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Marguerite de Comminges

vendredi 5 juin 2026, par lucien jallamion

Marguerite de Comminges (1365/1366-1443)

Comtesse de Comminges de 1375 à 1443

Blason comté de Comminges (ancien). Source : wiki/Bernard IV de Comminges licence :CC BY-SA 4.0Son long gouvernement, au temps de la guerre de Cent Ans [1], a été marqué par la violente rivalité entre les maisons comtales d’Armagnac [2] et de Foix [3], alors les 2 plus puissantes familles féodales du sud du royaume de France, pour s’assurer du contrôle de son héritage.

Dernière représentante de la branche aînée de la maison de Comminges [4], sa mort sans descendance entraîne, à moyen terme, le rattachement du comté de Comminges [5] au domaine royal en 1498, après une succession de comtes viagers.

Marguerite de Comminges, est la plus jeune des filles du comte Pierre Raymond II de Comminges et de son épouse, Jeanne de Comminges. Le couple comtal avait auparavant eu au moins 2 autres filles, Aliénor et Cécile, mentionnées en 1352 dans le testament de leur grand-mère maternelle Mathe de l’Isle Jourdain, comtesse douairière de Comminges. Si la cadette, Cécile, sans doute morte jeune, n’apparaît plus dans les documents, l’aînée, Aliénor, est mariée par son père une première fois à Bertrand II, comte de l’Isle-Jourdain [6], puis une seconde fois en 1373 au futur Jean II comte d’Auvergne et de Boulogne.

Par son testament fait à Muret [7], le 19 octobre 1375, le comte Pierre Raymond institue comme héritière universelle sa dernière fille, Marguerite, encore mineure, qu’il place sous la tutelle et le gouvernement de la comtesse Jeanne, à qui il réserve par ailleurs l’usufruit du comté en viager. Une dernière clause du testament interdit le mariage de Marguerite avec le fils du comte de Foix ou avec celui du comte d’Armagnac.

Après la mort du comte dans les derniers mois de l’année 1375, après le 19 octobre, date de son testament et avant le 2 janvier 1376, sa veuve fit rapidement l’objet de pressions pour marier l’héritière. Dès le 2 janvier 1376 est conclu un projet matrimonial entre le comte Jean II d’Armagnac et la comtesse douairière de Comminges pour unir Marguerite avec le fils cadet du comte, Bernard

Marguerite de Comminges meurt à Poitiers [8] au cours de l’été 1443, après le 6 juin, date où elle renonce à tous les appels faits en son nom des jugements des commissaires royaux, et avant le mois d’octobre, alors que le comte d’Armagnac Jean IV s’empare de diverses places commingeoises en invoquant une donation secrète que la comtesse aurait faite en sa faveur avant de mourir.

Conformément au contrat de mariage de 1419, de même qu’à l’accord conclu à Toulouse le 9 mars 1443 entre le roi de France Charles VII et Mathieu de Foix, ce dernier conserva le comté de Comminges en viager jusqu’à sa mort en 1453.

Rattaché au domaine royal français [9] en 1454, le comté de Comminges est par la suite donné en jouissance viagère en 1461 à un favori de Louis XI, Jean de Lescun dit le bâtard d’Armagnac, puis en novembre 1472 à Odet d’Aydie .

Le comté est définitivement rattaché au domaine royal en 1498.

La comtesse Marguerite épouse en 1378 le futur Jean III d’Armagnac, qui devient comte d’Armagnac et de Rodez [10] en 1384. Le couple aura 2 filles

Devenue veuve le 25 juillet 1391, la comtesse de Comminges se remarie à la fin octobre ou en novembre 1392 avec Jean d’Armagnac, fils aîné de Géraud II, comte de Pardiac [11] et vicomte de Fézensaguet [12], qui meurt en 1402, prisonnier du comte d’ArmagnacBernard VII.

Marguerite se remarie une troisième fois le 16 juillet 1419, dans la cathédrale de Pamiers [13], avec Mathieu de Foix, frère cadet de Jean 1er, comte de Foix et vicomte de Béarn. Les deux dernières unions sont demeurées stériles.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christine Lalanne-Belair, « Marguerite de Comminges, la fin d’un comté » (article de vulgarisation), Histoire et Images médiévales, no 45,‎ août-septembre 2012 (ISSN 1777-9103).

