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Bataille de Lützen 2 mai 1813

mercredi 1er avril 2026, par lucien jallamion

Bataille de Lützen (2 mai 1813)

La bataille de Lützen, aussi appelée par les historiens allemands bataille de Großgörschen, a lieu le 2 mai 1813, lors du retour de l’armée napoléonienne après le désastre de la campagne de Russie. Pierre Wittgenstein attaque une colonne avancée de Napoléon près de Lützen [1], afin de reprendre la ville de Leipzig [2]. Après une journée de combats intenses, les forces prussiennes et russes battent en retraite. L’absence de cavalerie empêche les Français de les poursuivre.

Napoléon, ayant reconstitué ses forces par la mobilisation de 1813 en France, rejoint les restes de la Grande Armée en Saxe [3]. Après le combat de Weißenfels [4], il décide de progresser vers Leipzig afin de passer l’Elster [5] et rejoindre le corps du prince Eugène de Beauharnais au nord de la ville.

Les Coalisés veulent interdire ce mouvement et surprendre l’Empereur dans la plaine de Lützen où leur cavalerie, supérieure en nombre, pourra se développer.

Pour garder ses flancs, Napoléon envoie Ney protéger la route au sud de Lützen et tenir les villages de Großgörschen [6], Kleingörschen [7], Rahna et Kaja. Le reste de l’armée est en colonne entre Weißenfels et Leipzig. En tête, le corps de Lauriston attaque les troupes du général Kleist qui tiennent le village de Lindenau, à l’entrée de Leipzig.

À midi, Wittgenstein, venant de Pegau [8], attaque le centre français en direction de la ville de Lützen. Pour passer, il faut s’emparer des 4 villages. Gebhard Leberecht von Blücher attaque en tête, mais se heurte à la division de Joseph Souham . Celle-ci se replie sur la deuxième ligne défensive établie par Ney, laissant les villages aux Prussiens. Ferdinand von Wintzingerode attaque la gauche française à Starsiedel [9], mais est arrêté par la division du général François Joseph Gérard .

Napoléon , surpris par l’attaque d’un ennemi qu’il croyait être à Leipzig, rappelle alors tous ses corps pour repousser l’assaut des Coalisés. Il se rend auprès du maréchal Ney. L’Empereur dispose les renforts au fur et à mesure qu’ils arrivent. La ligne française résiste aux assauts des Coalisés.

À 18 heures, Blücher tente une dernière percée. À la tête de la Garde royale prussienne, il lance un nouvel assaut et prend Kleingörschen [10], Eisdorf [11] et Kaja. Wintzingerode menace Starsiedel. Ney envoie la division Gérard qui contre-attaque, reprend les villages de Kleingörschen, Rahna et Kaja, et poursuit la division de la Garde royale prussienne. Seul Großgörschen reste aux mains des Coalisés.

La Garde impériale s’installe en avant de Starsiedel. Antoine Drouot dispose l’artillerie de la Garde sur le flanc des troupes de Wittgenstein. Attaquées sur les flancs, les forces coalisées se replient. Napoléon ordonne une attaque générale pour poursuivre les Coalisés, mais la nuit vient mettre un terme à la manœuvre.


Conséquences

Les pertes alliées s’élèvent à environ 20 000 hommes, celles des Français à 18 000. Le lendemain, Leipzig est occupée.

Gerhard Johann David von Scharnhorst , l’âme de la rébellion anti-napoléonienne en terre allemande, est blessé par balle au genou lors de la bataille et décède 8 semaines plus tard de sa blessure, faute de soins suffisants.

La bataille fut initialement perçue en Russie comme une victoire de la coalition, Wittgenstein reçut à cette occasion l’ordre de Saint-André [12] et Blücher l’ordre de Saint-Georges de 2e classe [13].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Lanrezac, La Bataille de Lutzen

Notes

[1] Lützen est une ville allemande de l’arrondissement du Burgenland dans le Land de Saxe-Anhalt.

