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Ottokar II de Bohême

mardi 10 mars 2020 (Date de rédaction antérieure : 27 mai 2012).

Ottokar II (1230 -1278)

Roi de Bohême de 1253 à 1278

Ottokar II Roi de Bohême de 1253 à 1278

Fils de Venceslas 1er Premysl et de Cunegonde de Hohenstaufen dite Cunégonde de Souabe et petit fils de Philippe de Souabe. Du vivant de son père, il règne sur la Moravie [1]. En 1252, il épouse Marguerite d’Autriche , sœur de Frédéric II d’Autriche dit Frédéric le Batailleur et héritière de l’Autriche [2] et de la Styrie [3] dont il divorce à l’automne 1261.

Il s’assure l’appui de la bourgeoisie des villes et de la petite noblesse des chevaliers. Il procède à une colonisation massive avec des Allemands pour développer l’exploitation des mines d’argent découvertes sur le pourtour de la Bohême. Il participe à une croisade avec les chevaliers teutoniques [4] en Prusse et fonde avec eux la forteresse de Königsberg [5] en1254. En Europe centrale, à la suite d’héritages, il annexe la Carinthie [6], la Carniole [7] et la Styrie, constituant un vaste empire, de la Bohême à l’Adriatique.

En 1260, il vainc Etienne V de Hongrie à Kroissenbrunn [8]. Celui-ci doit céder à la Bohême la Silésie [9], la Slovaquie [10], la Lusace [11], l’Autriche et la Styrie.

Il épouse en 1261, Cunégonde de Slavonie fille de Rotislav de Tchernigov et Halicz et petite fille de Béla IV de Hongrie.

En 1272, il pose sa candidature au titre de “roi des Romains” mais en est écarté au profit de Rodolphe 1er de Habsbourg. Une guerre s’ensuit dans laquelle il perd toutes ses conquêtes de la région des Alpes. En 1276, Rodolphe 1er et ses alliés mettent le siège devant Vienne. Le 26 novembre, Ottokar II de Bohême cède l’Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole à l’empereur augmentant considérablement la puissance des Habsbourg. Il ne conserve que la Bohême et la Moravie.

Il est vaincu et tué à la bataille de Marchfeld [12] le 26 août 1278 dans le Marchfeld, près de Vienne par l’empereur Rodolphe 1er de Habsbourg. Rodolphe met la Bohême sous sa domination et s’attribue les possessions autrichiennes du vaincu.

Rodolphe II d’Autriche , fils de l’empereur, épouse Agnès, fille d’Ottokar, etWenceslas, fils d’Ottokar, épouseJudith dite Gutta, fille de Rodolphe.

Notes

[1] La Moravie est une région d’Europe centrale, formant aujourd’hui la partie orientale de la République tchèque. Ses villes principales sont Brno et Olomouc. Dans le premier tiers du 11ème siècle, la Moravie est rattachée à la Bohême. La Moravie est aujourd’hui entourée par la Bohême à l’ouest, l’Autriche au sud, la Slovaquie à l’est, la Silésie et la Pologne au nord.

[2] Le duché d’Autriche fut un État du Saint Empire romain au Moyen Âge. À l’origine, le margraviat d’Autriche (Ostarrîchi), gouverné par la maison de Babenberg depuis 976, faisait partie du duché de Bavière. Il était détaché sous forme d’un duché autonome en l’an 1156 par le Privilegium Minus de l’empereur Frédéric Barberousse. La résidence des ducs d’Autriche ètait à Vienne. Après l’extinction de la lignée des Babenberg et la défaite du roi Ottokar II de Bohême dans la bataille de Marchfeld en 1278, le duché fut dirigé par les Habsbourg qui au cours du 14ème siècle étaient également arrivés à la tête des plusieurs pays limitrophes au sud-est de l’Empire. En 1359, le duc Rodolphe IV d’Autriche, à l’aide d’un faux document le Privilegium Maius s’est élevé au rang d’archiduc (Erzherzog) ; ce titre fut reconnu par son descendant, l’empereur Frédéric III, en 1453, ce qui marque donc la naissance de l’archiduché d’Autriche, le socle de la monarchie de Habsbourg.

[3] En 1180, la Styrie, qui était jusqu’alors une partie du duché de Carinthie, devient elle-même un duché. En 1192, entre en application le traité de Georgenberg, conclu en 1186, selon lequel la Styrie était devenue une partie de l’Autriche. En raison des divisions des héritiers Habsbourg, la Styrie devient la partie centrale de l’Autriche Intérieure.

