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Gnaeus Papirius Carbo dit Carbon (consul en 85 av. jc)

jeudi 21 janvier 2021 (Date de rédaction antérieure : 29 juillet 2011).

Gnaeus Papirius Carbo dit Carbon (mort en 82 av jc)

consul en 85 av. jc

Emblème de la République romaine.Il fut un des plus chauds partisans de Marius. Étant préteur [1], il rendit “l’Édit Carbonien”. Cet édit, relatif aux mineurs à qui l’on contestait la qualité de fils légitime et le droit d’hériter, leur assurait la possession sous caution et ajournait la décision après l’âge de majorité.

En 86, Cornelius Cinna, détient le pouvoir à la suite du décès de Marius. Il nomme Carbon consul pour l’année 85 sans procéder à des élections, et de nouveau pour 84. Tandis que la calme règne à Rome même, tous 2 se préparent à la guerre contre l’armée de Sylla, actuellement occupée en Orient à combattre Mithridate VI. La mobilisation des troupes en Italie n’est pas facile, car Sylla est resté populaire, et une partie des citoyens mobilisés se refusent à la guerre civile. Cinna est tué dans une émeute de soldats provoquée par la brutalité de ses licteurs. Le Sénat romain somme Carbon d’organiser l’élection d’un consul remplaçant, mais des augures défavorables font reporter l’élection, circonstance qui permet à Carbon de rester consul unique, ce qui est illégal.

Il se montre maladroit vis-à-vis des cités italiennes, en exigeant contre l’avis du Sénat qu’elles lui livrent des otages, pour garantir qu’elles ne se rallieront pas à Sylla à son retour en Italie. Il opère lui-même cette sinistre collecte dans plusieurs cités, se heurtant parfois à un refus catégorique.

Sylla et son armée de retour d’Orient débarquent en Italie en 83, et la guerre civile commence. Carbon est consul pour la 3ème fois en 82 avec Caius Marius, le fils de Marius, quoique celui-ci n’ait pas l’âge requis pour le consulat. Tenu en échec à Arininum [2] par le jeune Pompée, il affronte Sylla à Clusium [3] en Étrurie [4] dans une bataille indécise. Quoique sa position ne soit pas désespérée, il abandonne ses troupes pour gagner l’Afrique, annonçant qu’il va y préparer des positions de repli en cas de défaite des marianistes.

Sylla, victorieux en Italie, le place en tête de liste de ses proscriptions, mettant sa tête à prix pour 48 000 sesterces.

Il fut capturé dans l’île de Pantelleria [5], chargé de chaînes et envoyé en Sicile [6], où Pompée le fit exécuter et envoya sa tête à Sylla.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de François Hinard, Sylla, Paris, Fayard, 1985 (réimpr. 2005), 327 p. (ISBN 2-213-01672-0).

Notes

[1] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[2] Rimini est une ville d’Italie, capitale de la province de Rimini, dans la région Émilie-Romagne. Située sur le littoral adriatique, entre l’embouchure de la Marecchia (l’Ariminus des Romains) et l’Ausa (Aprusa en latin), c’est l’une des plus grandes stations balnéaires d’Europe, grâce à ses quelque 15 km de plage sableuse et ses nombreux hôtels. Elle connut une histoire mouvementée après la chute de l’Empire romain d’occident, jusqu’au 13ème siècle où elle passa au pouvoir des princes de Malatesta qui la conservèrent jusqu’en 1528, date à laquelle elle passa au pouvoir des papes. Au 19ème siècle, Rimini s’imposa comme l’un des bastions de la cause de l’unité italienne.

[3] Chiusi est une commune italienne, située dans la province de Sienne, en Toscane. Clusium est le nom latin de la ville antique, membre de la dodécapole étrusque, dont le roi Porsenna entreprit une politique d’expansion territoriale et s’empara de Rome, et attaqua les Latins, avant d’être vaincu à la bataille d’Aricie en 507 av. jc, par Aristodème de Cumes. En 390 av. jc la ville est prise et saccagée par les gaulois de Brennos. En 295 av.jc, dans le cadre de la bataille de Sentinum, la région est ravagée par des troupes romaines.

[4] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.

[5] entre la Sicile et l’Afrique

[6] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.