Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 14ème siècle > La France, un modèle Français pour l’Europe

La France, un modèle Français pour l’Europe

mardi 28 août 2012, par ljallamion

La France, un modèle Français pour l’Europe

La France au 14ème siècle

Avec 15 à 20 millions d’habitants, la France est le pays le plus peuplé de l’Occident chrétien. Sa capitale en est aussi la plus grande ville, de très loin et son ascendant, au 13ème siècle, rayonne dans toute l’Europe. Paris domine une région, la France, notre actuelle Île-de-France qui a donné son nom au pays tout entier. La capitale concentre toutes les fonctions urbaines. Sa forte population, intra muros et faubourienne, constitue un gigantesque foyer de consommation, en partie à l’origine de la prospérité des foires de Champagne, Meaux étant le grenier à blé de Paris.

L’île de la Cité accueille le château, l’administration et la justice royaux, le pouvoir temporel et à l’autre extrémité de la Cité, la cathédrale Notre-Dame incarne l’autre pouvoir médiéval, celui de l’Église, le pouvoir spirituel. Né à Saint-Denis, au milieu du 12ème siècle où l’abbaye abrite désormais les tombeaux royaux, l’art gothique, art urbain de la lumière divine, marque Paris et toute 1’Ile de France, avant de se répandre dans toute l’Europe. Sur la rive droite, autour du port de Grève et des halles, concentre les milliers de boutiques d’artisans organisés par rues et en guildes, sous l’emprise de la hanse des marchands de l’eau et sur la rive gauche, l’Université, corporation de maîtres et d’étudiants, naît au début du 13ème siècle. De toute l’Europe, des étudiants accourent pour suivre l’enseignement des maîtres parisiens, comme Albert le Grand ou le dominicain Thomas d’Aquin. Le français se diffuse au sein des populations lettrées, le latin restant la langue des religieux, et dans toute l’Europe.

Une société en évolution

Si un redressement démographique a eu lieu, c’est que les cadres traditionnels de la société française ont tenu. Peu de villages ont été désertés à la différence de l’Angleterre. La reconstruction s’est faite dans les structures anciennes des paroisses, de la seigneurie. Même si la bourgeoisie des villes commence à s’affirmer, le royaume abrite avant tout une société rurale, pour 90% de la population.

Des forces productives limitées

Les techniques agricoles restent les mêmes, depuis les progrès des 11ème et 12ème siècle, et demeureront à peu de choses près identiques jusqu’au 18ème siècle. Les rendements agricoles, faibles de 4 à 6 pour 1, dépendent avant tout des conditions climatiques. Le gel, la pluie, 1a sécheresse peuvent gâter les récoltes. La pénurie de grains, la cherté des blés, base de l’alimentation, l’absence de surplus entraînent disette ou famine dans les campagnes et les villes. En ville, les classes aisées cessent tout achat non indispensable pour leur survie, artisans, commerçants sont privés de revenus. C’est le "modèle" de la crise de subsistance d’Ancien Régime.

C’est le 11 juillet 1315 que Louis X, qui comme son père Philippe IV le Bel ne cesse pas d’être à court d’argent, affranchit ses serfs moyennant finances Pour remplir ses caisses.

Réglementation nouvelle pour le métier d’Épicier

Tantôt le nom d’épicier s’appliquait aux simples chandeliers ou fabricants de bougie, tantôt il s’étendait à cette classe intermédiaire entre les empiriques et les médecins, qu’on appelait les apothicaires. Rarement signifiait-il, au moyen âge, le marchand de menus comestibles comme nous le comprenons de nos jours.

Nous retrouvons les épiciers fabriquant la bougie dans une ordonnance de 1312, où il leur est formellement enjoint de vendre de la bougie sans suif, à peine de confiscation de la marchandise. Ils doivent aussi se servir de balances justes et ne point tricher sur les poids. Nul ne pouvait peser les marchandises en gros s’il faisait lui-même commerce d’épicerie. De même il était interdit aux courtiers de vendre pour leur compte les produits qu’ils étaient chargés de placer. Cette ordonnance un peu sévère s’étendit aux épiciers courant les foires de Champagne, par mandement spécial du roi.