[4] L’ordre Teutonique est fondé en Terre sainte, à Saint-Jean-d’Acre, du temps des Croisades et, à l’instigation de l’évêque Wolfgar d’Erla, reconnu comme ordre hospitalier en 1191 par le pape Clément III. Il a pour racine l’hôpital Sainte-Marie-des-Teutoniques à Jérusalem, fondé en 1128 par des pèlerins germaniques originaires de Brême et de Lübeck pour soigner leurs compatriotes, grâce aux fonds du duc Frédéric de Souabe. À l’origine simple communauté religieuse charitable venant en aide aux pèlerins chrétiens malades auprès de cet hôpital, il est réorganisé en ordre militaire vers 1192 et obtient la reconnaissance officielle du pape Innocent III en 1198. Il est composé pour l’essentiel de chevaliers allemands ou teutons. Ce sont les dons que les malades font à l’ordre qui permettent de financer la défense d’une section de mur, puis de deux tours et enfin de plusieurs villes en terre sainte. Petit à petit l’ordre se dote d’une force de frappe militaire importante et participe aux guerres contre les Maures. Le premier grand maître Heinrich Walpot est élu en Terre Sainte où il fait bâtir une église et un hôpital. L’ordre teutonique s’implante également en Suisse actuelle en 1199, en Thuringe en 1200, dans le sud du Tyrol en 1202, à Prague et en Bohême en 1202, et à Liège en 1259. L’Ordre compte en 1220, une douzaine de maisons en Terre Sainte, en Grèce, en Italie méridionale et en Germanie.

[5] Le château de Königsberg (en allemand : Königsberger Schloss) était un château situé à Königsberg, en Prusse-Orientale (en Allemagne et depuis 1946 sur le site de Kaliningrad, en Russie). Détruit après-guerre, il est remplacé pendant les années 1960 par la Maison des Soviets de Kaliningrad. Le château était constitué d’une cathédrale, d’un musée et de bâtiments administratifs. Le château fut érigé au 1er siècle par les Goths près de la rivière Pregel sous le nom de forteresse « Tuwangste ». Après la conquête de la région par les chevaliers teutoniques en 1255, le château de Königsberg connut une période de développement à partir de 1257 avec le grand maître des Chevaliers Teutoniques, Burchard von Hornhausen. Le château fut largement agrandi et reconsolidé en plusieurs étapes au 16ème siècle. Après le bombardement de Königsberg par la Royal Air Force lors de la Seconde Guerre mondiale en 1944, le château fut complètement détruit

[6] La Carinthie est limitrophe à l’ouest du Tyrol oriental, au nord et nord-est du Land de Salzbourg, de la Styrie, au sud de la province frontalière de Carinthie sur le territoire de la Slovénie, et de l’Italie (région italienne de Frioul-Vénétie julienne).

[7] La marche de Carniole ou margraviat de Carniole était une marche dans le sud-est du Saint Empire romain. Soumis au pouvoir des ducs de Carinthie au début, un margraviat autonome en Carniole fut établi en 1040. Il a existé jusqu’à son élévation en duché sous le règne des Habsbourg en 1364.

[8] La bataille de Kressenbrunn a eu lieu en juillet 1260 près de Groissenbrunn en Basse-Autriche entre le royaume de Bohême et le royaume de Hongrie pour la possession des duchés d’Autriche et de Styrie. Les forces de Bohême étaient dirigées par le roi Ottokar II Přemysl, tandis que les Hongrois étaient dirigés par le roi Béla IV

[9] La Silésie est une région qui s’étend sur trois États : la majeure partie est située au sud-ouest de la Pologne, une partie se trouve au-delà de la frontière avec la République tchèque et une petite partie en Allemagne.

[10] Pays situé en Europe centrale, au cœur de l’Europe continentale et à l’est de l’Union européenne. Ses pays frontaliers sont la Pologne au nord, l’Ukraine à l’est, la Hongrie au sud, l’Autriche à l’ouest et la République tchèque à l’ouest-nord-ouest. Slavisé au 5ème siècle, le territoire slovaque constituait le cœur de la Grande-Moravie et, à partir du 11ème siècle, une partie du Royaume de Hongrie (bien qu’il fût temporairement occupé par la Pologne au 11ème siècle).

[11] La Lusace est une région du nord-est de l’Allemagne, aux confins de la Pologne (Silésie) et de la République tchèque (Bohême), à l’est de la Saxe et au sud du Brandebourg. On distingue deux parties : Haute Lusace et Basse Lusace. La Lusace est toujours habitée par la minorité slave des Sorabes dont les ancêtres, le peuple des Milceni s’installèrent sur ce territoire au 9ème siècle. La Lusace fut province hongroise de 1469 à 1490.

[12] La bataille de Marchfeld eut lieu le 26 août 1278, entre les villages de Dürnkrut et Jedenspeigen, en Basse-Autriche et fut un événement décisif pour l’histoire de l’Europe centrale pour les siècles à venir. Cet affrontement opposa les forces impériales, dirigées par Rodolphe de Habsbourg et son allié Ladislas IV de Hongrie, à celles du royaume de Bohême, menées par le roi Ottokar II, et se termina par la victoire des premiers.