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Samuel Bochard ou Bochart

samedi 6 février 2021 (Date de rédaction antérieure : 6 novembre 2012).

Samuel Bochard ou Bochart (1599-1667)

Samuel Bochard ou Bochart

Fils de René Bochart Ministre protestant, orientaliste, neveu par sa mère de Pierre Dumoulin . Il soutint 3 thèses en théologie à Sedan [1], Saumur [2] et Leyde [3]. Il séjourna à Oxford [4] après 1621 avant de s’installer à Caen [5] en 1628.

Polyglotte accompli, il est l’auteur d’un dictionnaire en arabe de 30 000 mots. Il a représenté les protestants au Synode de Loudun de 1659 [6]. Sa réputation lui vaudra une invitation de la reine Christine de Suède à sa cour en 1652. Fait d’autant plus notable que Samuel Bochart et René Descartes, l’auteur du “Discours de la Méthode”, furent les seules personnalités françaises à faire l’objet d’une telle initiative.

Il se livra également à des disputations publiques avec les théologiens catholiques, comme en 1628 avec le jésuite Véron, mais la dernière à laquelle il se livrera, contre son collègue de l’Académie de Caen [7], Pierre-Daniel Huet, lui sera fatale. Il succomba à une apoplexie le 16 mai 1667 en pleine séance de l’Académie de Caen.

Notes

[1] Sedan est une commune française située dans le département des Ardennes. La ville de Sedan se développe autour du château fort bâti par Évrard III de La Marck à partir de la fin des années 1420. Le château ne cessera d’être perfectionné et agrandi au cours des siècles suivants et en particulier par Jean Errard. Les seigneurs de La Marck sont reconnus seigneurs souverains de Sedan par le roi de France Henri II, en 1549, sous Henri-Robert de La Marck qui choisit la religion protestante. Pour prix de cette reconnaissance de souveraineté du prince sur ses terres, le prince devait au roi assistance en cas de guerre, ne pas prendre parti contre ses intérêts et lui ouvrir les places fortes s’il en faisait la demande. En échange le roi lui accordait sa protection et payait une partie des fortifications. Pendant les guerres de Religion, de nombreux protestants sont accueillis dans la Principauté de Sedan, intellectuels, avocats, artisans, ils sont la source de la prospérité de la ville. L’académie de Sedan attire professeurs et élèves. Le Prince de Sedan bat sa monnaie, contrôle une manufacture d’armes. En 1611, Jean Jannon, graveur de caractères et imprimeur-éditeur, est en activité à Sedan. Bernard Palissy invente le procédé de fabrication de ses émaux à Sedan. Les horlogers Forfaict participent à cette richesse. La dentelle point de Sedan est alors très recherchée. Henri de La Tour d’Auvergne devient duc de Bouillon en épousant, en 1591, la dernière héritière des La Marck, Charlotte de La Marck. Prince bâtisseur, il développe la ville et les fortifications urbaines. La principauté est rattachée à la France le 29 septembre 1642, après la bataille de la Marfée puis la prise de la ville par le Roi le 1er août 1641, après quelques jours de siège. Puis vint le complot de Cinq-Mars contre Richelieu. En effet, le prince Frédéric Maurice de La Tour d’Auvergne-Bouillon a participé à ce complot. Il obtient la vie sauve en échange de la Principauté. Abraham de Fabert d’Esternay est gouverneur de Sedan de 1642 à 1662.

[2] Saumur est une commune française sous-préfecture du département de Maine-et-Loire. Au temps de la Fronde, Saumur resta fidèle au roi. Mazarin et toute la cour y vinrent, en 1652, pour agir contre Angers, un moment révolté. Turenne, abandonnant la Fronde, y rejoignit la cour et y fit sa réconciliation avec elle. La révocation de l’édit de Nantes, en 1685, frappa cruellement Saumur. C’est la plus grande calamité dont cette ville ait été atteinte dans tout le cours de son histoire. Les protestants émigrèrent en masse et la population tomba à 6 000 habitants, c’est-à-dire qu’elle diminua dans la proportion des deux tiers, ces deux tiers renfermant la partie prépondérante par ses lumières, son activité, son industrie et ses richesses. L’édifice de prospérité élevé par Duplessis-Mornay s’écroula complètement.

[3] L’université de Leyde est la plus ancienne des universités néerlandaises. Située à Leyde, elle est très réputée et a été fréquentée par plusieurs membres de la famille royale des Pays-Bas.

[4] L’université d’Oxford, située dans la ville du même nom, à 90 km au nord-ouest de Londres, dans le comté d’Oxford ou Oxfordshire, dans l’Angleterre du Sud-Est, est l’une des plus prestigieuses universités sur le plan mondial. Elle est également la plus ancienne université britannique. Sa fondation progressive se place pendant la querelle du roi Henri II et de l’archevêque Thomas Becket, rivalité de pouvoir qui éclate en 1164 et se clôt par l’assassinat de Becket fin 1170. Après 1165, le roi ne cesse d’octroyer des libertés et des privilèges à ce groupement d’écoles isolées du grand diocèse de Lincoln. Mais le véritable démarrage de l’université date de 1167, lorsque le roi Henri, constatant les classes à moitié vides malgré les crédits accordés, interdit aux étudiants anglais de suivre les cours de l’université de Paris et fait rappeler manu militari les clercs anglais de Paris ou dispersés en France et sur le continent européen

[5] Caen est une commune française du Nord-Ouest de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados

[6] Loudun est une commune du Centre-Ouest de la France, située dans le département de la Vienne

[7] L’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen est une société savante fondée en 1652 par Jacques Moisant de Brieux. C’est la première académie littéraire en France après l’Académie française. Elle a compté Samuel Bochart, Pierre-Daniel Huet, Jean Regnault de Segrais et Garaby de la Luzerne parmi les premiers de ses membres. Elle créera ensuite, en 1662, quatre ans avant la fondation de l’Académie des sciences de Paris, la première Académie de Physique de France.