Frédéric-Guillaume 1er (roi de Prusse) (1688-1740)
Roi en Prusse du 25 février 1713 à sa mort
Membre de la maison de Hohenzollern [1] surnommé le Roi-Sergent donné par George II de Grande-Bretagne, son cousin et beau-frère.
Réputé pour son avarice, son mépris des choses de l’esprit, sa brutalité et sa volonté de tout diriger dans le moindre détail, il confirme néanmoins l’influence grandissante de la Prusse au sein des puissances européennes et accroît l’importance de l’armée au sein de la société prussienne. Protestant pieux, ayant le sens du devoir, il est un mari fidèle mais jaloux.
Fils de Frédéric 1er de Prusse et de Sophie-Charlotte de Hanovre , Frédéric-Guillaume est né à Berlin [2] le 14 août 1688. C’est son père qui avait obtenu le titre héréditaire de roi en Prusse pour les margraves [3] de Brandebourg [4].
Il manifeste très tôt son caractère violent et despotique n’hésitant pas à distribuer coups de pied et coups de bâton en ne tenant compte ni de l’âge ni du rang. Ses enfants sont les premières victimes de ces crises de fureur. Il est grossier malgré l’influence de sa mère la reine philosophe. Il refuse d’apprendre le français et parle mal l’allemand. Il méprise les écrivains qu’il surnomme “les pisseurs d’encre”. Néanmoins il possède une mémoire prodigieuse. Les inspections et les revues militaires sont sa passion, ainsi que la chasse et les réunions de fumeurs de pipes. Son train de vie est modeste. Il mange beaucoup, mais simplement, buvant du vin du Rhin ou de la bière. Il prend l’habitude de porter en permanence l’uniforme, réduisant ainsi ses dépenses vestimentaires. Abandonnant son château, il vit dans deux résidences campagnardes très simplement meublées, l’une au château de Wusterhausen [5] et l’autre à Potsdam [6] qui devient sa vraie capitale. Sa vie de roi et sa vie privée sont parfaitement réglées.
Son fils, le futur Frédéric II , fait les frais de son tempérament violent et autoritaire, ainsi que de son mépris pour l’art et les lettres. Il lui interdit l’apprentissage du latin, traite avec mépris son intérêt pour la poésie, la littérature et la musique, le frappe et l’humilie en public. À 18 ans, Frédéric tente de s’enfuir en Angleterre. Le plan échoue et son père le fait arrêter pour trahison. Emprisonné à la forteresse de Custrin [7], il est forcé d’assister à l’exécution de son ami et complice, Hans Hermann von Katte .
Devenu roi à l’âge de 25 ans, Frédéric-Guillaume s’attache à redresser les finances de l’État, s’opposant à toute dépense superflue et imposant à lui-même et à sa cour une rigueur budgétaire qu’il jugeait nécessaire. Ainsi renvoie-t-il sans ménagement sa belle-mère, la reine Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin , dans son pays d’origine. Il fait passer le nombre des charges de la cour de 142 à 47 et diminue de moitié les restantes. Il licencie les artistes de la Cour et les dépenses baissent de 80 % en une année. Il fait vendre tous les objets de luxe et les carrosses de son père, ainsi que les vins fins. Sur le plan économique, il adopte une politique mercantiliste, et créé en 1727 les premières chaires d’enseignement de Polizeiwissenschaft [8], relatives à l’administration de l’État au sens large et non à la simple prévention et répression des crimes et délits.
Il possède une expérience militaire non négligeable, ayant suivi son père pendant de nombreuses années. Il combat aux Pays-Bas [9] sous les ordres du prince Eugène et participe directement à la bataille de Malplaquet [10].
Il renforce considérablement l’armée prussienne, qui passe de 40 000 à 83 000 hommes à la fin de son règne, et en lui donnant une place prépondérante dans la société, modelant ainsi une Prusse militariste dont la réputation de discipline, d’organisation et de rigueur persiste aujourd’hui.
Chérissant son armée par-dessus tout, il recrute dans toute l’Europe des hommes de grande taille pour les incorporer dans sa garde personnelle, les fameux Lange Kerls [11].
Ayant fait de l’armée prussienne une des plus puissantes d’Europe, il ne la fait pourtant combattre qu’une seule fois, lors de la grande guerre du Nord [12]. Son intérêt pour la chose militaire lui vaut ainsi le surnom de Roi-Sergent donné par George II de Grande-Bretagne.
