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L’histoire pour le plaisir

Date Masamune

vendredi 12 juin 2026, par lucien jallamion

Date Masamune (1567-1636)

Daimyos de la région de Tōhoku au Japon

Pendant un temps, proche des chrétiens, Masamune est connu pour un certain nombre de choses qui font de lui une personnalité originale de l’époque, notamment son fameux kabuto [1] orné d’une énorme demi-lune asymétrique. Il est parfois surnommé Dokuganryū [2].


Fils aîné de Date Terumune , il naît au château de Yonezawa [3] en septembre 1567, dans l’actuelle préfecture de Yamagata [4] sous le nom de Bontenmaru.

Enfant, Masamune perd son œil droit à cause de la petite vérole, œil que Katakura Kagetsuna , son serviteur, lui ôta. Parce qu’il est devenu borgne, sa propre mère le déclara incapable de devenir chef de clan et commença à favoriser son frère. Une nuit, elle tenta de l’empoisonner en lui servant son dîner. Masamune dut alors se résoudre à tuer son propre frère, commentant : Je pensais qu’on pourrait vivre ensemble comme frères, peut-être dans une autre vie…

À 12 ans, il reçoit le nom de Tojirō Masamune et épouse la fille de Tamura Kiyoaki, Mego-Hime, l’année suivante.

Il participe à sa première campagne militaire en 1581, aidant son père dans la guerre contre le clan Sōma [5]. Il remplace celui-ci à l’âge de 18 ans lorsqu’il quitte sa position de daimyo [6], ayant déclaré qu’il se retirait à un âge jeune afin d’éviter la coûteuse prise de pouvoir qu’il eut lui-même avec son propre père. Le père de Terumune lui-même avait affronté son grand-père avant lui.

Peu après l’accession de Masamune au titre de daimyo, un vassal des Date du nom de Ōuchi Sadatsuna déserte pour le clan Ashina [7] dans la région d’Aizu. Masamune déclare alors la guerre aux Ashina pour cette trahison.

La famille Date avait consolidé son pouvoir sur son domaine et cimenté la stabilité de la région par des mariages de parents avec les clans voisins.

Avec l’accession de Masamune, ces relations sont mises de côté comme Masamune commence à attaquer et conquérir tous les clans environnants, y compris ceux tenus par des parents dans les provinces de Mutsu [8] et Dewa [9]. Choqué par sa cruauté, un clan voisin, les Hatakeyama [10], implore désespérément l’intervention de Terumune Date dans les campagnes militaires de son fils contre ses voisins.

Durant un dîner avec les Hatakeyama, Terumune affirme qu’il ne peut contrôler les actions de son fils. Dans un acte désespéré, les Hatakeyama capturent Terumune et tentent de le ramener chez eux. Masamune, qui était sorti à ce moment, apprend l’enlèvement. Comme Masamune et ses hommes rejoignent Terumune et ses ravisseurs sur le point de traverser une rivière, Terumune hurle à son fils de tirer sans se préoccuper de sa propre sécurité. Les hommes de Masamune tirent et tuent tout le monde, Terumune Date compris. Ivre de vengeance, Masamune fait torturer et tuer les familles de tous les hommes impliqués dans l’enlèvement de son père.

Après la défaite des Ashina en 1589, il fait du domaine d’Aizu sa base d’opérations.


En 1590, Hideyoshi Toyotomi commence à voir Masamune comme une menace pour son pouvoir et attaque Aizu. On prétend que Hideyoshi a dû encercler l’armée de Masamune avec une troupe de 100 000 hommes pour le forcer à se soumettre. Masamune, s’attendant à être exécuté, met ses plus beaux vêtements et ne montre aucune peur. Voulant éviter des troubles, Hideyoshi l’épargne.

Après quelque temps passé au service de Hideyoshi, Masamune se voit donner par celui-ci le château d’Iwatesawa [11] et les terres environnantes. Il s’y installe en 1591, rebâtit le château, le renomme Iwadeyama et encourage la croissance d’une ville à son pied. Masamune occupe Iwadeyama pendant 13 ans, période pendant laquelle il transforme la région en un centre politique et économique de première importance.

Il accompagne également Hideyoshi dans ses 2 campagnes d’invasion de la Corée [12] en 1592 et 1597.


En 1600, lors de la bataille de Sekigahara [13], Masamune rejoint le camp d’Ieyasu Tokugawa. Celui-ci le récompense en lui donnant l’important et rentable domaine de Sendai [14], ce qui fait de Masamune l’un des daimyos les plus puissants. Ieyasu avait promis à Masamune un domaine d’un million de koku [15], mais, même après des améliorations substantielles, le domaine ne produit que 640 000 koku, dont la plupart sont utilisés pour nourrir la région d’Edo [16]. En 1604, Masamune, accompagné par 52 000 vassaux et leurs familles, s’installe dans le petit village de pêcheurs de Sendai. Il laisse son 4ème fils, Date Muneyasu, diriger Iwadeyama. Masamune a pour but de transformer Sendai en une grande et prospère cité.

Masamune améliore le commerce dans la région marécageuse de Tōhoku [17]. Bien qu’au début il doive affronter des clans hostiles qui l’attaquent, il parvient à les écraser après quelques batailles et finit par diriger le plus grand fief du futur shogun [18] Tokugawa [19]. Il fait construire de nombreux palais et travaille sur de nombreux projets pour embellir sa région.

Il est aussi connu pour avoir encouragé la venue des étrangers sur ses terres. Il est possible que Masamune Date se soit lui-même secrètement converti au christianisme, bien qu’il soit plus probablement intéressé par la technologie étrangère, comme le furent d’autres seigneurs comme Nobunaga Oda. Pendant 270 ans, Tohoku fut un endroit de tourisme, de commerce et de prospérité. Les îles de Matsushima [20], par exemple, furent célébrées pour leur beauté et leur sérénité sous forme de haïkus [21], par le poète Basho Matsuo .

La plus grande réalisation de Masamune est le financement et l’approbation d’un des seuls voyages d’exploration du Japon médiéval. Masamune a sympathisé avec les missionnaires et les commerçants chrétiens venus au Japon. En plus de les autoriser à venir et à prêcher dans sa province, il plaide pour la libération du missionnaire Luis Sotelo, prisonnier d’Ieyasu Tokugawa et condamné à mort. Masamune autorise le père Sotelo, tout comme les autres missionnaires à pratiquer leur religion et réaliser des conversions au Tohoku.

Après un temps, Masamune ordonne la construction du Date Maru [22], un navire d’exploration. Masamune fait construire ce bateau en utilisant des techniques de construction navale européennes. Il envoie Sotelo et l’un de ses vassaux, Tsunenaga Hasekura, en voyage vers Rome. Cette expédition, qui eut lieu entre 1613 et 1620, visita des pays tels que les Philippines [23], le Mexique, l’Espagne, la France et l’Italie, ce qui en fait la première expédition japonaise autour du monde. Dans les époques précédentes, les seigneurs japonais n’avaient jamais financé ce genre d’entreprises, ainsi cela en fait probablement la première expédition d’exploration japonaise.

Au moins 5 ou 6 membres de l’expédition sont restés vivre à Coria [24] en Espagne pour éviter les persécutions contre les chrétiens au Japon, et on compte maintenant 600 de leurs descendants nommés Japón [25] vivant actuellement en Espagne.


Lorsque Tsunenaga revient après 7 ans de voyage, c’est pour s’apercevoir que le shogun a entre-temps forcé Date à appliquer les lois antichrétiennes de 1614 sur ses terres et à pourchasser les chrétiens. En 1623 et 1624, des centaines de chrétiens qui refusent d’apostasier [26] meurent sous la torture. Parmi eux les missionnaires Luis Sotelo, Jacques Carvalho et d’autres.

Masamune participe aussi au siège d’Osaka [27], à l’hiver 1614-1615, où il s’illustre par des manières brutales qui sont loin de faire l’unanimité parmi les autres généraux. On raconte, par exemple, qu’en 1615 Masamune ordonne à ses propres troupes de tirer quelques volées de balles sur celles de son allié Sukemochi Jinbo, dont il déplore le manque d’agressivité, pour les pousser à l’action.

Lorsque l’année suivante Ieyasu se retrouva sur son lit de mort, Masamune vint au chevet de son seigneur réciter un poème zen.

Son fils Date Tadamune lui succéda à sa mort en 1636.


Bien que Masamune a été un patron des arts et a sympathisé avec la cause des étrangers, il était aussi un daimyo agressif et ambitieux, et aucun des seigneurs n’eut réellement confiance en lui. Hideyoshi réduisit la taille de ses terres pour punir sa lenteur à venir participer au siège d’Odawara [28] contre Hōjō Ujimasa .

