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Areus 1er

mercredi 2 septembre 2020 (Date de rédaction antérieure : 29 juillet 2011).

Areus 1er (mort en 265 av.jc)

Roi de Sparte de 309 à 265 av. jc

Fils d’Acrotatos, fils aîné du roi Cléomène II. Acrotatos trouve la mort avant son père, qui décèdera en 309 av.jc.

Areus et Cléonyme, fils cadet de Cléomène, peuvent alors revendiquer le trône. La gérousie [1] tranche alors en faveur d’Areus, en application de la règle de porphyrogénèse [2]. Il est l’héritier du prince héritier. Cléonyme devient le régent d’Areus, alors en bas âge, et gouverne à sa place probablement jusqu’en 295-294 av. jc.

Avec Areus, Sparte [3] jouera de nouveau un rôle actif dans le monde grec. Elle reconstituera une Ligue du Péloponnèse [4], qui fut défaite en 281-280 av. jc par la Ligue étolienne [5]. Pendant la Guerre chrémonidéenne [6], il s’associe à Athènes et parvient à repousser Pyrrhus d’Épire hors de Laconie [7]. Il tente ensuite à 3 reprises de prendre Corinthe [8] aux Macédoniens [9]. Il trouve la mort pendant la 3ème.

Il est également à l’origine, en 294, des premières fortifications spartiates, certes rudimentaires, et des premières monnaies frappées, qui portent son effigie. C’est un roi fort, qui peut rivaliser avec les autres monarques hellénistiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de G. Marasco, Sparta alle inizi dell’ età ellenistica : il regno di Areo I (309-265/4), Cooperativa libraria universitaria studii Fiorentini, Florence, 1980.

Notes

[1] La gérousie est l’équivalent spartiate du Sénat : c’est un élément aristocratique et oligarchique, par opposition à l’assemblée du peuple. C’est une assemblée de 28 hommes âgés de plus de 60 ans, les gérontes, élus à vie, sans reddition de comptes. Cette limite d’âge correspond à la fin de l’astreinte du service militaire. Elle est présidée par les deux rois.

[2] Surnom attribué aux princes et princesses nés alors que leur père était empereur. C’était pour eux un moyen de renforcer leur légitimité au trône, la succession des Empereurs romains d’Orient n’étant réglée par aucune loi. L’origine du mot vient de la chambre du Grand Palais de Constantinople où accouchaient les femmes de la famille impériale : la Porphyra garnie de blocs de porphyre pourpre égyptien provenant du Mons Porphyrites, aujourd’hui le Jabal Abu Dukhani.

[3] Sparte était une ville-état de premier plan dans la Grèce antique . Dans l’Antiquité, la ville-état était connue sous le nom de Lacedaemon, tandis que le nom de Sparte désignait son établissement principal sur les rives de la rivière Eurotas en Laconie, dans le sud-est du Péloponnèse. Vers 650 av. jc, elle est devenu la puissance terrestre militaire dominante dans la Grèce antique. Compte tenu de sa prééminence militaire, Sparte fut reconnu comme le chef de file des forces grecques combinées pendant les guerres gréco-perses. Entre 431 et 404 av. jc, Sparte fut le principal ennemi d’ Athènes pendant la guerre du Péloponnèse

[4] La ligue du Péloponnèse était une alliance de cités grecques, dominée par la puissance spartiate, entre le 6ème siècle av. jc et le 4ème siècle av. jc. Elle est surtout connue pour avoir combattu la Ligue de Délos au moment de la guerre du Péloponnèse. L’expression Ligue du Péloponnèse est une expression contemporaine inventée par les historiens, afin de recouvrir ce que les contemporains appelaient « les Lacédémoniens et leurs alliés » ou « Sparte et ses alliés ». Sa puissance sera considérablement affaiblie par la création de la ligue d’Argos.

[5] La Ligue étolienne était une confédération de la Grèce antique centrée sur les cités d’Étolie en Grèce centrale. Cette ligue s’est constituée en 370 av. jc pour s’opposer à la Macédoine et à la ligue achéenne. À la mort d’Alexandre en 323, la ligue participe à la révolte des Grecs contre le pouvoir macédonien. Après la défaite des Grecs et la prise d’Athènes en 322, l’Étolie est sauvée de l’invasion macédonienne par l’évolution des affaires en Asie, qui détourne les forces des dirigeants macédoniens Antipatros et Cratère. Cette sauvegarde de son indépendance permet à la ligue de jouer par la suite un rôle de premier plan dans les affaires grecques

[6] La guerre chrémonidéenne est un conflit qui a lieu de 268 à 261 av. jc. Elle a pour élément déclencheur le décret de Chrémonidès (vers 267), qui est une véritable déclaration de guerre contre le royaume de Macédoine d’Antigonos II Gonatas de la dynastie des Antigonides. Ce conflit est une alliance de cités grecques menée par Athènes et Sparte, avec le soutien de Ptolémée II de la famille des Lagides. Elle tient son nom de l’auteur du décret à l’origine du conflit, l’homme politique athénien nommé Chrémonidès.

[7] La Laconie est une région historique de Grèce, située à l’extrême sud-est de la péninsule du Péloponnèse. De nos jours, la Laconie est un district régional de la périphérie de la Péloponnèse, entre la Messénie et l’Arcadie, dont la capitale est Sparte. C’est une longue vallée, entourée par des montagnes (Taygète, Parnon) sur trois de ses côtés, et débouchant sur la mer (golfe de Laconie) par le dernier.

[8] Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[9] Le royaume de Macédoine est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd’hui principalement à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l’ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l’est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l’État dominant du monde grec durant l’époque hellénistique. L’existence du royaume est attestée au tout début du 7ème siècle av. jc avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connaît un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l’origine de la conquête de l’immense empire perse et de l’expansion de l’hellénisme en Asie à la fin du 4ème siècle av. jc. Après sa mort, la Macédoine passe brièvement sous la tutelle des Antipatrides dans le contexte des guerres des diadoques. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu’en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.