Quelques années plus tard, nous les retrouvons, mêlés aux apothicaires dont ils suivront le sort pendant 200 ans. En 1336, le prévôt de Paris rappelait aux apothicaires épiciers qu’ils étaient forcés de soumettre aux maîtres de la médecine tous opiats ou autres drogues débitées dans leurs officines. On alla plus loin sous le roi Jean, et on prit ces marchands par leur côté honnête, ce qui était un peu simple pour le temps, on prétendit obtenir qu’ils ne falsifiassent point leurs marchandises, en réclamant d’eux un serment solennel, l’histoire ne dit pas ce qu’il advint de cette mesure singulièrement naïve. Vers le milieu du 14ème siècle, grâce au négoce avec les pays du Levant, les épiciers se fournissaient plus facilement de drogues et produits levantins dont la mode s’empara. Il fut alors de bon ton de s’offrir réciproquement des "espices ou drogues" en cadeau, et il arriva souvent que pour hâter les juges somnolents, le client riche recourut à ces "blandices". Les magistrats acceptèrent d’abord timidement, puis ouvertement, si bien qu’en moins d’un demi-siècle les épices se payaient couramment en toutes causes.

Une renaissance urbaine

Soutenues par les rois dans leur lutte contre les barons, leurs franchises affaiblissant d’autant les seigneurs, les villes se développèrent, entraînées par l’expansion économique de l’Occident. Au lendemain des croisades, la Méditerranée, débarrassée des flottes musulmanes, était contrôlée par les Européens. Ces grands négociants bourgeois prennaient conscience de leur pouvoir et commençaient à revendiquer une place dans l’ordre politique. Profitant des troubles de la guerre de Cent Ans, le prévôt des marchands de Paris Etienne Marcel conduit, en 1358, en parallèle avec la "jacquerie", une véritable révolution, dont l’objectif était de contrôler la monarchie. Réprimée, cette révolution n’empêcha pas l’ascension durable de la bourgeoisie, présente dans les états généraux, présente aux côtés des nobles et du clergé dans l’administration royale, présente dans la fortune foncière, présente parmi les grands financiers du roi.

C’est en 1370, afin de s’adapter à la superficie toujours grandissante de la ville, et de remplacer l’enceinte de Philippe Auguste, qui tombait en ruine, que Charles V fit construire une nouvelle enceinte de Paris, dont le tracé correspond à celui de nos grand boulevard, qui relient aujourd’hui la Bastille à la Madeleine. Dès lors et pendant les quatre siècles suivants, l’organisation de Paris se fera de façon planifiée.

Sur la rive gauche les bourgs de Saint-germain des Prés et de Notre -Dame des Champs s’entourent de murs. Charles V rénove le Louvre et entreprend la construction de la Bastille. Au cours de la guerre de Cent Ans, l’insécurité qui règne oblige les villes à consolider leurs fortifications. Dans les campagnes, les églises constituent un lieu de refuge et beaucoup se fortifient comme Bouresse qui dépendait de Nouaillé, Château Larcher. En 1356, l’abbaye de Nouaillé devait présenter elle aussi une enceinte fortifiée, dissuasive pour de simples pilleurs, mais peu capable de résister à de puissantes armées comme celles qui venaient d’arriver. L’abbaye n’a peut-être pas subi de destructions lors de la bataille, mais il apparaît bien probable qu’elle ait reçu des visites de soldats intéressés par les vivres importants qu’elle détenait. On sait que les Anglais en étaient démunis. Que le monastère ait voulu éviter toute résistance, cela est bien possible, voire même faire bonne figure aux Anglais, surtout quand on songe en quels termes obséquieux l’abbé rend hommage, en 1363, au Prince de Galles, devenu seigneur du Poitou. Mais la violence des temps obligeait à bien des accommodements.

Destructions des gens de guerres, brigandages, violences de tous ordres affectaient profondément la vie dans les campagnes. Des terres furent abandonnées. Les friches s’installèrent. Les moulins furent pillés, dévastés, comme en 1361 celui de Baptresse qui appartenait à l’abbaye.

