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Michel de L’Hospital ou L’Hôpital

jeudi 24 septembre 2020 (Date de rédaction antérieure : 6 novembre 2012).

Michel de l’Hospital (vers 1506-1573)

Conseiller au parlement de Paris en 1537-Ambassadeur au concile de Trente-Maître des requêtes-Surintendant des finances en 1554-Chancelier de France en 1560

Michel de l'Hospital Conseiller au parlement de Paris en 1537-Ambassadeur au concile de Trente-Maître des requêtes-Surintendant des finances en 1554-Chancelier de France en 1560

Né au château de la Roche [1] vers Aigueperse [2], son nom reste associé aux tentatives royales de pacification civile durant les guerres de religion [3].

Fils de Jean de l’Hospital, premier médecin et conseiller de Charles duc de Bourbon connétable de France [4], bailli [5] de Montpensier [6] et auditeur des comptes [7].

Avocat sans le sou, il ne peut prétendre à une place de conseiller au parlement [8]. Un ami, Pierre Filholi ou Pierre Le Filleul , archevêque d’Aix [9] et gouverneur de Paris, ancien président de la Cour des comptes, lui conseille de se marier. C’est ainsi, qu’en 1537, il épouse, Marie Morin, fille de Jean, lieutenant criminel du Châtelet, ayant obtenu en reconnaissance de services rendus au roi un office de conseiller clerc au parlement de Paris pour la dot de sa fille. De leur union naquirent trois filles, dont seule la fille aînée Madeleine accédera à l’âge adulte, et sera éduquée en protestante, sa mère s’étant nouvellement convertie au culte réformé.

Michel de l’Hospital est avant tout un juriste. Humaniste de son temps, l’Italie est pour lui un passage obligé. Il y fait ses études et y voyage beaucoup. Il débute sa formation en Italie à l’université de Padoue [10], où il deviendra professeur de droit civil. Cette formation peut en partie expliquer l’ampleur des réformes judiciaires voulues par Michel de l’Hôspital. Il s’est également rendu à Rome, lieu de pèlerinage traditionnel où il a été, entre autres, auditeur de la Rote [11], ce qui lui vaut une grande réputation de savant.

Sa carrière de juriste se poursuit lorsqu’il est nommé délégué aux Grands Jours de justice de Moulins [12] en 1540, de Riom [13] en 1542 et de Tours en 1546, et plus particulièrement quand il devient premier président de la Chambre des comptes de Paris [14].

Il est nommé Chancelier de France [15] le 1er mai 1560 par le roi François II, principal collaborateur de la régente Catherine de Médicis. Il convoque les représentants des religions catholiques et réformées au Colloque de Poissy en 1561 [16] et essaie d’harmoniser les points de vue des uns et des autres. Confronté au fanatisme des deux camps, il échoue totalement.

Le 17 mai 1563, Michel de l’Hospital rend compte de la situation financière du royaume devant le parlement de Paris pour le pousser à accepter un édit. La France, en la personne du jeune roi Charles IX, a 50 millions de livres de dettes, dont 5 sont nécessaires pour payer les troupes et expulser les Anglais hors du Havre [17]. Les recettes de l’année précédente sont de 850 000 livres environ et les dépenses de 18 millions. L’édit du 13 mai 1563 prévoit de vendre les biens du clergé pour créer des rentes de 100 000 écus par an. Le Parlement d’abord hostile finit par accepter.

Michel de l’Hospital œuvra pour la simplification du droit français. La tradition attribue une grande partie des édits promulgués entre 1563 et 1567 au chancelier dont la généralisation en 1565 des tribunaux des juges et des consuls, les actuels tribunaux de commerce, le premier ayant été créé à Paris en 1563.

Il aurait joué un rôle décisif dans l’assemblée du Conseil élargi [18] qui s’ouvre à Moulins en 1566 et qui débouche sur l’ordonnance de Moulins [19] L’édit de Moulins quant à lui affirme l’inaliénabilité du domaine royal sauf les apanages.

C’est le promoteur des édits de Fontainebleau sur l’arbitrage et la transaction. Après la mort de François II en 1560, il a pour projet de diminuer le nombre d’officiers.

La minorité de Charles IX est un handicap sérieux, l’autorité d’un roi mineur n’a pas le même poids que celle d’un roi adulte. La référence en matière de majorité est l’ordonnance de Charles V de 1374 qui fixe la majorité des rois de France à 13 ans révolus.

