Edmond de Langley (1341-1402)
Comte de Cambridge à partir de 1362-Duc d’York en 1385-Chevalier de l’ordre de la Jarretière en 1361
Il était le 4ème fils du roi Édouard III et de Philippa de Hainaut. Il est le fondateur de la maison d’York [1], une des branches rivales lors de la guerre des Deux-Roses [2].
À sa naissance en 1341, Edmond a pour parrain le comte de Surrey [3], un proche de son grand-père paternel Édouard II. Ce dernier meurt en 1347 et Edmond reçoit ainsi certaines de ses terres dans le Yorkshire [4].
En 1359, Edmond accompagne son père Édouard III lors d’une expédition militaire en France, qui échoue devant Reims.
En 1361, Edmond est élu à l’ordre de la Jarretière [5] et, l’année suivante, il est créé comte de Cambridge [6].
En 1369, il accompagne Jean de Hastings lors d’une chevauchée avec 400 archers et 400 fantassins en Bretagne et à Angoulême [7]. L’année suivante, il part mettre à sac Limoges [8] avec son frère aîné Édouard de Woodstock. En 1375, il essaie de défendre sans succès Brest [9] avec l’aide du comte de March Edmond Mortimer .
Il épouse en premières noces, à Hertford [10], le 11 juillet 1372, Isabelle de Castille et de Léon , une des filles de Pierre le Cruel et de Marie de Padilla . Ils eurent 3 enfants
Edmond est nommé connétable du château de Douvres [11] et lord gardien des Cinq-Ports [12] de 1376 à 1381.
En 1381, Edmond participe à une expédition militaire en Castille [13] depuis le Portugal [14] dans le cadre des guerres fernandines [15]. Après plusieurs mois de combats indécis, Edmond rentre bredouille avec ses troupes en Angleterre.
Edmond est élevé au titre de duc d’York [16] par son neveu le roi Richard II le 6 août 1385.
Dans le testament de Richard, qui reste sans héritier, Edmond est grandement favorisé et pressenti comme héritier du trône, bien que son petit-neveu Roger Mortimer 4e comte de March et son frère Jean de Gand soient plus proches de Richard en termes de primogéniture. Cela ne résultait pas d’une quelconque préférence que Richard avait pour Edmond mais du souhait du roi de voir Édouard, fils aîné d’Edmond et cousin préféré de Richard, sur le trône.
Edmond est nommé régent du royaume d’Angleterre en 1394 et 1395 durant les expéditions du roi Richard II en Irlande. En 1396, il est brièvement gardien du royaume lorsque Richard part en France chercher sa fiancée Isabelle de Valois.
Au printemps 1399, Richard part pour une dernière expédition en Irlande. En juillet 1399, Henri Bolingbroke, fils de Jean de Gand et exilé en France par le roi, revient reprendre ses terres qui avaient été confisquées par le roi. Edmond, alors régent, ne lève pas d’armée pour repousser son neveu, qui gagne en soutiens. Richard, revenu en catastrophe, est emprisonné par Bolingbroke et forcé à abdiquer le 29 septembre 1399.
Henri Bolingbroke, devenu le roi Henri IV, récompense Edmond de sa fidélité en le nommant quelque temps gardien des Marches [17].
Retiré à Kings Langley [18], Edmond meurt en 1402. Son fils aîné Édouard d’York hérite de ses titres.
Notes
[1] La maison d’York est une branche cadette de la dynastie Plantagenêt qui a combattu la maison de Lancastre lors de la guerre des Deux-Roses. Son emblème est la rose blanche. Les recherches génétiques permirent de prouver qu’ils ne descendent pas de la famille Plantagenêt et sont donc illégitimes.
[2] La guerre des Deux-Roses désigne un ensemble d’affrontements, constituant globalement une guerre civile discontinue, qui eut lieu en Angleterre entre la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York. Elle est appelée ainsi en référence aux emblèmes des deux maisons, la rose rouge de Lancastre et la rose blanche d’York ; cette référence ne se fait pour autant qu’a posteriori, la rose de Lancastre n’ayant été utilisée comme emblème pour cette maison qu’à partir de 1485, à la dernière bataille du conflit. Cette guerre des roses est liée aux droits de succession de la couronne d’Angleterre. Elle débute en 1455 et prend fin en 1485, quand le dernier des rois de la maison d’York, Richard III, meurt sur le champ de bataille et que Henri Tudor devient roi sous le nom d’Henri VII, fondant la dynastie des Tudor. Il réunit ainsi les deux maisons royales issues de la même branche en se mariant à Élisabeth d’York, et permet la fin de la guerre entre les maisons de Lancastre et d’York ; il choisit également pour emblème la rose Tudor, qui fusionne les deux autres.