Même si Ieyasu augmenta la taille de ses terres, il resta toujours méfiant envers Masamune et sa politique. Et ce, d’autant plus qu’il se méfiait des missionnaires, les percevant comme une menace envers son pouvoir, ce qui l’amena à faire exécuter le père Sotelo à son retour. Malgré cette méfiance de ses supérieurs, Masamune se comporta assez loyalement et prit notamment part aux campagnes de Corée et d’Osaka.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de « Date Masamune (1567-1636) », dans Dictionnaire historique du Japon, vol. 4 : (D-E), Tokyo, Librairie Kinokuniya : Maison franco-japonaise, 1978

Notes

[1] Le kabuto est le casque traditionnel de l’armure japonaise, employé par les samouraïs. Il est constitué en forme d’une bombe, composée de diverses plaques en métal forgé et rivetées entre elles, protégeant le sommet du crâne ainsi qu’une série de lamelles souples (shikoro) protégeant le cou. Ces casques pouvaient être ornés d’un maedate (ornement frontal) et arborer le mon (blason du clan d’appartenance du samouraï).

[2] le dragon borgne

[3] Le château de Yonezawa est un château japonais de plaine situé au centre de la ville de Yonezawa au sud de la préfecture de Yamagata. Pendant toute l’époque d’Edo le château de Yonezawa sert de résidence au clan Uesugi, daimyos du domaine de Yonezawa.

[4] La préfecture de Yamagata est une préfecture du Japon située à l’ouest de la région du Tōhoku. La ville principale est Yamagata.

[5] Le clan Sōma (Sōma-shi ?) est un clan japonais de la province de Mutsu renommé pour ses actions durant le 16ème siècle (époque Sengoku). Prétendant descendre de Taira no Masakado, la famille est une importante composante politique depuis le début de l’époque Nanboku-chō, particulièrement en tant que soutien de Takauji Ashikaga. Du fait de ses relations avec le futur shogun Ashikaga, le clan devient rapidement puissant et, à l’époque Sengoku, est le point central de l’autorité régionale dans le sud de la province de Mutsu. Sōma Yoshitane, fils de Yoshitane, est le premier daimyo du domaine de Nakamura. À l’époque de la guerre de Boshin, pendant la direction du daimyo Tomotane, le clan Sōma est signataire du pacte qui crée la coalition Ōuetsu Reppan Dōmei.

[6] Un daimyo ou daïmio est un titre nobiliaire japonais. Ce terme désigne les principaux gouverneurs de provinces issus de la classe militaire qui régnaient sur le Japon sous les ordres du shogun, de l’époque de Muromachi (1336-1573), à celle d’Edo (1603-1868).

[7] Le clan Ashina, clan japonais de l’époque Sengoku, descend du clan Taira par le clan Miura. Le nom vient de la zone nommée « Ashina » dans la ville de Yokosuka, moderne préfecture de Kanagawa. Le clan comprend deux branches : Sagami-Ashina et Aizu-Ashina. La première est fondée quand le troisième fils de Yoshitsugu Miura adopte le nom « Ashina ». La seconde descend de Yoshitsuru Sawara, 7ème fils de Yoshiaki Miura. Cette généalogie ne fait cependant pas l’unanimité parmi les spécialistes. Au cours de l’époque de Muromachi, le clan revendique la position de shugo du domaine d’Aizu. En 1589, le clan subit une sévère défaite infligée par Date Masamune à la bataille de Suriagehara, défaite qui conduit à la disparition du clan.

[8] La province de Mutsu (Mutsu no kuni ?), aussi appelée Ōshū, ou encore Woxu, dans les textes européens anciens parlant du voyage de Hasekura Tsunenaga en Europe entre 1614 et 1617, est une ancienne province du Japon qui correspond aux actuelles préfectures de Fukushima, de Miyagi, d’Iwate et d’Aomori, plus les villes de Kazuno et de Kosaka dans la préfecture d’Akita. Située dans le nord de Honshū, Mutsu est l’une des dernières provinces à se former lorsque la terre fut prise aux indigènes aïnous, et son territoire s’étendit au fur et à mesure des conquêtes successives. Son ancienne capitale se situait dans l’actuelle préfecture de Miyagi.

[9] Dewa est une ancienne province du Japon qui occupait une région qui est aujourd’hui partagée entre les préfectures de Yamagata et d’Akita. Dewa est issue de la scission de la province d’Echigo qui a eu lieu en 708. Kagemori Akechi en a été vice-gouverneur au 13ème siècle. Pendant la période Sengoku, les terres qui sont situées actuellement dans le sud de la préfecture de Yamagata étaient tenues par le clan Mogami et la partie nord de la préfecture par le clan Akita. Les deux clans ont combattu aux côtés de Ieyasu Tokugawa à la bataille de Sekigahara. Le clan Sakai possédait le fief de Shonai dans la province.

[10] Le clan Hatakeyama est un clan médiéval qui descend du clan Taira. Le clan est un allié du shogunat Ashikaga contre la cour impériale du Sud lors de la période Nanboku-cho. Le clan possède à cette époque de nombreux territoires répartis dans les provinces de Kii, Yamashiro, de Kawachi, d’Etchu et de Noto. Au cours du 15ème siècle, certains membres du clan prennent le titre de kanrei, le clan dispose alors d’une grande influence politique.

[11] Le château d’Iwadeyama (wadeyama-jō ?) est un château japonais situé dans la ville d’Ōsaki, préfecture de Miyagi au Japon.

[12] La Corée est une région d’Asie de l’Est divisée en 1945 en deux zones d’occupation, puis en 1948 en deux États souverains et antagonistes, la Corée du Sud (république de Corée) et la Corée du Nord (république populaire démocratique de Corée), qui revendiquent la représentation de l’ensemble de la Corée. Depuis 2024, la Corée du Nord a abandonné l’idée de la réunification et désigne explicitement son homologue du sud par "l’État hostile". Le territoire de la Corée a des frontières terrestres avec la Chine et la Russie, une frontière maritime avec le Japon, et trois façades maritimes sur la mer Jaune à l’ouest, le détroit de Corée au sud et la mer du Japon à l’est que les Coréens appellent mer de l’Est. Il occupe une superficie de 220 258 km2. La Corée s’étend principalement sur la péninsule de Corée, entourée de nombreuses îles ainsi que des terres situées entre l’isthme de Corée et les fleuves Yalou et Tumen.

[13] La bataille de Sekigahara (Sekigahara no tatakai), qui s’est déroulée les 20 et 21 octobre 1600, est un événement majeur de l’histoire du Japon. Elle marque la fin de l’époque Sengoku et le début de l’époque d’Edo. Elle est d’ailleurs surnommée « Tenka wakeme no kassen » (la bataille qui décida de l’avenir du pays). Cet affrontement ouvrit le chemin vers le shogunat à Tokugawa Ieyasu. Bien qu’il ait fallu à Tokugawa 3 ans de plus pour consolider sa position au pouvoir contre le clan Toyotomi et les daimyos, la bataille de Sekigahara est généralement considérée comme le début non officiel du shogunat Tokugawa.

[14] Sendai, orthographié Séndaï en français est une métropole japonaise, capitale de la préfecture de Miyagi. C’est la plus grande ville de la région du Tohoku. À environ 300 km au nord-est de Tokyo, sur l’île de Honshū, Sendai figure parmi les 12 plus grandes villes du Japon. Elle est bordée de montagnes à l’ouest et par la côte du Pacifique à l’est.

[15] Le koku est une unité de mesure japonaise traditionnelle de volume, encore en usage dans certains cas. Le koku permettait de mesurer la richesse et le nombre de personnes à la disposition des seigneurs qui cherchaient à étendre leurs terres et leur pouvoir. En effet la forme usuelle pour employer un samouraï ou un serviteur était de lui allouer une rente en koku, en guise de salaire. Le koku était donc une mesure de la force humaine (militaire ou civile) qu’un seigneur pouvait mobiliser.

[16] Edo (entrée de la baie ou estuaire, littéralement, « porte du fleuve »), également romanisé sous les formes Yedo ou Yeddo, est l’ancien nom de Tokyo et le siège du pouvoir du shogunat Tokugawa qui dirige le Japon de 1603 à 1868. Durant cette période, Edo devient l’une des plus grandes villes au monde et le foyer d’une culture urbaine centrée sur la notion d’ukiyo.

[17] La région du Tōhoku (Tōhoku-chihō ?) est une des régions du Japon. Tōhoku signifie « nord-est » en japonais ; cette région couvre en effet le nord-est de l’île de Honshū, l’île principale du Japon. Cette région est parfois également nommée Michinoku.

[18] Le terme shogun, signifie général ; c’est l’abréviation de seiitaishōgun, que l’on peut traduire par grand général pacificateur des barbares. Néanmoins, après qu’il fut attribué à Minamoto no Yoritomo, il devint un titre indiquant souvent le dirigeant de facto du Japon (dictateur militaire), alors même que l’empereur restait le dirigeant de jure (en quelque sorte le gardien des traditions). Le titre de seii taishōgun fut par la suite abandonné lors de la constitution au 19ème siècle du kazoku, c’est-à-dire de la noblesse japonaise.