La première des innovations du 17 août 1563 consiste à déclarer la majorité du jeune souverain lors d’un lit de justice non au Parlement de Paris mais dans un parlement de province, celui de Rouen. La seconde est l’interprétation que le chancelier fait de l’ordonnance de Charles V : la quatorzième année doit être commencée et non accomplie. Cette déclaration de majorité est aussi l’occasion pour le chancelier de rappeler deux principes qui lui sont chers, le principe de la continuité monarchique et celui du roi législateur [20].

Huguenot dissimulé aux yeux des catholiques de son temps, il est partisan de l’unité et de la tolérance. Bien qu’il doive sa première carrière à une protectrice de la Réforme,Marguerite de France, sœur d’Henri II, et bien que sa femme et sa fille se soient converties, c’est grâce à l’influence du cardinal de Lorraine Charles de Lorraine , un catholique, qu’il est promu chancelier en 1560.

Influencé au départ par les idées de concorde religieuse de ce dernier, après l’échec du colloque de Poissy, son évolution le conduit à accepter une tolérance civile, solution politique qui correspond à son profond respect des libertés de conscience. Son gallicanisme [21] le pousse à tenir des positions fermes concernant l’indépendance temporelle de l’Église et de la couronne vis-à-vis du pape, et explique sa rupture en 1564 avec le cardinal de Lorraine Charles de Lorraine qui, revenu du concile de Trente [22], voulait en faire accepter les décrets en France. Sa volonté de maintenir l’équilibre instauré par l’édit d’Amboise le pousse à une certaine violence. En 1566, on lui reproche même de n’être pas passé par le Conseil pour envoyer des lettres patentes autorisant les protestants à appeler des pasteurs à leur chevet. Il aurait voulu supprimer la vénalité des offices.

Cependant, il échoue dans ses tentatives d’apaisement du conflit. Rêvant d’un concile national impossible, il se heurte rapidement aux Guise [23] qui ont arraché aux États généraux de Fontainebleau la condamnation des Rohan [24], qu’il refuse de signer, à la difficulté d’application de l’édit d’Amboise [25] et au manque de tolérance de ses compatriotes.

La paix de Longjumeau [26] apparaît comme une ultime tentative pour sauver sa politique de tolérance civile.

Elle suscite une flambée de la colère catholique. Michel de l’Hospital tente alors l’impossible pour s’opposer aux intransigeances. Il refuse ainsi le sceau à la publication d’une bulle papale autorisant une deuxième aliénation des biens du clergé parce que la condition en est l’engagement du roi de France à extirper l’hérésie. Les sceaux lui seront retirés peu après alors que la troisième guerre a déjà commencé.

Le nouveau garde des sceaux, Jean de Morvillier , est un modéré proche du chancelier, mais le départ de Michel de l’Hospital marque l’échec de la politique de tolérance civile.

Michel de L’Hospital est avant tout, le symbole de la politique de tolérance. Malgré l’appui de Ronsard et le voyage de présentation du nouveau roi à son peuple, sa politique de réconciliation échoue totalement.

Dès 1560, le pouvoir bascule définitivement du côté ultra-catholique, rendant ainsi un affrontement sanglant inévitable. On en rendit Michel de L’Hospital responsable. Il se retire en 1568 pour s’établir dans sa propriété de Vignay [27], sur la paroisse de Champmotteux [28].

Lors de la Saint-Barthélemy [29], il aurait fait ouvrir les portes de son château à une foule fanatique, qui lui laissa la vie sauve.

Michel de l’Hospital fut considéré comme un écrivain talentueux. Ses Épîtres furent comparées à celles d’Horace. Il écrit des poésies, mais la majorité de ses œuvres sont cependant en rapport avec son rôle politique.

Au début de l’année 1573, il se rend à 10 km, au château de Belesbat [30], demeure depuis 1556, de sa fille Madeleine et de son gendre Hurault de Belesbat, maître des requêtes [31], avec leurs 9 enfants. Il expédie deux lettres à Charles IX, avec l’acte de démission de sa fonction de chancelier, et fait rédiger son testament par son petit-fils Michel Hurault.

