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Jean III Sobieski

dimanche 28 juin 2026, par lucien jallamion

Jean III Sobieski (1629-1696)

Roi de l’Union de Pologne-Lituanie de 1674 à 1696-Grand-duc de Lituanie

Fils de Jakub Sobieski de Janina, voïvode [1] de Ruthénie [2] et Kasztelan [3] de Cracovie [4] et de Zofia Teofillia née Daniłowicz , petite-fille du Hetman [5] Stanislaw Zolkiewski .

Après des études de philosophie à Akademia Krakowska [6] il voyage avec son frère Marek en Europe, puis entreprend une carrière militaire et s’illustre dans les guerres contre l’Empire ottoman [7], les Tatars [8], les Moscovites [9], les Cosaques [10] et les Suédois [11]. Attiré par la France, il épouse une Française,Marie-Casimire Marysienka, veuve de Jean Sobiepan Zamoyski , voïvode de Kiev [12], et suivante de la reine Louise-Marie de Gonzague .

En 1668, le roi Jean II Casimir le nomme grand hetman [13]. À la mort de Jean II, Michael Korybut Wisniowiecki est élu roi de Pologne.

Jean Sobieski, se range du côté de l’opposition, ce qui lui vaut une semi disgrâce, bien vite oubliée par ses nombreux succès contre les Turcs notamment à la bataille de Khotin [14] en 1673, et la mort du roi. Sobieski est à son tour élu roi, quasi unanimement, par les grands électeurs de la szlachta [15], le 21 mai 1674, et couronné le 2 février 1676.

Une des ambitions de Jean III est de rassembler l’Europe chrétienne dans une guerre contre l’Empire turc ottoman et de chasser cette puissance expansionniste, de religion musulmane, qui était parvenue, au fil des siècles, à conquérir militairement une grande partie du sud-est de l’Europe et cherchait alors à submerger sa partie occidentale. Sobieski s’allie au Saint Empire romain germanique [16] et rejoint la ligue catholique [17] du Pape Innocent XI.

Selon l’historien polonais Oscar Halecki, Jean III projetait d’occuper la Prusse [18] avec l’aide des Suédois et celle de la France. Mais cette entreprise est vite condamnée à l’échec, en raison de l’opposition des magnatsnoblesse polonaise et de la guerre initiée par l’empire turc ottoman, qui l’oblige à s’allier aux Habsbourg [19].

En 1676, il remporte la victoire de Zurawno [20] contre les Turcs.

Son plus grand succès survint le 12 septembre 1683 à la bataille de Vienne [21], où il parvint à vaincre de manière décisive l’envahisseur turc, qui menait le siège de la capitale autrichienne. Sobieski commandait les troupes polonaises, au côté des troupes impériales d’Autriche placées sous les ordres de Charles V de Lorraine . Le résultat éclatant de son action permit de chasser une fois pour toute l’armée turque commandée par Kara Mustafa , pourtant supérieure en nombre et sur le point d’attaquer.

Sobieski avait prévu d’attaquer le 13 septembre, mais il se rendit compte que les Turcs étaient en ordre de bataille dès le 12. À 4 heures du matin, les troupes de Sobieski fortes d’environ 81 000 hommes attaquent une armée turque d’environ 130 000 hommes. Sobieski charge avec ses hussards et enfonce les lignes ennemies qui détalent dans la plus grande confusion. À 5h30, la bataille de Vienne est terminée.

Sa gloire de héros national polonais et de défenseur du monde chrétien est née de cette victoire qui ferma définitivement les portes de l’Europe occidentale aux turcs ottomans. De leur côté, les ottomans le surnommèrent le Lion de Lechia  [22].

Le Pape et les dignitaires étrangers le surnomment “Sauveur de Vienne et de la civilisation occidentale”.

Il meurt à Wilanów [23], à Varsovie [24], le 17 juin 1696. Son épouse, Marie Casimire, mourut à Blois en 1716. Sa dépouille fut ramenée en Pologne pour être enterrée auprès du roi au Château du Wawel à Cracovie [25].

Auguste II, électeur de Saxe [26], succéda à Jean III. À la mort de celui-ci 1733, une lutte pour la couronne s’ensuit, désignée comme la guerre de Succession de Pologne [27].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Portail de la Pologne/ Souverain de Pologne

Notes

[1] Voïvode est un terme d’origine slave, qui désigne au départ le commandant d’une région militaire. En Serbie, la région de Voïvodine porte son nom en souvenir de ce titre, porté par les différents princes serbes qui ont gouverné ce territoire. Malgré son origine slave, il est aussi utilisé en Roumanie, pays de langue romane, et en Hongrie, pays de langue finno-ougrienne

[2] La voïvodie de Ruthénie était une division administrative du royaume de Pologne de 1434 à 1569 puis de la république des Deux Nations de 1569 à 1772. Également apellèe « Ruthénie rouge », elle faisait partie des terres ruthènes au sein de la province de Petite-Pologne qui comptait 11 voïvodies. La capitale de la voïvodie se situait à Lwów. Faisant initialement partie de la Rusʹ de Kiev et de la principauté de Galicie-Volhynie, les forces du roi polonais Casimir III le Grand ont graduellement conquis les terres à partir de 1340. L’aristocratie polonaise de la Ruthénie rouge (Ruś Czerwona) obtient les privilèges confirmés par le roi Ladislas II Jagellon en 1430 et la voïvodie a été créée en 1434. Au cours du premier partage de la Pologne en 1772, cette région fut en majeure partie annexée par la monarchie de Habsbourg et incorporée dans la province autrichienne de Galicie. Elle est maintenant répartie entre la Pologne et l’Ukraine.

[3] Un castellan (en polonais, kasztelan) est, dans le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie, puis dans la république des Deux Nations, le responsable d’une castellanie (kasztelania), formée par une ville ou une place forte et les territoires en dépendant.

[4] Chef-lieu de la voïvodie de Petite-Pologne, elle est située à 300 km au sud de Varsovie, sur la Vistule. Datant du 7ème siècle, c’est une des villes les plus anciennes et les plus importantes de Pologne, dont le patrimoine architectural est très bien conservé. La ville historique se situe au pied de la colline du Wawel. Cracovie était, avant Varsovie, la capitale de la Pologne et elle est souvent considérée comme le véritable centre du pays avec ses traditions et son passé vieux de plus de 1 000 ans. Elle est le centre culturel et scientifique du pays, avec l’Université jagellonne de Cracovie, la deuxième plus ancienne université d’Europe centrale (1364, après celle de Prague fondée en 1348 ; celle de Varsovie date de 1816).

[5] Les hetmans du royaume de Pologne ou hetmans de la Couronne et les hetmans du grand-duché de Lituanie sont les responsables militaires les plus haut placés de la République des Deux Nations. Ils ne sont pas rémunérés par le trésor royal.

[6] Académie de Cracovie actuelle université jagellonne de Cracovie

[7] L’Empire ottoman, connu historiquement en Europe de l’Ouest comme l’Empire turc, la Turquie ottomane ou simplement la Turquie, est un empire fondé à la fin du 13ème siècle au nord-ouest de l’Anatolie, dans la commune de Söğüt (actuelle province de Bilecik), par le chef tribal oghouze Osman 1er. Après 1354, les Ottomans sont entrés en Europe, et, avec la conquête des Balkans, le Beylik ottoman s’est transformé en un empire trans-continental. Après l’avoir encerclé puis réduit à sa capitale et à quelques lambeaux, les Ottomans ont mis fin à l’Empire byzantin en 1453 par la conquête de Constantinople sous le règne du sultan Mehmed II. Aux 15ème et 16ème siècles, à son apogée, sous le règne de Soliman 1er le Magnifique, l’Empire ottoman était un empire multinational et multilingue contrôlant une grande partie de l’Europe du Sud-Est, des parties de l’Europe centrale, de l’Asie occidentale, du Caucase, de l’Afrique du Nord, sauf le royaume du Maroc et le Sahara.

[8] Les Tatars ou Tartares est un nom collectif donné à des peuples turcs d’Europe orientale et d’Asie. La plupart des Tatars vivent au centre et au sud de la Russie, en Ukraine, en Bulgarie, en Chine, au Kazakhstan, en Roumanie, en Turquie, et en Ouzbékistan. Ils forment par ailleurs, l’un des cinquante-six groupes ethniques recensés par la République populaire de Chine.

[9] les Russes

[10] Cosaque, est le nom donné à un groupe de populations en majorité slaves d’Europe orientale adjacente au Caucase et à l’Asie et autrefois au domaine ottoman. Opprimés par les féodaux polonais qui colonisaient progressivement le pays, les cosaques se révoltent et l’État dut sans cesse batailler pour les contenir, tout en les contentant afin de pouvoir les utiliser. Le plus célèbre de ces soulèvements, fut celui de 1648 conduit par Bogdan Khmelnitski. Il aboutira à la création de l’Hetmanat, un État cosaque sous la férule de la Pologne, et à la création des cosaques de la région « slobodienne » (slobodskaïa), des hommes positionnés à l’est de l’Ukraine dès 1620 et qui, hors de l’Hetmanat proprement dit, décidèrent de passer sous le contrôle du tsar. Plus tard, l’Hetmanat se scinda en rive Gauche et rive Droite du Dniepr, respectivement contrôlées par la Russie et la Pologne. Le côté polonais fut rapidement dissous, tandis que le côté russe, qui garda seul le nom d’Hetmanat, fut supprimé par Catherine II en 1775.