[3] Le titre de comte de Surrey a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre, et le titre duc de Surrey une seule fois. Le titre a été créé la première fois en 1088 pour Guillaume de Warenne, par le roi Guillaume II le Roux, pour son assistance dans la rébellion de 1088. Celui-ci ainsi que ses descendants, probablement parce qu’ils tenaient peu de propriétés en Surrey (aucune en 1086), se sont toujours fait appeler comte de Warenne ou comte Warenne. Par la suite, le titre fut officieusement nommé Warenne. En 1148, Guillaume (III) de Warenne décède sans descendance mâle. Il n’a qu’une seule fille, Isabelle de Warenne, qui devient donc une très riche héritière. Elle est successivement mariée à Guillaume, fils du roi Étienne d’Angleterre, puis à Hamelin, demi-frère illégitime du successeur d’Étienne, Henri II d’Angleterre.
[4] Le Yorkshire est un comté traditionnel d’Angleterre. Ce comté, le plus vaste du Royaume-Uni, est administrativement divisé entre quatre comtés cérémoniaux : le Yorkshire du Nord, le Yorkshire de l’Ouest, le Yorkshire du Sud et le Yorkshire de l’Est. Malgré cela, le Yorkshire est toujours considéré comme une entité culturelle et géographique unique.
[5] Le très noble ordre de la Jarretière est le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques, fondé le 23 avril 1348 le jour de la Saint Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III. Cet ordre de chevalerie, le plus ancien qui subsiste encore au 21ème siècle, rassemblait autour du souverain 25 chevaliers, membres à part entière. Les hommes sont appelés « chevaliers compagnons ». Des femmes ont été associées à l’ordre, mais n’ont jamais été membres avant le règne d’Édouard VII. Elles sont alors nommées « dames de la Jarretière ».
[6] Le titre de comte de Cambridge a été créé à plusieurs reprises dans la pairie d’Angleterre. Le titre a été étroitement associé à la famille royale d’Angleterre. James Hamilton, le premier comte de la quatrième création fut sixième dans l’ordre de succession au trône d’Écosse. À partir de 1664, le titre de duc de Cambridge lui succède dans ce rôle.
[7] Angoulême est une commune du Sud-Ouest de la France, préfecture du département de la Charente. Ancienne capitale de l’Angoumois sous l’Ancien Régime, Angoulême a longtemps été une place forte convoitée, en raison de sa position de carrefour de voies de communication importantes, et a subi de nombreux sièges. Jean Calvin, promoteur du protestantisme et ami de Louis du Tillet, archidiacre d’Angoulême, obligé de fuir Paris en 1533, se réfugie à Angoulême et dans les grottes de Rochecorail à Trois-Palis. Il y rédige une partie de l’Institution de la religion chrétienne dont la première édition est publiée en latin à Bâle en 1536. Angoulême est touchée par la révolte des pitauds : en 1541, la gabelle est imposée à la Saintonge et à l’Angoumois. Ces provinces ne payaient cet impôt sur le sel. La révolte éclate autour d’Angoulême, et les paysans des campagnes environnantes prennent la ville en juillet 1548. Lors de la première guerres de Religion, la ville prend les armes : elle est reconquise en 1563 par Montpensier. En 1565, Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal, accompagné de la cour. En octobre 1568, la ville est prise par les protestants.
[8] À partir du 12ème siècle, Limoges, lieu de couronnement traditionnel des ducs d’Aquitaine, est l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d’Aquitaine. La majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Plantagenêts et Capétiens. Richard Cœur de Lion est couronné duc d’Aquitaine lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis, dans la grande tradition des monarques d’Aquitaine, à Limoges en 1172. À la tête de l’empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges. Au 14ème siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux événements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre la Cité et le Château, les bourgeois (par leurs consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.
[9] Brest est une commune française, chef-lieu d’arrondissement du département du Finistère. C’est un port important, deuxième port militaire en France après Toulon, situé à l’extrémité ouest de la Bretagne. En 1593, Henri IV donne à Brest le titre de ville et en 1631, Richelieu fait de Brest un port militaire. Il crée alors le port et les arsenaux, sur les rives de la Penfeld. Ces constructions nécessitèrent une main-d’œuvre abondante qu’il fallut loger. Brest est avec Toulon, le seul port capable d’accueillir des grands vaisseaux de guerre au 17ème siècle. Ces derniers, qui sont de plus en plus lourds à cause du poids de plus en plus élevé de leur artillerie, nécessitent des tirants d’eau de plus en plus importants, soit 7 m après 1680. Le site est cependant sous dominante de vents d’ouest, ce qui rend difficile la sortie des escadres, problème qui ne sera résolu qu’avec l’apparition de la vapeur, au 19ème siècle.
[10] Hertford est une ville britannique située en Angleterre de l’Est. Elle donne son nom au Hertfordshire, dont elle est également le chef-lieu.
[11] Le château de Douvres est situé sur une colline dominant la Manche, au nord-est du port de Douvres, comté de Kent en Angleterre. Ce château possède un grand avantage : c’est le point d’Angleterre le plus proche du continent européen. La place était sans doute fortifiée depuis l’âge du fer, bien avant la conquête romaine. Les Romains érigèrent un phare qui se dresse toujours dans l’enceinte du château, et les Saxons une église. Guillaume le Conquérant a étendu des fortifications existantes à cet endroit en 1066, mais c’est Henri II qui en a fait le château actuel en y ajoutant, en 1180, le donjon entouré d’un mur d’enceinte. À travers les siècles, les défenses ont toujours été élargies et améliorées car le château a tenu un important rôle militaire. Un labyrinthe de tunnels et des chambres secrètes furent aménagés sous le château pour mieux en assurer sa défense.