Qualifié de plus grand roi intérieur de la Prusse, le bilan de sa politique extérieure n’est pourtant pas négligeable, surtout en termes de gains territoriaux qui se font dès le début de son règne. Ensuite, il est très prudent, refusant de servir d’allié de circonstance aux quadrilleurs [13]. Il reste un bon sujet de l’empereur Charles VI, mais est mal récompensé de sa fidélité. Il refuse d’engager sa belle armée.
Dès le début de son règne, il rompt l’alliance avec l’Autriche [14] et signe un traité à Utrecht [15] lui permettant d’être tranquille à l’ouest et de se consacrer à la Baltique [16]. La Suède est dans un moment critique de son histoire : après la défaite de Poltava [17], le roi Charles XII s’est réfugié en Turquie, laissant la défense du royaume à ses généraux. Plusieurs places tombent. Le retour du roi Charles ravive la coalition contre la Suède et aboutit à la défaite de celle-ci. La paix russo-suédoise de Nystad [18] confirme les pertes suédoises : par le traité de Stockholm de février 1720 [19], la Suède abandonne effectivement à la Prusse une partie de la Poméranie suédoise [20] avec le port maritime de Stettin [21]. La libre navigation sur l’Oder [22] est enfin promulguée ; la Prusse verse néanmoins 2 millions de thalers à la Suède.
Ayant étendu ses possessions au nord, Frédéric-Guillaume veut acquérir les duchés de Berg [23] et Juliers [24]. Il s’allie en 1725 avec la France et l’Angleterre par le traité de Herrenhausen [25], mais se retourne aussitôt vers l’Autriche qui lui promet les duchés, en échange du soutien de la Prusse à la Pragmatique Sanction [26]. Il reste le féal de l’empereur Charles VI et malgré une aide militaire de la Prusse à celui-ci, les duchés de Berg et Juliers ne lui appartiennent toujours pas. Humilié, Frédéric-Guillaume en veut surtout à l’Autriche et refuse d’aider celle-ci dans sa guerre contre les Turcs. Il se rapproche finalement de la France par le traité de la Haye de 1739 [27].
Frédéric-Guillaume 1er de Prusse appartient à la première branche de la maison de Hohenzollern [28]. Cette lignée donna des électeurs au Brandebourg, des rois à la Prusse, des empereurs à l’Allemagne. Frédéric-Guillaume 1er de Prusse est l’ascendant de l’actuel chef de la maison impériale d’Allemagne.
Frédéric-Guillaume et sa femme Sophie-Dorothée de Hanovre fille de George 1er de Grande-Bretagne et de Sophie-Dorothée de Brunswick-Lunebourg ont 14 enfants.
Notes
[1] La maison de Hohenzollern est une famille noble et royale européenne qui régna en tant qu’empereurs sur l’Allemagne, en tant que rois sur la Prusse et la Roumanie, en tant que princes électeurs sur le Brandebourg, en tant que margraves sur Schwedt, Bayreuth, Kulmbach et Ansbach, en tant que burgraves sur Nuremberg et en tant que princes sur Hechingen et Sigmaringen.
[2] Berlin est la capitale et la plus grande ville d’Allemagne. Institutionnellement, c’est une ville-État nommée Land de Berlin. Fondée au 13ème siècle, Berlin a été successivement capitale de l’électorat du Brandebourg de 1247 à 1701, du royaume de Prusse de 1701 à 1871, de l’Empire allemand de 1871 à 1918, de la République de Weimar de 1919 à 1933 et du Troisième Reich de 1933 à 1945. Après 1945 et jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989, la ville est partagée en quatre secteurs d’occupation.
[3] Le titre de margrave était donné aux chefs militaires des marches (ou mark), dans l’empire carolingien, puis à certains princes du Saint Empire romain germanique. Le titre équivalent en français est marquis. Le margraviat est la juridiction sur laquelle il a autorité.
[4] Les souverains de Brandebourg sont successivement margraves puis princes-électeurs et rois régnant dans la marche de Brandebourg. À partir de 1618, ils portent en union personnelle aussi le titre de ducs de Prusse créant ainsi l’État de Brandebourg-Prusse puis, après le couronnement de Frédéric Ier en 1701, le titre de roi en Prusse. L’existence de la marche de Brandebourg prend aussi fin avec la dissolution du Saint-Empire romain en 1806. Au congrès de Vienne en 1815, le territoire est en grande partie incorporé dans la province de Brandebourg.
