Óengus mac Nad Froích (mort vers 490)
Issu des Eóganachta [1], il est le premier roi de Munster [2] chrétien.
Fils de Nad Froich mac Cuirc par sa seconde épouse Faochan, une princesse présentée comme la fille du roi de Man [3]. Selon la chronologie retenue par Geoffrey Keating ou Seathrún Céitinn dans son “History of Ireland Oengus”” est crédité d’un règne de 36 ans dont le point de départ est fixé à 453. La date de sa mort retenue par les Annales d’Ulster [4] et dans les Annales d’Inisfallense [5] situe entre 490/492.
Óengus est baptisé dans le palais royal de Cashel [6] par saint Patrick lui-même et il impose une taxe aux chrétiens convertis du Munster au profit de St. Patrick.
La tradition rapporte que le saint l’aurait baptisé dans le sang en le blessant au pied avec sa crosse au moment de son baptême. Ce dernier, croyant qu’il s’agissait d’une épreuve du cérémonial, souffrit en silence. Le roi est ensuite devenu très pieux et s’est entouré de clercs et il est précisé que la moitié de sa nombreuse descendance s’est consacrée à l’église.
Óengus, qui doit faire face à une vaste coalition de ses ennemis, meurt au combat lors de la bataille de Cenn Losnada en Mag Fea. Son épouse, Eithni Uathach ingen Cremthainn dite l’odieuse, est également tuée.
Elle appartenait à la dynastie des Uí Cheinnselaigh [7], un Sept [8] du Laigin [9]. Les vainqueurs du combat sont Iollann mac Dunlaing et son frère, Oilill des Uí Dúnlainge [10], un autre sept du Laigin, ainsi qu’Eochaidh Guinech des Uí Bairrche [11], également sept de Laigin, mais aussi Muirchertach Mac Ercae, Uí Néill [12], roi d’Ailech [13].
Óengus apparait également dans un texte littéraire du 9ème siècle “l’Expulsion des Déisi”, dans lequel il donne un territoire aux Déisi [14] errants.
Toutefois, le récit situe l’histoire à l’époque deCormac Mac Airt, qui est réputé avoir vécu 200 ans avant Óengus.
Óengus est l’ancêtre direct de 3 des principaux septs des Eóganachta, les lignées de Cashel, Arithir Cliach [15] et Glendamnach [16].
Notes
[1] Les Eóganachta (ou Eoghanachta), fondés, selon la tradition, par Éogan Mór, roi de Munster, fils aîné du semi-mythique roi du 3ème siècle Oilill Ollum, était une dynastie irlandaise, centrée autour de Cashel, qui domina le sud de l’Irlande du 5 au 16ème siècle.
[2] Situé dans le sud-ouest de l’île, le Munster, est l’une des quatre provinces d’Irlande. Il comprend six comtés. Au début du Moyen Âge, la plus grande partie de la province actuelle faisait partie du Royaume de Munster, dirigé par Eóganachta, qui succeda aux Dáirine et Corcu Loígde à partir du 7ème siècle. Les trois couronnes du drapeau de Munster ressemblent à celles du drapeau de Dublin et du blason de sudédois, elles représentent les trois royaumes issus de la séparation de la province au 12ème siècle : Thomond (nord), Desmond (sud), et Ormond (est). Ces derniers royaumes furent eux-mêmes absorbés par renonciation et restitution dans le Pairage d’Irlande comme comtés. Ces noms n’existent plus qu’indirectement aujourd’hui, en particulier pour le comté de Thomond.
[3] L’île de Man, est un territoire formé d’une île principale et de quelques îlots situés en mer d’Irlande, au centre des îles Britanniques. L’île de Man forme une dépendance de la Couronne britannique, c’est-à-dire que l’île n’appartient ni au Royaume-Uni ni à l’Union européenne mais relève directement de la propriété du souverain britannique, actuellement la reine Élisabeth II, qui agit en qualité de « seigneur de Man ». Ce statut n’en fait pas un État reconnu indépendant, mais l’île dispose d’une large autonomie politique et économique. L’île de Man est une terre celte depuis la protohistoire, puis devient un royaume viking au Moyen Âge, soumis à l’influence anglo-saxonne. Les dominateurs scandinaves y ont fondé un système politique basé sur le principe des « citoyens libres » et s’organisant autour du Tynwald qui serait le plus ancien parlement en fonctionnement continu du monde.
[4] Les Annales d’Ulster sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant de 431 à 1540. Celles allant jusqu’à l’année 1489 furent compilées à la fin du 15ème siècle par le scribe Ruaidhri Ó Luinín, sous le patronage de Cathal Óg Mac Maghnusa, sur l’île de Belle Isle sur le lac Lough Erne, dans la province d’Ulster. Les entrées plus tardives furent rajoutées par d’autres auteurs.
[5] Les Annales d’Inisfallen sont des chroniques historiques de l’Irlande médiévale.
[6] Cashel est une ville du Comté de Tipperary, dans le sud des midlands d’Irlande. Cashel fut la capitale du royaume de Munster. C’est dans cette ville que fut assemblé, en 1172 à la demande d’Henri II d’Angleterre, le synode de Cashel. Celui-ci incluait des attitudes envers le mariage, le célibat clérical, le système sacramentel et le contrôle des terres de l’église.
[7] Les Uí Cheinnselaigh ou Uí Cheinnsealaigh sont une dynastie de rois du Leinster dont le nom signifie en irlandais petit-fils de Cennsalach.