Il meurt peu après, le 13 mars, à l’âge d’environ 70 ans, en pleine guerres de Religion, il est enterré en pleine nuit dans l’église Sainte-Madeleine de Champmotteux [32] où l’on peut encore voir son tombeau.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Denis Crouzet, La sagesse et le malheur : Michel de l’Hospital, Chancelier de France, Seyssel, Champ Vallon, collection « Époques », 1998.

Notes

[1] Le château de la Roche est un château situé dans la commune de Chaptuzat, canton d’Aigueperse, dans le département du Puy-de-Dôme. Il est une des principales forteresses du comté de Montpensier, principauté féodale du nord de l’Auvergne. Il a été construit entre 1250 et 1270 à l’initiative de Guichard IV et/ou Humbert de Beaujeu, Seigneurs de Montpensier, probablement à partir d’une tour de guet du 13ème siècle, avant poste du puissant château de Montpensier perché sur une colline environnante, qui contrôlait l’accès à la plaine de Limagne. La Roche est érigé en fief au 15ème siècle pour Louis de Bosderon, et sont alors construits un logis car de simple fortification il devient une habitation seigneuriale. Le château reviendra ensuite à Jean de l’Hospital, conseiller de Charles de Bourbon, Comte de Montpensier puis à son fils, le chancelier Michel de L’Hospital qui y était né. Il le transforma au 16ème siècle, édifiera une seconde muraille avec deux tours d’entrée en façade Sud et sa famille le conserva jusqu’au 18ème siècle.

[2] Aigueperse est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme. La ville est située au nord de la Limagne et de l’Auvergne, et a été pendant la Renaissance la capitale d’une petite principauté indépendante, la principauté de Montpensier.

[3] En France, on appelle guerres de Religion une série de huit conflits (guerres civiles, guerres de religion et opérations militaires) qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du 16ème siècle et où se sont opposés catholiques et protestants (appelés aussi huguenots). À partir du 16ème siècle, un schisme provoqué par les idéaux de la Réforme conduit à une opposition entre protestants et catholiques sous la forme d’une sanglante guerre civile. Les premières persécutions contre ceux qui adhèrent aux idées nouvelles commencent dans les années 1520. Mais il faut attendre les années 1540 et 1550 pour voir le développement des clivages. À la fin du règne de Henri II, le conflit se politise. Les guerres de Religion commencent en 1562 et se poursuivent, entrecoupées de périodes de paix, jusqu’en 1598, avec la mise en place de l’édit de Nantes.

[4] Tirant son nom de son origine de “comte de l’étable”, le connétable a, au Moyen Âge, la charge de l’écurie et de l’organisation des voyages du roi. Au 14ème siècle, sa fonction évolue vers le commandement de l’armée en temps de guerre et le conseil militaire du roi en temps de paix. Du Guesclin, Clisson, Bourbon… font partie des grands connétables de France. Supprimée en 1627, la charge de connétable est rétablie par Napoléon 1er en 1804 pour son frère Louis.

[5] Le bailli était, dans l’Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l’autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l’administration en son nom. Il s’agissait de l’équivalent de nos actuels préfets. La juridiction dont est responsable un bailli s’appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus. Les bailliages ont été établis au 12ème siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l’origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d’abord très étendue ; mais l’abus qu’ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le 16ème siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le lieutenant général du bailliage et d’autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d’épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

[6] Le comté de Montpensier est une principauté féodale du nord de l’Auvergne. Initialement centrée autour de Montpensier, la capitale en est néanmoins la ville d’Aigueperse. La maison des Bourbon-Montpensier est à la tête de ce territoire jusqu’en 1531. Montpensier est d’abord une seigneurie du comté d’Auvergne qui va intégré la seigneurie des Ventadour après la conquête française de 1213 suite au siège de Tournoël. En 1384, Jean de Berry, duc d’Auvergne et de Berry achète le comté de Montpensier au seigneur de Ventadour pour 40 000 francs. Lorsque le duché passe aux mains des Bourbons, une branche cadette de cette dynastie y est installée. En 1531, suite à la guerre entre Charles III de Bourbon, duc d’Auvergne et de Bourbon, qui est né à Montpensier, et le roi de France François 1er, les territoires ducaux sont intégrés à la couronne de France.