[2] Leipzig est une ville-arrondissement d’Allemagne centrale, au nord-ouest du Land de Saxe. En 1409 est fondée l’université de Leipzig, l’Alma Mater Lipsiensis (la mère nourricière lipsienne), une des plus anciennes universités d’Allemagne. En 1497, l’empereur Maximilien 1er étend les privilèges des (désormais trois) marchés annuels, en en faisant des foires impériales ; concrètement, aucune ville dans un rayon d’environ 115 km n’a le droit d’organiser des foires. Fortes de ce droit, les trois foires de Leipzig se développent considérablement jusqu’à devenir les plus importantes d’Allemagne au 18ème siècle devançant celles de Francfort-sur-le-Main. Il s’agit des foires du Nouvel An, de Pâques, et de la Saint-Michel. Au 18ème siècle, constituant une véritable plateforme commerciale où s’échangent des marchandises de l’Europe occidentale, centrale, et orientale, de l’Empire russe et même de la Perse (par l’intermédiaire des marchands juifs de la Pologne-Lituanie).

[3] L’Électorat de Saxe était un État du Saint Empire romain germanique de 1356 à 1806 dont le souverain était investi d’une fonction élective au trône impérial. Il succéda au duché de Saxe-Wittemberg et fut remplacé par le royaume de Saxe.

[4] Weissenfels (en allemand : Weißenfels) est une ville d’Allemagne, de l’arrondissement du Burgenland dans le Land de Saxe-Anhalt. Le patrimoine historique de la cité comprend le château de Neu-Augustusbourg, résidence des ducs de Saxe-Weissenfels de 1680 à 1746.

[5] L’Elster blanche, est une rivière d’Europe centrale, longue de 257 km, et un affluent de la Saale, donc un sous-affluent de l’Elbe.

[6] Großgörschen est un village et une ancienne commune du district de Burgenlandkreis, en Saxe-Anhalt, en Allemagne. Il se trouve à environ 6 km au sud-est de Lützen, entre Leipzig et Weißenfels ainsi qu’entre les zones minières à ciel ouvert de Zwenkau et Profen, et ne doit pas être confondu avec le village de Görschen dans la commune de Mertendorf. La commune de Großgörschen, avec ses quatre districts, est entourée de terres agricoles. La limite est de la commune est également celle avec la Saxe.

[7] Kleingörschen est un village et une ancienne commune du district de Burgenlandkreis, en Saxe-Anhalt, en Allemagne. Kleingörschen se trouve au sud-est de Lützen, entre Leipzig et Weißenfels et entre les zones minières à ciel ouvert de Zwenkau et Profen. Le village est entouré de vastes terres agricoles. Großgörschen est limitrophe de Kleingörschen au sud.

[8] Pegau est une ville de Saxe (Allemagne), située dans l’arrondissement de Leipzig, dans le district de Leipzig

[9] Starsiedel, située à la limite sud-ouest de la baie basse de Leipzig entre les villes de Weißenfels, Lützen, Zwenkau et Hohenmölsen, se trouve sur le plateau légèrement ondulé et peu boisé entre la Saale à l’ouest et la White Elster à l’est.

[10] Kleingörschen se trouve au sud-est de Lützen, entre Leipzig et Weißenfels et entre les zones minières à ciel ouvert de Zwenkau et Profen. Le village est entouré de vastes terres agricoles. Großgörschen est limitrophe de Kleingörschen au sud.

[11] Eisdorf est un village et une ancienne commune du district de Göttingen, en Basse-Saxe, Allemagne. Depuis le 1er mars 2013, elle fait partie de la commune de Bad Grund.

[12] L’ordre impérial de Saint-André Apôtre le premier nommé est un ordre honorifique russe fondé le 30 août 1698 par Pierre le Grand. Premier ordre russe, tant par sa date de création sous le règne de Pierre 1er, que par sa place dans la hiérarchie des ordres russes, il a la particularité d’être réservé aux plus importants personnages de l’État, tant civil que militaire. Décerné un peu plus de 1 000 fois entre 1699 et 1917 en dehors des membres de la famille impériale, il a toujours joui d’un très grand prestige, tant en Russie, qu’à l’étranger. Il est aujourd’hui, à la fois un ordre dynastique de la famille impériale des Romanov en exil et le premier ordre de l’actuelle fédération de Russie.

[13] L’ordre impérial et militaire de Saint-Georges, martyr et victorieux est un ordre honorifique russe qui récompense exclusivement les mérites militaires. Il est institué par Catherine II, en 1769 pour récompenser officiers et soldats. Supprimé par Lénine, en 1918, il fut réinstauré en 1994 par Boris Eltsine sous le nom d’ordre de Saint-Georges. Il comporte quatre classes et ses couleurs distinctives sont l’orange rayé de trois bandes noires. La première classe est la plus haute distinction de l’Ordre. Elle pouvait être accompagnée de la croix de Saint-Georges sous l’empire.