[19] Le shogunat Tokugawa (Tokugawa bakufu ?) est le dernier gouvernement militaire féodal qui a dirigé le Japon de 1603 à 1867, une période connue sous le nom d’époque d’Edo. Ce régime fut établi par Tokugawa Ieyasu après sa victoire décisive à la bataille de Sekigahara en 1600, mettant ainsi fin aux guerres civiles de l’époque Sengoku. Le pouvoir s’exerçait depuis le château d’Edo, l’actuelle Tokyo, tandis que l’empereur, dont l’autorité était largement symbolique, restait à Kyōto. Le shogunat, par le biais de son administration centralisée appelée bakufu, gouvernait le pays conjointement avec les seigneurs féodaux, les daimyō, qu’il cherchait à contrôler étroitement.

[20] Matsu-shima (île aux pins) est un des plus célèbres archipels du Japon. Composé d’environ 260 îlots couverts de pins maritimes, l’archipel de Matsu-shima est situé au nord-est de Sendai, dans la baie de Matsu-shima. Il dépend de la préfecture de Miyagi.

[21] Le haïku (haiku ?) est une forme poétique d’origine japonaise extrêmement brève, célébrant l’évanescence des choses et les sensations qu’elles suscitent. Traditionnellement, un haïku est ancré dans la saison (par l’emploi du kigo, comporte une césure (le kireji et se compose de 17 mores réparties selon un rythme 5-7-5. Si le haïku japonais s’écrit sur une ligne verticale, les Occidentaux ont choisi, dès les premières traductions, de le transposer sur trois lignes afin de restituer ce rythme ternaire propre au haïku japonais.

[22] Le San Juan Bautista (Saint Jean-Baptiste en espagnol), appelé à l’origine Date Maru, l’un des premiers navires de haute mer japonais construits dans un style européen, a été conçu à l’image d’un galion espagnol. Ce type de bateau est appelé au Japon kurofune (littéralement navire noir) ou namban-sen (littéralement navire de barbare du sud). Construit à l’initiative du daimyō Masamune Date, il transporta une ambassade de 180 personnes, conduites par Tsunenaga Hasekura, et accompagnées par le religieux espagnol Luis Sotelo. Le but de l’expédition était, après la traversée du Pacifique effectuée en 1614, de visiter les possessions espagnoles au Mexique, puis de là de gagner l’Europe, qu’elle atteignit en 1615, avant de retourner au Japon.

[23] Les Philippines, est un pays d’Asie du Sud-Est constitué d’un archipel de 7 641 îles dont 11 totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées, alors qu’environ 2 400 îles n’ont même pas reçu de nom. On distingue 3 zones géographiques : Luçon, Visayas et Mindanao. Luçon est l’île la plus vaste et la plus septentrionale, et qui abrite sa capitale, Manille, et la plus grande ville du pays, Quezon City. Au centre, le groupe dense des Visayas comprend les îles de Negros, Cebu, Bohol, Panay, Masbate, Samar et Leyte. Au sud, Mindanao est la deuxième île par sa superficie ; ses principales villes sont Davao, Marawi, Zamboanga et Cagayán de Oro. Au sud-ouest de Mindanao se trouvent les îles de Sulu, telles que Basilan, Jolo et Tawi-Tawi, proches de Bornéo. Enfin, à l’ouest des Visayas, s’étend l’archipel de Palawan, qui compte à lui seul plus de 1 700 îles.

[24] Séville

[25] pour Japon

[26] L’apostasie (du grec ancien (apostasis), « se tenir loin de ») est l’attitude d’une personne, appelée apostat, qui renonce publiquement à une doctrine ou une religion.

[27] Le siège d’Osaka (Ōsaka no jin ?) est une série de batailles livrées par le shogunat Tokugawa afin de détruire le clan Toyotomi. Il dure de 1614 à 1615 et est divisé en deux parties distinctes : campagne d’hiver (Ōsaka fuyu no jin ?) et campagne d’été Ōsaka natsu no jin ?).

[28] Le 3ème siège d’Odawara eut lieu en 1590 et fut le point culminant de la campagne de Toyotomi Hideyoshi visant à éliminer le clan Go-Hōjō qui menaçait son pouvoir. Durant les mois menant au siège, à mesure que les intentions d’Hideyoshi se faisaient plus claires, des améliorations hâtives mais néanmoins majeures aux défenses du château furent effectuées. Ainsi, malgré l’ampleur des forces levées par Hideyoshi, le siège ne donna lieu qu’à peu de combats.