[8] Un sept est un mot anglais qui signifie la division d’une famille, en particulier la division d’un clan. Probablement une forme changée du mot anglais sect. Ce terme est trouvé en Écosse, mais également en Irlande où il remplace le mot clan
[9] Les Laigin, dont l’orthographe moderne est Laighin, sont un groupe de population de l’ancienne Irlande. Ils donnèrent leur nom à la province de Leinster, qui à l’époque médiévale était connue sous le nom vieil irlandais de Cóiced Laigen, qui signifie « cinquième de Laigin » (irlandais moderne Cúige Laighean). Leur territoire était localisé dans le sud est de l’Irlande on estime qu’il s’étendait de Shannon à la Boyne
[10] Les Uí Dúnlainge, (« petits-fils de Dúnlaing » en irlandais), appartenaient à une dynastie irlandaise du Leinster, qui faisaient remonter leur lignée jusqu’à Dúnlaing mac Énda Niada. On le disait cousin d’Énnae Cennsalach, ancêtre éponyme de leurs rivaux, les Uí Cheinnselaigh. Leurs prétentions à la royauté du Leinster ne rencontrèrent pas d’opposition après la mort d’Áed mac Colggen à la bataille de Ballyshannon le 19 août 738. La dynastie se divisa alors en trois branches qui se partagèrent la royauté en alternance entre 750 et 1050.
[11] Uí Bairrche est un sept irlandais qui contrôle initialement le sud de l’ancienne province de Leinster ou « Cóiced Laigen » c’est-à-dire : « le cinquième de Laigin ». Un autre sept du sud Leinster associé au Uí Bairrche est le Fothairt. Le sud du Leinster était dominé par les Uí Cheinnselaigh au 8ème siècle. Le Uí Bairrche détenaint le territoire autour de Carlow, toutefois l’expansion du Uí Cheinnselaigh divise la parenté. Il en résulte qu’un branche des Uí Bairrche se maintient dans la vallée de la Barrow ; et une autre est contrainte de se déplacer vers le sud jusqu’à la côte près de Wexford
[12] Les Uí Néill étaient une grande dynastie irlandaise. Il signifiait les « descendants de Niall Noigiallach », et se rapportait à un groupe de parenté irlandais. Les Uí Néill n’étaient ni une tribu, ni une confédération de tribus, mais une dynastie, c’est-à-dire qu’ils étaient composés, dès le 6ème siècle, de quelques douzaines de personnes réparties sur un vaste territoire au nord et au centre de l’Irlande. Ils devinrent à partir de la seconde moitié du 6ème siècle la dynastie dominante de la moitié nord de l’Irlande. Ses diverses branches donnèrent un certain nombre de hauts rois d’Irlande entre les 7ème et 11ème siècles.
[13] Les rois d’Ailech étaient les descendants de Eógan, c’est-à-dire les Cenél nEógain, et appartenaient ainsi à une branche des Uí Néill. Après la destruction d’Ailech dans le comté de Donegal par Muircheartach Ua Briain en 1101, ou peut-être même à partir de 1050, les rois d’Ailech furent reconnus à Tuloch-Og dans le comté de Tyrone Les Mac Lochlainn transfèrent ensuite le lieu de leur intronisation à Derry alors que leurs rivaux les O’Neill demeurent à Tuloch-Og.
[14] Les Déisis sont un peuple de l’Irlande. Le nom Déisi qui signifie au sens propre « Peuple soumis ou Vassaux » est le nom porté pendant la période historique par deux populations d’Érainn l’une dans le royaume de Brega et l’autre dans le Munster.
[15] Les Eóganacht Airthir Chlíach forment une branche de la famille des Eóganachta, la dynastie régnante du royaume de Munster (en irlandais : Muman) du 5 au 10ème siècle. Ils tirent leur nom de Cliú (Clíach), un petit territoire situé à l’est (en irlandais : Airthir) du comté de Limerick et aussi partiellement sur le comté de Tipperary. Tout près, l’actuel village d’Emly abritait l’ancienne abbaye d’Imlech, le centre ecclésiastique du royaume à cette époque. Ils descendent d’Óengus mac Nad Froích (mort vers 489), le premier roi chrétien de Muman, par son fils Eochaid mac Óengusa (mort en 522) et son petit-fils Crimthann Dearcon mac Echado (un demi-frère du roi Crimthann Srem mac Echado, qui est à l’origine de la branche des Eóganacht Glendamnach). Dearcon, la mère de Crimthann, appartenait à la famille des Arada Clíach, un clan mineur du Cliú.
[16] Les Eóganacht Glendamnach forment une branche de la famille des Eóganachta, la dynastie régnante du royaume de Munster (en irlandais : Muman) du 5 au 10ème siècle. Ils tirent leur nom de Glendamnach, aujourd’hui Glanworth, situé à une quarantaine de kilomètres de la ville de Cork. Ils descendent d’Óengus mac Nad Froích (mort vers 489), le premier roi chrétien de Muman, par son fils Eochaid mac Óengusa (mort en 522) et son petit-fils Crimthann Srem mac Echado (mort vers 542). Les trois branches cousines des Eóganacht Glendamnach, des Eóganacht Chaisil et des Eóganacht Áine occupèrent tour à tour le trône selon un système de rotation permanent. Pourtant, les listes des rois donnent à la branche de Glendamnach le quasi-monopole des souverains du 6ème siècle. Toutefois, les Laud Synchronisms furent probablement écrits au milieu du 8ème siècle à Cloyne, près de Cork, un monastère favorable à la branche de Glendamnach, ce qui rend douteuses certaines de ses attributions. Le dernier roi de cette branche mourut en 821. Plus tard, ils donnèrent naissance au sept des Ó Caiomh, nom devenu O’Keeffe dans sa version plus moderne.