La bataille de Lützen, aussi appelée par les historiens allemands bataille de Großgörschen, a lieu le 2 mai 1813, lors du retour de l’armée napoléonienne après le désastre de la campagne de Russie. Pierre Wittgenstein attaque une colonne avancée de Napoléon près de Lützen [1], afin de reprendre la ville de Leipzig [2]. Après une journée de combats intenses, les forces prussiennes et russes battent en retraite. L’absence de cavalerie empêche les Français de les poursuivre.
Napoléon, ayant reconstitué ses forces par la mobilisation de 1813 en France, rejoint les restes de la Grande Armée en Saxe [3]. Après le combat de Weißenfels [4], il décide de progresser vers Leipzig afin de passer l’Elster [5] et rejoindre le corps du prince Eugène de Beauharnais au nord de la ville.
Les Coalisés veulent interdire ce mouvement et surprendre l’Empereur dans la plaine de Lützen où leur cavalerie, supérieure en nombre, pourra se développer.
Pour garder ses flancs, Napoléon envoie Ney protéger la route au sud de Lützen et tenir les villages de Großgörschen [6], Kleingörschen [7], Rahna et Kaja. Le reste de l’armée est en colonne entre Weißenfels et Leipzig. En tête, le corps de Lauriston attaque les troupes du général Kleist qui tiennent le village de Lindenau, à l’entrée de Leipzig.
À midi, Wittgenstein, venant de Pegau [8], attaque le centre français en direction de la ville de Lützen. Pour passer, il faut s’emparer des 4 villages. Gebhard Leberecht von Blücher attaque en tête, mais se heurte à la division de Joseph Souham . Celle-ci se replie sur la deuxième ligne défensive établie par Ney, laissant les villages aux Prussiens. Ferdinand von Wintzingerode attaque la gauche française à Starsiedel [9], mais est arrêté par la division du général François Joseph Gérard .
Napoléon , surpris par l’attaque d’un ennemi qu’il croyait être à Leipzig, rappelle alors tous ses corps pour repousser l’assaut des Coalisés. Il se rend auprès du maréchal Ney. L’Empereur dispose les renforts au fur et à mesure qu’ils arrivent. La ligne française résiste aux assauts des Coalisés.
À 18 heures, Blücher tente une dernière percée. À la tête de la Garde royale prussienne, il lance un nouvel assaut et prend Kleingörschen [10], Eisdorf [11] et Kaja. Wintzingerode menace Starsiedel. Ney envoie la division Gérard qui contre-attaque, reprend les villages de Kleingörschen, Rahna et Kaja, et poursuit la division de la Garde royale prussienne. Seul Großgörschen reste aux mains des Coalisés.
La Garde impériale s’installe en avant de Starsiedel. Antoine Drouot dispose l’artillerie de la Garde sur le flanc des troupes de Wittgenstein. Attaquées sur les flancs, les forces coalisées se replient. Napoléon ordonne une attaque générale pour poursuivre les Coalisés, mais la nuit vient mettre un terme à la manœuvre.
Conséquences
Les pertes alliées s’élèvent à environ 20 000 hommes, celles des Français à 18 000. Le lendemain, Leipzig est occupée.
Gerhard Johann David von Scharnhorst , l’âme de la rébellion anti-napoléonienne en terre allemande, est blessé par balle au genou lors de la bataille et décède 8 semaines plus tard de sa blessure, faute de soins suffisants.
La bataille fut initialement perçue en Russie comme une victoire de la coalition, Wittgenstein reçut à cette occasion l’ordre de Saint-André [12] et Blücher l’ordre de Saint-Georges de 2e classe [13].