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Fin de la guerre de Dévolution

jeudi 10 janvier 2013

Fin de la guerre de Dévolution

Le 2 mai 1668, la France et l’Espagne signèrent le traité d’Aix-la-Chapelle. Il mettait fin à la guerre de Dévolution. Quelques mois plus tôt, le 17 septembre 1665, Philippe IV de Habsbourg, roi d’Espagne, était mort à Madrid. Le fils de sa seconde femme lui avait succédé sous le nom de Charles II. Il avait à peine 4 ans. C’est alors que le roi de France, Louis XIV, eut l’idée d’une bonne guerre pour distraire la noblesse, dont c’était le métier, et se distraire lui-même, mais aussi pour éloigner de la capitale la frontière septentrionale de son royaume. Ses juristes se mirent au travail. Ils excipèrent des lois du Brabant une coutume dite de Dévolution selon laquelle les biens d’un défunt devaient toujours revenir aux enfants de son premier lit. Or, les Flandres et le Brabant étaient possessions du roi d’Espagne depuis le mariage de la fille de Charles le Téméraire avec l’héritier des Habsbourg, 2 siècles plus tôt. D’autre part, l’épouse de Louis XIV, Marie-Thérèse, n’était autre que la fille de Philippe IV et de sa première femme. Circonstance aggravante, le traité des Pyrénées, qui avait mis fin quelques années plus tôt à la précédente guerre, avait fait obligation au père de Marie-Thérèse de verser une très lourde dot et celle-ci se faisait attendre. Fort de ces prétextes, le roi de France engagea les hostilités avec l’Espagne. En quelques mois, sous la conduite de Turenne, ses armées n’eurent aucun mal à occuper Lille et les autres villes des Pays-Bas espagnols. De son côté, le Grand Condé occupa la Franche-Comté. Il ne s’agissait que d’une monnaie d’échange en vue des négociations à venir. Celles-ci ne tardèrent pas. Les Provinces-Unies* (les actuels Pays-Bas) et l’Angleterre s’inquiétant des ambitions du jeune Louis XIV, proposèrent leur médiation. La paix signée à Aix-la-Chapelle permet à Louis XIV d’annexer Lille, Tournai, Douai, Armentières et quelques dépendances.

En 1674, il conquiert la Franche Comté pour la même raison. La politique dite des “ réunions ”, qui permet l’annexion des places fortes que sont Sarreguemines, Lunéville ou Commercy, a la même volonté politique de défense du royaume. Le 10 août 1678 est signé le traité de Nimègue qui entraînera l’annexion définitive au royaume de la Franche-Comté. Le 15 septembre, c’est avec l’Espagne qu’un traité sera signé. Le 5 février 1679, ce sera avec le Saint Empire romain germanique. Avec la Hollande ou Maastricht et la principauté d’Orange furent restituées. Le 30 octobre 1681, Strasbourg capitula devant l’ultimatum de Louvois et se trouva occupée par les dragons d’Asfeld. Elle conserva ses privilèges et la liberté de culte fut garantie, mais la cathédrale fut rendue aux catholiques. Le même jour les troupes françaises entrèrent sans combattre dans Casal.

C’est en 1682 que s’installa de façon permanente à Versailles la cour. Le Roi Soleil était alors au sommet de sa gloire et profitait de la faiblesse ou des difficultés des puissances étrangères. Sa politique agressive ne cessait d’inquiéter toute l’Europe, si bien que l’Espagne entra à nouveau en guerre contre la France le 26 octobre 1683.

Parmi les alliés de l’Espagne, figurait la petite république de Gênes affichant une attitude insolente envers le royaume de France. Elle fournissait des galères à l’Espagne et malmenait même avec désinvolture l’ambassadeur français François Pidou, chevalier de Saint-Olon. Pour Louis XIV, il était temps de faire un exemple qui servirait à l’édification des États. Le marquis de Seignelay, fils du grand ministre Colbert, intendant de la marine, organisa une expédition punitive. En mai 1684, accompagné du lieutenant général des armées navales Abraham Duquesne, il embarqua sur une flottille. Le 17, il se présentait devant Gênes et exigeait la livraison de 4 galères. Il exigea aussi que les ambassadeurs génois se déplacent à Versailles faire des excuses au roi. La réponse n’était pas encore revenue que les premiers boulets et bombes incendiaires tombèrent sur la ville. Le bombardement dura 6 jours et rasa les trois quarts de la ville, n’épargnant pas le Palais des doges. Les troupes firent un débarquement éclair, pillant et incendiant le quartier Saint Pier d’Arena puis rembarquèrent. Mais Gênes ne céda pas et Louvois se prépara donc à une nouvelle expédition. Louis XIV fit savoir au nonce du pape qui cherchait à calmer ses ardeurs, qu’il voulait laisser un exemple mémorable de sa vengeance à tous ceux qui oseraient l’offenser.

Le 15 août 1684, à Ratisbonne, une trêve de 20 ans fut signée entre l’empereur Léopold 1er, Charles II d’Espagne et le roi de France. Finalement, l’expédition de Louvois n’eut pas lieu, mais en janvier 1685, le Sénat de Gênes s’inclinera, et 5 mois plus tard le doge s’en ira à Versailles présenter ses excuses au Roi Soleil. Pour accomplir cette démarche, le Sénat avait dû autoriser le doge à quitter le territoire, ce qui lui était formellement interdit par la Constitution de la République. Le 15 mai 1685, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, le doge de Gênes, Francesco Maria Imperiale Lercaro en personne, s’inclina devant le Roi Soleil en lui exprimant son extrême regret de lui avoir déplu.

Le 9 juillet 1686, fut Formée la ligue d’Augsbourg, coalition européenne contre Louis XIV et en 1688 débuta la Guerre de la ligue d’Augsbourg qui durera jusqu’en 1697. Le 26 juin 1694 à lieu la victoire française de Fleurus et c’est la même année que paraît la 1ère édition du dictionnaire de l’Académie française.

Du 20 septembre au 30 octobre 1697 est négocié le traité de Ryswick mettant fin à la guerre conte la ligue d’Augsbourg.

P.-S.

Source : archives ljallamion histoire du 17ème/encyclopédie Imago/mundi/ Herodote/Histoire/Historia ect...