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Muwatalli II ou Mouwatalli

mercredi 15 avril 2026, par lucien jallamion

Muwatalli II ou Mouwatalli

Roi hittite qui régna d’environ 1295 à 1272 av. jc

était vraisemblablement le fils aîné du roi Mursili II et de la reine Gassulawiya .

Muwatalli aurait peut-être succédé à son père Mursili après la mort de son frère Halpasulupi.


Le grand fait de son règne est son affrontement contre Ramsès II lors de la bataille de Qadesh [1] en 1274 av. jc. Il est aussi connu pour avoir déplacé la capitale hittite de Hattusa [2] à Tarhuntassa [3], plus au sud.

Son fils Mursili III ou Urhi-Teshub lui succéda en 1272 av. jc. D’âpres luttes de pouvoir agitaient la famille régnante. Mursili III fut déposé et exilé par son oncle Hattusili III , frère de Muwatalli II, qui lui succéda en 1265 av. jc.


Un bas-relief, sculpté dans le roc, représente, d’après les inscriptions qui l’accompagnent, le roi Muwatalli II. Il se situe près de l’ancienne route Misis-Ceyhan par l’actuel village de Sirkeli [4], au sud-ouest des ruines d’Yilanlikale. Il est sculpté sur une paroi rocheuse face à la rivière Ceyhan [5], à environ 50 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Il représente un roi hittite barbu avec une longue robe. Les inscriptions à la droite du bas-relief ont été déchiffrées ; elles nomment Muwatalli, fils de Mursili. Cette sculpture est la plus ancienne représentation d’un roi hittite identifié à ce jour. Muwatalli II avait déplacé la capitale de Hattusa à Tarhuntassa dont l’emplacement est incertain mais proche de Sirkeli, ce qui peut expliquer la présence de ce monument.


C’est sous le règne de Muwatalli II que date la plus longue des prières ou hymnes de la religion hittite connus. Elle est composée de 300 lignes réparties en 150 versets. Cette prière révèle les principales divinités de l’Anatolie [6].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Éric Tréguier, « Qadesh : première victoire de la propagande », Guerres & Histoire, no 5,‎ 25 février 2012

Notes

[1] Qadesh ou Kadesh est une ville de la Syrie antique. Elle correspond au site actuel de Tell Nebi Mend, situé à 24 km au sud-ouest d’Homs, en amont du lac Qattina ou lac de Homs, sur la rive ouest de l’Oronte à proximité de la frontière libanaise. Elle fut le lieu de batailles dont la plus célèbre, qui eut lieu au début du 13ème siècle avant notre ère, opposa deux grandes puissances de l’époque : les armées de l’empire hittite menées par Muwatalli II et de l’Égypte menées par Ramsès II.

[2] Hattusa (ou Hattousa ou Hattusha, ancien nom Hattush), aujourd’hui située à proximité du village de Boğazkale (anciennement Boğazköy), est un site archéologique situé dans la province de Çorum, en Turquie. C’était la capitale du royaume hittite, située en Anatolie centrale, dans une région montagneuse, près d’une boucle du fleuve Kızılırmak. Elle succéda comme capitale des Hittites à Nesha (Kanesh) sous le règne de Labarna II qui prit le nom de Hattusili 1er pour marquer l’événement, vers 1650 av. jc. Elle connut des périodes fastes et d’autres plus difficiles au cours de son histoire, perdant quelque temps son rôle de capitale, avant de connaître son apogée au 13ème siècle av. jc sous l’impulsion du roi Hattusili III et de son fils Tudhaliya IV, qui y entreprirent un important programme de constructions. Pourtant, son abandon et la fin du royaume hittite survinrent à peine quelques années après, au tout début du 12ème siècle av. jc.

[3] Sa localisation exacte est encore indéterminée, même s’il semble clair qu’il faille la chercher dans le sud anatolien sur les territoires de la Cilicie et la Pamphylie classiques à la suite de la découverte d’inscriptions de ses souverains. Tarhuntassa apparaît dans la documentation hittite sous le règne de Muwatalli II qui y établit la cour hittite, transférée depuis sa capitale traditionnelle, Hattusa. Ce déplacement peut être motivé pour des raisons tactiques, Hattusa étant exposée aux menaces des populations du nord anatolien, les Gasgas, et éloignée de la Syrie, principal théâtre des opérations à cette période. Mais il faut peut-être aussi chercher du côté des explications religieuses, Muwatalli ayant pour dieu personnel le Dieu de l’Orage de l’éclair, divinité tutélaire du pays de Tarhuntassa. Son fils et successeur Urhi-Teshub/Mursili III choisit de rapatrier la cour hittite à Hattusa.

[4] Sirkeli Höyük est un site archéologique de Turquie, correspondant à une ancienne cité hittite, localisé dans la province d’Adana, 40 kilomètres à l’est d’Adana près de la rivière Ceyhan. Il fait l’objet de fouilles entre des équipes turques, allemandes et suisses. Les plus anciennes occupations du site remontent à la période chalcolithique (c. 5000-3000 av. jc). La phase la plus importante correspond à l’Âge du bronze, sous la domination hittite, notamment au 13ème siècle av. jc. Le site est alors de forme ovoïde, d’environ 300 × 400 mètres. Les éléments les plus notables de cette période sont des bas-reliefs du temps du roi Muwatalli II, qui sont les plus anciens bas-reliefs rupestres hittites connus à ce jour. Un premier représente le roi en habit de prêtre, portant le sceptre recourbé (kalmus). Un autre bas-relief, mutilé, représenterait un des fils du roi, peut-être Urhi-Teshub, ou bien Kurunta. Des installations cultuelles ont été repérées à proximité. Des traces d’occupations plus tardives ont été repérées sur le site.

[5] Le Ceyhan , Pyrame dans l’Antiquité est un fleuve de Cilicie, en Turquie. Il arrose notamment la ville de Ceyhan. Le fleuve Seyhan, qui arrose lui aussi la région d’Adana, partageait autrefois son embouchure avec le Ceyhan, étant donc considéré comme l’un de ses affluents. Leurs cours se sont toutefois altérés, séparant leur embouchure d’une distance de 60 km.

[6] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie