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L’histoire pour le plaisir

Johannes Ockeghem

mercredi 1er décembre 2021, par ljallamion

Johannes Ockeghem (1410-1497)

Musicien

Johannes Ockeghem Musicien

On pense qu’il a été l’élève de Gilles Binchois. Il figure en premier sur la liste des vicaires chanteurs à Notre-dame d’Anvers [1] le 24 juin 1443 et y sert jusqu’en 1444.

Vers 1446 il est au service de Charles 1er duc de Bourbon [2], à Moulins [3] ; il y reste au moins jusqu’en 1448. Il passe ensuite la majeure partie de sa vie comme compositeur et maître de chapelle [4] à la cour de France, au service des rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII, qui le tiennent en haute estime.

Entre 1456 et 1459, il est trésorier de l’abbaye Saint-Martin de Tours [5], charge honorifique importante. En 1470, il voyage en Espagne et en 1484, il se rend à Bruges [6] et à Damme [7].

Avec ses contemporains Dufay et Josquin des Prés, Ockeghem se range parmi les plus grands maîtres de l’école franco flamande de la seconde moitié du 15ème siècle. Homme d’église, c’est dans la musique sacrée qu’il donne le meilleur de lui-même, parmi ses messes, on trouve le plus ancien Requiem polyphonique qui nous soit parvenu.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Agostino Magro, "Premierement ma baronnie de chasteauneuf ..." Jean de Ockeghem trésorier de Saint-Martin de Tours, C.E.S.R. - Tours, 1999

Notes

[1] Anvers est une ville belge dans la Région flamande, chef-lieu de la province d’Anvers et de l’arrondissement administratif du même nom, située au cœur de la Dorsale européenne. Sa véritable expansion ne remonterait selon l’historiographie classique qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les habitants agrandissent le légendaire Aanwerp, terrain surélevé de la primitive jetée qui donne son nom à Anvers. En 970, une fois l’ordre ottonien imposé, Anvers n’est encore qu’un poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard au 12ème siècle par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit d’abord vers le sud, comme le prouve l’installation de l’ordre des Prémontrés, attiré par les milieux urbanisé ou péri-urbanisé avec la construction suite à des dons seigneuriaux, sous l’égide de saint Norbert, de l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les décennies qui suivent, la ville continue à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans sa topographie.

[2] Le duché de Bourbon, plus communément nommé Bourbonnais, est une région historique et culturelle française. Cette ancienne province a pour chef-lieu Moulins et son territoire correspond approximativement au département de l’Allier, mais certaines portions se trouvent réparties dans des départements voisins, comme le Puy-de-Dôme et le Cher (arrondissement de Saint-Amand-Montrond). La province comme la famille doit son nom à la ville de Bourbon-l’Archambault, qui est le berceau de la première Maison de Bourbon, maison féodale apparue au 10ème siècle. Le Bourbonnais entre dans la famille royale par le mariage, en 1272, de Béatrice de Bourgogne, fille de Jean de Bourgogne, avec Robert de Clermont, fils puîné de Saint Louis. En 1327, il est érigé en duché-pairie par le roi Charles IV. La position géographique du Bourbonnais, situé entre le domaine royal et les duchés d’Aquitaine et d’Auvergne, intéresse particulièrement le pouvoir royal. Les Bourbons sont de tout temps serviteurs du trône, ils sont des conseils des rois en exerçant diverses fonctions (chambriers, connétables, régents). Cette alliance constante et fidèle facilite l’essor et la prospérité du Bourbonnais. Déjà dauphins d’Auvergne, les ducs de Bourbon se voient donner en garde le duché d’Auvergne. En 1531, le duché de Bourbonnais est rattaché à la Couronne de France, à la suite de la défection du connétable de France, Charles III de Bourbon. Ce territoire devient alors un gouvernement, puis une généralité, dont Moulins est le siège.

[3] Capitale historique du Bourbonnais, l’agglomération s’étend le long de l’Allier. L’histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des ducs de Bourbon, puisqu’elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu’en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon. En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis 1er Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre 1er. Le duché n’avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l’Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle. Les travaux qu’ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier ; autorisation de l’installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second. C’est avec Louis II Le Bon que Moulins devient effectivement capitale du duché, et, comme lieu de résidence des ducs, de facto la capitale des territoires sous leur administration

[4] Un maître de chapelle, à l’origine maître de musique, ou dans les pays allemands Kapellmeister, ou encore maestro di cappella en Italie, désigne une personne chargée, dans un cadre religieux chrétien, d’enseigner et de faire entendre la musique avant tout liturgique, et de composer des partitions polyphoniques essentiellement des motets au sein de la « chapelle musicale » d’une église.

[5] La charge d’Abbé Laique de Saint Martin de Tours avait une importance considérable dès le Haut Moyen-Age. A la fin du 8ème siècle, Charlemagne fait nommer Alcuin, un moine Anglais de son entourage, comme Abbé. Celui-ci et ses successeurs revitalisent les études et développent le Scriptorium pour faciliter la diffusion des manuscrits. Au milieu du 9ème siècle, l’Abbaye compte 200 chanoines, c’est à dire plus que l’Abbaye Saint Germain des Prés (120), à Paris et que l’Abbaye de Saint Denis (150). L’Abbaye de Saint Martin est alors la plus importante communauté religieuse de la Francie de l’Ouest.

[6] Bruges est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu et plus grande ville de la province de Flandre-Occidentale. Bruges apparaît au 10ème siècle en tant que place forte du comté de Flandre. En 1134, un raz-de-marée a pour conséquence bénéfique d’ouvrir un bras de mer, le Zwin, donnant un accès direct à la mer pour la ville, ce qui entraîne un développement urbain spectaculaire entre le 12ème et le 15ème siècle, avec le creusement de nombreux canaux. Forte de son indépendance communale symbolisée par son beffroi, Bruges devient une plaque tournante portuaire, commerciale et financière centrale dans l’Europe du Moyen Âge, reliant les pays de la mer du Nord et de la Baltique à la Méditerranée. Les riches marchands brugeois traitaient avec ceux de toute l’Europe.

[7] Damme est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Flandre-Occidentale.