marins au sud-est de Terre-Neuve, au bord du plateau continental nord-américain.

[3] L’expédition de Carthagène du 2 mai 1697 fut le dernier grand combat entre le royaume de France et le royaume d’Espagne avant le traité de Ryswick de 1697. Ce raid fut une totale réussite pour le chef d’escadre Jean-Bernard de Pointis et son commanditaire, l’amiral Jean-Baptiste Du Casse, gouverneur français de Saint-Domingue.

[4] Antilles

[5] Cork est la deuxième plus grande ville d’Irlande et la troisième ville la plus peuplée de l’île d’Irlande après Dublin et Belfast. C’est la principale ville et la capitale administrative et économique du Comté de Cork

[6] Kinsale est une ville du comté de Cork, dans le sud de l’Irlande. Elle est située à 25 km au sud de la ville de Cork sur la côte à l’embouchure du fleuve Bandon.

[7] Les Sorlingues ou îles Scilly sont un archipel au débouché de la Manche, dans l’océan Atlantique, s’étendant sur 16,33 km2. Autrefois partie du comté de Cornouailles, l’archipel est de nos jours une unité administrative sui generis du Royaume-Uni

[8] Tabarca est une île de la mer Méditerranée située à environ vingt kilomètres au large de la ville d’Alicante. Elle est connue en espagnol sous les noms de Tabarca, Nueva Tabarca ou Plana et en catalan sous les noms de Nova Tabarca et Plana. Elle est la plus grande île de la Communauté valencienne et la seule à être habitée.

[9] Izmir, anciennement Smyrne, est le deuxième plus grand port de Turquie après İstanbul. Elle est située sur la mer Égée près du golfe d’Izmir.

[10] Syracuse est une ville italienne située sur la côte, au sud-est de la Sicile. Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe.

[11] La bataille de Syracuse est une bataille navale qui a lieu le 9 novembre 1710 au large du port sicilien de Syracuse, dans le cadre de la guerre de Succession d’Espagne. Une flotte française placée sous les ordres de Jacques Cassard vient porter secours à une flotte marchande française, chargée de cargaison de valeur, qui était bloquée à l’intérieur du port part un flotte britannique. Cassard arrive devant Syracuse alors qu’une grande partie de la flotte assiégeante avait quitté les lieux pour aller se ravitailler à Port Mahon sur Minorque. La flotte française, composée de cinq vaisseaux de ligne, parvient à capturer le HMS Falcon et le HMS Pembroke, les deux vaisseaux laissés sur place, et escorte la flotte marchande jusqu’à Marseille.

[12] Peñíscola ou Peníscola, est une commune au nord de la Communauté valencienne en Espagne. Elle appartient à la Province de Castellón et plus précisément au district de Vinaroz, dans la comarque du Baix Maestrat. La langue dominante officielle est le valencien. À la fin du Grand Schisme d’Occident, l’antipape Benoît XIII exclu d’Avignon d’où il régnait sur une partie de la chrétienté et qui n’était plus toléré que par l’Aragon s’y installa et y mourut après 19 années de résistance à Rome.

[13] Montserrat est une île des Antilles, dépendant du Royaume-Uni et membre de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale. Montserrat est souvent décrite comme l’île d’émeraude des Caraïbes, à cause de sa ressemblance avec l’Irlande côtière et des descendants irlandais de la plupart des premiers colonisateurs européens.

[14] L’île d’Antigua est une île des Caraïbes qui est un des territoires de Antigua-et-Barbuda.

[15] Le Suriname, ou Surinam, la République du Suriname, anciennement Guyane néerlandaise avant l’indépendance, est un pays situé en Amérique du Sud.

[16] Berbice était une colonie néerlandaise située le long du fleuve Berbice sur la Côte Sauvage sud-américaine. Elle fut fondée en 1627 par Abraham van Peere.

[17] Essequibo était une colonie néerlandaise juchée sur les rives du fleuve Essequibo, aujourd’hui au Guyana. Fondée en 1615 par des juifs zélandais, la colonie était protégée par le Fort Kijkoveral. La colonie fut prise par les Anglais durant les guerres napoléoniennes et dès 1814, les Néerlandais leur cédaient officiellement la colonie ainsi que celles de Berbice et de Démérara

[18] Saint-Eustache est une île des Petites Antilles, au nord-ouest de Saint-Christophe et au sud-est de Saint-Martin et de Saba.

[19] Paramaribo est la capitale du Suriname. Elle est située sur le fleuve Suriname, à environ 15 km à l’intérieur des terres.

[20] Curaçao est une des Îles Sous-le-Vent et un pays des petites Antilles, formant un État autonome à part entière au sein du royaume des Pays-Bas depuis la dissolution de la fédération des Antilles néerlandaises le 10 octobre 2010.

[21] Les traités d’Utrecht sont deux traités de paix signés en 1713 qui mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril entre le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne, le second fut signé à Utrecht le 13 juillet entre l’Espagne et la Grande-Bretagne.

[22] Le château, ou fort, ou forteresse de Ham est un château fort situé à Ham dans la Somme, en Picardie, aux portes de l’Île-de-France.