Notes

[1] La guerre de Cent Ans est un conflit entrecoupé de trêves plus ou moins longues, opposant, de 1337 à 1453, la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois et, à travers elles, le royaume d’Angleterre et celui de France. Le terme même de « guerre de Cent Ans » est une construction historiographique établie au 19ème siècle, pour regrouper cette succession de conflits.

[2] Le comté d’Armagnac est un ancien comté français compris avec le comté de Fezensac dans le duché de Gascogne et avait pour capitale Lectoure. Le comté date de 960, quand les fils de Guillaume Garcès, comte de Fézensac, se partagent ses terres : le cadet, Bernard le Louche, reçoit l’Armagnac. On voit les comtes d’Armagnac faire hommage, à la fin du 12ème siècle aux comtes de Toulouse, puis directement aux rois d’Angleterre. Après avoir réuni le Fézensac à l’Armagnac par le mariage de Géraud III d’Armagnac et d’Anicelle de Fézensac, la première maison d’Armagnac s’éteint en 1215 avec Géraud IV. Son cousin Géraud de Lomagne, vicomte de Fézensaguet, lui succède et fonde la seconde maison d’Armagnac.

[3] Le comté de Foix est à l’origine un territoire du comté de Carcassonne détaché par le comte Roger Ier le Vieux en faveur de son fils cadet Bernard-Roger.

[4] Branche issue de Guy de Comminges, qui prit le nom de la seigneurie de Puyguilhem. Elle est la dernière branche subsistante de l’ancienne maison des comtes de Comminges. Toutefois, elle ne peut prouver son extraction chevaleresque que jusqu’à 1385, et le point de jonction entre les deux familles n’est pas établi.

[5] Le Comté de Comminges est une ancienne principauté féodale située sur le versant nord des Pyrénées, de part et d’autre du haut cours de la Garonne. Il a existé du début du 10ème siècle jusqu’en 1454. Pendant longtemps, il fut considéré que les premiers comtes de Comminges étaient issus des comtes d’Aragon. Les dernières études font ressortir qu’ils seraient probablement des seigneurs de l’entourage des comtes de Toulouse. Le Comminges est incorporé au domaine royal en 1454.

[6] L’Isle-Jourdain est une commune située dans le département du Gers

[7] Muret est une commune française située dans le nord du département de la Haute-Garonne, dont elle est une des sous-préfectures, en région Occitanie. Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Pays toulousain, qui s’étend autour de Toulouse le long de la vallée de la Garonne, bordé à l’ouest par les coteaux du Savès, à l’est par ceux du Lauragais et au sud par ceux de la vallée de l’ Ariège et du Volvestre. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Garonne, la Louge, le canal de Saint-Martory, le Touch, l’Ousseau, le Roussimort, le ruisseau de la Saudrune, le ruisseau de l’Aussau et par divers autres petits cours d’eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (« Garonne, Ariège, Hers, Salat, Pique et Neste »), un espace protégé (« la Garonne, l’Ariège, l’Hers Vif et le Salat ») et 5 zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

[8] Poitiers est une commune du Centre-Ouest de la France, chef-lieu (préfecture) du département de la Vienne. Capitale de la région culturelle et historique du Poitou. Au 14ème siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry. Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon. De même il embellit l’ancien château triangulaire, visible dans le manuscrit des Très Riches Heures, au mois de juillet. En 1385 il fait construire un des premiers beffrois, le « gros horloge », aujourd’hui disparu. En 1360, à la suite du traité de Brétigny, la ville, comme tout le Poitou, passe aux mains des Anglais. Du 22 au 25 septembre 1361, John Chandos, lieutenant du roi Édouard III d’Angleterre et connétable d’Aquitaine, chargé d’appliquer le traité dans les provinces cédées à l’Angleterre, prend possession de la ville et de son château. Le maire Jehan Barré lui en remet les clefs. Jean Chandos les lui rend, puis il reçoit les serments de fidélité au roi d’Angleterre des principales personnalités de la ville. Il met en place une nouvelle administration de la province, sous l’autorité de Guillaume de Felynton, chevalier anglais, comme sénéchal du Poitou. Le 7 août 1372, grâce à quelques bourgeois infiltrés dans la ville, du Guesclin se fait ouvrir les portes de Poitiers et reprend la ville aux Anglais par surprise. Pour consolider cette conquête militaire, Charles V par son édit de décembre 1372 accorde la noblesse au 1er degré aux maires de Poitiers. Poitiers est alors la première ville du royaume de France où une dignité devient anoblissante. Les maires étaient élus pour deux ans. Dans les premiers maires ayant été élevés à cette dignité, il est à noter que Guillaume Taveau le fut à plusieurs reprises entre 1388 et 1414. En épousant Sibille de Saint-Martin, Il devint baron de Morthemer. Cette famille est l’une des plus anciennes du comté. Cette baronnie a eu un rôle important dans l’histoire du Poitou. Sa descendance a œuvré aux côtés des rois de France jusqu’à la Révolution