Premières bibliothèques royales : De saint Louis à Charles V

En 1254, de retour de croisade, Louis IX, inspiré par un sultan sarrasin qui, disait-on, avait rassemblé pour ses coreligionnaires des textes sacrés, décida de réserver à l’intention des lettrés et des ecclésiastiques de son entourage, un lieu sûr et inviolable, le troisième étage de la chapelle du Palais, édifiée à côté de la Sainte-Chapelle, et sur son modèle où il installe à côté du Trésor des chartes les archives du Royaume, les transcriptions des Écritures, les textes intégraux des Pères de l’Église.

À la mort du roi, la bibliothèque fut dispersée entre les abbayes de Royaumont et de Compiègne et les Ordres mendiants de Paris. Ses successeurs recommencèrent, à chaque nouveau règne mais avec une envergure chaque fois moindre, à réunir des livres. Seul Jean le Bon, roi en 1350, parvint à transmettre une partie de ses manuscrits à ses fils Jean de Berry et Charles V.

Charles V va enrichir sa bibliothèque avec méthode. En 1367-1368, celui-ci déménagea ses livres du Palais de l’île de la Cité et les installa au château du Louvre, dans la tour de la Fauconnerie. On comptait alors 910 volumes, presque autant qu’à la Sorbonne. Les manuscrits furent posés à plat, le long des murs, sur 3 étages. Bibliothèque encyclopédique qui couvrait tous les champs du savoir, la « Librairie royale » répondait à un projet politique, elle rassemblait des ouvrages propres à fournir méthodes et exemples pour bien gouverner, destinés à former une élite administrative.

Le roi mit en oeuvre une véritable politique de vulgarisation du savoir, en faisant traduire un très grand nombre d’auteurs latins et en accordant des prêts pour copies. La langue de culture devient désormais le français. La librairie de Charles V servira de modèle aux bibliothèques aristocratiques pour la constitution d’une collection de textes intégraux en français.

Charles VI sera le premier roi de France à hériter de la bibliothèque de son père, mais il ne pourra la conserver dans son intégralité. En 1425, elle fut finalement rachetée par le duc de Bedford, régent de France, qui la transporta en 1429 en Angleterre où elle sera irrémédiablement dispersée à sa mort.

Naissance du franc

Le droit de battre monnaie, se clarifie sous Philippe II Auguste qui crée une véritable monnaie royale. Les petits deniers du domaine disparaissent et sont remplacés par le denier royal "Le Parisis" lui-même en concurrence avec le denier "Tournois" de l’ouest de la France. Unités conventionnelles qui ne correspondent pas à des poids déterminés de métal fin. Le denier "Tournois", sera officiellement adopté par Saint-Louis. La livre "Parisis" divisée en 20 sous et 240 deniers continue à être battue et ne sera supprimée qu’en 1667 par Louis XIV.

Le roi Jean II le Bon avait été fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Il subit une longue captivité en Angleterre et doit payer au roi Édouard III une énorme rançon, environ 3 millions de livres tournois, soit 12,5 tonnes d’or. Le royaume est ruiné et pour obtenir une partie de la rançon, il accepte une mésalliance avec le riche duc de Milan, Galéas Visconti. A ce marchand de médiocre extraction, il "vend" sa fille Isabelle contre 600.000 livres. Édouard III accepta de libérer son prisonnier après un premier versement de 400.000 livres. Mais le roi de France dut s’engager à verser le reste et pour cela endetta son pays à la légère.

Sur le chemin du retour, à Compiègne, le roi prend 3 ordonnances, le 5 décembre 1360. Par ces textes, il institue de nouvelles taxes dont un impôt sur le sel, la gabelle, qui deviendra très vite des plus impopulaires. Il crée aussi une nouvelle monnaie, le "franc". La nouvelle pièce commémore la libération du monarque. Le nom de la nouvelle monnaie évoque cette libération. "Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours", dit le roi dans son ordonnance. Elle est aussi destinée à réalimenter le pays en monnaie de bon aloi.

Le franc vient en complément de la livre tournois. La pièce est en or fin et pèse 3,88 grammes. Elle représente le roi à cheval. Une version ultérieure le représentera à pied.