[7] Les comptes fiscaux du royaume voyageaient avec les rois de France lors de leurs pérégrinations, car ils servaient de preuves ou de références et étaient essentiels à l’établissement des chartes et des traités sur lesquels étaient apposés les sceaux du roi et de ses vassaux. C’est en raison de la perte de la totalité des comptes fiscaux du royaume de France lors de la bataille que Richard 1er d’Angleterre mena contre Philippe-Auguste en 1194 dans le comté de Blois que la décision de rendre les comptes de la cour sédentaires fut prise par Philippe II qui installa un embryon de Chambre des comptes dans l’île de la Cité, le Trésor étant gardé à la Tour du Temple. Cependant, la première organisation officielle ressort de l’ordonnance de Vivier-en-Brie de Philippe V en 1320 : autour du souverain des finances (représentant du roi) siègent des maîtres clercs, préfiguration des actuels conseillers maîtres

[8] Le parlement de Paris est une institution française de l’Ancien Régime. Il fait partie des cours souveraines, rebaptisées cours supérieures à partir de 1661 (début du règne personnel de Louis XIV). Issu de la Curia regis médiévale, le parlement apparaît au milieu du xiiie siècle et prend progressivement son autonomie pour juger le contentieux sous forme d’un organe spécialisé aux sessions régulières, la curia in parlamento, que saint Louis établit dans l’île de la Cité, à côté du palais de la Cité, et qui reçoit sa première réglementation générale avec une ordonnance de Philippe III le Hardi en 1278. À partir du 15ème siècle, treize autres parlements furent érigés à partir d’institutions locales parfois beaucoup plus prestigieuses, comme l’échiquier de Normandie, ou beaucoup plus anciennes, comme les États de Provence, ou mêmes créés ex nihilo ; néanmoins, celui de Paris, cour de justice du Roi, ultime suzerain, et donc d’ultime recours, devint ainsi prééminent. On le mentionnait souvent simplement comme « le Parlement ».

[9] L’archidiocèse d’Aix-en-Provence et Arles est un des archidiocèses de l’Église catholique en France. Il aurait été fondé dès le 1er siècle.

[10] L’université de Padoue est une université italienne dont le siège est à Padoue. L’université de Padoue est une des plus anciennes universités du monde. Elle a été fondée le 29 septembre 1222 par des professeurs et des étudiants ayant fui l’université de Bologne, du fait de l’atteinte aux libertés universitaires et aux privilèges qui avaient pourtant été garantis aux enseignants et à leurs élèves. L’université de Padoue fut créé en réponse à un besoin, induit par des conditions sociales et culturelles spécifiques, contrairement à la plupart des universités qui doivent leur fondation à une charte avec le pape. Elle s’installe en 1493 dans le Palazzo Bo, ce qui lui donnera son surnom de « il Bô »

[11] La Rote romaine est l’un des trois tribunaux de l’Église catholique romaine. Ses bureaux sont situés au palais de la Chancellerie apostolique à Rome. Son nom vient de la salle circulaire où se réunissaient les auditeurs des causes du Sacré Palais apostolique assistant le pape, pour juger les causes portées devant lui ou, de façon plus vraisemblable, du fait du jugement par tour de trois auditeurs. Issue de la Chancellerie apostolique, ce conseil qui instruit les causes, Innocent III1 en fait un tribunal en lui donnant le pouvoir de prononcer la sentence. Jean XXII lui donne son premier règlement par la constitution apostolique Ratio Juris en 1331.

[12] Capitale historique du Bourbonnais, l’agglomération s’étend le long de l’Allier. L’histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des ducs de Bourbon, puisqu’elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu’en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon. En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis 1er Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre 1er. Le duché n’avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l’Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle. Les travaux qu’ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier ; autorisation de l’installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second. C’est avec Louis II Le Bon que Moulins devient effectivement capitale du duché, et, comme lieu de résidence des ducs, de facto la capitale des territoires sous leur administration

[13] Riom est une commune française située dans le département du Puy-de-Dôme. Elle est depuis l’époque médiévale une ville rivale de Clermont-Ferrand, la capitale historique et culturelle de l’Auvergne. Elle fut néanmoins capitale du duché d’Auvergne, une des quatre principautés féodales auvergnates rivales pour l’unification de cette région.

[14] Dans l’Ancien Régime, une Chambre des comptes est une cour souveraine devant laquelle les personnes ou organisations chargées de la gestion du domaine du roi ou d’un prince doivent déposer leurs comptes où ils sont audités par des maîtres qui vérifient la conformité des recettes et des dépenses. La Chambre des comptes s’assure de la conservation du domaine de la Couronne. En cas de contentieux entre le maître chargé d’étudier les comptes qui lui sont soumis et l’officier les ayant présentés, le litige est porté devant un juge. La particularité de la Chambre des comptes, en France, c’est que les comptes des deniers publics sont rendus devant un juge, même en l’absence d’un contentieux.