[12] Les Cinq-Ports désignent plusieurs ports de la côte méridionale de l’Angleterre, qui jouissent de certains privilèges au Moyen Âge en échange de la fourniture d’une flotte de guerre et de transport à la Couronne anglaise. Les Cinq-Ports formaient une province militaire et administrative à part entière.
[13] Le royaume de Castille est un ancien royaume du Moyen Âge qui trouve ses origines au nord de la péninsule Ibérique, dans l’actuelle Espagne. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s’étend depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu’à l’Andalousie au sud et comprend la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique. En 1037, date à laquelle Ferdinand 1er fonde le Royaume uni de Castille et León. En 1058, Ferdinand est à l’origine d’une série de guerres contre les Maures, se lançant à la conquête de ce qui allait devenir la Nouvelle-Castille (bataille d’Alarcos et bataille de Las Navas de Tolosa). La région s’agrandit particulièrement sous le règne d’Alphonse VI (1065-1109) et d’Alphonse VII (1126-1157). Sous Alphonse X, la vie culturelle du royaume se développe, mais une longue période de conflits internes suit. En 1469, le mariage de Ferdinand II d’Aragon (plus tard Ferdinand V de Castille) et d’Isabelle 1ère de Castille initie l’union des royaumes d’Aragon et de Castille et, par la suite, de l’ensemble de l’Espagne.
[14] Le royaume de Portugal est le régime politique du Portugal de 1139 à 1910. Cet État situé dans la partie occidentale de la péninsule Ibérique est également connu sous le nom de royaume du Portugal et des Algarves après 1415 et sous le nom de Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves entre 1815 et 1822. Le Portugal est une monarchie traditionnelle et absolue jusqu’en 1822. Il alterne ensuite entre l’absolutisme et la monarchie constitutionnelle de 1822 à 1834, avant d’adopter définitivement le constitutionnalisme en 1834. L’ancêtre de l’État portugais est le comté de Portugal, établi en 868 par Vímara Peres, un vassal du roi des Asturies, dans le cadre de la Reconquista. Le comté devient une partie du royaume de León en 1097, et les comtes portugais s’affirment comme les dirigeants d’un royaume indépendant au 11ème siècle, après la bataille de São Mamede en 1128 et le couronnement du roi Alphonse Ier en 1139. Le royaume est gouverné par la dynastie alphonsine jusqu’à la crise de 1383-1385, après quoi la monarchie passe entre les mains de la dynastie jeanine. Au même siècle, le Portugal noue une alliance avec l’Angleterre par un traité en 1373, ce qui constitue à ce jour l’alliance diplomatique et militaire la plus ancienne de la planète. Au cours des 15ème siècle et 16ème siècle, les découvertes portugaises établissent un vaste empire colonial. De 1580 à 1640, le Portugal est en union personnelle avec l’Espagne des Habsbourgs. Après la guerre de Restauration de 1640 à 1668, le royaume passe de la maison de Bragance puis à la maison de Bragance-Saxe-Cobourg et Gotha. À partir de cette époque, l’influence du Portugal commence à décliner, mais il reste encore une puissance majeure en raison de sa colonie la plus importante, le Brésil.
[15] Les guerres fernandines sont le nom donné aux conflits qui opposent Ferdinand 1er de Portugal et Henri II de Castille, puis le fils de ce dernier Jean 1er, pour le trône de la couronne de Castille, conséquence de la mort du roi Pierre 1er de Castille.
[16] Duc d’York est un titre de noblesse de la pairie du Royaume-Uni associé à la ville d’York. Depuis le 15ème siècle, il est généralement attribué au deuxième fils du monarque britannique. Depuis 1461, le titre n’a jamais été transmis ; soit les porteurs n’ont pas eu de descendance masculine, soit ils sont devenus rois d’Angleterre.
[17] Le titre de gardien des Marches était une fonction officielle dans les gouvernements d’Angleterre et d’Écosse au Moyen Âge. Ses titulaires avaient la charge d’assurer la sécurité de la frontière entre les deux nations et prenaient souvent part aux campagnes militaires. Les marches des deux côtés de la frontière étaient traditionnellement divisées entre l’ouest, le milieu et l’est, chacune ayant son propre gardien dans de rares cas, tels celui de la famille de Percy au 14ème siècle, une seule famille réunissait la garde de l’ensemble des marches. Cette charge devint inutile après l’union des Couronnes d’Angleterre et d’Écosse sous le roi Jacques 1er en 1603 et fut donc supprimée.
[18] Kings Langley est un village d’Angleterre à 34 km au nord-ouest du centre de Londres, sur le flanc sud des Chiltern Hills, qui fait maintenant partie de l’agglomération londonienne. Ce fut autrefois le lieu où se trouvait le palais royal des Plantagenêt, rois d’Angleterre. L’église du 12ème siècle abrite la tombe d’Edmond de Langley, duc d’York.