[11] Pays d’Europe du Nord et de Scandinavie. Sa capitale est Stockholm, ses citoyens sont les Suédois et Suédoises et sa langue officielle et majoritaire est le suédois. Le finnois et le sami sont aussi parlés, principalement dans le Nord du pays. Les variations régionales sont fréquentes. La Suède a une frontière avec la Norvège à l’ouest-nord-ouest et une autre avec la Finlande au nord-nord-est. Au sud, la Suède est séparée du Danemark par l’Øresund, un détroit du Cattégat dont la section la plus étroite mesure 4 km de large. La partie septentrionale de la Suède est occupée par la Laponie, appelée Sápmi par ses habitants, les Samis, qui furent les premiers habitants du nord de la Scandinavie.

[12] Kiev est la capitale et la ville la plus peuplée d’Ukraine. Elle est située au centre-nord du pays sur les rives du fleuve Dniepr. Kiev est une des villes les plus anciennes de l’Europe de l’Est. C’est à son origine probablement un poste commercial slave fondé vers le 6 ou le 7ème siècle sur la route commerciale reliant la Scandinavie à Constantinople. Le bourg est à l’époque tributaire du royaume des Khazars jusqu’à sa capture par les Varègues (vikings) au milieu du 9ème siècle. Kiev devient la capitale de la principauté de Kiev, premier royaume des Slaves de l’est, qui prospère et dont l’influence s’étend jusqu’à la Baltique. La ville est entièrement détruite en 1240 par les invasions mongoles et perd toute influence durant plusieurs siècles. Elle devient alors une capitale provinciale d’importance mineure, placée sous le contrôle de ses puissants voisins : successivement la Lituanie, la Pologne et enfin la Russie.

[13] commandant en chef des armées polonaises

[14] La bataille de Khotin (en polonais : Chocim) est une bataille décisive de la guerre polono-turque (1672-1676) qui se déroule le 11 novembre 1673 entre, d’une part, l’armée polonaise commandées par le grand hetman de la Couronne Jan Sobieski et, d’autre part, les troupes ottomanes, commandées par Hussein Pacha. Jan Sobieski emporte une éclatante victoire et disperse l’armée ottomane. Cependant, malgré cette victoire, la république des Deux Nations ne parvint pas à récupérer une partie de la Podolie avec la forteresse de Kamieniec Podolski, perdues au profit des Ottomans l’année précédente. La guerre s’achève par la signature du traité de Jouravno, que la Diète polonaise refusera de ratifier. Le prestige de Sobieski en fut cependant augmenté et vint à être connu en Europe. Cette victoire lui permit d’être élu roi de Pologne l’année suivante.

[15] la noblesse

[16] Le Saint-Empire romain germanique, selon la terminologie francophone usuelle, est un État d’Europe ayant existé de 962 (couronnement d’Otton 1er) à 1806 (abdication de François II). Cet État, issu de la déconstruction de l’Empire carolingien, a joué un rôle important dans l’histoire de l’Europe au Moyen Âge, notamment du fait du conflit entre les empereurs et les papes, et pendant les Temps modernes. Sa disparition aboutit à l’établissement de l’empire d’Autriche (empire d’Autriche-Hongrie à partir de 1867) et de la confédération du Rhin, à laquelle succédera la Confédération germanique (1815), la Confédération de l’Allemagne du Nord (1867) puis l’Empire allemand (1871). Sur le plan historique, le Saint-Empire est constitué au 10ème siècle par la dynastie des Ottoniens en regroupant deux des divisions de l’Empire carolingien définies par le traité de Verdun de 843 : la Francie orientale germanophone et la Francie médiane, qui devient ensuite la Lotharingie, à la fois germanophone, italophone et francophone. L’empire d’Otton 1er s’étend donc de la mer du Nord aux États pontificaux, à l’est des 4 fleuves délimitant la Francie occidentale : l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône.