[15] Le chancelier de France est un important personnage de l’Ancien Régime, il est le second officier de la couronne, puis le premier, en 1627, avec la suppression du connétable et de l’amiral de France. La conservation d’une copie de tous les actes de gouvernement (édits, traités, capitulaires, dénombrements, etc.) est une des fonctions principales du chancelier. La France a sans doute, après le Vatican, la seconde plus vieille chancellerie du monde, puisqu’elle conserve encore 47 actes originaux datant des rois mérovingiens (481-751). La collection des plus anciens, toujours appelée Trésor des Chartes, constitue le fonds original des Archives nationales de France. Lacunaires jusqu’au 12ème siècle, ce n’est qu’à partir de sa réorganisation par frère Guérin, évêque de Senlis et garde des Sceaux de Philippe Auguste, que l’on conserve véritablement au palais du roi à Paris un exemplaire de tous les actes expédiés ou reçus par le roi. L’office de chancelier, ou cancellariat, dérive de celui de secrétaires et de notaires du roi, il est le chef de l’administration de la justice, et de tous les conseils du roi. Il est le dépositaire des sceaux de France, dont il use pour la distribution de la justice, dons, grâces, et offices. Il préside le conseil du roi, et expose les volontés du roi devant le parlement quand il va y tenir son lit de justice. Cet office ne peut être récusé, sauf démission et forfaiture. Le chancelier est le porte-parole et le représentant du roi, et à la mort de celui-ci, il est le seul personnage de la cour à ne pas porter le deuil pour marquer la pérennité de sa charge. Il est deuxième grand officier de la couronne dans l’ordre des préséances. Il y a toujours un chancelier chef de la justice et il devient de fait l’officier le plus important de la couronne.

[16] Le colloque de Poissy est une conférence religieuse qui s’est tenue du 9 septembre au 14 octobre 1561 dans le prieuré royal Saint-Louis de Poissy. En vue de maintenir la paix religieuse en France, la reine mère Catherine de Médicis tente d’effectuer un rapprochement entre catholiques et protestants, en réunissant 46 prélats catholiques, 12 ministres du culte protestant et une quarantaine de théologiens. Malgré l’échec du colloque, Catherine de Médicis fait signer en janvier 1562 un édit de tolérance, l’édit de janvier, mais ne peut empêcher le massacre de Wassy, qui marque, le 1er mars 1562, le début de la première guerre de Religion en France. Ce colloque est également un des facteurs qui contribue à relancer la troisième séance du concile de Trente et à l’installation des jésuites en France, introduits dans le royaume à l’occasion de cette conférence.

[17] Le Havre est une commune française du Nord-Ouest de la France située dans le département de la Seine-Maritime, située sur la rive droite de l’estuaire de la Seine, au bord de la Manche. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total et le premier port français pour les conteneurs. Le 8 octobre 1517, François 1er signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d’abord au vice-amiral Guyon le Roy. La Tour François 1er, dite la « grosse tour », en défend l’entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d’une salamandre. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.

[18] où siègent les princes de sang, grands officiers, présidents des parlements

[19] Selon cette ordonnance, les parlements ne pourront refuser d’enregistrer les édits ou ordonnances ni de les faire appliquer, même si les remontrances qu’ils pourront présenter sur ses lois seront rejetées.

[20] la souveraineté réside dans le pouvoir de faire les lois et seul le roi a ce pouvoir

[21] Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique française qui cherche à organiser l’Église catholique de façon autonome par rapport au pape. Il s’oppose à l’ultramontanisme. D’une part, le gallicanisme réduit l’intervention du pape au seul pouvoir spirituel, et ne lui reconnaît pas de rôle dans le domaine temporel. D’autre part, s’il reconnaît au pape une primauté spirituelle et juridictionnelle, il cherche à la limiter fortement, au bénéfice des conciles généraux dans l’Église (c’est le conciliarisme), des évêques dans leurs diocèses et des souverains dans leurs États. En pratique, cela se traduit surtout par une mainmise étroite du souverain français sur les nominations et les décisions des évêques. Jean Delumeau distingue le gallicanisme ecclésiastique, qui est une position théologique et ecclésiologique antérieure et ultérieure à la Réforme, le gallicanisme régalien et le gallicanisme parlementaire, qui est une doctrine politique et administrative. Très largement partagée par les juristes français de l’Ancien Régime et du 19ème siècle, cette troisième grande tendance du gallicanisme a contribué à la construction doctrinale de l’État moderne