[9] En France, le domaine royal désigne l’ensemble des terres, des biens et des droits relevant directement du pouvoir du roi au sein du royaume de France. En France, lors de l’avènement d’Hugues Capet, ce domaine était très restreint. Les possessions, si on les évalue en termes territoriaux, étaient essentiellement concentrées dans l’Île-de-France et l’Orléanais, discontinues, avec en sus quelques îlots isolés tels que le domaine d’Attigny, reliquat de l’ancien fiscus, ou Montreuil-sur-Mer. Elles provenaient pour l’essentiel des domaines des Robertiens, lignée des ancêtres des Capétiens.

[10] Rodez est une commune française du Midi de la France, au nord-est de Toulouse. Elle est la préfecture du département de l’Aveyron. Ancienne capitale du Rouergue, la ville est siège du diocèse de Rodez et Vabres. Rodez a été successivement occupée par les Wisigoths, les Francs, les armées des ducs d’Aquitaine et des comtes de Toulouse, ainsi que par les Maures, qui l’investirent en 725 et mirent à bas l’église antique. Quelques siècles plus tard, ce seront les Anglais qui l’investiront lors de la guerre de Cent Ans. L’histoire de la ville resta marquée durant longtemps par une intense rivalité entre les comtes de Rodez, maîtres du Bourg, et les évêques de Rodez, maîtres de la Cité. Une muraille délimitait les deux secteurs. Chaque communauté avait un hôtel de ville, ses consuls, une administration propre ; chacune rivalisant de puissance, de rayonnement. Au bourg, la célèbre dynastie des comtes d’Armagnac et de Rodez, finit par acquérir des privilèges régaliens : battre monnaie à la tour Martelenque, porter la couronne comtale et persister à reconnaître un temps l’antipape Benoît XIII et ses héritiers Bernard Garnier et Jean Carrier. Cela amena inévitablement l’affrontement avec le roi de France en 1443. Le dauphin, futur Louis XI, vint occuper Rodez et soumettre le comte Jean IV. Plus tard, son fils aura une idée séditieuse en essayant de trahir Louis XI. Cela lui vaudra d’être massacré à Lectoure, avec sa famille, lors de sa fuite

[11] Le comté de Pardiac est une partie du comté d’Astarac, comprenant le pays de Rivière-Basse, qui fut donné en apanage par le comte Arnaud II d’Astarac à son fils cadet Bernard 1er. Il passa ensuite dans les familles de Montlezun, puis d’Armagnac.

[12] Le Fézensaguet ou Fézenzaguet est un petit pays gascon aujourd’hui compris dans le département du Gers, avec pour chef-lieu Mauvezin. Cette vicomté historique se situe entre l’Armagnac et la Lomagne. Selon Bouillet et Chassang, il s’agit d’une vicomté donnée en apanage en 1163 par Bernard IV, comte d’Armagnac, à son quatrième fils, Roger 1er. Le fils de Roger, Géraud V, devint en 1256 comte d’Armagnac par l’extinction des lignes aînées ; mais en 1285, son fils cadet fonda une nouvelle branche de comtes de Fézenzaguet. Incorporé de nouveau à l’Armagnac en 1403, ce pays fut réuni à la couronne avec cette province.

[13] La cathédrale Saint-Antonin est une cathédrale de l’Église catholique romaine située à Pamiers, dans le département français de l’Ariège. Elle est le siège du diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix. Originellement dédiée à saint Jean Baptiste et saint Jean l’Évangéliste, l’église fut appelée Sainte-Marie du Mercadal (c’est-à-dire « du marché ») en 1384, avant d’être élevée au rang de cathédrale en 1499. L’édifice est aujourd’hui dédié à saint Antonin.