[17] La Sainte Ligue catholique (du Saint-Empire) est une alliance des États allemands catholiques formée afin de contrecarrer l’Union protestante. La tension entre ces 2 groupes mettra par la suite, le feu dans la première phase de la guerre de Trente Ans. Le duc Maximilien de Bavière, fondateur de cette ligue, en fut également le premier commandant. En 1609, les États du Saint-Empire romain germanique se réunirent à Munich pour signer entre eux, pour une durée de 9 ans, un traité d’alliance militaire. Peu avant cette échéance, la guerre éclata entre Ferdinand II, empereur du Saint-Empire, et Frédéric V, électeur palatin. L’Union protestante se groupa naturellement derrière Frédéric V, contre la Ligue catholique soutenue par Ferdinand II. Cette dernière parvint à défaire les protestants dans la première phase de la guerre.

[18] Le duché de Prusse est un duché fondé en 1525 à partir des territoires prussiens des chevaliers teutoniques, à la suite de la conversion au protestantisme du grand-maître de l’ordre teutonique, Albert de Brandebourg-Ansbach. Premier prince à se convertir officiellement au protestantisme, il réorganise son État, en faisant un duché sécularisé, régi par des règles inspirées du protestantisme. À partir de 1618, il est lié à la marche de Brandebourg au sein d’une union personnelle nommée Brandebourg-Prusse et placée sous la souveraineté des Hohenzollern jusqu’en 1918.

[19] La maison de Habsbourg ou maison d’Autriche est une importante Maison souveraine d’Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu’une importante lignée de souverains d’Espagne et de l’empire d’Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie a pris le nom de « Maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.

[20] Jouravno est une commune urbaine de l’oblast de Lviv, dans l’Ukraine occidentale. La première mention de Jouravno remonte à l’année 1435. Elle obtient l’autonomie urbaine en 1563. En 1676, le roi Jean III Sobieski et 10 000 Polonais résistèrent 23 jours à 200 000 Turcs et Tartares. Ils n’échappèrent à une perte certaine qu’en signant le traité de Jouravno, qui donnait aux Turcs la Podolie et une partie de l’Ukraine

[21] La bataille de Vienne du 12 septembre 1683, sur la colline du Kahlenberg, met fin au second siège de Vienne par les Turcs. Cette défaite majeure des Ottomans est le point de départ d’une campagne militaire de 16 ans qui permet aux Habsbourg de reprendre les territoires de Hongrie-Croatie, mettant fin à la menace ottomane en Europe centrale.

[22] Lion de Pologne

[23] Wilanów est un arrondissement de Varsovie, situé au sud de la ville. Autrefois ville autonome, il est avant tout connu pour son palais, surnommé le Versailles polonais, et pour son Temple de la Divine Providence, actuellement en construction. Il est bordé à l’est par la Vistule et l’arrondissement de Wawer, au nord par l’arrondissement de Mokotów et à l’ouest par l’arrondissement d’Ursynów. Au sud se trouve la ville de Konstancin-Jeziorna.

[24] Varsovie est depuis 1596 la capitale de la Pologne. Elle est située sur la Vistule, à environ 320 km de la mer Baltique et des Carpates. La ville est citée à partir du 14ème siècle sous les noms de Warseuiensis (1321) et Varschewia (1342), puis Warschouia (1482), pour devenir plus tard Warszowa et enfin Warszawa, le nom polonais actuel de Varsovie. La couronne polonaise y fut transférée en 1596, quand le roi Sigismond Vasa déplaça la cour de Cracovie à Varsovie. Dans les années qui suivirent, la ville s’étendit sur les terres de l’actuelle banlieue, sous forme de vastes domaines privés indépendants, possédés par la haute noblesse et administrés selon leurs propres lois. Entre 1655 et 1658, la ville fut assiégée trois fois et trois fois elle fut prise et pillée par les troupes suédoises, brandebourgeoises et transylvaniennes

[25] Le château du Wawel est un château des rois de Pologne situé sur la colline du Wawel, à Cracovie, l’ancienne capitale de la Pologne. Ses origines remontent au 10ème siècle, mais le bâtiment actuel doit son aspect extérieur principalement à la période Renaissance. Aujourd’hui, le château est un prestigieux musée d’État polonais,

[26] Constitué en 1422, le titre de duc de Saxe et d’électeur ayant été transféré à la maison de Wettin après l’extinction de la branche ducale de Saxe-Wittemberg.

[27] ] La guerre de Succession de Pologne eut lieu de 1733 à 1738. À la mort d’Auguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas 1er, ancien roi de Pologne déchu en 1709, beau-père de Louis XV, se disputent le trône