[5] Le château de Wusterhausen est un château situé à Königs Wusterhausen au sud-est de Berlin dans l’État du Brandebourg. Il est célèbre pour avoir été le lieu des fameuses tabagies du roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse.
[6] Potsdam est une ville d’Allemagne, capitale du Land de Brandebourg située près de Berlin, au bord de la rivière Havel.
[7] Kostrzyn nad Odrą en français : Custrin est une ville du powiat de Gorzów dans la voïvodie de Lubusz, dans l’Ouest de la Pologne. Place-forte stratégique surplombant la confluence de l’Oder et de la Warta, la ville fut pendant des siècles le chef-lieu de la Nouvelle-Marche (de Brandebourg) et, à ce titre, une garnison prussienne importante y était stationnée. Bâtie à 80 km à l’est de Berlin et 165 km à l’ouest de Posen.
[8] science de la police
[9] Les Pays-Bas, en forme longue le royaume des Pays-Bas, parfois appelés la Hollande par métonymie, sont un pays transcontinental dont le territoire métropolitain est situé en Europe du Nord-Ouest et le territoire d’outre-mer, dans les Antilles. Frontaliers de la Belgique au sud et de l’Allemagne à l’est, les Pays-Bas possèdent également une frontière avec la France, en outre-mer, sur l’île de Saint-Martin. Ils sont administrés en quatre territoires autonomes ou nations constitutives : Aruba, Curaçao, Saint-Martin et le territoire métropolitain, lui-même divisé en douze provinces, duquel dépendent néanmoins trois communes à statut spécial situées dans la partie d’outre-mer : Bonaire, Saba et Saint-Eustache, collectivement nommées les Pays-Bas caribéens. Les Pays-Bas sont une monarchie constitutionnelle. La ville d’Amsterdam est la capitale du royaume (plus précisément la capitale constitutionnelle), bien que les institutions gouvernementales exécutives, législatives et judiciaires siègent à La Haye, sur la côte de la mer du Nord.
[10] La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l’actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et néerlandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L’armée de Marlborough conquiert le terrain, mais au prix de pertes quatre fois plus importantes que celle de l’armée française, qui fit retraite en bon ordre, et avec toute son artillerie, préservant ainsi le Royaume de France d’une invasion.
[11] les géants ou les grands gaillards
[12] La grande guerre du Nord est un conflit qui opposa une coalition menée par le tsarat de Russie à l’Empire suédois entre 1700 et 1721 et qui se déroula dans le Nord de l’Europe centrale et en Europe de l’Est. Les chefs initiaux de l’alliance anti-suédoise étaient Pierre 1er, Frédéric IV de Danemark et Auguste II de Saxe-Pologne-Lituanie. Frédéric IV et Auguste II furent respectivement sortis de l’alliance en 1700 et 1706 avant de la rejoindre en 1709. George 1er de Brunswick-Lunebourg (Hanovre) rejoignit la coalition en 1714 pour le Hanovre, et en 1717 pour le Royaume-Uni ainsi que Frédéric-Guillaume 1er de Brandebourg-Prusse en 1715. Charles XII de Suède menait l’armée suédoise et s’était allié aux Holstein-Gottorp, à de nombreux magnats polonais et lituaniens menés par Stanislas Leszczynski et des cosaques ukrainiens sous le commandement de l’hetman Ivan Mazepa. L’Empire ottoman accueillit temporairement Charles XII et intervint contre la Russie.
[13] les quatre grandes puissances européennes
[14] L’archiduché d’Autriche est un ancien État impérial du Saint-Empire romain. Cet État succède au duché d’Autriche en 1453 ; en tant que noyau de la monarchie de Habsbourg, il existe pendant plus de 350 ans, jusqu’à la dissolution du Saint-Empire en 1806. Puis, divisé en deux terres de la Couronne correspondants aux Länder autrichiens actuels de Basse-Autriche et de Haute-Autriche, son territoire fait partie intégrante de l’empire d’Autriche et de la Cisleithanie au sein de l’Autriche-Hongrie. Les archiducs d’Autriche de la maison de Habsbourg résident à la Hofburg dans le centre de Vienne.
