Fille aînée des comédiens Florent Carton Dancourt et de Marie-Thérèse Le Noir de La Thorillière ou Marie-Thérèse Dancourt . Elle monte sur scène dès l’âge de 11 ans en 1695 et elle tient des rôles d’enfants. Elle est reçue à la Comédie-Française [1] le 13 janvier 1699 à 15 ans.
Actrice peu douée mais au physique avenant, elle abandonne le théâtre en 1702. Sa sœur cadette, Mimi Dancourt , eut plus de chance et de talent sur les planches.
Armande Dancourt épouse le 4 novembre 1702 à Paris, paroisse de Saint-Sulpice, Jean-Louis-Guillaume de Fontaine, commissaire et contrôleur de la Marine et des Guerres au département des Flandres [2] et de Picardie [3]. Le couple est d’abord fixé à Dunkerque [4] de par les fonctions de l’époux, mais la jeune mariée revient bientôt à Paris puis elle crée un salon. Manon Dancourt est en réalité la maîtresse du financier Samuel Bernard .
Cette liaison a peut-être débuté avant le mariage d’Armande. Il n’existe aucune certitude sur le commencement de leur relation. Le mari d’Armande était plus souvent dans les ports à inspecter la marine, qu’à Paris. Samuel Bernard usa de son influence pour promouvoir Jean-Louis Guillaume de Fontaine dans les affaires de la marine et peut-être se le concilier ainsi.
De son union, sont nés 2 enfants légitimes. De la relation avec Samuel Bernard, sont nées à Paris, paroisse Saint-Roch, 3 filles naturelles que Guillaume de Fontaine reconnaît avec complaisance. Elles seront évoquées par Jean-Jacques Rousseau dans son œuvre autobiographique, “Les Confessions.”
Armande Dancourt devient Dame de la seigneurie de Passy le 30 avril 1722 par l’acquisition du château de Passy [5] auprès de Jacques-Daniel de Gueutteville, seigneur d’Orsigny et grâce aux générosités de Samuel Bernard qui lui donne les fonds nécessaires. Après le décès de ce dernier, elle vend le château le 18 mars 1739 à Gabriel Bernard, comte de Rieux [6], le fils cadet de Samuel Bernard. L’acte de vente stipule qu’elle demeurait rue du Luxembourg, paroisse Saint-Roch à Paris.
Le 6 juillet 1726, elle renonce à la succession de ses parents dont les décès sont survenus l’année précédente, en 1725.
L’état de santé d’Armande Dancourt se détériore et elle met par écrit ses dernières volontés, le 6 octobre 1739. L’année suivante, elle meurt dans son domicile parisien le 13 février 1740, d’un cancer au sein.