[22] Le concile de Trente est le dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l’Église catholique romaine. Convoqué par le pape Paul III le 22 mai1 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la Réforme protestante, il débute le 13 décembre 1545 et se termine le 4 décembre 1563. Étalées sur dix-huit ans, ses vingt-cinq sessions couvrent cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV) et se tiennent à Trente dans la cathédrale de San Vigilio, puis à Bologne et enfin à nouveau à Trente, dans l’église Sainte Marie Majeure.

[23] La maison de Guise était une famille illustre de la noblesse française. Branche cadette de la maison de Lorraine, elle marqua l’histoire de France pendant les guerres de religion. La Maison de Guise est fondée par Claude de Lorraine, second fils du duc René II de Lorraine qui lui légua toutes les possessions "françaises" de la Maison de Lorraine, dont Guise. Claude de Guise fut naturalisé français et créé duc et pair par François 1er, il fut le premier duc de Guise. Sa fille Marie de Guise épousa le roi Jacques V d’Écosse, et fut régente d’Écosse durant la minorité de leur fille Marie Stuart.

[24] La maison de Rohan est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Bretagne, où elle tient son nom de la terre de Rohan, dans le Morbihan. Elle est issue en ligne agnatique des vicomtes de Porhoët, dont la filiation suivie remonte à 1028. Elle fut au Moyen-Âge l’une des familles les plus puissantes du duché de Bretagne. Elle a formé plusieurs branches dont seule subsiste la branche de Rohan-Rochefort, ducs de Montbazon, ducs de Bouillon et princes autrichiens de Rohan, établie au début du 19ème siècle en Autriche

[25] La Paix d’Amboise, ou édit d’Amboise, est un traité de paix signé le 19 mars 1563 par Louis de Condé, chef des protestants, et Anne de Montmorency, chef de l’armée catholique. Signée à Amboise, elle confirme la liberté de conscience accordée par l’édit de janvier 1562, accorde l’amnistie aux calvinistes, mais restreint l’exercice du culte protestant en dehors des villes et sur les terres de certains seigneurs. Si elle marque la fin de la première guerre de religion, cette paix n’est que peu durable, puisque les affrontements reprennent quatre ans plus tard.

[26] La paix de Longjumeau est un traité de paix signé le 23 mars 1568, entre les chefs des armées royale et protestante.

[27] Le château de Vignay qui a été détruit était connu, Michel de l’Hospital y passa ses derniers jours et est inhumé dans l’église.

[28] Champmotteux est une commune française située à 58 kilomètres au sud de Paris dans le département de l’Essonne.

[29] Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes. Cet événement des guerres de Religion résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency. Il est le résultat d’une sauvage réaction parisienne, ultra-catholique et hostile à la politique royale d’apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d’Espagne, avivées par l’insurrection aux Pays-Bas. Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd’hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l’ordre royal. Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l’arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par la fureur du peuple, il n’avait pu les empêcher.

[30] Le château de Belesbat est un édifice situé sur le territoire de la commune de Boutigny-sur-Essonne.

[31] Les maîtres des requêtes ordinaires de l’hôtel du Roi étaient, depuis le Moyen Âge, des officiers propriétaires d’une charge extrêmement prestigieuse et devenue, sous Louis XIV, particulièrement coûteuse. Pour pouvoir devenir maître des requêtes, il fallait avoir exercé pendant six ans dans une cour supérieure (Parlement, Chambre des comptes) ; les enfants des magistrats de ces cours bénéficiaient d’une durée réduite de trois ans seulement. À l’origine, les maîtres des requêtes tenaient le tribunal des Requêtes de l’Hôtel. De cette fonction primitive subsiste, au 18ème siècle, l’usage selon lequel deux d’entre eux, les dimanches et jours de fête, accompagnaient le Roi à la messe et se tenaient près de son prie-Dieu puis le reconduisaient à son cabinet, pour recevoir sur le chemin les placets et les suppliques.

[32] à une vingtaine de kilomètres d’Étampes