[15] Utrecht est une ville néerlandaise, chef-lieu de la province d’Utrecht. Au 6ème siècle, la contrée rhénane d’Utrecht passe sous l’influence franque, en particulier celle du grand royaume mérovingien dont les jalons sont posés par Clovis. Utrecht aurait été, selon la légende de la Magna Frisia, la capitale du royaume de Frise pendant le règne d’Aldgisl 1er et éventuellement pendant celui de son fils. Avant 690, le chef missionnaire anglo-saxon, de tradition irlandaise, Willibrord s’installe à Utrecht, et en 690 selon son hagiographie, avec ses frères-compagnons, il y rénove et déploie les institutions chrétiennes avec le titre de père (papa selon la tradition) : la vaste contrée évangélisée est ensuite promue terre épiscopale lors de son retour dans le royaume mérovingien. L’évêché d’Utrecht sera pour les Pays-Bas le centre de la foi chrétienne pendant tout le Moyen Âge.
[16] La mer Baltique est une mer intracontinentale et intérieure de 364 800 km² située dans le Nord de l’Europe et reliée à l’océan Atlantique par la mer du Nord. Elle communique au sud-ouest avec la mer du Nord par le Cattégat et le Skagerrak. Trois golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au nord, le golfe de Finlande à l’est et le golfe de Riga au sud-est.
[17] La bataille de Poltava (ou Pultawa) eut lieu le 8 juillet 1709 entre l’armée de Pierre 1er de Russie et les troupes de Charles XII de Suède avec l’appui des cosaques d’Ukraine du hetman Ivan Mazepa dans le cadre de la Grande guerre du Nord. La victoire russe décisive a fait perdre à la Suède son rang de grande puissance militaire.
[18] Le Traité de Nystad, ou la paix de Nystad, a été signé le 30 août (10 septembre) 1721) à Uusikaupunki, ville actuellement en Finlande, appartenant à l’époque à la Suède (Nystad étant le nom suédois de la ville). Ce traité mit fin à la Grande Guerre du Nord et signa la cession du duché d’Estonie, de la Livonie et de l’Ingrie ainsi que d’une grande partie de la Carélie à la Russie. La passation de pouvoir se fit donc entre Frédéric 1er de Suède et le tsar Pierre 1er de Russie. Il marque l’avènement de la Russie comme puissance européenne et le déclin de la Suède.
[19] Le premier des traités est signé le 20 novembre 1719 (9 novembre du calendrier julien) entre le royaume de Suède et l’électorat de Brunswick-Lunebourg. La Suède y perd le contrôle du Brême-et-Verden. Le second traité est signé le 1er février 1720 (21 janvier du calendrier julien) entre le royaume de Suède et le royaume de Prusse. La Suède y perd une partie de la Poméranie suédoise (au sud de la Peene) et l’Ouest du Peenestrom, les îles d’Usedom et de Wolin, ainsi que les villes de Stettin, Damm et Goleniów.
[20] La Poméranie suédoise était une partie de la Poméranie qui fut une possession suédoise de 1648 à 1815 au bord de la mer Baltique. Ses villes les plus importantes étaient Stralsund, Greifswald, et jusqu’en 1720 Szczecin. L’île de Rügen faisait partie de ces territoires. Ceux-ci appartiennent désormais à l’Allemagne et à la Pologne. La Poméranie qui est terre d’Empire, c’est-à-dire appartenant au Saint Empire romain germanique, entre dans le conflit de la guerre de Trente Ans et Stettin est assiégée par les troupes impériales. Le dernier duc de Stettin et de Poméranie, Bogusław XIV de Poméranie, signe un traité en juin 1628 avec le roi de Suède, Gustave-Adolphe. Le traité de Stettin du 10 juillet 1630 étend le « pacte éternel » entre la Suède et la Poméranie. Celle-ci est occupée militairement par les Suédois à la fin de l’année et Gustave-Adolphe règne dans les faits. Un nouveau traité de Stettin signé en 1653 entérine la domination suédoise. Le 21 janvier 1720, par le traité de Stockholm, la reine de Suède, Ulrique-Éléonore, cède au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume 1er, la ville de Stettin (aujourd’hui, Szczecin), les îles de Wollin (Wolin) et Usedom (Uznam), la Poméranie antérieure jusqu’à la Peene ainsi que les villes de (Alt-)Damm (aujourd’hui, Dąbie, quartier de Szczecin) et Gollnow (Goleniów) en Poméranie ultérieure
[21] Szczecin, anciennement Stetin ou Stettin en français est par le nombre d’habitants la septième ville de Pologne, le chef-lieu de la voïvodie de Poméranie-Occidentale, ainsi que la troisième ville portuaire de ce pays. La ville se situe dans l’extrême nord-ouest de la Pologne sur les deux rives de l’Oder, tout près de son entrée dans la lagune de Szczecin à Trzebież près de Police. L’archipel, qui se trouve entre deux bras de l’Oder, est une zone industrielle et portuaire. Capitale de l’ancien duché de Poméranie, la ville, connue dès le premier quart du18ème siècle sous le nom allemand de Stettin, fait partie de la Poméranie prussienne.
[22] L’Oder est un fleuve d’Europe centrale d’une longueur totale de 854 km. Depuis sa source située en République tchèque, l’Oder remonte dans le Sud-Ouest de la Pologne, puis il est rejoint par la rivière Neisse, et constitue alors l’actuelle frontière naturelle entre l’Allemagne et la Pologne, jusqu’à son embouchure sur la lagune de Szczecin qui donne sur la mer Baltique. C’est le deuxième plus long fleuve polonais après la Vistule.
[23] Le duché de Berg, qui était, jusqu’en 1380, le comté de Berg, est un ancien duché du Saint-Empire romain. Créé sous le comte Adolphe 1er issu de la maison de Berg en 1101, il fut incorporé dans le cercle du Bas-Rhin-Westphalie au début du 15ème siècle. Le duché se trouvant pour une longue période en état d’union personnelle avec le duché de Juliers a existé jusqu’à 1806, lorsqu’il a été dissout pour former le grand-duché de Berg, un État satellite de la France impériale.
[24] Le comté de Juliers, devenu au 14ème siècle duché de Juliers (Herzogtum Jülich), est un ancien duché du Saint Empire romain germanique. Au début du 15ème siècle, il fut incorporé dans le Cercle du Bas-Rhin Westphalie. Vers la fin de l’époque carolingienne, le comté de Juliers était administré par des comtes impériaux qui le possédèrent en fief héréditaire à partir du 12ème siècle. Le comté de Juliers fut une dépendance du duché de Basse Lotharingie jusqu’au milieu du 13ème siècle, où le comte Gérard V fut créé prince immédiat de l’Empire. Le comte Guillaume V fut créé margrave en 1336 par l’empereur Louis IV, puis duc en 1356 par l’empereur Charles IV. Son fils Guillaume VI acquit par mariage le duché de Gueldre et son autre fils Gérard VI le duché de Berg. Adolphe hérita en 1423 de toutes ces possessions. Guillaume VIII, dernier descendant de la dynastie, laissa le duché à sa fille Marie, femme de Jean III le pacifique, duc de Clèves. Ce dernier réunit en 1521 les duchés de Clèves, Berg et Juliers.
[25] L’Alliance de Herrenhausen était une alliance entre le Royaume de France, le Royaume de Grande-Bretagne et la Prusse-Brandebourg, conclue le 3 septembre 1725 à Herrenhausen, Hanovre. Il a été créé en réaction à la conclusion du traité de Vienne entre le Royaume d’Espagne et l’Autriche. L’alliance devait garantir la sécurité de toutes les parties impliquées tout en empêchant un renforcement de l’Espagne et de l’Autriche. La Compagnie d’Ostende devait être dissoute, les protestants allemands protégés et les revendications prussiennes sur la Jülich-Berg renforcées. Plus tard, les Pays-Bas unis et le Royaume du Danemark rejoignirent également l’alliance.
[26] La Pragmatique Sanction est un édit de l’empereur Charles VI pour s’assurer qu’une femme puisse hériter des territoires héréditaires de la maison de Habsbourg, situés tant à l’intérieur du Saint Empire qu’à l’extérieur. Cette décision fut prise en 1713, réglant la dévolution de sa succession aux possessions héréditaires des Habsbourg. Le chef de cette famille portait le titre d’archiduc d’Autriche et recevait l’archiduché d’Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême, des territoires italiens et les Pays-Bas. Cette mesure ne concernait pas la dignité d’empereur des Romains, souverain du Saint Empire romain germanique, qui restait élective, bien qu’attitrée à l’archiduc d’Autriche, chef des Habsbourg, depuis des siècles.
[27] Il entérine le rapprochement de la Prusse et de la France au détriment de l’Autriche.
[28] La maison de Hohenzollern est une famille noble et royale européenne qui régna en tant qu’empereurs sur l’Allemagne, en tant que rois sur la Prusse et la Roumanie, en tant que princes électeurs sur le Brandebourg, en tant que margraves sur Schwedt, Bayreuth, Kulmbach et Ansbach, en tant que burgraves sur Nuremberg et en tant que princes sur Hechingen et Sigmaringen.